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 Rencontre avec la future Reine de Nandis

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Althéa
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MessageSujet: Rencontre avec la future Reine de Nandis   Rencontre avec la future Reine de Nandis Icon_minitime1Dim 21 Juin - 20:16

[Althéa arrive de ~ICI~... ]

Abandonnant alors le couloir et mes précédents hôtes, j'ouvris alors la porte, rentrant dans les appartements de la future dulcinée d'Uldrian. Une fois dans la pièce, je découvris plusieurs personnes à l'intérieur. Toutes s'afféraient à quelque chose pour s'occuper à préparer la futur reine de Nandis. Mon regard parcourant ce décors, fortement éclairés par les rayons que projetait le levé du soleil, je comptais les personnes autours de la future reine aux nombres de cinq. Ils étaient tous en train de la maquiller, la coiffer, s'assurer qu'aucuns plis n'avaient été fait dans ses vêtements et tournait tous autour d'elle comme des mouches. Ne disant en premier lieu rien du tout, je m'approchais de celle que je supposais être la reine, celle qui avait l'attention de toutes ces gens. Me tenant alors droite, une main posée sur le pommeau de mon épée, je m'inclinai tout en me présentant :

- Je me nomme Alysse Avelyn. Pour vous servir. Le Roi m'envoi auprès de vous afin d'assurer votre protection. Comment dois-je vous nommer, je n'ai pas eu connaissance de votre nom ?

Me redressant, je pouvais alors mieux discerner les traits de cette jeune femme. Là aussi, je faisais face à une gamine, encore un. Non pas que je ne les appréciais pas mais ils ne me semblaient pas à leurs places, ici... Commençant à me demander ce qui c'était réellement passé au sein du palais pour que ce soit des enfants qui soient mis tout en-haut de l'échelle. Qu'avait bien pu penser les dirigeants avant eux pour changer le système à ce point ? Je ne voyais que des silhouettes immatures, qui n'avaient rien vécu à mes yeux, qui n'avaient aucunes expériences pour leurs âges. Quant bien même ils avaient des mentors pour tout leur expliquer, rien ne valait la pratique. La théorie, c'était bien pour apprendre sommairement les choses mais une fois que l'on y faisait face à l'une de ces situations, ce serait la panique. Du coup, malgré ma désapprobation, je m'abstint de tout commentaire et j'observais autour de moi, attendant les instructions de la fille d'Elizabeth. J'allais faire comme toujours : Faire ce que j'avais à faire.

D'ailleurs, parlons-en de l'intéressée ! Son air était très étrange... son aura aussi m'inspirait autre chose que ce qu'elle semblait être, tout comme pour le roi Uldrian. Ses cheveux roses, qui avait attiré mon attention en premier, étaient très inhabituels ainsi que la pâleur de sa peau que je pouvais observer dans le reflet du miroir qui se tenait face à elle, qui semblait trop parfaite. Son regard semblait sonder le miens alors que j'attendais patiemment sa réponse. Je me tenais immobile, le temps me semblant très long. Est-ce que je me sentais tendue ? Oui. Est-ce que je trouvais l'atmosphère étrange depuis que j'avais mis les pieds dans le palais ce matin ? Certainement. Tout ce qui s'était déroulé jusque là n'avait rien de normal. D'abords l'altercation avec le barde et l'homme d'Uldrian dans le halle. Ensuite, l'écriture du discours finalement jeté à la figure de l'auteur pour qu'au final il termine en prison, puis vint ensuite une île qui fit un aller-retour express entre Chaara-Khole et Nandis. Sans parler de tout ce que ce village subissait... quelque chose de grave c'était abattu. Mais étant finalement coincée ici, je me retrouvais à jouer les gardes d'enfants au lieu d’effectuer mon vrai travail : D'aider les gens dans le besoin. J'étais coincée et frustrée mais je n'avais aucuns mal à dissimuler mes états d'âmes et me contenter de faire ce que l'on m'ordonnait de faire. Ayant été éduquée ainsi par mes diverses écoles militaires et par la famille Avelyn, je m'y tenais. J'allais assurer la sécurité de la future dulcinée du roi avec la même rigueur que j'appliquais à chacune de mes missions.

Cependant, désormais, je faisais face à une Avelyn que je ne connaissais pas et j'espérai obtenir des réponses quant à leur soudaine envie de poster un de nos membres aux côtés du Roi. Certes, je n'aurai jamais mon mot à dire, je n'étais qu'un larbin parmi eux mais ma curiosité avait soif de savoir. Que je sois prête aux événements à venir même si, au fond de moi, quelque chose me disait que rien ne serait en mesure de m'y préparer. Mon sixième sens en alerte, j'étais sur mes gardes.

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MessageSujet: Re: Rencontre avec la future Reine de Nandis   Rencontre avec la future Reine de Nandis Icon_minitime1Ven 26 Juin - 10:20

Rencontre avec la future Reine de Nandis Arcadi11

Ce jour était le deuxième le plus important de sa carrière, il y eut tout d'abord le couronnement du Roi, et aujourd'hui, il s'agissait de ses noces. Recrutée il y a trois semaines pour ses compétences exceptionnelles, l'intendante Arcadia, mais également tante de Roxanna, la cuisinière du palais, avait pour tâche de superviser les préparatifs concernant la future épouse d'Uldrian. Le souverain voulait que tout soit parfait, comme à chaque fois d'ailleurs, mais il fallait bien reconnaître que jouer à la dînette avec une poupée de porcelaine n'était pas exactement ce qu'elle avait imaginé. Arcadia pouvait apporter tellement plus, et quand bien même cette tâche ne réclamait qu'un petit pourcentage de ses capacités, elle s'en acquitterait jusqu'à son terme. D'un caractère austère, l'intendante dirigeait chacune des filles avec une main de fer. Mais ne vous fourvoyez point, le respect était toujours au menu. Et alors qu'elle coiffait la fibre églantine de la petite Enyale, quatre coups tintés d'une note métallique résonnèrent dans la porte. Il devait s'agir de la Gardienne Althéa, il était prévu qu'elle assure la protection de la dulcinée le temps de cette journée. Aussi l'invita t-elle à entrer, ce qu'elle fit avec une certaine retenue qui s'apparentait curieusement à de l'appréhension. Alysse s'annonça finalement, mais ne présenta ses respects qu'à Enyale. Arcadia n'en fut guère offusquée, car la guerrière n'était présente en ces lieux que depuis la veille, elle ne savait donc rien de son titre, de plus, il était dans l'ordre des choses d'ignorer les larbins, non ?

