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 Quelques mètres plus loin

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Elina
Elina
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MessageSujet: Re: Quelques mètres plus loin   Quelques mètres plus loin - Page 2 Icon_minitime1Lun 7 Mar - 17:36

La première chose qu'elle vit en revenant fut que Loumys était toujours en vie. Bien, Alek savait se tenir, et remontait donc dans son estime.

Mais elle n'eut pas le temps de pousser plus loin la réflexion, avant de faire face à l'évènement auquel elle s'attendait le moins. Son nongim, son petit compagnon de toujours, l'attaquait ! Que lui était-il arrivé ? Néanmoins, l'heure n'était pas aux questionnements. Sigrahim n'eut qu'à exercer une pression sur son poignet pour la réveiller et la pousser à esquiver. Une menace aussi petite était facile à éviter, pour peut que l'on se donne la peine d'essayer. Elle essayait encore de comprendre ce qui se passait, quant Alek eut l'idée de venir la menacer. Quelque chose ne tournait pas rond. Elle ne le connaissait pas tant que ça, mais il semblait amical.

- ... Alek ? Tout va bien ?

Visiblement, non. Et lorsque le nongim commença à subir une torture normalement impossible, elle comprit que, qui que soit la personne qui lui parlait, ce n'était pas Alek. D'une voix blanche, loin de l'agressivité qu'elle voulait exprimer, elle consentit à répondre :

- Il... Il faudrait déjà que je sache qui vous êtes !

Elle n'eut pas vraiment le temps de faire quoi que ce soit de plus avant qu'Alek agisse de manière encore plus incompréhensible en se suicidant purement et simplement. Avant qu'elle n'ait le temps de réfléchir, son corps s'était déjà mis en mouvement. En quelques secondes, elle était à son chevet, lui rendant son regard avec une expression aussi encourageante que possible alors qu'elle lui prodiguait une vague de son Soin Divin. Elle savait qu'il n'avait aucune chance de s'en sortir et qu'elle-même s'en sortirait très affaiblie, mais elle voulait en quelque sorte se faire pardonner de toutes les erreurs qu'il avait pu lui reprocher en facilitant son départ... Et, surtout, en restant à ses côtés jusqu'au bout.

- Je suis désolée. Je n'ai sans doute pas été à la hauteur de ce que vous attendiez de moi, mais à présent, je ne vous abandonnerai plus.

Elle ne fit absolument pas attention à ce qui se passait autour d'elle jusqu'à ce que la victime innocente ait quitté ce monde. Alors, avec une infinie douceur, elle lui ferma les yeux, avant de débuter le long processus consistant à lui creuser une tombe en n'utilisant que sa dague. Bien sûr, le lieu n'était peut-être pas le plus approprié, mais elle ne connaissait pas assez cet homme pour connaître ses goûts. Et le moment était certainement mal choisi, mais aucun corps ne devait être laissé sans une sépulture décente.

Une fois la tombe creusée, elle hésita. Elle voulait fouiller les affaires du défunt afin de savoir s'il y avait le moindre indice au sujet de sa famille, qu'elle pourrait par la suite retrouver et prévenir. Finalement, décidant que ce serait un manque de respect, elle n'en fit rien et l'installa dans sa dernière demeure, recommendant son âme à toutes les divinités, ne sachant pas laquelle il vénérait, avant de terminer sa funeste tâche.
Après quoi, les yeux remplis à la fois de larmes et de détermination, elle se releva.

- Plus personne ne mourra devant mes yeux. Je le jure.

Elle voulait à présent se rendre au temple principal de la cité elfique, afin de se soumettre aux épreuves nécessaires pour devenir plus forte. Actuellement, elle se sentait inutile, et ne voulait plus que cela dure.
Sur ces entrefaites, elle dut prendre appui sur l'arbre le plus proche. Elle n'aurait pas dû se lever si vite après tant d'efforts. Mais désormais, se reposer lui semblait superflu. Alors que son corps et son esprit se disputaient la manière dont les prochaines minutes seraient employées, elle remarqua d'abord le nongim qui semblait apeuré. S'asseyant contre l'arbre, son corps ayant finalement remporté la bataille en lui imposant une pause, elle prit son animal dans ses bras et s'employa à le rassurer, sans vraiment savoir ce qui l'avait effrayé. Lorsque la petite boule de poils cessa de trembler, elle leva les yeux, pour remarquer, d'abord, une créature qu'elle n'avait ni l'envie ni la force d'essayer d'identifier, qui regardait son compagnon d'un air qui ne plaisait pas vraiment à la prêtresse. Mais, ne pouvant rien y faire, elle se contenta de serrer plus fort son compagnon, avant de porter son regard plus loin, et de remarquer une femme qui semblait attendre une réponse. Bien qu'elle n'ait pas entendu la question, il semblait évident qu'elle cherchait à savoir ce qui s'était produit.

- Je ne sais pas vraiment. L'enfer, probablement.

[Exceptionnel : Alix répond à la suite d'Elina, suivie de Vi Exclamation]

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Alix Carstein
Alix Carstein
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MessageSujet: Re: Quelques mètres plus loin   Quelques mètres plus loin - Page 2 Icon_minitime1Mar 8 Mar - 16:36

Ma question demeura sans suite. Manifestement choquée, l'elfe entra dans un état second, proche de la frénésie. Passant une main affective sur la tête de Tao pour qu'il cesse de loucher sur le nongim, je finis par aller m'agenouiller auprès de la blessée. Je n'étais pas sereine, la jeune femme que j'eusse tantôt enquis dégaina sa dague. Naturellement, j'empoignai discrètement la garde de Fatum accroché à ma taille, sur le versant de mon dos. De là, elle se mit à labourer le sol avec force et conviction! Une fois la première tranchée réalisée, elle leva les bras loin au dessus de sa tête, puis de ses mains jointes qui enserraient son arme, fit s'abattre la lame profondément dans la terre. Le genre de geste qu'un meurtrier s'appliquerait à mimer sur une victime assoupie. La logique de la scène m'échappait totalement, jusqu'à constater l'expression qui enténébrait son visage. Tourmentée, déconfite, avec toujours une attention pour le corps qui gisait devant elle, je supposai l'impensable; était-elle en train de chercher à l'enterrer? ici? maintenant? Pourquoi? pourquoi diantre s'adonnait-elle à cette activité alors qu'à l'évidence, elle ne pouvait plus rien pour lui?! J'avais déjà assisté à des comportements alambiqués par le passé, mais aucun de cette nature.. En même temps, je n'avais encore rencontré que peu d'elfes. Je savais que les rites funéraires revêtaient une importance essentielle pour eux, à l'instar des plantes et des animaux. Pourtant, en la voyant ainsi s'acharner sur le flore à coup de dague, j'émis quelques doutes sur sa santé mentale.

J'optai plutôt pour l'urgence la plus immédiate, à savoir; celle qui fut poignardée. Dans un premier temps, je la fis s'allonger sur son flanc droit, puis examinai l'arme logée en son sein. Peu de sang avait coulé, preuve que la lame contenait l'hémorragie. Sur ce type de blessure, la langue curative de Tao n'y pourrait rien. Quant à l'elfe, je ne l'envisageai point. A en juger son état d'esprit, elle ferait de son pire.. Il me fallait désengorger la situation, c'est pourquoi je fis signe à l'hybride d'accomplir ce que l'elfe s'évertuait vainement à concrétiser. Les babines de Tao gonflèrent au devant de ma gestuelle, soulignant ainsi son exaspération. J'insistai par un hochement de tête, ce qui termina de le convaincre. La force de ses griffes était impressionnante, mais plutôt que de reprendre le travail de la fossoyeuse en herbe, l'hybride se positionna entre la victime que je bordai, et le cadavre de l'homme. De là, il se mit à creuser le sol forestier avec une redoutable efficacité. Des mottes volèrent en tous sens, la terre humide barbouilla les arbres qui se dressaient derrière lui, d'innombrable vers de terre furent expulsés de leur tunnel. Emporté par son devoir, Tao redirigea le geyser terreux directement sur nous. En réponse à cette tempête d'un nouveau genre, je me saisis de mon égide afin de faire rempart. Les débris tintèrent contre le métal, puis cessèrent tout aussi subitement! Désormais, c'était au tour de l'elfe de se faire méchamment arroser.. Je ne pouvais guère sommer à Tao d'arrêter, ni même de faire attention, car cela n'entrait pas dans le cadre de notre collaboration. C'était déjà fort aimable qu'il s'y emploie.

