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 La cérémonie

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MessageSujet: La cérémonie   La cérémonie Icon_minitime1Mer 23 Mar - 2:11

[Arrow...suite de ~ICI~]

Lorsque les gardes ouvrir les portes, l'orchestre interpréta Dunedor, l'hymne de Zanérim, pour illustrer l'arrivée de la future reine. La salle était noire de monde, mais en dehors de la musique, le silence régnait sur toutes les lèvres. La haute noblesse de Nandis embellie de ses plus belles parures avait formé une haie d'honneur. En bout de celle-ci, le trône, à côté duquel le Roi se tenait, debout, majestueux. Dans le même temps, la silhouette décolorée de l'homme qui avait interpelé Althéa, se volatilisa. Les yeux étaient tous rivés sur la promise, éclipsant par sa seule beauté l'ensemble de son escorte, et ridiculisant les robes les plus couteuses, changeant leur riche propriétaire en de vulgaires porte-manteaux. Enyale n'avait plus qu'à achever sa marche jusqu'au trône, et se faisant, les gens se courberaient sur son passage. Quand elle aurait rejoint le Roi, les garçons d'honneurs se disperseront et la musique cessera, cédant ainsi sa place au maître de cérémonie qui entamera son office.

Althéa sonda l'assemblée, et sans trop forcer, elle reconnut l'homme qui s'était projeté à elle quelques secondes plus tôt. Ce dernier la salua par un hochement de tête, comme pour confirmer la réalité des faits. Situé quinze rangs plus loin, la gardienne ne s'y attarda guère, préférant focaliser son attention sur les émotions qui écumaient la salle. Forte de son expérience, Althéa devrait pouvoir discerner le danger au milieu de toute cette cacophonie. Et même si actuellement rien n'était à même de la mettre en alerte, son instinct lui criait de ne surtout pas baisser sa garde. Si la providence voulait que Irachlite soit un allié, il y avait fort à parier que quelque chose de terrible allait se passer avant la fin de la cérémonie.

Outre le Roi Uldrian, on pouvait remarquer la présence de quelques invités d'honneur, dont Sloac Von Hondia, Walter Fitzdraken, Nerland Carstein ainsi que Sydonie, la comtesse de la nuit. Seuls manquaient à l'appel ; Albrecht Rothke, Dame Elizabeth, et le gouverneur Vultinien. De qui ou de quoi fallait-il se méfier ? La gardienne ne bénéficiait pas même d'un début de piste. Devrait-elle attendre que l'ennemi frappe pour intervenir ? et surtout, comment allait-il frapper ? parce que si il y avait une certitude parmi toutes ces ombres, c'était qu'il allait effectivement frapper, restait à déterminer par qui, quand et comment... Voilà un souci dont Enyale n'avait guère à se préoccuper, après tout, il s'agissait là de son heure de gloire. Gloire bien incertaine, mais gloire tout de même.


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MessageSujet: Re: La cérémonie   La cérémonie Icon_minitime1Ven 29 Juil - 18:58

Le monstre haussa un sourcil en entend l’elfe s’opposer à son ordre. Pour un peu, elle en aurait pouffé de rire. Si cette simple garde pensait réellement qu’elle avait une voix dans l’affaire, elle se trompait, et gravement. A-t-on jamais vu quelqu’un de suffisamment inconscient pour porter une armure toute la journée être capable de faire des suggestions dans le domaine de la mode ? Non. Alors qu’elle reste gentiment à sa place et le monstre s’abstiendra peut-être de la violenter un peu trop fort. Néanmoins, fort heureusement, l’infante possédait en elle une dose miraculeuse de bonté et de pardon. Elle savait être dans son rôle de s’adresser avec compassion à de tels simples d’esprit. C’est pourquoi, plutôt que de la réprimander, elle lui demanda avec un ton candide :

- Mais enfin, peut-il vraiment y avoir quelque chose à craindre ? Il serait impensable que cette robe soit teintée d’un poison mortel, non ?

