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 De noir et de gris...

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MessageSujet: De noir et de gris...   De noir et de gris... Icon_minitime1Mar 25 Fév - 16:08

[Arrow...suite de ~ICI~]

Le petit bois fut traversé en quinze minutes seulement. Pour sûr, le cheval de Shyrel était d'une redoutable efficacité en matière de voyage express. Hélas, en l'absence de sable pour renouveler les grains qui se détachaient à l'instar des cellules mortes sur une peau, la monture s'amenuisait à chaque itération de son galop. Désormais de la taille d'un poulain venant de naître, Simba comprit qu'ils n'iront pas plus loin avec l'aide de cette manifestation. Shyrel finit donc par sortir de son état second, faisant ainsi s'effriter ce qu'il restait du dada. Elle s'assit un instant pour reprendre ses forces, un temps durant lequel elle présenta les lieux à notre ami commun. La terre désolée n'était qu'une croûte qui dissimulait nombre de dangers, aussi invita t-elle Simba à ne pas s'éloigner d'elle au risque de causer bien malgré lui, une catastrophe qui échapperait à tout contrôle. Il restait encore du chemin à parcourir, il était donc préférable de ne pas trop s'attarder ici... À savoir qu'au coeur d'un endroit aussi sordide, une pause pipi des plus banales pouvait très vite se transformer en carnage !

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Simba
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MessageSujet: Re: De noir et de gris...   De noir et de gris... Icon_minitime1Mer 26 Fév - 1:24

Bien qu'il ait mis toute sa détermination dans son choix de suivre la guide providentielle qui lui était arrivée, le fils du désert avait finalement pris une décision bien légère sans savoir à quoi elle allait le mener. De fait, il constata encore une fois de plus qu'il ignorait tout de ce monde lorsque, après avoir entendu ses paroles, l'être de la terre et du sable lui prit la main au lieu de se mettre en marche. Elle semblait vouloir inclure une certaine force dans son geste, que Simba ne comprit pas. Si elle s'était décidée à partir, il n'y avait pas de sens pour qu'elle le retienne. Avait-elle perçu le trouble de son âme ? L'héritier des Azurs ne le souhaita pas. Et si elle l'avait perçu et qu'elle décidait d'annuler leur voyage ? Prenait-elle ce doute, cette hésitation, pour un manque de courage ? Pourtant, le valeureux aventurier voulait venir avec elle. Il voulait se montrer digne de ce que le rêve pouvait lui demander. Peut-être aussi, au fond de lui, souhait-il simplement ne pas rester seul, encore une fois, après ce mois si long. Cependant, quand les yeux légèrement fendus se décidèrent à quitter les dunes qu'ils surveillaient, pour épier la réaction de sa vis-à-vis, c'est autre chose que du mépris qu'ils aperçurent. Au contraire, l'envoyée du rêve dégageait une sorte d'air positif, une bienveillance, qui lui donna l'impression qu'elle voyait plus profondément, au-delà de ce qu'était actuellement le jeune lion abandonné de son clan depuis tellement de temps qu'il en avait presque oublié son propre passé sans trouver son futur. Cet esprit bleu aux reflets couchants comme le ciel paraissait le connaître, lui vouloir du bien, voire même l'aimer en quelque sorte. Cela n'avait pourtant aucun sens, car en soi ils venaient de se rencontrer et ils ne s'étaient jamais vus avant cette récente rencontre. Ils ne faisaient même pas partie du même clan, pas même de la même espèce. Ils n'avaient en effet rien en commun, et pourtant lorsqu'elle s'élança vers cet horizon si craint, il la suivit. Puis, lorsqu'elle se retourna finalement pour s'excuser et s'expliquer, il l'écouta et l'accepta. Pour un peu, il en aurait ri de l'ironie : tout concourait vraiment à vouloir l'emmener dans un nul part ou un autre. Il aurait sans doute dû s'en inquiéter, mais à ce moment il avait cessé de s'en préoccuper. Peu importait finalement. Qu'elle agisse pour son clan, lui, il se laisserait porter car son clan à lui n'existait plus. Il lui sourit.