Quand le trou fut suffisamment spacieux pour engloutir l'infortuné, l'elfe cessa de jouer du couteau. Elle hésita un instant, sans pour autant relever l'agonie de celle que je gardai à l'ombre de mon bouclier. J'espérais que la raison lui revienne, jusqu'à ce qu'elle me prouve que je me fourvoyais. Toujours aux petits soins pour le mort, elle entreprit de le placer dans la fosse fraichement creusée. Mais n'ayant ni la prise, ni la carrure nécessaire, l'elfe dut se contenter de l'y pousser.. Ce n'était pas très décent, mais cela avait le mérite d'être efficace. Puis, à l'aide de ses mains, elle se mit à pousser la terre qui bordait le trou afin d'ensevelir son ami. Une scène qui normalement aurait dû être chargée d'émotions, se mua en une succession d'invraisemblances, mettant l'accent sur son côté expéditif, plutôt que sur la mystification. Bien sûr, j'ignorais tout de leur situation, mais en tant qu'étrangère à ce lieu, je ne pouvais pas dire que ma première impression était la bonne.. Tao n'attendit point que je réitère mon geste, et aida l'elfe dans son entreprise, et ce, avec la même grâce qu'il avait pu mettre lorsqu'il eut creusé. Pour le coup, je trouvai qu'il illustrait parfaitement la situation qui consistait à s'en débarrasser le plus vite possible! Et quand enfin la besogne fut terminée, la jeune femme éreintée affirma avec une assurance désinvolte que plus personne ne sera permis de mourir en sa présence. Je regardai dans le vide quand elle prononça ces mots, témoignant de ma perplexité après ce que je venais de voir.

Je n'émis aucun retour à son affirmation. Je me relevai, récupérai mon écu que je replaçai dans mon dos, et rejoignis Tao. Toujours en silence, j'ouvris l'une des sacoches toutes croutées de terre qui pendaient sur ses flancs, en sortis une petite brindille de papier nacré que j'imbriquai aussitôt dans la bouche évasée de mon fume-cigarette. Objet que je dissimulais dans le décolleté du kimono qui recouvrait mon armure. Mon gros briquet cylindrique à la main, je faisais mon retour auprès de la blessée. Et alors que l'elfe s'affaissait sous la gravité de son propre corps, j'allumai ma sèche. Bien dix minutes avaient passé depuis mon arrivée, et je craignais de ne plus être en mesure de lui sauver la vie. Cette pensée suffit à porter le bois à mes lèvres. En une bouffée, la tige fut consumée. Je fermai un instant les yeux, puis rangeai l'accessoire à son emplacement habituel. Tel le dragon, j'évacuai la fumée par les narines pendant que je me penchai sur la victime du coup de poignard. Prenant toutes les précautions nécessaires pour ne pas effleurer la source de son malheur, je me positionnai face à elle, glissai simultanément mes bras sous son cou et sous ses genoux, avant de la soulever en douceur. J'avais tout fait pour conserver sa posture latérale, et ce fut ainsi que je vins la coucher face contre poils, directement sur le dos de l'hybride. Le confort n'était pas optimal, mais cela permettrait au moins de se déplacer plus vite. Profitant de ma force nouvellement acquise, j'allai me poster devant l'elfe qui consolait le nongim. Elle murmura quelque chose comme; ce n'est pas moi, c'est l'enfer!

- Vous m'en direz tant. Avais-je lancé d'un ton neutre. Si vous ne souhaitez point émousser votre dague à excaver une deuxième tombe, et ainsi honorer votre promesse, il va falloir penser à vous secouer un peu. Lui suggérai-je tout en la forçant à se remettre debout via le tissu de son vêtement. Si vous disposez de quelque soin, le moment est bien choisi. Sinon je vous saurais gré de m'indiquer la direction la plus rapide pour atteindre la cité elfique.

Mon souffle encore chargé de ma dernière bouffée, sentait la pomme poivrée. Et après m'être assurée que l'elfe tenait sur ses jambes, je la quittai pour m'installer à la gauche de Tao, qui, avec son regard de lynx, ne cessait d'observer le nongim. Tant que mon Fatum brûlait en la présence de la blessée, cela signifiait que la vie ne l'avait point désertée. Il n'y avait donc plus de temps à perdre!

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Vi
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MessageSujet: Re: Quelques mètres plus loin   Quelques mètres plus loin - Page 2 Icon_minitime1Ven 11 Mar - 21:01

« Raaaah, qu'est-ce qu'ils pouvaient être agaçant tous les deux là ! » Ne cessait-elle de se dire à elle-même, complètement coincée entre l'envie de courir rattraper le temps qui avait filé ou ne rien faire sous risque de se faire planter par les oreilles pointues dans son dos. Ressentant assez vivement la pointe de la lame menacer sévèrement de percer sa peau. La forçant à maîtriser sa respiration pour ne pas paniquer et prononcer davantage cette désagréable sensation. Et évidemment, elle avait prit la seconde option. Déjà qu'une simple coupure au cou l'avait mise en panique complète, elle ne désirait pas savoir ce que cela faisait de se faire poinçonner.

Du coup, à défaut de pouvoir vainement se défendre physiquement, elle se défoulait intérieurement, laissant sa colère valdinguer dans tous les sens. Autant contre le rôdeur que la prêtresse elle-même. La situation était complètement lunaire. Loumys avait-elle soudainement changé de dimension dès le moment où elle avait rencontré Elina pour que tout semble se passer de manière si étrangement chaotique, distordue ? Sans que personne d'autre, à part elle-même, ne retienne en tête l'importance capitale de la mission qu'elles devaient mener ? Ou alors Aslo possédait-il des pouvoirs dont elle ignorait l'existence, comme les illusions ? Ça rimerait bien avec tout ce qui se passait histoire de la faire tourner en rond, perdre son temps et la tourmenter jusqu'à qu'elle cède et lâche prise sur ses objectifs.

Mais il en était évidemment rien. C'était juste la réalité des choses. Elle devait subir le destin qui la mettait à rude épreuve, peu importait si elle contestait ce dernier ou non. Subir, c'était le maître mot du moment. Quoi qu'il advienne, Loumys tenterait toujours de s'adapter mais ce n'était pas avec des branques pareils qu'elle s'en sortirait. Sentant le doute s'installer en celui qui la retenait, la pression de la lame se faisait un peu moins forte, l'humaine n'hésita point à laisser son regard glisser doucement vers son couteau planté au sol. Tentant de visualiser la manière la plus simple et moins dangereuse pour s'en saisir. Elle était prête à prendre le risque de se blesser, même un peu, pour mettre un terme à cet errements dans sa mission et liquider l'autre d'un bon coup de lame dans le cou, histoire qu'il se taise par la même occasion. Sans broncher, son plan se montait en tête et quoi qu'en pense Elina, elle était prête à la prendre en otage et la tirer elle-même jusqu'à sa destination. Il en était terminé d'aller aux pâquerettes et de singer des comportements niais pour lui plaire et la rassurer. Il était hors de question que d'autres lui mettes des bâtons dans les roues ni que Elina oppose la moindre résistance. Sans compter qu'Aslo pouvait lui aussi semer sa propre discorde. Autant agir promptement, sans prévenir et forcer le destin à lui obéir.

Tandis que sa vision se teintait de rouge, obsédée par l'envie d'entrer en action, de se débarrasser des nuisibles, ce fut un grognement soudains qui mis un point à ses pensées meurtrières. Attirant son attention sur la petite bestiole de la prêtresse qui semblait d'un coup se comporter de manière agressive. Fronçant les sourcils, Loumys se rendait bien compte que quelque chose n'allait pas. Un pincement au coeur. Le changement était trop brusque, il n'y avait aucunes raisons pour que cette chose change subitement son comportement en la présence de trois humanoïdes. Mais elle n'eut le temps de rien faire ni dire quoi que ce soit que cette dernière avait bondit sur Elina, gueule ouverte, dent acérées prêtes à lui déchiqueter le visage si elle ne faisait rien ! « Pourquoi me suis-je retenu de la planter, cette sale bête ?! » pensa l'humaine pendant ce laps de temps, le temps semblant s'écouler au ralentis lorsque des chatouillements survinrent à son oreille droite. Qui était-ce encore ?! Etait-ce l'autre qui avait soudainement une voix efféminée et tentait de la troubler ? Non. Ce n'était pas ça. C'était encore autre chose... Et... Vi ? Mais... qui était-ce ?