À vrai, une telle chose lui semblait réellement impensable. Le monstre avait pris cette idée à un conte pour enfant de Zanerim qui racontait comme une femme trompée, voulant reconquérir l’amour de son époux, lui avait donné une tunique trempé dans le sang d’un drow, ainsi conseillée par un antiquaire malhonnête qui voulait la mort du héros. Pour autant, plus elle réfléchissait aux habitudes si intrigantes et si artificieuses de la cour, plus cette histoire de poison devenait plausible. Le monstre sourit. Elle espérait que la dame de métal continuerait à ressasser cette histoire de poison durant tout le long du banquet. Pour le plaisir, la petite reine envisageait même de faire semblant de défaillir une ou deux fois, afin de l’inquiéter encore plus. Affichant le plaisir débordant qu’elle avait en elle par un sourire bienveillant, le monstre termina la discussion :

- C’est le roi qui demande à ce que je sois présente à une heure précise à la cérémonie, comment pourrais-je seulement avoir le droit de la faire attendre ? Cette robe est notre seule possibilité.

Quoi qu’il en soit, les servantes avaient déjà commencé leur œuvre. L’oiseau bleu était bien obligé d’accepter, et de souffrir en silence, pour le plus grand plaisir de celle qui l’y avait condamné.
Pour autant, les servantes furent bien moins agréables que ne l’avait escompté l’infante. Elle qui avait déjà été déçue par la précédente, bien loin des fées couturières qu’elles s’était plu à imaginer, voilà qu’elle se trouvait recouverte par un bien agressif troupeau. Oui, la victime de ces mains sans légèreté était persuadée que se faire piétiner par ces femmes de peu aurait clairement été préférable à ce traitement pressé. Comment était-il seulement possible qu’on puisse se comporter ainsi dans l’enceinte du château ? D’un côté on lui tirait la joue pour lui mettre un rouge qu’elle avait déjà refusé, de l’autre on lui écrasait brusquement le torse pour serrer le corset plus que de nécessaire. Le monstre manqua sérieusement de se mettre colère, choquée qu’on puisse ainsi déchoir l’image de l’élégance de la cour de Nandis, qu’on lui avait tant vantée. Franchement, si c’était pour que cette masse déchaînée et sans grâce s’occupe de son cas et bafoue toutes les beautés qu’elle avait déjà sculptées dans son corps, cela valait-il encore le coup de devenir reine ? Si c’était en plus pour venir polluer son air avec leurs peurs banales de femmes sans intérêt, trop nombreuses pour lui permettre de se concentrer sur quoi que ce soit, alors c’était non ! Et tant pis pour la jolie couronne.

Avec l’air digne et noble qui lui avait inculqué par maman, l’infante tourna son regard vers son elfe de métal personnel pour lui indiquer sa ferme et définitive décision d’abdiquer et l’enjoindre à chasser les bécasses qui lui tournaient autour. Mais ce qu’elle perçut dans un coin de ses yeux l’arrêta tout de suite.
De l’inquiétude. Avec tant de servantes autour de sa personne, comment être sure qu’aucune d’elles n’allait tenter de l’attaquer, qu’aucune d’elles ne travaillait pour le même groupe que les deux précédentes ? Impossible. Et puis, qu’allait-il arriver à cette pauvre enfant, une fois devant cette cour avide de rapaces ? Et le roi, qu’allait-il lui faire, certaines rumeurs circulaient déjà…
Le monstre ravala son sourire. Elle avait trouvé un jeu plus amusant. Dès le prochain mouvement brusque d’une servante, ce qu’elle n’eut pas besoin d’attendre, l’ignorante et fragile petite fille laissa échapper un gémissement plaintif. Puis, au geste suivant, ce son léger s’étrangla dans sa gorge. Des larmes naissantes rendirent très rapidement humides les yeux qui regardaient avec désespoir l’Oiseau bleue. Nul besoin de se forcer pour autant, la violence de cette tempête de domestiques et l’insulte faite à son honneur aurait suffit à n’importe qui pour avoir la même réaction. Parachevant l’œuvre entreprise, une maquilleuse lui tourna d’ailleurs le cou sans ménagement afin d’essuyer ses yeux.