Tandis que son étrange rencontre se tournait de nouveau vers leur destination, sans doute pour s'y élancer désormais, le jeune lion tourna une dernière fois sa tête vers les êtres reptiliens qui jouaient encore au loin. Ils avaient semblé se diriger vers la même direction qu'eux avant de s'arrêter, alors l'inconscient voulait juste leur demander aimablement s'ils comptaient les accompagner durant leur route, ne serait-ce que pour une partie du chemin, ou si ce n'était pas le cas, au moins leur dire au revoir. Cependant, il fut interrompu dans son action par une impression, ou plutôt par une sensation qu'il n'avait jamais connue auparavant. C'était comme la vibration qui précède un tremblement de terre mais pas vraiment, plus comme le mouvement du vent qui agite les branchages et s'enroule autour d'une feuille que comme des chocs uniformes. Les grains de sable eux-mêmes commençaient à se mettre en mouvement, rugissant par leur frottement l'annonce du déchirement du monde, et ils convergeaient vers lui et sa guide. Simba avait déjà aperçu de nombreux monstres dans le désert, en une gamme tellement vaste de créatures étranges que peu de personnes pouvait y comparer leurs propres rencontres. Il avait même déjà vu un monstre chitineux qui, enfoui en profondeur, déclenchait un véritable tourbillon et emportait tout ce qui se trouvait au dessus de lui sur plusieurs mètres. Cependant, même cela ne pouvait pas se comparer à ce qu'il était en train de vivre, élevé par une folle trombe de sable vers le ciel. Même avec tous ses sens en éveil, plantant ses talons dans le sol, le pauvre Azur ne savait pas ce qu'il devait faire, ce qui était le mieux pour sa sécurité. Devait-il se laisser arracher au monde et prendre le risque de glisser dans le piège d'une entité supérieure ? ou devait-il sauter avant que le phénomène n'achève de se former, mais risquer de se blesser et déchiqueter par les agitations de la poussière, voire de tomber dans une piège autrement plus fourbe ? C'est finalement de Shyrel, dans son dos, que lui vint la réponse. Alors il s'accrocha, bandant tous ses muscles contre cette forme inimaginable et allant même jusqu'à sortir les griffes de sa main gauche, malgré la douleur, pour les enfoncer bien droites et se garantir une prise solide. De ses yeux entrouverts, protégés derrière ses cils, il guettait le danger suivant.

Celui-ci ne vint pas. Il lui fallu au moins plusieurs minutes de cavalcade, allongé à l'envers sur l'équidé géant au galop pour constater la relative tranquillité qui régnait. Avec application, le fils des deux races entreprit alors de se relever et, toujours solidement ancré grâce à ses griffes plantées, il s'assit sur l'animal surnaturel. Aussitôt, une sensation de vertige inédite le frappa alors qu'il pouvait voir tout autour de lui les dunes se succéder les unes aux autres. Elles étaient désormais bien plus tranquilles, fuies de tous les monstres qu'il avait dû contourner de nuit sur son chemin. C'est donc là tout ce qu'il avait parcouru durant les heures qu'il avait marché avant de rencontrer Shyrel ? Se rappelant la voix de sa guide qui l'avait calmé lors de l'événement, il la chercha immédiatement du regard et fut rassuré de la trouver derrière lui. Se servant de son même point d'appui, voire poing d'appui, il pivota sur la croupe vers elle.

-Il ne vous est pas arrivé de mal ? Demanda-t-il prudemment.