Il ne fallut même pas un clignement des yeux pour que tout son environnement se transforme en un décors sombre et rocailleux. Se retrouvant soudainement à l'intérieur de ce qui ressemblait fort à une caverne géante, très sombre mais faiblement éclairée de manière assez mystique. Un silence particulier enveloppant les lieux. Apaisant et à la fois source d'une angoisse latente chez l'humaine qui ne parvenait pas à la saisir. Les premiers chuchotements continuant de raisonner dans son crâne l'espace de quelques instants. Comme si cette voix parlait à travers elle. Elle pourrait aussi bien se boucher les oreilles et fermer les yeux, que rien n'y ferait. La voix continuerait de passer, lui vrillant le cerveau par la même occasion. Alors elle restait là. Immobile, attendant de voir ce qui pouvait advenir. Elle était bien seule, désormais, dans ce lieu lugubre. Toute la pression physique de l'homme qui avait emprise sur elle avait cessé et son regard se dirigea alors vers une silhouette venant d'apparaître au milieu de cette caverne. Interloquée, fronçant les sourcils, Loumys se demandait bien qui cela pouvait être. De toutes évidences, ce n'était pas Aslo, cela le dépassait complètement et elle avait balayé l'idée qu'il pouvait posséder des pouvoirs cachés. Cette chose avait émergé sans un bruit, un fluide étrange glissant le long de son corps.

Mais celle-ci ne lui inspirait rien de bon. Quant bien même elle l'avait sortie de sa situation délicate, elle n'avait jamais compté sur une aide quelconque pour s'en sortir. Elle avait confiance en son plan brutal. Alors qui pouvait bien la retirer de sa réalité et la planter là, comme un poteau ? Ou était-ce juste une vision ? S'apprêtant à émettre sa question pour identifier cette inconnue, elle fut coupée nette dans sa lancée. Faisant faire un embouteillage à tous ses mots se perdant dans un souffle coupé, surprise par l'assurance et le profond charisme qu'émanait de cette personne. À défaut qu'elle ne comprenait rien à son charabia, elle tentait de suivre et ne point décrocher de son monologue... Subir son châtiment ? Non mais... quoi ? Elle s'était perdue en route elle ou se trompait de personne, non ? Sans attendre, elle lui répondit, d'un air narquois, une fois qu'elle eut terminé, faisant échos à sa métaphore sur le pain et la bonne santé.

- Mais qu'est-ce que tu me chantes ? On t'a volé ta pâtisserie pour proférer de telle menace ? Fous-moi la paix, dis-moi ce que tu veux ou ramène-moi là où j'étais, c'est la seule fois que je te le....

Loumys stoppa nette sa diatribe lorsque la jeune femme se rapprocha subitement d'elle, lui tournoyant autour, la dévisageant de la tête au pied avec un regard mauvais. Restant sur ses gardes et la suivant à la trace, ne pouvant empêcher cette dernière d'effleurer sa peau. Des frissons la parcoururent de toutes parts lorsque qu'elle effleura son épaule, dos, hanche et terminer au niveau de son ventre du bout du doigt. Loumys restait stoïque, un sourcils levé, tirant une légère moue de dégoût à l'égard de cette entité. Bouillonnant intérieurement. Elle voulait agir et frapper sa main pour la dégager de son corps et s'éloigner de cette chose. L'insulter de tous les noms et la forcer à la ramener à son autre réalité avec les deux amis de la forêt. Faisant alors face à quelque chose qui lui échappait complètement, un cocktail explosif d'émotions commençant à tournoyer en son sein. De la haine et de la peur dominaient le tout. Le nom de « Vi » ne cessait de faire échos en elle. Certaine que cette gourde c'était trompé de destinataire vu qu'elle était Yloumna. Elle n'avait rien à voir avec cette autre Déesse.

Mais comme si la funeste présence savait lire dans ses pensées, elle reprit la parole. Commençant par ce qui semblait lui être adressé comme une insulte mais, ne sachant pas ce qu'elle baragouinait ni en saisir le sens, Loumys laissa sont visage se déformer par une colère profonde, ses yeux pétillant comme le feu, prête à lui bondir dessus et lui crever les yeux de ses mains. Mais rien... Son corps refusait tout bonnement de bouger. Décidant qu'elle devait subir l’opprobre que l'inconnue lui envoyait sans s'arrêter. Mais voilà que le nom de Vi retentit à nouveau dans sa bouche ! Mais non... Non ! Elle était Yloumna ! Qu'avait-elle à le remettre en doute, celle-là ? En plus des menaces proférées à son encontre, elle se gênait pas à l'étaler dans la fange sans qu'elle puisse réagir. Quelque chose la paralysait. Non, ça ne venait pas de cette inconnue, elle sentait bien que tout son être n'était pas entravé mais c'était elle-même qui n'arrivait pas à se mouvoir. Malgré toute la volonté du monde. Qu'est-ce qui pouvait bien la retenir ?! Dans cette réalité là, aussi, elle se devait de se contenter à subir les choses sans geindre ? C'en était éreintant à force... !

Mais admettons qu'elle ait raison ? Elle était donc Vi, Déesse du Chaos ? Une déesse qui plus est morte, d'après ses termes ? Pfff... et puis quoi encore ! Certainement pas, elle ne pouvait être elle. Elle était bien vivante, à ce qu'elle sache. Plus sous une forme divine, certes, mais cela allait s'arranger. Mais elle était bien vivante  ! Yloumna, tel était son nom ! Pourquoi forcer avec le nom de Vi qui, malgré tout, semblait fortement lui être plus familier que celui qu'elle portait actuellement ? Mais pourquoi être aussi si attachée à être la Déesse Noire si la Déesse du Chaos s'assemblait plus facilement avec ce qu'elle ressentait tout au fond de sa personne ? C'était un véritable bordel ce quiproquo. Si le but de cette entité était de la perturber et l'envoyer dans une tourmente sans nom en un cours instant, elle avait réussi son coup. L'humaine se retrouvait intérieurement avec une lutte chaotique sur ces deux identités qui se confrontaient l'une à l'autre. Provoquant divers sensation qu'elle était incapable de comprendre. À vrai dire, ses pensées étaient devenues si insaisissables que le terme de « Revers » ne fit pas plus échos que ça pour le moment à ses oreilles. Ne comprenant déjà absolument rien à ce qui se passait. Seul l'évocation du Diable lui fera remettre de l'ordre dans ses affaires mémoriels. Comme une onde de choc remettant tout ce chaos à plat pour restaurer le calme en elle, pour une raison qui n'avait aucune logique actuellement. Retrouvant son souffle, son cœur revenant à un état normal.

- Fous le camp, laisse-moi tranquille ! Hurla t'elle en réponse à ses propos, refusant qu'elle ne touche à quoi que ce soit et surtout pas au lien la reliant au Diable, pour une raison peu claire. Je suis YLOUMNA, tu t'es plantée de personne ma pauvre ! Ton manège n'a aucuns effets sur moi, je ne suis pas cette Vi!

Tout comme si ses mots tombaient dans l'oreille d'une sourde, la voix de l'entité s'intensifiait, exprimant sa volonté que Loumys continue sa quête, comme si rien ne c'était passé. L'humaine ne pouvait être que dans la confusion et l'incompréhension totale, incapable de lui donner une réponse à ce qu'elle venait de déclarer vu qu'elle donnait l'air d'en avoir rien à ciré de ses propos. Était-elle si convaincue que Loumys n'était pas ce qu'elle croyait être ? L'ayant mise en doute, à défaut de sa conviction très forte d'être toujours Yloumna, elle peinait de résister à ce que pourrait énoncer le nom de Vi. Les derniers mots de sa kidnappeuse partirent en échos, s'immisçant profondément dans sa tête, comme si elle désirait graver ces derniers à l'intérieur de son codes de conduite pour qu'elle ne puisse s'écarter de sa quête. Mais elle se faisait des illusions. La quête, elle la menait pour elle-même, surtout par pour le bon vouloir de cette chose !