Cette petite scène pathétique n’eut beau ne durer que quelques minutes, le monstre se fit un plaisir de manifester discrètement la peine qu’elle pouvait ressentir, avec la plus grande force dont elle était capable. Sa robe sembla même commencer à s’adapter à ces émotions, se couvrant de bleu, de gris sombre et de pourpre triste.
Cet événement inattendu eut le mérite de surprendre brusquement les servantes et de lui accorder une fraction de répit inattendu. La principale concernée fut d’ailleurs tout aussi étonnée qu’elles de cette brusque découverte. Mais une telle opportunité ne se gâchait pas. Alors, plutôt que de continuer à perdre son temps, le monstre préféra fermer les yeux et se concentrer sur son corps et sa robe. Un nouveau canevas s’offrait à elle et elle comptait bien l’utiliser pour en faire le parachèvement de sa composition. Imaginez un instant, une fille et une robe qui ne semble ne faire qu’une seule, comme si elles avaient toutes deux été façonnées en même temps, comme si elles ne s’étaient jamais quittées l’une l’autre. Vous verrez alors le chef d’œuvre qu’Enyale réussit à créer à ce moment-là. Tout semblait être le fruit d’une harmonie, d’un accord universel. À l’éclat bleuté de ses cheveux, le reflet soyeux du tissu répondait. Les perles incrustées, un peu plus sombres que ses lèvres, donnaient envie qu’on leur rende leur baiser. Sa teinte claire, velouté apparaissait comme un écho, plus effacé, de sa peau sans défaut. Chaque geste de son corps, chaque expression de son visage paraissait s’y réverbérer, comme dans une eau satinée qui se seraient glissée comme un écrin sur son corps.
Le résultat était absolument parfait.

Alors seulement, ayant accompli son ouvrage d’orfèvre, le monstre tourna son regard vers le courtisan qui avait déjà commencé à entrer et la robe sembla lui sourire, accueillante. Elle tendit un bras, poignet vers le haut en direction de son cortège et ce geste de politesse parut une invitation de Loominei à l’amour et au bonheur. L’extrémité de ses nœuds s’habillaient de couleurs chryséléphantines, comme une diamant qui se niche dans son écrin. Elle fit deux pas dans leur direction et un regard plein de bonté invita l’héroïne de Nandis à la suivre.

Le monstre était trop heureux pour s’attarder au détail. Peu lui importait alors de s’amuser qu’on n’ait attribué que des garçons plus petits, des nains, pour accompagner la petite fille parfaite. En d’autres situations, elle s’en serait peut-être amusé, bien que le choix fût astucieux. Elle se seraient sans doute demandé si, confondus avec des non-humains, ils n’auraient pas risqué de se faire tuer s’ils s’étaient rendus sur les Terres du Phénix. Peu lui importait aussi cet inconvenant qui venait quémander auprès de sa garde du corps. Elles les auraient pourtant écoutés avec avidité en temps normal. Mais il n’était pas temps pour ces réflexion. Pas aujourd’hui. Concentrée sur elle-même et sur les alentours, elle s’ajustait à la lumière et aux tonalités par de longs clignements des yeux tandis qu’on la guidait à travers les couleurs. Seul lui importait d’être belle. Seul lui importait d’avoir les regards sur elle. Seul lui importait sa propre magnificence.

Puis enfin les portes s’ouvrirent, accompagnant avec grâce les paupières de la reine. Et il sembla que l’allégorie de la Grandeur, en habit de fête, vint faire voler les plis de tissus. L’hymne de Zanérim, royal, chantant, solennel, s’abaissa pour lui ouvrir la marche, sous le sourire de la reine qui en connaissait déjà le rythme. L’harmonie de ses pas léger sur le tapis donnait l’impression que la musique elle-même adaptait son tempo. Et à chaque pas et chaque papillonnement de cil, il semblait que sa majesté volait la lumière et le brillant de ceux qui l’entouraient pour en habiller sa parure. Pour autant, la reine ne s’arrêtait pas, non ; sure et absolue comme le destin, elle avançait en direction de sa place : le trône. Déesse descendue sur terre, on aurait dit qu’elle se mouvait vers sa position véritable, ouvrant son chemin en déchirant la réalité. Celui qui guidait ses pas n’aurait pas pu être davantage invisible. Ainsi, quand enfin elle en sera abandonnée, immobile devant le roi, un regret naîtra dans les cœurs face à cette halte inattendue. Mais la souveraine gracieuse, en écartant les bras en un révérence légère, redonnera vie aux étoiles et aux espoirs. Bientôt, elle règnerait.