En toute transparence, l'intendante laissa les deux Avelyn s'entretenir. Maintenant qu'elle en avait terminé avec ses cheveux disposés en un élégant chignon, Arcadia alla faire le pied de grue auprès de la fenêtre. Léonie quant à elle, bordait le bas de la robe de la future Reine afin que rien ne s'effiloche. Et pour ce qui était des trois servantes, toutes soeurs en plus, elles n'existaient que pour accomplir les tâches les plus ingrates, comme satisfaire un caprice d'Enyale, frotter les tapis et bien d'autres encore.

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MessageSujet: Re: Rencontre avec la future Reine de Nandis   Rencontre avec la future Reine de Nandis Icon_minitime1Sam 27 Juin - 18:05

Le monstre avait toujours vécu en dehors de la capitale, loin de ses richesses et de ses distractions. Bien sûr, chaque cité avait ses propres agréments et Zanérim était sans nul doute assez fascinante de ce côté, mais avec maman on ne pouvait pas faire ce qu'on voulait. Si à une époque maman avait aimé découvrir les modes de vie des autres peuples et s'instruire de leurs coutumes, les longues années qu'elle avait passées loin de chez elle, isolée dans le désert, l'avait dégoûtée. Avec la distance, la vision qu'elle avait de Nandis, où elle avait vécu sa jeunesse et où elle avait appris les choses les plus intéressantes qu'elle connaisse, s'était magnifiée au point d'en faire l'unique emblème de la civilisation à ses yeux. Au fur et à mesure, cette vision de la mèe s'était transmise au monstre. Elle avait imaginé la ville peuplée des plus grandes merveilles, des tissus les plus sublimes et des peurs les plus distinguées. On peut dire qu'elle avait finalement été déçue de ce côté. Les parures bien que belles et originales ne dépassaient pas toujours les tissages enchantés qu'elle avait pus voir dans son enfance. Et surtout, depuis qu'elle était arrivée, elle n'avait été entourée quasiment que de domestiques avec des peurs banales de simples serviteurs, même pas des craintes superstitieuses ridicules mais juste des angoisses perfectionnistes d'ouvrières qui veulent bien faire leur travail et qui ont peur d'être réprimandées par leur supérieur. Cela n'avait pas empêché pour autant le monstre de s'amuser aujourd'hui. Oh, ce n'était pas grand chose. Elle avait juste eu tendance à se tortiller comme par inadvertance exactement au moment où l'inquiétude de la servante qui s'occupait de sa robe commençait à grimper, à l'instant où l'aiguille s'approchait enfin de sa robe. Le monstre avait bien fait ça trois, quatre, cinq fois, pour se distraire de ce silence concentré, avant finalement d'être arrêté par la voix polie d'Arcadia lui demandant de bien vouloir se tenir tranquille. Reprise sur son jeu, encore qu'à chaque fois elle s'était gardée d'avoir les yeux sur les pauvres couturières pour ne pas qu'on croit que c'était fait exprès, le monstre avait fini par arrêter, d'autant qu'elle aussi voulait avoir la plus jolie robe possible. Et de toute façon, il y avait bien d'autres jeux possibles.

Le plus drôle avait été lorsqu'on avait tenté de la maquiller. Après avoir effacé un premier essai raté car il lui donnait un teint livide de cadavre peint, et un second où on l'aurait crue brûlée par trois soleil, on avait finalement décidé de faire le maquillage le plus minimaliste, en se contentant seulement de décorer ses paupières et ses lèvres de couleurs attrayantes. Durant tout le long, la frustration de la pauvre femme en charge de cette partie, à devoir effacer et recommencer du début, avait été tellement agréable à ressentir, un vrai petit rayon de soleil dans sa matinée. Le monstre s'était même prise en jeu en étant le plus immobile possible pour faciliter l'opération et en multipliant les petites remarques a priori gentilles et innocentes telles que « J'espère que vous allez me rendre aussi belle que vous » ou que « Je veux être la plus jolie du monde ». Des paroles légères mais qui avaient le don de stresser quelqu'un lorsqu'elles étaient prononcées au moment ultime où la maquilleuse se rendait compte que son ouvrage n'allait pas du tout du tout.

Autrement, lorsqu'elle n'avait rien à faire, le monstre se prenait alors à penser à sa maman, enfin sa tante désormais, qui devait tellement souffrir d'être si éloignée d'elle et qui devait tellement s'inquiéter qu'il lui arrive un problème ou que pour une raison ou une autre elle ne puisse finalement pas devenir reine. Dans ces instant-là, le monstre ne pouvait pas un réprimer un léger sourire pensif. Déjà que maman s'était soudainement rappelée à la peur de ne plus être à la mode quand elles étaient arrivées en ville, un comble pour une femme qui se considérait pourtant comme le meilleur produit de Nandis en son époque, maintenant elle se retrouvait toute seule avec une vieille bonne qui boite. Pour peu qu'elle n'ait pas totalement réussi à raccrocher avec ses anciennes relations, ce serait un tel martyr pour cette pauvre femme. De telles pensées ne pouvait que laisser songeur et amusé face à l'ironie de la vie. Parfois atteindre son rêve rime avec plus d'angoisse que de bonheur.

Ainsi, cette matinée augurait finalement d'un jour beaucoup plus distrayant que les jours précédents où elle était finalement restée dans un espace assez confiné avec des servantes trop serviles pour pouvoir s'effrayer des remarques innocentes d'une enfant. Le monstre n'avait même pas conscience que le nombre particulièrement réduit d'aides autour d'elle était extrêmement inhabituel pour la ville. Après tout, elle avait finalement été peu en contact avec une véritable domesticité organisée ; à Zanérim ils étaient trop peu éduqués pour respecter les différents types de serviteurs, et dans les Terres du Phénix ils avaient même dû ne se contenter que d'une unique bonne. C'est pourquoi au lieu de s'offusquer de cette situation comme l'aurait fait n'importe quelle petite peste noble bien élevée, le monstre sut tout-à-fait profiter de la situation et de tous ces gens qui ne désiraient que la rendre belle. Et l'arrivée de cette elfe fut comme la cerise sur le gâteau.