Cependant, il n'eut pas la moindre réponse à sa question. La demoiselle bleutée lui tournait même ostensiblement le dos, sans même un regard. Ce n'était clairement pas un état normal, bien que Simba ne fût pas connaisseur des états normaux pour les esprits du rêve. Pourtant, s'il lui était arrivé quelque chose, elle ne lui aurait pas conseillé auparavant de se s'accrocher comme elle l'avait fait. Y avait-il une autre raison ? Le jeune lion allait lui demander lorsque, penché vers elle par dessus son poignet, il constata un phénomène qu'il n'aurait pas pu deviner par lui-même. On aurait dit que les minuscules contractions des muscles de la petite femme, le genre de réflexes physiologiques que tout animal vivant a et auxquels on ne faisait généralement pas attention, ces petits mouvements semblaient corrélés avec les légères vibrations qui agitaient la forme de sable sous eux. Ce genre de coïncidence ne pouvait pas exister dans la réalité ; deux êtres ne pouvaient pas partager ainsi le même rythme. Cela voulait-il dire qu'il y avait comme un lien entre eux ? C'était inimaginable. Ainsi, même perdu sans son clan au milieu d'esprits du rêve aux pouvoirs mythiques et mystérieux, le jeune Azur pouvait encore être surpris par de véritables miracles. C'était magique, et il n'avait encore jamais vu de magie par le passé. Pour se confirmer sa découverte, il hasarda alors :

-Cette apparition est due à toi ? Tu la maîtrises ? Mais face au silence, il fut forcé de constater l'évidence. Par contre, cela te prend tout ta concentration, n'est-ce pas ?

L'absence de réponse lui confirma sa supposition. C'était un résultat attendu, néanmoins il se sentit un peu gêné. Il réalisait à quel point il était étrange pour lui de se retrouver avec quelqu'un après tout ce temps maintenant que plus personne ne parlait et qu'il n'y avait même plus les deux reptiliens pour l'égayer de leurs chamailleries. Cette idée l'amusa presque, étant donné que toute cette scène surnaturel s'était déroulée au beau milieu du désert, sans camp, alors qu'il savait que tant et tant de menaces y régnaient. Par bonne conscience, mais sans doute aussi beaucoup pour se distraire, il guetta alors les environs. Il n'y trouva cependant pas grande chose d'autre qu'un léger malaise inexplicable. Maintenant redressé, le pauvre lion réalisait la vitesse à laquelle ils allaient et regrettait bien d'avoir voulu expérimenter ce que c'était que d'être sur une monture. Il ne ressentait plus les tremblements familiers du sol qu'il était habitué à éprouver en temps normal. On lui avait appris à écouter le sol dès sa plus tendre enfance et cela était devenu un réflexe pour lui. En être maintenant incapable lui donna l'impression d'être à découvert, à la merci de tous les dangers. Sans doute aurait-il eu peur s'il ne s'était su protégé par l'immense créature spirituelle de sable de l'envoyée du rêve. Cependant, contrairement aux vibrations du sol, sentir les frémissements internes de l'animal le rendait mal-à-l'aise, un léger mal de tête et des sensations anormales comme si son cœur voulait remonter jusqu'à sa gorge. Simba n'aimait pas cela mais il avait beau regarder tout autour de lui, il ne parvenait pas à les effacer. Il eut beau retirer ses griffes de la croupe de l'élémentaire maintenant qu'il était bien installé, cela résolut peu ses problèmes. Ce n'est finalement que lorsqu'il finit par se perdre dans des rêveries sur d'autres choses qu'il oublia ces désagréments.