Aussi rapidement qu'il était arrivé, le décors autour d'elle s'écroula à nouveau, afin d'en revenir à la forêt de départ avec les deux elfes. Les rayons de lumière filtrant au travers des feuillages des arbres autour d'elle éblouirent instantanément l'humaine. Ce fut que quelques secondes après, une fois ses yeux habitués à la luminosité du lieu, qu'elle remarquait que Elina était toujours plantée devant elle et l'autre la tenait à nouveau, les mêmes lames la menaçant encore et toujours. Loumys semblait être la seule à avoir vécu ce qu'elle venait de voir, aucuns des deux elfes n'avait l'air d'en avoir conscience de quoi que ce soit. Mais alors que la noiraude tentait de remettre de la place dans ses idées, cette même voix féminine revint chuchoter à son oreille, lui confiant que ce qui allait arriver n'était pas sa réelle sentence. Il était évidemment peine perdue pour l'humaine de tenter de s'en défendre. La lame à son cou s'appuyant légèrement plus, s'attendant à subir ce qu'elle redoutait, serrant des dents. Mais une sensation chaude et visqueuse vint à la place, réalisant que l'elfe lui léchait langoureusement le cou avec sadisme. Les poings se serrant, il en était de trop pour Loumys. S'apprêtant à se mouvoir pour tenter de retourner une de ses lames contre lui, une pression, très forte, se fit sentir à son flanc gauche. Pourtant, elle n'avait pas encoure bougé ? Quelque chose de glacial s'enfonçait en elle, avec douceur et brutalité à la fois. Elle sentait sa peau se déchirer, s'étirer progressivement et une pointe l'atteindre profondément. Le souffle coupé, elle prit quelques secondes pour réaliser ce qui venait de se passer, que cet ordure venait de la planter pour aucunes foutues raisons ! Mais ce comportement soudains, trop brutalement changé, lui faisait clairement comprendre qu'il n'était qu'une marionnette.

Voulant s'exprimer, elle ne parvenait pas à émettre le moindre son. La lame à son cou cessa d'être menaçante et se retira, laissant alors Loumys s'écrouler à genoux de tout son poids. Sa main gauche tenant son flanc sans toucher la lame. Le regard flou, devenant encore plus pâle qu'elle ne l'était déjà, elle s'écroula sur le côté. Suivant d'un regard, qui se perdait dans le vide, l'homme lui passer devant et faire face à l'elfette. Parvenant à peine à entendre les paroles de menaces jetées à l'encontre de celle-co. L'humaine se renfermait sur elle-même, tout bruit alentours semblaient si éloignés, si distordus. Transpirante, le souffle fort et rapide, elle ne tarda pas à s'évanouir, s'écroulant lourdement sur le sol, réussissant déjà à épargner son flanc blessé et rester là, inerte... Néanmoins, avant qu'elle ne perde totalement les esprits et vogue dans son inconscience, un choc, lourd et sourd, la fit revenir quelques instants à la réalité. Quelque chose était tombé près d'elle, une énorme masse lui faisait face ainsi qu'une autre présence... Une voix émergea au travers du bourdonnement dans son crâne. Mais que disait-elle ? Bien qu'elle était proche, Loumys la fixait de ses yeux vitreux, opaques, avant de lâcher un soupir saccadé et tourner des yeux.

Ce ne fut qu'au bout de quelques minutes qu'elle revint très doucement à elle, attirée hors de ses songes par des bruits irréguliers, métallique, au-dessus d'elle. Ouvrant doucement les yeux, elle sentit cette nouvelle présence près d'elle. Qu'elle était à l'ombre et qu'elle semblait la protéger de divers projections. Le côté droit de sa tête appuyée sur le sol, elle sentait ce dernier vibrer vivement. Que pouvait-il bien se passer et qui était cette personne qui restait à son chevet ? L'observant vaguement quelques instant, elle ne parvint pas à rester consciente suffisamment pour que ses yeux réussissent à la voir distinctement et s'évanouit à nouveau. Prise d'une énorme fatigue et d'un poids très lourds pesant sur sa conscience.

Dans ses songes embrumés, Loumys tentait vainement d'assembler les morceaux afin de reprendre le contrôle de sa réalité et revenir à elle, de sortir de cet état second. D'un décors à l'autre, l'humaine semblait perdue, tentant de se remémorer si ce qu'elle voyait lui appartenait ou non. Autant elle avait l'impression d'être autre chose que dans son propre corps. Parcourant ces différents paysages à différentes hauteurs et allures. Qu'est-ce que cela pouvait-il bien lui dire ? Qu'avait-elle à comprendre dans ces images que son inconscience semblait vouloir lui rappeler ? Mais c'était peine perdue. Sa volonté était certes tenace mais le brouillard l'envahissant était bien trop lourd à dégager pour elle. Essayant tant bien que mal à sortir la tête de là, ce fut l'apparition d'une odeur peu commune qui s'infiltra dans ses narines. Forçant son esprit à revenir à la réalité, complètement hagarde. À première vue, cette personne était toujours là mais cette fois-ci, elle s'apprêtait à la toucher. Une main tremblante s'aggripant à l'herbe, désireuse de frapper cette inconnue, Loumys n'y parvint pas. C'était comme si toutes ses articulations avaient été soudées et que son cerveau avait été déconnecté de son corps. Certes, la douleur de sa blessure se faisait toujours savoir présente mais elle était distante, comme si elle ne lui appartenait pas sur l'instant présent. Alors que cette personne à l'odeur peu commune passa ses bras sous ses jambes et son cou, l'humaine serra des dents aux légères lancées de douleurs qui la firent se tendre et frisonner. Gémissant doucement, le souffle saccadé, se laissant complètement faire. Car quoi qu'il puisse se passer, comme toujours, elle ne pouvait rien faire. Le Destin ne serait jamais à sa botte malgré ses assauts contre mais cette aide salvatrice pourrait bien lui tordre un peu le cou pour une fois. Ce fut le moment où elle sentit être déposée sur une surface plus molle et douillette, vibrant légèrement de manière régulière, que Loumys fut à nouveau entraînée dans ses songes.

S'enfonçant dans un nouveau brouillard sans find, semblant tomber à l'infini sans en ressentir la moindre sensation de chute, la noiraude n'y opposa aucunes résistance. Quelque chose la rassurait ici, quelque chose semblait la tenir au chaud malgré le paysage dépressif et sombre. Une voix résonnant dans sa tête, une plus sévère et paternel. Plus malicieuse encore que celle de l'entité étant rentrée par effraction dans son esprit. Celle-ci aussi refaisait surgir l'importance de sa mission, qu'elle devait la mener à bien ainsi que de lui en ramener le fruit de sa réussite. Sentant tout son corps finalement se déposer sur un nuage plus épais, elle se mit sur le dos. Les paroles de la femme plus tôt lui revenant à l'esprit : « Le Diable ».

- Le Diable... Murmura t'elle doucement, avec une certaine conviction, semblant avoir retrouvé quelque chose au fond d'elle-même sans savoir dire ce qu'il en était.

À cette nouvelle évocation, tout le brouillard se dissipa comme pour lui répondre positivement et qu'elle était sur la bonne voie. L'atmosphère quant à elle, s'alourdissait et s'enlaçait autour de son corps pour se saisir d'elle et tirer son esprit, la forçant alors à se réveiller à nouveau, complètement en sueur. Il ne c'était passé que une minute à peine entre le moment où elle fut déposée sur cette fourrure et celui où elle réémergea. Deux voix distinctes s'entendaient un peu plus loin, reconnaissant seulement celle de la prêtresse. C'était deux femmes... Loumys pouvait-elle se permettre de déduire que l'homme était partit et que l'inconnue avait pris le relais ? Elle l'espérait mais néanmoins, autre chose la pris au désarroi. Réalisant réellement qu'elle avait été déposée sur une fourrure d'une bête conséquente, l'humaine sentit son cœur et son souffle s'accélérer. Une main tremblante touchant le poils de la bête. Encore embrouillée, elle ne pouvait pas être sûre et certaine de ce qu'elle avançait mais le doute, désormais, pouvait constamment se poser.

Cette même main se releva doucement, Loumys ne faisant alors aucuns autres mouvements, la dirigea doucement vers sa hanche, cherchant son fourreau avec son arme. Tatônnant un peu, elle ne retrouva pas son arme. Se souvenant alors que celle-ci avait été abandonnée au sol plus tôt. Se mordant la lèvre, elle ne pouvait pas rester comme ça sur son dos. Surtout pas son dos à lui ! Lui qui avait tenté de tuer Elina et elle-même plus tôt ! Se souvenant du renard qui voulu s'en prendre à la prêtresse, cela pouvait là aussi être lui à nouveau en train de jouer un sale tour. Il fallait agir. Maintenant ! Décidée, sa main empoigna le manche de l'épée flanquée dans son abdomen, faisant totalement fi des conséquences, elle était prête à la retirer d'un coup et la planter à plusieurs reprise dans cette fourrure. Si personne ne faisait rien, si personne ne venait à voir son mouvement ou même à l'entendre ou ressentir ses intentions, un massacre allait se commettre. Loumys était en train d'inspirer longuement, plusieurs fois à la suite. Le regard brillant d'une colère sans borne pour cette bête. Il en était assez de se laisser berner par Aslo. Les dents se serrant en même temps que ses doigts s'enlaçant autour du manche, elle commença à compter dans sa tête, jusqu'à dix.  Au bout du décompte, elle enverrai toutes ses forces présentes à l'accomplissement de son plan et fuir de là...