Le monstre avait toujours été un peu intéressé par les gens soit de pouvoir, soit qui sortaient de l'ordinaire. Généralement les pensées qui les hantaient étaient aussi inhabituelles que leur apparence, et cela faisait toujours un passe-temps amusant. Dans cette catégorie, les métis, tels que son père ou Dame Elizabeth, et encore mieux les purs sangs non-humains, avaient une place particulière. Ils avaient presque toujours des préoccupations si exotiques, si étrangères. En tête à tête, on pouvait même voir des paysages extraordinaires dans leur tête. C'était ainsi presque toujours un régal. Et celle qui lui faisait face, avec ses si beaux cheveux couleur d'étoiles, une fois de plus n'échappa pas à son soudain intérêt. Cette inconnue avait une telle confiance en elle. En tant normal, presque tout le monde doute toujours de soi-même, de ses capacités ou de ce qu'il risque de leur arriver, mais ce n'était pas à son cas. À l'inverse, la peur qui primait chez elle était offerte pour les autres. Elle souffrait de ne pas pouvoir aider les gens qui avaient besoin d'elle, et encore plus actuellement à cause d'un événement récent. Et c'est de cette angoisse profondément ancrée en elle que découlaient toutes ses autres inquiétudes, celles de devoir obéir à un ordre qui serait contre ses principes, d'être au service d'une autorité où elle ne se reconnaîtrait plus, ou même aussi de voir sa famille s'entre-déchirer. Fondamentalement, dan ces cas-là, elle se retrouverait obligée de prendre une décision et d'aller contre des personnes qui avaient besoin d'elle ou à qui elle devait allégeance. Son altruisme allait même tellement loin que cette garde elfe s'inquiétait même de la sécurité de plantes. C'était là tant de choses inédites. Le monstre aurait voulu aller plus loin mais, alors qu'elle tentait de se projeter, des éclats épars se mêlaient. Les inquiétudes se caressaient entre elles telles des vitres qui se fracassent les unes contre les autres. Le monstre n'arrivait à bien lire ce qu'elle aurait aimé déceler. Il y avait trop de monde dans la salle. Et c'est à peu près à ce moment que le monstre se rendit compte qu'elle était restée là à la fixer de ses pensées sans dire un mot suite à sa présentation. Tournant les yeux tout autour d'elle, elle hasarda avec un embarras enfantin une fragile excuse :

- Oh, je...

Puis baissant les yeux vers la petite tailleuse qui cousait toujours avec application le bord de sa robe avec une certaine technique, afin de cacher habilement les coutures derrières des nœuds et des froufrous, telle l'image topique de l'enfant bien élevé qui demande à un adulte une autorisation, le monstre lui demanda gentiment :

- Excusez-moi Léonie. Pourrais-je, s'il vous plaît, me tourner pour pouvoir saluer mademoiselle Alysse. Je resterai dans la même position après, ainsi vous pourrez continuer.

Puis attendant ensuite une forme d'assentiment pour pouvoir entreprendre son action, le monstre tâcha pendant de ce temps d'imaginer en amont comment elle allait pouvoir se présenter. Puis, avec une déférence particulièrement attentive pour une noble, elle suivit en se tournant lentement le mouvement de la couturière appliquée, de façon à ne pas risquer de distendre les fils déjà en place. Et ainsi, après cette fastidieuse manipulation pour se retourner, lorsque l'elfe se retrouva enfin face à face avec celle qu'on lui avait ordonné de servir, le visage de la petite fille s'empourpra légèrement de respect et d'étonnement. Et, comme elle l'avait calculé, le monstre s'adressa à elle d'une voix gracile comme le doux tintement du cristal quand une brise vient le caresser, un ton empreint d'une forme de timidité, celle due lorsque l'on s'adresse à un personnage important :

- Bonjour mademoiselle Alysse. Vous... vous venez pour me protéger ? Je m'appelle Enyale. Ravie de faire votre connaissance. Puis, plaçant la main devant ses lèvre, comme contrite face à une erreur de sa part, le monstre se corrigea en une épanorthose aux airs de sincérité : Oh. Excusez-moi, je ne dois plus me présenter ainsi, mais cela ne devait lui servir que pour annoncer enfin d'une voix un peu plus assurée, bien qu'ayant toujours des échos de fragilité : Je me nomme Enyale Aliseah Ulrikè d'Avelyn. Ce sera un plaisir de vous avoir pour ma protection, mademoiselle Alysse.

Il ne s'agissait que du préambule, un moyen de mettre en valeur son enfance et son innocence, comme elle l'avait fait tout le long de sa vie, un moyen d'être adorée. Mais si cette fragilité présentée pouvait aussi inquiéter son garde du corps, après tout protéger quelqu'un de faible est toujours plus difficile que quelqu'un de déjà assez puissant pour se défendre seul, alors c'était tant mieux. Pour autant ce n'était pas là le véritable plan du monstre et la suite allait venir très rapidement, tandis que l'innocente infante questionnait naïvement la garde :

- Vous revenez avec des informations à propos de Chaara-khole ?

Le monstre avait rapidement fait le lien lorsqu'elle avait révélé les inquiétudes qui nichaient en l'elfe. Un événement récent qui aurait pu augmenter sa peur pour la bonne santé d'autres personnes ? Elles aussi avaient été enfermées dans leur salon par un garde et, bien que la position de leur fenêtre ne lui avait pas permis de voir correctement la scène, le monstre avait entendu les murmures qui s'étaient échangés avec l'organisatrice. Mais cette petite question apparemment innocente, qui était destinée à recevoir une réponse négative, n'était pas tout, car sans même lui laisser le temps de répondre, profitant de l'étonnement général qu'avait causé ses paroles, le monstre continua avec d'autres attendrissement :

- Vous savez si des personnes ont été envoyées ? Imaginez toutes les personnes qui sont peut-être entre la vie et la mort en ce moment. Il faut absolument les aider ! Les enfants sont toujours ceux qui souffrent en premiers de toutes les catastrophes.

C'était vrai en soi, quel que soit le problème qui survenait, les plus fragiles étaient ceux qui en souffraient le plus. Cela ne veut pas dire pour autant que le monstre s'en souciait vraiment. Ces paroles prononcées avec tellement de volonté et d'émotion n'étaient réellement destinées qu'à appuyer encore plus fort sur l'angoisse nichée au cœur de l'elfe aux cheveux d'étoiles, à augmenter sa frustration d'être retenue ici alors qu'elle aurait pu faire tellement d'autres choses. Puis, comme la situation s'y prêtait, et que le monstre n'avait pas non plus abandonner l'idée de sonder plus en profondeurs cette intrigante inconnue, tout en tremblant, fébrile, la pauvre princesse émue implora doucement :

- Oh ! Je crois que j'ai des vapeurs. Est-ce que deux d'entre vous pourraient aller me chercher de l'eau... s'il vous plaît...