C'est ainsi tranquillement que les cavaliers fantasmagoriques finirent par s'engager ensuite dans le petit bois où le cheval de poussière sembla parfois littéralement avaler des arbres sur son chemin. Il y eut des tamariniers, des baobabs, des acacias et des albizias. Les feuilles se succédaient aux épines et les troncs gorgés aux troncs frêles. L'habitant du désert se demandait où ils allaient finir à arriver. Là où des arbres immenses poussaient ? Cependant, il lui apparut bientôt qu'ils ne pourraient pas chevaucher éternellement. Lentement, le sable commença à diminuer et leur monture à rapetisser. Ce n'était pas grand chose au début mais cela prit peu à peu de l'ampleur. Et alors cela devenait réellement préoccupant, la couverture des arbres disparut brutalement, les laissant en proie à un soleil qui étrangement n'était pas si chaud que ça. Cependant ce changement soudain fut de trop pour l'Azur, d'autant que leur monture perdait sa taille à vue d’œil et qu'il fallait maintenant lever les jambes pour ne pas se faire érafler par le sol. Pour éviter ce risque, il préféra attraper sa conductrice par la taille et se relever d'un coup sur ses talons, brisant la transe et laissant leur valeureuse monture se dissoudre un peu plus loin. Désormais dressé au milieu d'un paysage inconnu, c'est tout un univers d'odeurs, de sons, de sensations et de visions qui s'offrit au fils des dunes arides. Rien de ce qu'il éprouvait ne lui était familier. Tout au plus se souvenait-il avoir senti des odeurs semblables sur Shyrel. Néanmoins, le sol souple et froid sous ses pieds, un paysage sombre jusqu'à l'horizon, de la terre sans arbres, vraiment rien de tout cela ne lui était familier et cette constatation l'inquiéta un peu. Finalement, son désert natal n'était peut-être pas tant une terre désolée, comparé à cet endroit. Là-bas il y avait au moins de la vie et même de l'agitation sous la surface et durant la nuit, mais ici tout était vide et mort. Sa guide lui confirma en outre la présence de dangers inhérents à ces lieux. Pourtant, derrière lui, il y avait encore le petit bois, devant lequel la traînée de sable de leur monture s'étalait tel un tapis d'invitation devant une tente. Cela faisait un tel contraste avec la désolation qui régnait devant lui. Il n'y avait alors qu'une chose à faire :

-Nous devrions nous reposer ici. Cela fait un moment que nous progressons et vous devez être fatiguée après votre miracle. Il vaut mieux affronter la suite en forme et avec l'esprit clair.

De fait, il avait senti pour sa part qu'il était temps de se reposer et s'il continuait ainsi il allait être fatigué relativement rapidement. De plus, cet étrange malaise des suites du transport ne s'était pas encore entièrement dissipé. Si les dangers étaient réellement importants ici, ce n'était pas une bonne idée de les affronter malade et éreinté. Pour autant, ce coin semblant somme tout avoir été pris au hasard ne l'était pas. Au contraire, ils étaient à l'endroit parfait pour ce genre de repos et il le lui expliqua par réflexe :

-Nous sommes entre deux environnements différents. Généralement les animaux puissants se situent dans le cœur d'un territoire car c'est là qu'il est le plus facile de chasser. Au contraire, pour vivre à la jonction de deux étendues, il convient d'être capable de chasser dans les deux, ce qui demande trop d'énergie pour être intéressant. C'est pourquoi ce sont généralement les plus faibles qui sont relégués sur les espaces frontaliers, là où la pression est plus faible. Nous courrons donc moins de risque ici.

Simba ne s'attendait pas à un refus de Shyrel pour cette décision qui lui semblait évidente. C'est pourquoi, à moins qu'elle ne se jetât sur lui pour l'arrêter, il se miniaturisa de lui-même jusqu'à sa taille d'une trentaine de centimètres et se roula en boule pour un semi-repos mérité.

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MessageSujet: Re: De noir et de gris...   De noir et de gris... Icon_minitime1Jeu 5 Mar - 14:30