Un... Deux... Trois... Quatre.... Cinq.... Six... Sept... et ? Puis quoi d'ailleurs ? Un long soupir s'ensuivit et ses forces la quittèrent déjà, tout ses membres se relâchant à nouveau. Reprenant soudainement sa respiration qu'elle avait retenue sous cette nouvelle pulsion meurtrière, sans s'en rendre compte. Réalisant ce qu'elle s'apprêtait à faire et dans quelle situation elle allait se retrouver, la main de Loumys quitta l'arme, la douleur l'ayant fait revenir à la raison. Aslo ne se donnerait pas cette peine là de jouer avec elles. Il aurait foncé, tout simplement. S'il avait voulu la tuer, elle ne se serait jamais réveillée de ses songes. Tentant alors de s'étirer et lever la tête sans bouger le reste de son corps. Elle parvint à voir Elina, debout, tenant son renard dans les bras. L'autre était face à elle, de dos, toujours cette odeur narguant son nez. Elle tenta alors de les interpeller malgré sa voix enrouée.  

- Y a... moyens de me... retirer ce truc... ca fait... un mal de chien... Parcourue par une onde douloureuse se répandant dans tout son corps, Loumys se crispa et se referma légèrement sur elle-même. Bordel... magnez-vous... !

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MessageSujet: Re: Quelques mètres plus loin   Quelques mètres plus loin - Page 2 Icon_minitime1Mer 23 Mar - 11:16

Elina ne savait pas trop que penser de cette nouvelle venue. Elle lui semblait trop sévère, trop... Stricte. D'un autre côté, elle n'était pas arrivée au meilleur moment, il fallait bien lui reconnaître cela. Peut-être ELina pourrait-elle lui donner une deuxième chance... Plus tard, quand la situation se serait améliorée... Car elle s'améliorerait, hein ? Elle voulait y croire.
Néanmoins, elle n'eut pas le loisir de continuer à ruminer. Confirmant sa première impression, la nouvelle venue eut encore des mouvements brusques lorsqu'elle la fit se relever. Mais, une fois de plus, Elina pouvait lui trouver des excuses : elles n'avaient pas de temps à consacrer à la politesse la plus basique. Cela lui faisait mal, mais elle était bien forcée de l'admettre. Qu'avait-elle fait pour se retrouver dans une telle situation, sincèrement ? Elle, tout ce qu'elle voulait, c'était une vie paisible ! D'accord, elle ne serait peut-être pas restée éternellement dans cette forêt, mais elle en avait déjà assez de tout cela. Les évènements se déroulaient à leur rythme effréné et ne lattendaient pas. Et elle, complètement perdue, essayait de suivre tant bien que mal... Plutôt mal que bien, si vous voulez son avis.N'apprécie pas vraiment la nouvelle, mais se relève quand même quand elle fait mine de l'y aider. Puis fait de son mieux pour rester debout. Soupire à la demande de soin. Décidemment, vraiment besoin être plus forte.

Une fois de plus, la nouvelle venue la tira de ses pensées. Du soin... Elle ne put s'empêcher de soupirer. Oui, bien sûr... Encore une fois, elle se demanda pourquoi ses pouvoirs étaient si peu en accord avec son ambition d'être une soigneuse, le seul moyen à ses yeux qui lui permettrait d'être utile ? Cependant, ce n'était pas le moment de s'apitoyer sur son sort. Elle misa sur l'honnêteté :

- Oui, je dispose de soin... Un seul sort... Et qui ne s'attaque qu'à la douleur. Je viens de l'utiliser, d'ailleurs.

Se tournant vers Loumys, elle poursuivit :

- C'est un sort qui annule toute douleur. Et surtout, c'est un sort de zone, il devrait donc vous avoir affectée aussi. Pour ce qui est de la lame, je vous conseille d'éviter de l'enlever, du moins tant que vous ne pourrez pas vous reposer pendant au moins quelques jours. En effet, elle vous empêche de vous vider de votre sang. Je ne peux pas faire grand-chose de plus pour vous, à part vous conduire au plus vite à la cité.

Observant ensuite Loumys, elle perçut d'abord une colère immense qui semblait la submerger. Cependant, elle décida de l'ignorer, une fois de plus, mais à présent pour ce qui pour elle était la bonne cause. S'assurant qu'elle était correctement installée sur le dos de sa monture improvisée, dont elle ne risquait pas de tomber, elle hocha la tête, dans un signe d'assentiment dont personne ne saurait jamais s'il était adressé à elle-même ou à la nouvelle venue.

- Je suis désolée de vous avoir retardées. Vous avez raison, il n'y a pas de temps à perdre.

Puis, déposant le nongim sur le sol, elle lui indiqua de ne pas les suivre, d'une voix qu'elle espérait assez ferme pour être obéie. Après quoi elle indiqua la bonne direction, cette fois avec autant d'assurance que possible. Elle sentait que, désormais, elle ne pouvait plus se laisser aller à ses états d'âme... Et, surtout, elle savait qu'une fois en ville, elles obtiendraient toutes les trois de l'aide. Loumys obtiendrait des soins, elle-même pourrait aller rencontrer des collègues au temple principal et, si possible, se fournir de quoi revenir soigner efficacement sa mère. Quant à l'inconnue, elle avait clairement manifesté de l'intérêt quant au fait de se rendre à la capitale. Même si Elina ne connaissait pas ses raisons, elle estimait ne pas en avoir besoin. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elles devaient toutes les trois se rendre à la capitale, où leurs chemins se sépareraient certainement. En effet, elle adressa un mot d'excuse silencieux à Loumys et à la dénommée Thrilie, mais elle ne pensait pas pouvoir poursuivre la mission lui ayant été confiée, du moins, pas dans l'immédiat. Elle devait soigner sa mère et se renforcer avant. Et si la mission était trop importante pour attendre, ce qu'elle soupçonnait... Eh bien, elle pourrait peut-être la transmettre à quelqu'un d'autre. Si cela était possible. Et elle avait un moyen de s'en assurer.

*Sigrahim ? Tu es toujours là ? Si oui, as-tu entendu mes pensées, au sujet de mes projets ? Toi qui connais Thrilie, qu'en penses-tu ? Tu crois qu'elle accepterait que quelqu'un d'autre prenne ma place ou que cette mission doive attendre ?*

[Annonce : C'est au tour du P.N.J Exclamation]

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MessageSujet: Re: Quelques mètres plus loin   Quelques mètres plus loin - Page 2 Icon_minitime1Lun 2 Mai - 13:37

Quelques mètres plus loin - Page 2 Sigrah10

Après ce dont il fut témoin, Sigrahim se laissa dépasser par les évènements. Jamais Thrilie n'avait mentionné, ni même survolé ce genre de faits... Où était sa place au milieu de tout ça ? Loumys gravement blessée, Alek mort, Elina en prise avec le doute ainsi que l'arrivée d'une tierce personne, cela faisait beaucoup à gérer. Cependant, l'Esprit avait rempli sa part du contrat. La prêtresse avertie sur la nature viciée de Loumys, Sigrahim ne pouvait point lui conseiller d'avantage que la prudence. Et comme celle-ci était résolue à entretenir sa présomption d'innocence, ajouté au fait que l'état actuel du monstre ne lui permettait plus guère d'attenter à la vie d'Elina, la défunte Fée ne pouvait que l'encourager à poursuivre sa route, au moins pour se rendre jusqu'à la cité de Lalwende. En ce qui le concernait, la mission pour laquelle Thrilie l'avait formé, s'achevait. Et bien que l'élue de la prophétie espérait encore son concours au travers de sa dernière question, oubliant presque qu'elle avait désormais voix au chapitre, Sigrahim s'en retournerait dans son sanctuaire. Mais avant de disparaitre, il convenait de répondre à la prêtresse, ainsi que de l'avertir de son départ. Seulement... comment lui dire ? Prenant finalement son courage à deux mains, l'Esprit se manifesta à la droite d'Elina avant de lui répondre d'une voix désolée.