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MessageSujet: Re: Rencontre avec la future Reine de Nandis   Rencontre avec la future Reine de Nandis Icon_minitime1Dim 28 Juin - 20:41

Me tenant au garde à vous, immobile, j'observais la scène avec attention. J'étais tellement préoccupée que j'en oubliais mes bonnes manières et je tentai de me rattraper en m'inclinant légèrement au passage de la femme qui coiffait la future reine devant moi. Maladroitement, certes, mais c'était aussi pour marqué une certaine excuse de ma part. Redressant alors la tête, suivant des yeux la servante, je me sentais comme observée. Reportant mon attention sur la personne la plus importante dans la pièce, je me rendis compte que son reflet me fixait. Comme si elle était perdue dans ses pensées. Je ne savais pas comment interpréter cela à part le fait que ça ne faisait qu'augmenter mon appréhension quant à la situation actuelle. N'ayant clairement aucunes rancunes contre quelconques enfants, bien au contraire, j'étais relativement contre qu'ils soient exposés de plein front à la cruauté du monde politique. Pour quelques raisons que ce soit, j'aurai toujours du mal avec cela. Cependant, au vu de ma place dans la hiérarchie, je n'avais clairement pas mon mot à dire. Me contenant alors de suivre les ordres, bêtement, sans pour autant me construire mon propre avis. Tentant désormais, d'une oreille attentive, d'écouter ce qu'il pouvait se dire dans le palais. Espérant ainsi comprendre pourquoi des enfants avaient été mis à la tête de la prestigieuse cité de Nandis et, surtout, pourquoi un tel changement politique. Quelque chose avait dû se passer et cela me mettait mal à l'aise, pour l'instant. Il me fallait être prudente et me tenir à carreaux jusqu'à que j'apprenne ce qu'il se passe ici.

La petite reine sortant de son mutisme, d'une voix cristalline, elle se hâta à se retourner pour me faire face en faisant attention de ne pas brutaliser le travail de ses servantes. De mon côté, je ne disais mot, me tenant immobile comme n'importe quel soldat devant une personne plus gradée que lui-même. Bien que j'étais plus grande qu'elle, quelque chose se dégageait de cette jeune fille à la chevelure rosée. Son regard me reluquant toujours avec autant d'attention, son comportement réel semblait tout autre. Mais je n'en tint pas attention, me disant que, après tout, elle avait été éduquée ainsi pour convenir aux normes de la nouvelle royauté qui se mettait en place. Cela ne m'étant pas familier, j'avais du mal à en saisir le sens. Sa gestuelle et son ton de voix sonnaient très faux à mes oreilles et me força à m'enfermer d'avantage dans ma crainte. Me convaincant intérieurement que, définitivement, ma place n'aurait pas dû être ici mais à Chaara-Khole ! Mais finalement, la dulcinée d'Uldrian se présenta en toutes lettres. Son nom ne me disait strictement rien, je n'avais jamais eu vent qu'Elizabeth avait une fille mais bon, cela ne me regardait point. C'était la vie privée des gens et je devais m'admettre à moi-même que je n'étais plus en mesure de garder un œil sur l'ensemble de ma famille et veiller sur eux. C'est donc d'un regard passif que je tenais celui de la petite reine. Sans rien dire, acquiesçant poliment lorsqu'elle termina de se présenter à moi.

Mais sans plus attendre, elle se pressa à me demander des nouvelles de Chaara-Khole. Attirant toute mon attention soudainement, je ne savais guère quoi répondre. Le roi avait bien prononcé les directives qu'il avait prise à ma cousine, déclarant qu'il y avait envoyé une pléiade. Mais avais-je seulement le droit d'en parler ? On m'avait toujours appris que, tant que l'on s'adressait pas à moi, je ne devais point retranscrire la moindre parole du roi ou d'un homme politique à quiconque. Ce n'était ni mon rôle ni un message qui m'avait été sommé de livrer. Ce fit alors à la négative que je lui répondis, d'un non de la tête, accompagné de quelques mots lancés sommairement, comme si appris par cœur :

- J'ai certes entendu des choses, Mademoiselle, mais je ne puis vous en dire quoi que ce soit.

Pensant que cela devait largement suffire à m'écarter du sujet et éviter d'allonger ma liste des frustration qui logeait en moi, je n'étais pas prête à ce que j'allais entendre par la suite. Oh bien sûr, la future reine pouvait bien s'en soucier de Chaara-Khole mais la façon dont cela sera déclaré et, surtout, d'une façon si étrange me fit avoir un frisson tout le long de mon dos. Encore une fois, quand elle insista pour savoir si des gens avaient été envoyés, je ne dis mot. Maintenant son regard. Mais lorsqu'elle me demanda d'imaginer les personnes qui devaient être en train de souffrir à attendre de l'aide, mon regard changea subitement. Passant d'un regard neutre et impassible à un regard noir, plissant légèrement les sourcils. Ces mots me poussèrent davantage dans ma frustration et je me mis en colère contre moi-même de devoir rester ici à jouer à la nounou. Pourquoi autant mettre l'accent là-dessus ? Pourquoi appuyé sur l'imagination et la souffrance première des enfants dans de telles situations ? Bien sûr que n’importe quel soldat se serait porté volontaire, que ce soit dans l'envie d'aider ou de récolter de la gloire ! Bien sûr que beaucoup, comme moi, attendaient simplement l'ordre d'y aller et de foncer la tête la première afin d'accomplir son devoir. Aucuns soldats n'avaient à imaginer la souffrance que son peuple devait subir là-bas puisqu'il faisait tout pour leur l'éviter et la connaissait par cœur, cette souffrance. Tous les soldats soutenaient spirituellement les leurs allant au front et, moi-même, j'espérai de tout cœur que l'escouade envoyée par le roi allait arriver à rétablir la paix sur cette île.

Mon regard étant devenu flamboyant, limite colérique, je ne décrochai pas des propos lâchés par cet enfant. Je n'avais rien contre elle, juste contre ma situation alors que y avait plus important à faire. Gardant une expression tout à fait paisible mais un regard représentant l'inverse, qui était rare chez moi, je me contenta de garder le silence quelques secondes avant de lui répondre. Que ses propos soient maladroits, je voulais bien le croire mais elle avait tellement semblé appuyer sur un point sensible que je redoublais de prudence. M'inclinant par simple signe de politesse, je déclarai :

- Comme je vous l'ai déjà confié, je ne suis pas autorisée à en parler. Commençais-je d'un ton toujours aussi neutre. Seul quelqu'un apte à le faire ou sa Majesté elle-même vous le dira. Veuillez m'excusez de ne point pouvoir accéder à vos attentes...