De noir et de gris... Shyrel10

Son bâton posé à côté d'elle, Shyrel s'assit suite à un léger vertige. Simba manifesta alors une certaine inquiétude tout en se rassurant en faisant à la fois les questions et les réponses. Et bien qu'il était amusant de l'entendre, l'Aralsia n'avait hélas point la tête à rire. Le plus épuisant ne fut pas tant de manipuler sa sculpture de sable, mais de la maintenir le plus longtemps possible en dehors de la frontière désertique. Cependant, lorsque l'Hybride suggéra un repos, Shyrel secoua frénétiquement la tête pour afficher son désaccord. Simba ira même jusqu'à plaider la cause de cette zone où le danger serait sans doute bien moindre comparé au profondeur des terres. Mais qu'est-ce qu'il en savait ? L'avait-il au moins écouté lorsqu'elle insista bien sur le fait qu'il ne fallait point s'attarder ici ? manifestement pas. De toute évidence, l'Hybride ne croyait qu'en lui, voilà qui n'arrangerait pas les affaires de Shyrel si en plus de sa méconnaissance du monde il y ajoutait sa petite routine. Non ! il était hors de question de faire une halte ici, à savoir que la journée limitait certes les attaques de Vampires, mais entre les Damnés, les raids Drows et autres monstres tapis sous cette croûte grisâtre et nauséabonde, ce territoire demeurait le terrain de chasse favoris d'un grand nombre de Revenants ! Et oui, Cymetia était loin d'être aimable pour tout le monde. Et bien que la zone choisie pour sa moisson de cadavres privilégiait les vilains, d'autres âmes passantes tels qu'eux, n'étaient guère différenciées par ces derniers. Seulement voilà, alors qu'elle lui tournait le dos au moment de se relever tout en prenant appui sur son bâton. L'Aralsia dut faire face à un Simba gisant à quelques centimètres d'elle tout juste aussi grand que son outre...

Se grattant l'arrière de sa tête à cette observation, Shyrel en oublia momentanément sa frustration. Il était tellement mignon comme ça... comment pouvait-elle ne serait-ce que penser à le déranger ? Toutefois, si ce n'était pas elle, ça serait autre chose... De plus, en admettons qu'il ne se passe rien, Tina et sa monture finiraient par les rejoindre, ce qu'elle ne souhaitait en aucune façon. C'était quand même dingue de pouvoir s'endormir comme ça, et même si l'Aralsia se doutait qu'il restait en alerte, cette faculté lui était tout de même consternante. Mais alors qu'elle s'interrogeait sur comment l'aborder, une soudaine secousse coupa court à ses réflexions. Aussi vif pouvait-il être, Shyrel n'était pas du genre à jouer avec le risque, attrapant Simba d'une seule main, elle l'écarta d'une immense mâchoire qui jaillissait de la terre !

De noir et de gris... Hor10

Avec le temps, Crok'stika avait développé un sens aigu pour les saveurs. Or, las de se repaître des Damnés, des Elfes, des Vampires ainsi que de quelques Drows, la Revenante ne reculait devant rien pour un met inconnu de ses papilles. Cette création de Cymetia était également la seule à être dotée du cannibalisme. Et pour cause, lorsque la Reine estimait une génération défaillante ou obsolète, Crok'stika était là pour lui mâcher le travail. En bonne recycleuse, cette espèce de femme-crocodile mesurait près de quatre mètres. Deux mètres de tronc pour deux mètres de gueule reptilienne ! Circulant dans des réseaux souterrains qu'elle avait creusée elle-même, Crok'stika huma l'odeur de ceux dont elle venait se délecter. Ils n'avaient certes que peu de viande autour de l'os, mais elle n'avait aucun doute quant à l'utilité que sa Reine trouverait à leurs restes !

- Je te l'avais bien dit qu'il ne fallait pas s'attarder ici !!! Hurla Shyrel pendant le fracas de la créature lors de son extraction. Ne se rendant même pas compte qu'elle l'avait délibérément tutoyé.