- Oui j'ai entendu, même si je n'ai pas tout compris... Il te faut savoir que Thrilie ne décide plus de rien maintenant. Tu es l'élue de la prophétie Elina, que tu sois ou non d'accord, tu l'es. Personne ne pourra te remplacer. Catégorique, Sigrahim poursuivit. Quoi que tu entreprennes de faire, tu restes libre de tes choix, tu peux ne pas suivre la ligne directrice tracée par la Pythie, encore faut-il que tu puisses assumer ce qui en découlera. Je suis désolé si je n'ai pas su te convaincre, mais... s'il te plait, essaie de penser à l'intérêt commun avant ta situation personnelle. Le visage mélancolique, l'Esprit conclut. Je vais m'effacer à présent, m'isoler dans un coin. Si tu me permets un dernier conseil, ce serait de mettre la Dame qui a les yeux en forme d'amande, dans la confidence. Au coeur de cette tourmente qui est la tienne, on n'a jamais trop d'alliés... Je serais dans cette clairière si tu souhaites me rendre visite. Ainsi disparut l'esprit de Sigrahim.

Côté Aslo, son envie de meurtre semblait lui être passé. Toujours perché sur sa branche, c'est avec attention qu'il observait la scène qui se déroulait en contrebas. Nul ne pouvait prédire sa prochaine intervention, néanmoins résolu à suivre le petit groupe, il finira bien par refaire surface. Restait à déterminer dans quelle circonstance cela se produirait...

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Alix Carstein
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MessageSujet: Re: Quelques mètres plus loin   Quelques mètres plus loin - Page 2 Icon_minitime1Jeu 2 Juin - 15:59

L'esprit égaré de l'elfe retrouva finalement son chemin après que je l'eus bousculé. Désormais consciente de la détresse de son alliée maintenant avachie sur le dos de Tao, celle-ci confia ne disposer d'aucun soin. Une variable certes handicapante, mais je ne la tins point pour responsable. L'espérance aveugle ne faisant guère partie de mes principes, je me contenterais de faire mon possible pour escorter la blessée jusqu'à la cité elfique. Et alors que l'excavatrice s'embourbait dans un discours que je répertoriai comme frivole, je remarquai une lame courte fichée dans le sol à trois pas de ma position. La forme ainsi que la couleur de sa poignée m'évoquèrent vaguement le fouet de Roxanna. La jeune servante se plaignit plus d'une fois qu'elle aimerait en posséder cinq comme celui-ci, un pour chaque jour de la semaine. Cette pièce de bois prolongée de huit lanières de cuir chauffa ma peau à bien des reprises, parfois même, il m'arrivait de ne plus pouvoir m'assoir durant un mois. Et malgré la souffrance dont l'objet se targuait du haut de son guéridon qui trônait dans l'arrière-cour, lieu où père ne se rendait jamais, j'aspirais à réaliser son souhait. En cette époque qui me semblait aujourd'hui fort lointaine, je pleurais toutes les larmes de mon corps lorsque j'étais sujette au coups de martinet, car oui, c'était ainsi que Roxanna nommait son fouet, un martinet. Mais à peine quelques heures après la sentence, j'oubliais ce qui avait pu se passer. Seule demeurait la douleur, je sentais les cloques brûlantes sous mon vêtement lorsque j'y faisais glisser mes doigts, mais j'ignorais pourquoi elles étaient là. C'est alors qu'un jour, une idée me vint. Je n'en n'avais pas souvent, presque jamais en vérité, alors quand celle-ci illumina mon esprit de mille feux, je m'empressai de la concrétiser! Profitant que Roxanna s'afférait dans les cuisines, je me faufilai discrètement pour me rendre jusque dans l'arrière-cour. Le martinet se trouvait là, campant majestueusement sur son manche, raide comme un palmier. J'hésitai un instant, puis finis par le subtiliser. Je me disais que ce n'était qu'une petite bêtise pour une grosse surprise!

Je dus faire preuve de beaucoup de volonté pour donner corps à cette mission. Déjà pour affronter la hauteur du guéridon par rapport à ma taille d'enfant, ainsi que pour braver l'interdit qui auréolait le martinet. Quand je l'eus en main, je m'osais à peine à le tenir tant il était précieux pour Roxanna. Si elle m'avait surpris, j'ignore ce qui serait advenu de ma personne. Quoi qu'il en était, je savais que je ne pouvais plus faire machine arrière, aussi rebroussais-je chemin afin de me rendre jusqu'au jardin. Je trouvais le plus beau coin d'ombre, et c'est armée d'une paire de ciseaux à couture que je me mis à sectionner une à une les lanières de cuir. Quand il ne restait plus que le manche, je le plantais dans le sol, avant de l'enfoncer sur une bonne moitié. Je fis tout cela avec amour et passion. Malheureusement, je n'avais aucune idée du nombre de lanières qu'il fallait pour en faire cinq, aussi décidais-je de toutes les ensevelir autour du noyau qui se trouvait être le manche. Satisfaite de ma plantation, je m'en allais quérir l'arrosoir que j'emplissais à la hâte. Trop fière, j'imaginais déjà tous les petits martinets à venir, des rouges, des bleus, des jaunes, des fleurs à lanières rien que pour Roxanna!

Quand la nuit fut venue, je ne parvins guère à trouver le sommeil tellement l'excitation me prenait. Mais au petit matin, je fus bien déçue de constater que rien n'avait bougé, pas la plus petite tige, rien.. Puis alors que l'après-midi s'enorgueillissait d'une chaleur étouffante, Roxanna, lasse de me voir toujours plantée au même endroit, finit par venir à ma rencontre. Feignant l'intérêt qu'elle portait à mon activité du moment, la jeune servante s'accroupie à ma gauche. Elle secoua mon épaule tout en me demandant ce qui pouvait bien me captiver de la sorte. Incapable de garder un secret, j'avouais l'arme à l'oeil que je ne comprenais pas pourquoi cela ne poussait point. Machinalement, celle-ci me répondit qu'il fallait du temps, certaines plantes avaient besoin de quelques jours, tandis que d'autres, plus exigeantes, réclamaient des mois, voir des années. Aucun de ces mots ne furent formulés en fonction de ce que je fixais, jusqu'à ce qu'elle finisse par suivre mon regard.. Je serais bien incapable de décrire son expression faciale au moment où elle se rendit compte de ce que j'avais fait. Obsédée par ce lopin de terre que j'avais édifié pour l'occasion, mes yeux refusaient de s'en décrocher. En revanche, le hurlement de Roxanna suffit à m'en détourner! Surprise par ce soudain éclat de voix, je me retournais vivement, après quoi.. ce fut le trou noir. Dans mon journal j'ai consacré tout un chapitre à notre servante, et mon réveil qui suit cet évènement y est relaté. Je m'y replongerai lorsque j'aurais un moment de libre.

Ce fut avec une main d'enfant en proie aux doutes que je finis par me saisir de l'arme. Et bien que je supposais qu'elle appartenait à la victime du coup de poignard, je lorgnai son fourreau afin de m'en assurer. Sur l'instant, des lanières de cuir avaient remplacé la lame, un passage à vide qui me fit presque oublier l'urgence du moment. Quand mon esprit cessa néanmoins de folâtrer, je rendis son épée à la blessée en la rengainant dans l'étui qu'elle portait à sa ceinture. Puis laissa Tao mener la marche en suivant la direction préalablement indiquée par l'elfe.

- Maugréez autant que vous le voulez. Permis-je d'un ton neutre. Si cela vous permet de rester éveillée, poursuivez, je saurais m'en accommoder. Blessée comme elle l'était, se laisser gagner par le sommeil serait synonyme de trépa. Je ne tiens pas particulièrement à vous irriter, mais si vous veniez à sombrer faute de mots pour jurer, soyez certaine que j'interviendrais!

Je marchais au pas de course à la droite de Tao, flanc sur lequel reposait la tête de la malheureuse. Je ne m'étais pas attardée sur la Lalwendienne, car même si elle venait à ne plus être là pour nous conseiller une direction à prendre, l'hybride saura humer la cité elfique. Je pouvais courir longtemps, mais sur un terrain aussi bossué, la précaution était de mise. Il serait mal avisé qu'une entorse survienne dans une course aussi critique.