Sur ces propos, je lui faisais bien comprendre, une nouvelle fois, que je n'étais pas spécialement ici pour tenir la conversation mais la protéger. Je n'étais pas non plus la pour être son amie mais juste sa gardienne. Bien que je vouais une affection certaine à chaque personne de la cité, il y en avait pour qui j'étais plus réticente. Préférant de ce fait garder mes distances avec cette petite, je préférai me montrer impassible à ses propos plutôt que d'y répondre. Si le roi lui-même m'en avait parlé, je lui aurai dit mais pour l'instant, Enyale, n'était "que" la future reine, une simple noble. Tant que le mariage n'avait pas eu lieu, elle n'était pas encore assez haute dans la hiérarchie pour que je me permette de lui rapporter les paroles du roi. Que ce soit sur ses envies de repas ou ses tactiques avec l'armée. L'école militaire ayant été bien clair sur cela, je ne m'y étais jamais détaché. En tant que soldat, on devait garder le silence et ne pas colporter les propos des autres sauf si on nous l'ordonnait de le rapporter. De un, parce que c'était pas à nous de le faire et, surtout, on avait été formaté à simplement obéir et protéger la cité. Certes, j'étais gardienne de la famille Avelyn mais ça en revenait finalement au même, non ?

- Si je puis me permettre, je vais me mettre à l'écart pour que vous puissiez terminer de vous préparez... Sans attendre quoi que ce soit de sa part, je me reculais vers la porte, restant entre la future reine et celle-ci afin de me tapir dans le décor et laisser les événements se passer.

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MessageSujet: Re: Rencontre avec la future Reine de Nandis   Rencontre avec la future Reine de Nandis Icon_minitime1Mar 30 Juin - 13:14

Rencontre avec la future Reine de Nandis Leonie10

Journal de Léonie le 7 Khole Gaïa à 4 heures 32

Depuis une porte dérobée, je l'ai observé en plein ébat onirique. Dormant d'un sommeil paisible, la jeune Enyale semble insouciante quant à son devenir entre ces murs. Je crains pour notre avenir à tous. Dirigé ainsi par des enfants sans personne pour les museler, pourrait nous plonger dans la période la plus sombre de notre ère. Cette fille n'a reçu aucune éducation versée dans le domaine de la haute politique, j'ignore encore pourquoi Uldrian l'a choisi. Par ailleurs, ce garçon me donne la chair de poule chaque fois que j'ai le malheur de croiser son regard. C'est un vicelard, de plus, il a l'art pour endormir la vigilance des plus droits avec sa manière de casser les codes. Fermer les maisons closes, la demie journée de repos pour les besogneuses petites abeilles de notre province ainsi que des cours de lettres dispensés aux plus démunis au sein des bas-quartiers, font de notre Roi un héros des temps modernes. Mais ce n'est que de la poudre aux yeux, car pendant que nous nous jetons sur ces quelques miettes tombées de sa table, le sang coule à torrent dans les caniveaux.

Journal de Léonie le 7 Khole Gaïa à 6 heures 18

Arcadia à su trouver les mots pour me rassurer, ce qui est un plus pour ne point trembler. Dans moins d'une heure, je serai en train d'ajuster la robe d'Enyale directement sur son pourtour. C'est une première pour moi, jamais encore on ne m'avait confié une telle responsabilité. Arcadia a néanmoins insisté pour que j'oeuvre seule sur cette tâche. Je ne saisis pas trop le sens de cette mesure, mais je ne m'en préoccupe guère. Tout ce que je dois garder à l'esprit, c'est la perfection que mes doigts laissent derrière eux.

Journal de Léonie le 7 Khole Gaïa à 8 heures 44

Quelques minutes pour souffler... Il vient de se passer quelque chose d'étrange au large de Chara-khole. Je sais qu'il ne faut pas donner trop de crédits aux bruits de couloir, mais je reconnais en éprouver une certaine appréhension. Bien qu'il vient de se produire, cet événement d'ordre cataclysmique semble avoir déjà déserté toutes les têtes. Enfin bon... pour en revenir à nos moutons, Arcadia avait raison à propos d'Enyale, elle se joue de la peur des gens. Elle a tenté avec moi, mais en bonne comédienne que je suis, j'ai su jouer le jeu. L'enfant est tellement imbu de sa personne qu'elle n'a point cherché à gratté sous la surface. N'étant qu'une bonniche à ses yeux, elle s'est contentée de la crainte la plus élémentaire. Je devrais me sentir offensée, et pourtant, j'en viens à la prendre en pitié. Enyale est tellement sûre de sa position, qu'elle n'imagine pas une seconde être la victime. Mais avec Uldrian comme futur époux, elle ferait mieux de changer de cap si elle ne souhaite pas finir comme les deux autres prétendantes...

Journal de Léonie le 7 Khole Gaïa à 8 heures 57

D'habitude, je n'écris jamais depuis les latrines. Mais je tenais absolument à ajouter ce quatrain. J'ai compris à travers le regard d'Arcadia, que Enyale ne sera pas seulement la troisième, mais aussi et surtout, la dernière. Je ne pense pas que l'intendante cherche à renverser le pouvoir mis en place, mais plutôt à le contrôler, à commencer par la future Reine. Je ne suis qu'un pion dans cet échiquier géant, et c'est un rôle dont je compte malgré tout m'acquitter scrupuleusement. En tout cas, je demeure convaincue que je quitterai cette pièce le coeur moins lourd.

Rencontre avec la future Reine de Nandis Arcadi11

C'était plus fort qu'elle, il fallait absolument qu'elle s'impose à chaque personne qu'elle voyait. Fatiguée des servantes qui virevoltaient autour d'elle, Enyale fit une fixation sur Althéa, sa Gardienne. Selon Arcadia, Alysse fit preuve d'un grand professionnalisme, pour sûr, elle était à la hauteur de sa réputation. Mais la future Reine n'était pas contre un peu de distraction, alors quand elle formula son ordre maquillé en demande, l'intendante enjamba la distance qui la séparait d'elle, posa une main sur son épaule et l'autre sur la coiffeuse qui lui faisait face, avant de se pencher juste au-dessus de son oreille gauche.

- En prévision de la patience dont vous deviez faire preuve pour votre habillement, vous avez d'ores et déjà tout ce qu'il vous faut à portée, mademoiselle Enyale ! En dépit de sa proximité, Arcadia avait parlé fort et distinctement. Puis elle reprit en messe basse : Vous ne pensiez tout de même pas que vous seriez assise ici, si l'on ne savait rien de vous ? Vous aimez la peur m'a t-on dit ? Regardez donc !

En réorientant le miroir sur son visage, Arcadia fit en sorte que Enyale puisse se voir à un âge vieux, très vieux... Le faciès décrépi, la chevelure terne et grisonnante, la future Reine était tout simplement méconnaissable. Heureusement pour elle, nul autre oeil que le sien ne pouvait contempler pareille horreur. L'intendante savait bien que Althéa avait entendu ses mots, l'ouïe Elfique était connue de tous, mais il était important que la Gardienne puisse protéger Enyale au mieux de ses capacités, non seulement contre les autres, mais surtout, d'elle-même ! Aussi fit-elle signe à cette dernière de rester à sa place, l'empathie devrait terminer de la convaincre sur ses intentions. Arcadia était une Prédatrice atypique, elle faisait toujours prévaloir la douceur des mots qu'au tranchant d'une lame.