Plus rapide qu'elle en avait l'air, Crok'stika tenta d'engloutir la naine dans un claquement terrifiant de ses immondes mâchoires. Une attaque qu'elle esquiva de justesse en roulant sur le côté. Action aussitôt reproduite par le monstre qui cette fois-ci parvint à happer la besace de la malheureuse ! Shyrel refusa néanmoins de s'en délester, à partir de là, Crok'stika se mit à la secouer dans tous les sens, ce qui finira par lui faire lâcher prise... Valdinguant sur plusieurs longueurs, l'Aralsia se heurta durement la tête contre un rocher. Avalant le sac de la naine, Crok'stika faisait désormais face à l'Hybride ! Jaugeant son agilité, elle usa de sa langue poreuse et collante pour l'enrouler autour de sa taille. C'était ce qu'elle avait l'habitude de faire lorsqu'elle était confrontée aux Elfes et autres Drows qui faisaient tout pour la garder à distance. Cette appendice pouvait s'étirer jusqu'à une trentaine de mètres. Et gare à ceux qui s'amuseraient à la trancher !

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MessageSujet: Re: De noir et de gris...   De noir et de gris... Icon_minitime1Lun 9 Mar - 23:36

Un Azur a besoin de beaucoup de repos. C'est une chose encore plus essentielle pour eux que pour les autres races. De leur sommeil naissent leur force et leur capacité à survivre à leur environnement, au désert si plein de périls. Cela est à ce point important pour eux que leurs légendes les font même venir du Rêve, une réalité différente peuplée d'esprits aux pouvoirs flous. Pour autant, le danger omniprésent de leur milieu ne leur permet pas dormir d'une traite les nombreuses heures qui leur sont nécessaires, et les contraint donc à effectuer à la place de nombreuses siestes de quelques minutes, dans un état second leur permettant de réagir immédiatement au moindre risque. C'est pour cette raison que Simba sentit d'instinct l'attaque arriver avant même que les vibrations du sol ne soient de l'ordre du sensible pour les autres races. Les yeux ouverts, il bondit précipitamment sur le côté, pour s'éloigner de la cible des tremblements qui s'élevaient depuis les profondeurs. Cependant, au milieu de son action, il aperçut sa guide qui se jetait vers lui, sans doute dans l'intention de le sauver mais avec un temps de retard sur lui. Tout en reprenant dans le même temps sa taille réelle, le jeune lion lui poussa l'épaule avec force dans la direction opposée, pour la mettre hors d'attente de la créature souterraine. Pensant par habitude que Shyrel allait s'éloigner rapidement du monstre surgi de terre entre eux deux, l'hybride recula de plusieurs pas gardant toujours la menace en vue, prêt à réagir. Une manœuvre harcèlement était la meilleure dans cette situation, où chacun attaquerait tour à tour se succédant afin de distraire la proie et de se protéger l'un l'autre. Cependant, l'Aralsia n'était pas un membre de son clan ; elle n'était pas habituée à leurs techniques de chasse et d'esquive et elle n'avait pas non plus leurs aptitudes physiques. C'est donc avec stupeur qu'il la vit brusquement rouler au sol, lorsque bougea l'écran visuel que constituait entre eux l'hybridation troglodytique. Avant qu'il puisse faire quoique ce soit, les mâchoires gigantesques étaient déjà sur elle et la secouaient brutalement avant de la projeter plus loin encore. Le cœur de l'héritier des deux races se serra. Après un tel choc, certains de ses os étaient sans doute brisés, dont peut-être même sa colonne vertébrale. Même s'il parvenait à faire fuir leur assaillant, parviendrait-il à la sauver ? Comment pourrait-il la guérir ? Et sans ces soins adaptés, pourrait-elle seulement un jour à marcher de nouveau ? C'est sa guide ! Elle lui avait été envoyée afin de le mener là où il devait aller, et elle était déjà presque morte ! Il n'aurait sans doute jamais le temps de lui dire au revoir néanmoins.