- Et si vous me racontiez votre histoire, entre deux noms d'oiseaux? Repris-je la voix déformée par les chocs répétés de mes pas. Si cela peut vous aider à vous confier, sachez que je me prénomme Alix! L'hybride gronda sur la foulée suivante, me faisant ainsi comprendre de ne point l'oublier. Et la fourrure sur laquelle vous êtes, appartient à Tao, mon fidèle compagnon. Il ne vous fera pas de mal si vous savez vous tenir tranquille. Jugeai-je bon d'ajouter tellement mon Fatum s'échauffait.

Si jamais l'elfe nous talonnait, elle était plus que jamais bienvenue à la conversation. Cela rendrait peut-être le voyage moins éprouvant, du moment qu'elle ne raconterait rien qui suscite la somnolence, j'étais ouverte à toute approche.

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Elina
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MessageSujet: Re: Quelques mètres plus loin   Quelques mètres plus loin - Page 2 Icon_minitime1Mer 8 Juin - 13:23

Sigrahim s'en était allé, Loumys était dans un état déplorable l'empêchant de faire attention à quoi que ce soit autour d'elle et la nouvelle venue se mettait en quatre pour cette dernière. Evidemment, tout cela était uniquement l'interprétation qu'en faisait Elina. Mais la conclusion était là : elle était seule. Mais cela n'était pas une fatalité : si elle rejoignait les autres et leur signalait sa présence, si possible sans se ridiculiser davantage, peut-être pourrait-elle attirer leur attention. D'un autre côté, elle comprenait qu'actuellement, elle n'était qu'un poids. Peut-être ferait-elle mieux de simplement s'en aller... Cela signifierait abandonner la prophétie et tout ce qu'elle avait débuté, cela la ferait paraître comme lâche, ce qui serait d'ailleurs certainement vrai si elle choisissait cette option... D'un autre côté, elle était censée servir de guide. Elle ne doutait pas qu'avec l'indication donnée précédemment, ainsi qu'un animal du genre de celui dont disposait la nouvelle venue, l'itinéraire ne serait probablement pas un problème, même si elle abandonnait. Mais c'était la fonction qu'on lui avait donnée. D'accord, c'était Loumys qui la lui avait donnée, et cette dernière ne pourrait donc probablement pas l'arrêter si elle décidait d'abandonner... Mais là n'était pas la question. La propre morale d'Elina lui permettrait-elle de quitter ces personnes, sans s'assurer que la blessée trouvait un soigneur digne de ce nom  ni même dire au revoir ? Elle savait bien que non. Mais à quoi bon les rejoindre si c'était pour les ralentir à nouveau ?

Quoi qu'elle décide, elle devait cependant le faire rapidement, car leur curieux équipage s'était déjà mis en route. Les pensées bouillonnaient dans sa tête. Elle devait guider les deux femmes vers la Cité, les deux lui ayant clairement fait part de leur envie ou besoin de s'y rendre, Loumys lui ayant également demandé d'être ce guide. D'accord, au moment de cette demande, la créature féline ne se trouvait pas en leur compagnie, mais cela changeait-il vraiment la situation ? Après tout, cet animal et sa propriétaire étaient simplement arrivés comme si de rien n'était alors qu'elles avaient déjà un programme d'écrit. Peut-être leur présence n'était-elle pas assez importante pour les faire dévier de leur route... D'un autre côté, ils avaient tous la même destination. De plus, Sigrahim lui avait clairement indiqué qu'elle devait poursuivre sa route. Et parler de tout cela avec la nouvelle venue... D'accord, elle voulait bien obéir à cette instruction, mais il lui semblait qu'elle devait d'abord attendre le bon moment. Actuellement, la femme semblait en effet, et à raison, préoccupée par l'état de Loumys. Peut-être serait-il plus judicieux de la confier à un soigneur de la Cité avant de discuter, à tête plus reposée. Et donc, si elle voulait lui en parler, il fallait qu'elles restent ensemble, au moins jusqu'à la Cité.

Elle décida donc de suivre leur petit groupe, mais pas avant d'adresser un remerciement silencieux à Sigrahim. Elle ne savait honnêtement pas à quel point ses dernières paroles pourraient définir ses actions futures, mais au moins, elle y avait réfléchi, c'était donc déjà ça de gagné. Puis, elle courut pour rattraper les autres, qui avançaient à une allure soutenue.

Lorsqu'enfin elle les rattrapa, elle commença par réduire l'allure pour s'adapter à la leur, puis prit le temps de s'excuser :

- Pardonnez-moi, je me suis laissée distancer.

Puis, observant la blessée pendant un moment, elle finit par lancer :

- Je pense pouvoir la recommander à un soigneur compétent une fois en ville. Avec un peu de chance, je pourrai ainsi me rendre un peu plus utile.

Pas confiance en elle ? Si quelqu'un répondait dans ce sens, elle ne pourrait que lui donner raison. Mais peu importait. Au point où elle en était, l'image qu'elle renvoyait ne lui importait plus tant que cela. Elle ferait de son mieux pour faire ce à quoi elle s'était engagée, et, si elle y parvenait, ce serait déjà très bien.

Une fois cette décision prise, elle se concentra de nouveau sur ce que ses oreilles avaient entendu plus tôt sans qu'elle n'y fasse attention, juste pour se rappeler que les présentations avaient été faites. Elle fut tentée de se présenter également, mais la dénommée Alix avait présenté la chose comme un moyen de mettre Loumys en confiance. Alors, elle se contenta de rester silencieuse, ne pouvant empêcher une sourde appréhension de la gagner un peu plus à chaque seconde qui passait sans que la blessée ne réponde. En effet, malgré le fait qu'elle refuse de l'admettre, Elina avait visiblement appris à se méfier de sa première compagne de voyage. Ce qu'elle admettrait sans problème, par contre, était que c'était quelqu'un de parfaitement imprévisible... Et que par conséquent, elle ne savait pas comment elle réagirait aux paroles de l'inconnue... Oh, pardon, d'Alix.

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Vi
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MessageSujet: Re: Quelques mètres plus loin   Quelques mètres plus loin - Page 2 Icon_minitime1Jeu 16 Juin - 14:05

Les yeux embrumés, l'humaine commençait à discerner la silhouette qui se tenait à ses côtés. Équipée d'une armure singulière de couleur bordeaux et revêtue d'une tunique noire, arme accrochée à sa hanche et une chevelure aussi noire que la sienne coiffée proprement. Loumys tentait de la décrypter du mieux qu'elle pouvait avec sa tête qui valsait dans tous les sens ainsi que sa vue faisant des siennes, tantôt trouble, tantôt éblouie. Même dans un état pareil, elle ne pouvait cesser de penser à comment se débarrasser d'elle si cette dernière venait à la gêner dans sa quête. De plus, pour être en possession d'un tel équipement, elle se devait d'être douée aux combats rapprochés, ce qui allait lui compliquer la tâche. Espérant sur le simple fait qu'elle ne faisait qu'illusion de ce qu'elle semblait être, que cet attirail avait été volé et qu'elle était une imposteur. Loumys devrait donc user de ruse pour s'en défaire, récolter le maximum d'informations sur celle-ci, sans parler de son compagnon qui serait probablement fort gênant, lui aussi. L'idéal serait de s'en prendre à celui-ci en premier vu qu'elle était à bout portant tout en espérant jouer sur le désespoir de l'instant pour éliminer la guerrière tout aussi sèchement. Mais était-ce réellement la bonne chose à faire ? Son agacement se faisait probablement sentir à des kilomètres à la ronde mais... plus le temps filait, plus sa colère grandissait tant elle savait que le Diable n'apprécierait pas qu'elle se déroute trop de sa voie. La distance qui la séparait de la montagne du phénix était si importante ? Ne pouvait-elle pas s'y rendre d'elle-même, quitte à en mourir pour atteindre le but de sa mission ?

Mais pourquoi son attention se portait-elle tant sur le Diable ? Loumys venait à peine d'évoquer son nom, mais celui-ci lui semblait clairement familier et au fond, ce qu'elle faisait là, cette quête au sein de cette contrée, était en son nom. De plus, l'apparition de cette entité qui s'en était pris au groupe, qui l'avait nommée Vi, avait semé le trouble en elle. Fermant lentement les yeux pour les reposer un instant et calmer ses maux de tête, une main crispée à proximité de sa plaie béante. Les sons embrouillés, l'humaine rouvrit les paupières et observait toujours cette personne à côté d'elle, semblant avoir ramassé quelque chose au sol. Se rapprochant d'elle, Loumys réalisa qu'il s'agissait là de son arme qu'elle avait lâchée suite au kidnapping de l'autre feu oreilles pointues. Serrant des dents quand celle-ci fut glissée à nouveau dans son fourreau, elle grogna légèrement quand la bête eut commencé à avancer. La lame dans sa plaie bougeait au rythme du mouvement, lui rappelant à chaque pas sa présence.