- Vous n'êtes pas encore Reine Enyale, et même quand vous le serez, vous ne pourrez pas tout vous permettre. Pendant ce temps, Léonie terminait ces derniers points comme si de rien n'était. Si vous faites ce que l'on attend de vous, soyez certaine que vous vous divertirez jusqu'à plus soif. Dans le cas contraire, personne ne sera en mesure de vous protéger. Personne ! Insista l'intendante.

Puis l'étreinte de l'effroi se dissipa, Arcadia venait de la libérer de son emprise mais sans pour autant lui restituer ses pouvoirs. Bien fou était celui qui pensait que Kinsy demeurerait inactive face à ce nouveau régime. Désormais, il fallait s'assurer que Enyale avait bien compris le message.

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MessageSujet: Re: Rencontre avec la future Reine de Nandis   Rencontre avec la future Reine de Nandis Icon_minitime1Mar 30 Juin - 17:02

De la colère, de la rage pure. Oh comme cela était satisfaisait ! Le monstre s'était attendu à déclencher quelque chose par ses quelques paroles mais ce déferlement était au-delà de ses espérances. Son regard flamboyait face au rappel de son incapacité de faire ce qu'elle désirait le plus : sauver des vies. Il faut bien comprendre qu'à aucun moment le monstre ne s'était réellement attendue à recevoir des réponses. Elle avait même cru comprendre d'après les fragrances de peur qu'elle avait lu que sa nouvelle garde du corps ne savait même rien de l'événement ou de si on y avait envoyé des gens. En l'occurrence, elle semblait s'être trompée mais ce n'était pas ce qui importait. Le monstre avait voulu une réaction, l'explosion des passions des cœurs mortels, et elle l'avait. Regardant une dernière fois le visage sévère, empreint d'une hostilité contenue à grand peine, avant de baisser les yeux, le monstre prévoyait déjà ce qu'il allait faire pour tenter d'arracher quelque chose d'encore plus puissant à l'imposante dame en armure, et peut-être cette fois de la peur.

C'était bien cela qu'elle pensait alors que le monstre se mettait lentement à trembler, comme sous le coup d'un choc. Cette fébrilité feinte pour éloigner une partie des servantes et avoir ainsi plus de place pour penser prévoyait déjà de la suite. Que penserait l'elfe de feu et d'acier si par exemple elle venait à être la cause d'une mise en danger de la vie d'autrui, elle même ? Nul doute que cela prévoyait d'être intéressant. Le monstre n'avait pas encore prévu une modalité. Elle hésitait encore mais ce serait sans doute la fausse crise de larmes, voire de panique, hyperventilation et tétanie, qui serait causé face à l'émotion fragile d'une fille de la campagne face au rejet brusque de celle qu'elle pensait déjà comme une amie. Le monstre aurait bien pensé à la défenestration sinon, pour une mise en danger plus importante et plus grave, d'autant que les fenêtres d'ici et plus grandes et plus ouverte vers le ciel que tout ce qu'elle n'avait jamais vu, mais cela aurait paru bien trop théâtral pour n'être causé que par cela. Mais le monstre ne se faisait pas de souci pour ça, si la pauvre jeune femme restait assignée à son service encore un moment, elle aurait tout le temps d'imaginer de nouveaux jeux à faire ensemble. Leur nouvelle relation pourtant si fraîche était déjà un peu romantique en un sens, comme un sorte de jeu du chat et de la souris entre elles, sauf que la souris n'était pas forcément celle qu'on croyait.

Alors que le monstre s'empêchait déjà de cligner des yeux, le regard vers le sol, tremblante, afin de faire monter des larmes véridiques, un main sur son épaule vint soudainement interrompre ses préparations festives. Cela fut tellement soudaine qu'il lui fallut un effort de volonté pour ne pas lâcher un éclair de sensation en réflexe. Il aurait été dommage de briser là toute l'image qu'elle s'était créée durant cette longue semaine. Le monstre regretta cela dit. En y réfléchissant, elle aurait pu utiliser ses pouvoirs entropiques soudainement et faire croire qu'il s'agissait des effets d'une amulette de protection magique donnée par son père, enfin son oncle. Celui-ci était en effet connu pour sa large guilde marchande qui commerçait avec des villes éloignées, notamment dans les objets magiques. Mais maintenant que la main était déjà bien posée et qu'une bouche venait susurrer à son oreille, il était trop tard pour ce coup d'éclat. L'infante ne se rendait pas encore compte d'à quel point elle allait regretter par la suite ce subit instant de miséricorde.

La femme qui s'était penchée contre elle était Arcadia. Cela n'étonna pas le monstre dans le sens où l'organisatrice aux cheveux corbeau était déjà celle qui se détachait le plus des autres personnes mises à son service. Si elle s'était ennuyée à un moment et si le nombre de domestiques toujours autour d'elle n'avait pas rendu ça désagréable, nul doute que le monstre l'aurait déjà sondée en profondeur, juste par curiosité, et elle y aurait sans doute trouvé des choses intéressantes. Mais, même si Arcadia n'était pas comme toutes les autres, il n'empêchait que ce genre de proximité n'était pas du tout quelque chose de courant. Si le monstre n'avait pas eu un caractère aussi joueur, il se serait peut-être dégagé au milieu des paroles. Mais le monstre étant ce qu'il est, il avait préféré rester sur place, les yeux contre le sol, à écouter avec intérêt la confidence qui allait lui être dite pour, sait-on jamais, les réutiliser contre elle plus tard. Elle s'en félicita même un moment lorsqu'elle entendit les menaces. Ce serait là des outils importants pour un scénario de victime abusée verbalement plus tard. Un instant, l'esprit du monstre s'éleva vers la tête de la prédatrice mais un événement plus important allait retenir son attention.