Peut-être était-ce un signe et maintenant c'était son tour ? L’apparition mortelle se tourna vers lui et son visage de manticore le fixa du regard. L'abandonné prit sa respiration et stoppa le mouvement en arrière qu'il avait entrepris plus ou moins consciemment. Le prédateur au sang froid était doté d'immenses mâchoires dentues allongées sur plus d'un mètre et dotées d'une force prodigieuse, qui devaient lui servir de moyen de locomotion autant que d'armes car c'est avec elles qu'elle avait attaqué jusque là. Le reste du corps était plus fin mais non moins gigantesque, avec de longs bras capables d'attraper ses proies et des yeux sombres. Cette deuxième partie semblait avoir une peau et une constitution plus fragiles et c'est là qu'il aurait fallu l'attaquer pour tenter de tuer la créature. Cependant il était clair qu'elle avait une masse trop importante pour être déséquilibrée par la simple force d'un Azur et ses défenses naturelles auraient rendu difficile une approche frontale. D'autant que les armes visibles n'étaient pas les seules armes que l'être reptilien possédait au vue de la langue qu'il propulsa vers le fils du désert. Calculant le moment de son action, l'arme à la main, celui-ci cloua d'un coup puissant l'appendice au sol, le couteau à la verticale afin qu'il ne puisse pas se dégager en utilisant la lame. Après quoi, il recula précipitamment pour éviter d'éventuelles mauvaises surprises. Il avait déjà vu des monstres capables d'étirer des tentacules depuis leur langue ou avec une glande de projection à venin cachée. Dans son mouvement, le survivant allait en profiter pour s'enfuir pour de bon jusqu'à l'abri protecteur de la forêt, où la menace aurait eu du mal à s'infiltrer à cause de l'espace réduit entre les troncs et des racines profondément ancrées dans le sol, mais une constatation l'arrêta. La chimère avait une odeur de charogne. Plus précisément, elle avait une odeur très proche de celle de Carrosse, comme s'ils faisaient partie de la même famille. Étant donné qu'elle était comme lui une reptilienne, Simba identifia alors son identité. La voix pleine de rage face à cette embuscade injustifiée, il rugit alors malgré la distance :

- Pourquoi nous attaquez-vous ?! Nous sommes des alliés de votre race !

Le membre de la tribu des sables ne comprenait pas ce qui arrivait et il était dégoûté par l'impression vague d'avoir été trahi, sans pourtant vraiment connaître ce qu'est la trahison. De fait, le clan des Azurs n'avait pas jamais eu de tribu voisine, il était donc parfaitement incapable de comprendre la complexité réelle des relations diplomatiques entre races et même entre entre territoires. Au contraire, en proie à l'émotion, il continuait de crier son incompréhension :

- …Nous ne vous avions pas attaqués ! Nous venions même juste de quitter Tina et Carrosse dans le désert et nous… nous nous dirigions… vers…

Il ne savait pas lui-même ce qu'il disait et sa voix commençait à sombrer, s'éteignant peut-être avec le reste de temps qui devait encore vivre. Maintenant qu'il était resté sur place, il serait plus difficile pour lui de tenter de fuir à nouveau car la créature se méfierait. Il ne découvrirait sans doute jamais la destination vers laquelle le menait Shyrel. Comment l'avait-elle décrit déjà ? « un endroit glauque, sans vie » ? Peut-être avait-elle justement décrit cette fin-là, à mourir et pourrir dans ces terres désolées. Cependant, alors que Simba était peu à peu submergé par le désespoir et que ses paroles se changeaient en balbutiements, un révélation soudaine fit jour dans son esprit. Jusqu'à présent, ils n'avaient croisé que des esprits reptiliens. C'était sans doute car ils se trouvaient sur leur territoire. Tous avaient la même odeur de charogne, le signe des charognards, et même sa guide en avait des traces sur elle. Était-ce peut-être ce qu'elle avait voulu indiquer en parlant de lieu « sans vie » ? Elle aurait voulu les mener au camp de cette race ?! C'était pour y faire éclore l’œuf de Tina ! La voix du jeune lion reprit en assurance d'un coup et lança :

- Nous allions chez vous ! Shyrel venait vous rapporter un objet important, un objet qui appartient à votre peuple !

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