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MessageSujet: Re: La cérémonie   La cérémonie Icon_minitime1Jeu 25 Aoû - 3:01

Tout près de l'autel, droit digne et silencieux, le Roi se tenait là, debout, solide comme un chêne. Le visage fermé, il attendait que sa promise le rejoigne selon ses propres critères. L'hymne de Zanérim, la haie d'honneur, les courbettes sous le voile de son ombre, tout cela résultait des souhaits royaux que l'enfant couronné avait pris soin de rédiger. La veille au soir, à la lueur d'une lanterne, il écrivit les mots qui accompagneront sa future moitié tout au long de cette journée. Et bien que la robe ait été différente de celle qui était convenue en amont, Uldrian fut satisfait. En dehors des évènements survenus à Chaara-khole, nul accroc ne vint entacher l'ouverture de la cérémonie. Des murmures s'élevèrent jusque dans les coins les plus reculés de l'assemblée, ils y mêlaient admiration et respect. L'orchestre, dissimulé derrière l'immense trône de marbre, dont nul ne pouvait avoir accès à cause de l'autel qui en barricadait l'assise, ne cessait de jouer. Et alors que la jeune fille s'avançait, glissant presque sur son reflet que lui renvoyait la pierre polie du sol qui accueillait ses pas, sa protectrice fut gentiment invitée à se faire discrète, à commencer par quitter l'allée que les convives avaient formé. En dépit de leur taille, l'Elfe fit la sourde oreille. Non seulement on venait de l'informer que la menace pouvait s'étendre jusqu'au Roi lui-même, et que, pour une obscure raison de style, celle-ci devait prendre le risque d'exposer Enyale à une attaque qu'il lui serait alors impossible de parer ? Non ! Il en était tout bonnement hors de question.

Mais le Roi n'était pas de ceux que l'on contrariait, et cela se remarqua. Si bien qu'un silence grisant tomba dans l'assistance, emmurant l'orchestre dans un soupire malaisant. Un trompettiste, un peu moins réceptif que les autres, tarda à faire taire son instrument, et même si le son qui en résulta pouvait prêter à sourire, l'ambiance glaciale conserva toutes ses rides. Instinctivement, Enyale cessa toute progression. Perturbée peut-être ? ou voulait-elle, tout comme le Roi, que tout soit parfait pour son ascension ? Puis le jeune monarque finit par quitter l'autel auprès duquel il se tenait jusqu'alors. Sa couronne d'or vissée sur la tête, Uldrian, auréolé d'une sérénité glaçante, s'avança jusqu'à sa promise. La longue cape qu'il trainait derrière lui affichait  les nouvelles armoiries de sa province ; Un corbeau noir posé au centre d'une couronne dorée sur un fond rouge vif. Ignorant sa future femme, le Roi se posta juste devant l'Oiseau bleu, incitant ainsi cette dernière à faire la révérence qui s'imposait. Quand la guerrière fut suffisamment basse pour que le Roi puisse sentir le parfum floral de sa chevelure, celui-ci en profita pour lui murmurer ces mots : "- Vous êtes congédiée ! demeurez un instant de plus entre ces murs, et je vous déleste de votre nom et de votre gloire !". Le rictus qu'il afficha en se retirant en disait long sur ses sombres pensées, à croire qu'il espérait un acte de parjure de la part de la Gardienne. Le temps sembla s'arrêter, au coeur de ce mutisme oppressant, les gens se muèrent en statues. Le genre de sculpture que l'on entasse dans sa cave, loin de tout regard.

Une fois revenu à sa position initiale, les yeux du Roi se fixèrent sur l'Oiseau bleu, encourageant ainsi son envol avant qu'une voix ne s'élève pour vociférer ; Saisissez-vous d'elle ! En quelques mots tout juste soufflés, Uldrian avait rompu le contrat qui liait Althéa à Enyale. Et bien que la Gardienne demeurait incapable de comprendre ce soudain retournement de situation, elle savait aussi ne pas avoir le choix. Parfois, en prenant les choses trop à coeur, comme elle avait si souvent tendance à le faire au cours de ses diverses missions, Alysse en venait à oublier son statut de garde. Une bien cruelle façon pour la réalité d'assoir à nouveau ses droits sur l'Elfe centenaire. Désormais, à chaque seconde qui cliquetait, et en dépit de son désir de protéger Enyale contre ce nid de frelons, la Gardienne se sentait de plus en plus déloyale à mesure qu'elle s'entêtait à soutenir le regard de son Roi. Ce fut donc sans un mot, dépitée, en lutte contre elle-même dans une bataille perdue d'avance, que Althéa quitta les lieux...


[OUT : Althéa sort de la salle du trône ~ICI~...Arrow]

[Annonce : C'est à ton tour Enyale, le P.N.J prendra la suite Exclamation]

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