D'un coup, son cœur se mit à battre plus fort, plus vite. Une sueur froide recouvrit tout son corps. Quelque chose était en train d'arriver et cela était dangereux, plus dangereux que tout ce qu'elle avait jamais pu vivre. Le monstre voulut lever des yeux interrogateurs vers celle qui se tenait au-dessus d'elle mais son regard fut happé par le miroir qui lui faisait face. Dedans, le monstre ne se vit pas vieille, non, pire, elle se vit vieillir. C'était comme une abominable sensation qui déferlait dans tout son corps. Sur ses bras, sur son cou, sur son visage, lentement sa peau se mettait à s'assécher, à se devenir rugueuse, cassante, comme un parchemin qu'on aurait laissé durant trop longtemps à la merci du vent. Et ses articulations ! Elle rouillaient, se tassaient, devenaient douloureuses. C'est comme si l'énergie, la vie, refluait toute entière de son corps. Le monstre n'avait pas besoin de l'avoir déjà sentie dans le corps de sa bonne, elle le savait : c'était la vieillesse. Un gémissement monta dans sa gorge qui avait déjà enduré trop d'années et de mastications, comme une plainte sourde qui s'échappait sous la forme d'un grincement désespéré de sa bouche où les dents commençaient déjà à se déchausser. Mais le pire, c'est que sa continuait. Alors que sa peau molle avait déjà quitté son visage et coulait en des masses déformées et repoussantes, alors que celle-ci s'était déjà pliée et repliée comme mille éventails qu'on marquait et marquait comme une plume acérée, alors que son dos déjà grand, haut et adulte se pliait, se tordait, s'écrasait jusqu'à la ramener à sa taille d'enfant, le processus continuait encore et encore comme si la totalité de son corps s'était décidée de n'être plus que boursouflures, froissures et bouillie d'os et de chair. L'infante le savait, c'était Arcadia qui était responsable de ce sortilège. Mais elle n'arrivait pas à arracher son regard à la forme dans le miroir qui n'était déjà plus humaine pour lever les yeux vers elle. Elle n'arrivait à retenir son cœur à l'agonie, qui menaçait d'exploser. Enyale vieillissait, Enyale pourrissait, mais personne ne semblait d'en rendre compte.

La voix d'Arcadia était toujours autant douceâtre, comme des citrons confits au soleil, qu'auparavant, indifférente à son mal, lorsqu'elle termina les derniers mots de sa menace. Immédiatement, le cœur du monstre reprit son rythme normal. Les sensations étranges, anormale, s'arrêtèrent, ne laissant pas place qu'à l'enfant qui était déjà là avant, sans années, sans vieillesse, comme si tout cela n'avait été qu'un mirage. Il n'y avait plus qu'un vide, un blanc énorme, insensé. De ce cauchemar, il ne restait que la sueur froide qui avait entièrement recouvert son corps et son souffle court, épuisé par l'épreuve, à moins que ce soit par le temps.

Qu_ m'av_-v_ _ait ? croassa le monstre d'une voix si morte si étouffée qu'elle en fut inaudible, incompréhensible. Il n'y avait plus rien de vif et d'assuré de ce gémissement mal-articulé. Son cristal de ses cordes vocal avait été recouvert par des siècles de boue.

Le monstre ferma les yeux un instant, en rationalisant, en se rappelant à quel point elle s'était toujours demandée ce que vivaient les victimes des terreur qu'elle infligeait. Elle voulait se rassurer encore une fois, malgré le miroir clair et ses sensations revenues, que tout était encore en place, que tout allait bien. Mais, les yeux clos, le monstre ne vit que le noir. Rien. Son corps était muet. Et puis, cette impression de vide prit sens. Il n'y avait plus rien. On lui avait comme énucléé une partie de ses sens. La gorge plus claire, ce fut sous la forme d'un cri cette fois qu'elle cria à nouveau :

Que m'avez-vous fait ?!

Il y avait une tonalité très clairement plaintive dans son ton et c'est en l'entendant que le monstre se rendit compte que toute cette histoire l'avait bien plus secouée qu'elle ne l'aurait cru. Elle regardait tout autour d'elle. Ils étaient tous, là, avec leurs yeux globuleux et leur tête vide. Il n'y avait plus rien qui ressortait. On aurait dit des insectes. C'étaient des cafards, c'étaient des frelons. Leur peau bien beige, bien molle, ils la regardaient sans une once de compréhension. Ils la regardaient pour voir quand ils allaient piquer.

Alors l'infante fuit vers la seule destinations qui lui vint alors à l'esprit, le seul échappatoire à ce monde vidé de sens, vidé de peur, vidé de vie, vidé de jeu. Enyale courut à toute allure vers la fenêtre.

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MessageSujet: Re: Rencontre avec la future Reine de Nandis   Rencontre avec la future Reine de Nandis Icon_minitime1Mar 30 Juin - 21:23

C'était frustrée que je me dérobai à la vue d'Enyale pour m'éloigner vers la porte de la pièce afin de laisser tout ce beau monde terminer les préparatifs pour le mariage. Ne manquant alors pas de lever un sourcil lorsque la future reine demanda à deux servantes d'aller chercher de l'eau. Deux ? Très étrange... soit elle buvait vraiment beaucoup, soit elle étouffait réellement entre ces murs. Le palais et ses diverses pièces avaient beaux être très ouverts, cela n'empêchait clairement pas une ambiance pesante d'y régner. Même dans un vaste espace on pouvait manquer d'air. Observant attentivement autour de moi, je tentai de voir si je pouvais reconnaître une des servantes, mais rien ne me vint. Aucunes d'elles ne m'étais connues. Je me sentais très seule avec mes angoisses. Alors en plus d'être en colère d'être coincée ici, je me posais mille et une questions quant à ce qu'il se passait dans ce foutu palais. De mes regards discrets, j'espérai secrètement tomber sur une piste ou une personne dans le même cas que moi. Il allait m'être compliqué de démêler ce nœud sans personne sur qui compter. Intérieurement, j'avais déjà tiré un trait sur ma famille vu que cette dernière avait mis une des leurs à la disposition du Roi. Je ne pouvais pas demander d'explication à ces derniers, du moins, je ne m'y risquerai pas pour le moment. De plus, je ne pouvais m'empêcher d'avoir la gorge nouée en pensant à ce jeune garçon qui était roi. Non pas parce qu'il me faisait peur, ce n'était qu'un gosse avec un pouvoir qu'il ne contrôlait même pas. Un coup de pied à l'arrière train suffirait à le remettre à sa place. Cependant, ce qui me posait soucis, c'était Enyale vis-à-vis de lui. Peu importait la nature de cette petite fille mais de ce que j'avais déjà vu de Uldrian, tous les voyants était au rouge. Je ne pouvais pas me risquer à la laisser seule avec lui. Même si dès fois, j'aurai l’impossibilité de l'approcher.