Ce fut alors que l'inconnue se décidait enfin à parler, commençait déjà par lui suggérer de continuer à se plaindre afin de rester éveillée. Quand bien même elle avait raison, Loumys détourna le regard vers le sol pour voir celui-ci défiler sous les pieds de celle cavalant à ses côtés. Aussi, si elle venait à perdre connaissance, la guerrière ne se gênerait visiblement pas à se charger à la faire ressurgir à la réalité. Si déjà elle était à la limite de se faire un ulcère quand Elina l'avait tripotée avec sa mousse tout à l'heure, elle ne garantissait pas être aussi clémente si cette dernière viendrait à la réveiller à coup de « je gigote le couteau dans ta plaie » pour la réveiller. Surtout que maintenant, elle était clairement en possession de son arme et n'hésiterait pas à s'en servir. Néanmoins, elle préféra quand même garder le silence et la laisser dans son monologue. Son regard toujours braqué sur elle, histoire qu'elle sache que Loumys l'écoutait.

Et voilà que maintenant, elle désirait qu'elle lui raconte son histoire ? Mais quelle histoire ? Bon au moins, elle se décidait enfin à se présenter et son prénom était donc Alix. Oubliable, tout comme elle se débarrasserait d'elle pour se tirer loin de là une fois sortie d'affaire. S'étirant doucement pour se repositionner un peu, sentant tout son corps endoloris et crispés, l'ex-dèesse fit les présentation avec la bête qui la transportait : Tao. Hmm... D'accord, se disait la jeune humaine, n'y accordant aucune once d'importance, décrochant son regard de la Alix pour le laisser se perdre dans le décors qui défilait rapidement. Fermant les yeux pour inspirer longuement une fois replacée sur le dos de la bestiole. Les membres moins engourdis, la douleur lancinante qu'elle ne parvenait pas à éclipser. La transpiration perlant sur son front, le souffle saccadé au rythme des pas de Tao. Sa main droite serrant fortement la fourrure de celui-ci par pur réflexe en cas de chute.

Mais que pouvait bien lui raconter Yloumna ? « Je me suis perdue dans votre monde et je dois retrouver quelque chose pour me réincarner ? » Mais bien sûr, qui allait bien la croire. Même Elina n'avait que quelques bribes d'informations, sans plus. Alors Vi ? « Je suis la Déesse du Chaos, je suis morte mais je suis là aussi pour essayer de retrouver la vie» Encore une histoire à se faire rire au nez et à mettre sur le compte du délire du moment. Du coup, Loumys ? « Je suis une damnée qui arpente cette forêt au service du diable, je cherche un truc pour lui qu'il a perdu ici » Vous voyez donc où est le problème ? Encore, l'elfette pouvait croire un peu à ses histoires délirantes au vu de son statut de prêtresse. Mais l'autre là, allait-elle seulement la calculer et la prendre au sérieux ? Probablement pas. Enfin, peu importait... elle ne s'y retrouvait pour le moment pas avec tout cela. Ce qui était important, c'était juste de tenir le cap et d'avancer. Ses histoires n'avaient guère d'intérêt à lui être racontées si c'était pour l'avoir dans les pattes. La damnée devait se contenter d'être guidée par Elina, rien de plus. Elle était la seule mentionnée dans la prophétie... associer une personne supplémentaire, non prévue, pourrait tout saborder. Était-elle seulement prête à prendre un tel risque après tant d'épreuves passées ? Est-ce que ça valait vraiment la peine ? Déjà que c'était suffisamment chaotique ainsi pour en rajouter une couche... Mais ce fut là que Aslo lui revint à l'esprit...

Au vu du monstre qu'il pouvait être, est-ce que d'avoir une guerrière comme Alix, en ignorant de quoi elle était capable, pourrait lui servir de bouclier humain au moment opportun ? En imaginant évidemment qu'il allait ressurgir de la même manière que précédemment. Parce qu'à l'approche de la cité elfique, les choses allaient vraisemblablement se compliquer. Ce dernier étant capable de prendre l'apparence qu'il voulait, autant de fois que possible, pour leur tendre des pièges. Elina avait pu le constater d'elle-même plus tôt quand elle s'était retrouvée face à deux Loumys lui hurlant dessus pour se séparer de sa fausse elle-même. Alors la cité elfique... Aslo allait s'en donner à cœur joie là-bas pour les attaquer de toutes parts. Du moins, c'était ce que s'attendait à voir la jeune damnée au vu qu'il était au abonné absent depuis un petit moment déjà. Avait-il lui aussi été au prise avec l'entité tout à l'heure ou avait-elle été la seule ciblée spécifiquement ? Parce que à y repenser, cette dernière lui avait clairement fait comprendre qu'elle avait échappé à sa mise à mort. Bon, en soit, c'était pas un secret, on ne pouvait pas l'avoir aussi facilement. L'humaine ne s'en étonnait même pas vraiment. Néanmoins, même si à l'instant présent elle souffrait le martyre, elle était confiante par rapport à ses chances de réussite.

Mais ce fut subitement la voix de la prêtresse qui la tira de sa rêverie, Loumys ayant mis un vent complet à Alix sans s'en rendre compte mais tout en démontrant bien qu'elle était éveillée et consciente, luttant pour ne pas se laisser aller. Ses vêtements imbibés de sang, s'écoulant sur la fourrure de la bestiole qui la secouait toujours dans tous les sens, l'ex-déesse écoutait désormais Elina. Visiblement, elle n'avait pas non plus trop voulu donner suite à la demande au tournant de la guerrière. Se contentant d'une sommaire recommandation qu'elle ferait quand elles seront toutes arrivées à la cité elfique. Du coup, ça allait être à la mourante de s'y coller ? Mais que dire ? Serrant la mâchoire, son souffle sifflant entre ses dents, son regard se décrocha de Elina pour se reposer sur Alix. Malgré les vertiges et cette sensation constante de tomber dans le vide, elle allait tenter de donner quelques bribes d'informations à cette dernière.

- Pour faire simple... La voix déformée par les secousses de la bête, Loumys tentait au mieux d'être le plus claire possible, s'étouffant par moment en recrachant un filet de sang s'écoulant sur sa joue. J'ai un voyage à accomplir. Elina est ma compagne de voyage, je me nomme... Yloum... Le regard flou, la nausée lui reprenant de plus belle. Vi... Loumys ! Je me nomme Loumys. Je dois me rendre à la montagne du phénix. Mais une créature nous a attaquée avant que tu te pointes vers nous. Voilà pourquoi... je suis dans cet état... Raaaah, qu'il arrête de me secouer dans tous les sens ! Finissait-elle par se plaindre après un pas un peu plus difficile que l'autre, sûrement un obstacle à éviter sur la route.

La gorge désormais enflammée, Loumys laissait afficher un regard désolé quelques instants dans un soupir, lâchant un peu sa prise sur la fourrure de Tao afin de laisser sa tension redescendre. Mais désormais, son regard partit à la rencontre de celui de sa guide de voyage. Une douleur sourde venant de parcourir l’entièreté de son corps, la crispant d'avantage que les précédentes fois. Sentant un nouveau flot d'hémoglobine s'écouler sous ses vêtements, glissant lentement sur son ventre et le bas du dos.

- J'espère qu'on est presque arrivées à la capitale... Elina?

à peine eut-elle le temps de terminer sa phrase qu'elle fut prise d'un terrible vertige qui la fit se recroqueviller sur elle-même. Dans l'espoir de retrouver une certaine stabilité intérieure. Inconsciemment, cherchant à raviver la douleur de sa plaie pour la faire revenir à la réalité mais rien n'y fit. Son regard se floutait rapidement, tout ne devint qu'une vision de traînée de couleur. L'ouïe se compressant, devant lointaine et bourdonnante à la fois. Ses mains se relâchèrent, son corps entier avait décidé de la faire s'évanouir quant bien même son esprit luttait de toute ses forces pour restée éveillée, visiblement à bout. Elle parvint juste à tendre la main en direction des deux autres femmes, restant à un quart consciente. Bataillant dur avec elle-même. Des échos de voix machiavélique résonnant dans sa tête. Celle de l'entité se répercutant parmi celle-ci... Ainsi que d'autres qu'elle était incapable de reconnaître sur le moment.

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Quelques mètres plus loin

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