Rien que de penser au danger qui pouvait rôder autour de la petite, mon inquiétude sur le danger de Chaara-Khole s'envola quelque peu. Mon regard scrutant la silhouette à la chevelure rose, soudainement approchée par sa servante, lui posant une main sur son épaule. Détournant quelque peu mon regard, vu que cela ne me concernait point, elle lui engagea la conversation d'un ton ferme et distinct. Comme si elle le faisait exprès pour que je l'entende aussi. Mais au fil des mots qui découlaient de la bouche de cette servante, mes sens se mirent en alerte. Ma main glissant doucement sur le pommeau de mon épée et à peine cette femme avait terminé sa phrase, sonnant pour moi comme une menace, je tenais fermement le manche de ma lame. M'approchant de toutes les deux d'un pas ferme. Ma lame commençant à sortir de son fourreau, mon empathie immobilisa tout mon corps. Me faisant m'arrêter net dans mon élan, ressentant des intentions non-hostiles à l'égard de la future reine. Qu'essayait donc t'elle de faire ? La petite rosée se tournant face à son miroir, guidée par la chevelure de jais, je relogeai ma lame à sa place, ne quittant pas des yeux la servante. J'étais littéralement prête à lui bondir dessus et l'écarter d'Enyale en un éclair. Bien sur mes appuis, tendue comme jamais, j'écoutais attentivement ce qui se passait. Du moins, je ressentais, tout particulièrement.

Au milieu de ce tsunami d'émotion, j'étais subitement complètement perdue. Evidemment, la femme avait parlé du fait que Enyale appréciait la peur... Mon esprit allant à toute allure, tentant de démêler la vague émotionnelle qui me traversait et de comprendre les sens de ces mots. En quoi une enfant aimerait la peur ? Il était vrai que cette dernière m'avait posé une question très étrange... "Imaginer les, ils souffrent". Avait-elle tenté de jouer avec moi ? C'était ça que je devais comprendre par les propos de la servante qui, me semble t'il, m'était aussi destiné ? Ça expliquerait le sens de cette étrange question, cela dit. Mais rien ne me prouvait que tout ceci était réalité. Cette servante semblait en savoir très long, bien plus qu'elle ne le laissait entendre et quelque chose me forçait à vouloir la prendre à partit et lui en dire deux mots. Mon regard se faisait menaçant, ma main tenant ma lame s'engourdissait à force de serrer si fort. Mais soudainement, quelque chose me frappa de plein fouet. Me déstabilisant complètement. C'était... très fort. Une énorme peur... une souffrance sans nom. Une angoisse grandissante. Mes yeux s'humidifièrent, sans que je m'en rendes compte, à la sensation de toutes ces fortes émotions qui n'étaient pas les miennes. Mes sens elfique déjà fort, étant dopé par une sensibilité générale accrue, je ne pouvais pas vraiment lutter contre cette déferlante qui s'était emparée de moi. Mon regard cherchant à comprendre d'où cette terreur pouvait provenir, je finis par saisir qu'il s'agissait de la petite fille en tombant sur son reflet, dans le miroir. Elle était terrifiée, elle pleurait. Complètement tétanisée. Quelque chose se passait pour la mettre dans cet état et, sans même rien comprendre de ce qui l'effrayait et pourquoi, je parvenais à la comprendre. Je sentis mes yeux s'humidifier et des larmes couler sur mes joues tellement cette émotion que je ressentais était puissante.

La servante continua son monologue. Moi, j'étais dans l'impossibilité d'agir mais je voulais comprendre ce qu'il se passait et à peine eut-elle terminé de parler la petite couina une phrase incompréhensible avant de se mettre à hurler sur la femme. Précipitamment, je saisis le manche de mon épée, reprenant mes esprits, essuyant mes joues des larmes qui y avaient coulées, je restai stoïque quant à la suite des événements. Comme je le présentais, quelque chose c'était passé et les hurlements de la petite m'avait convaincue que la servante lui avait finalement joué un sale tour et, probablement, m'avait peut être aussi trompée en manipulant mon empathie. C'était bien quelque chose que je n'accepterai pas et, qui que ce soit Enyale, je devais la protéger et faire tout ce qu'il fallait pour la garder saine et sauve à mes côtés. Ne serait-ce que pour Elizabeth. Mais dès lors que j'en saurai plus sur ce qu'il se passe ici, je saurai quelle décision prendre et quel partit adopter !

Et puis, soudainement, la petite décida de cavaler droit en direction de la fenêtre. Evidemment, avec sa tenue, ce n'était pas le plus pratique et ça rendait le tout un peu ridicule. Elle n'allait pas très vite mais sa soudaine envie de... fuir, je pensais, me confirmait encore une fois que la servante avait quelque chose de louche. Autant elle pouvait réellement avoir des bonnes intentions mais comme je ne pouvais pas me l'affirmer avec certitude, je ne lui ferai pas confiance pour le moins du monde. Ce fit alors d'un mouvement vif et silencieux  que je rattrapai Enyale en m'interposant entre la fenêtre et elle-même. Normalement j'usais de cette capacité pour combattre mais je parvenais aussi à l'utiliser de la sorte. En somme, j'avais juste bondis en un éclair. Déposant mon regard sur le visage de la petite future reine, ses larmes me glacèrent le sang. Me mettant à sa hauteur en m'accroupissant, je saisis son visage entre mes mains pour lui essuyer ses larmes. Son visage déformé par le maquillage qui avait été emporté avec l'eau saline de celles-ci. Mettant de côté ma rancune quant à ce qu'elle m'avait dit tout à l'heure, je lui souriais simplement, la fixant dans les yeux.

- Ça va aller... Tant que je suis là, vous n'avez rien à craindre. Lui murmurai-je simplement en tenant une de ses mains entre les miennes. Je ne vous quitterai point. Me redressant alors, tapotant légèrement sur sa tête comme je ferai avec n'importe quels enfants, je me positionnai entre Enyale et la servant. Quant à vous, je vous somme de vous éloignez d'elle. Je n'ai aucunes idées de ce que vous lui avez fait mais j'aurai deux mots à vous dire... Terminai-je, d'un ton ferme et glaciale, indiquant d'un mouvement de tête le coin le plus éloigné de la pièce afin de pouvoir converser avec elle.

Par là, j'espérai déclencher une discussion productive avec la servante afin de comprendre ce qu'elle avait bien pu manigancer avec Enyale. Aussi, je ne souhaitais pas que la préparation de cette dernière prenne davantage de retard au vu des précédents caprices du roi Uldrian. Vu que là j'en avais en partie la responsabilité, ça me retomberai aussi dessus si jamais quelque chose n'allait pas convenablement pour lui. Sans compter ma cousine qui semblait déjà avoir failli avec Albrecht. D'une main délicate dans le dos, l'effleurant du bout des doigts, je dirigeai Enyale là où elle se tenait précédemment. Faisant attention de garder une certaine distance entre la servante, que je quittais pas des yeux, et la petite qui se repositionna devant son miroir.

- S'il vous plaît, veuillez reprendre là où vous en étiez, je vous en prie. Dirai-je en m'adressant aux autres servantes. Désolée d'avoir été impolie depuis le début... Puis-je connaître vos noms à toutes ?

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