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 Le filin pernicieux

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MessageSujet: Le filin pernicieux   Le filin pernicieux Icon_minitime1Sam 15 Fév 2020 - 9:57

[Arrow...suite de ~ICI~]

Suite à l'épisode du piano, Alkanor et Meallán remontèrent la ruelle jusqu'à l'artère principale. Alors que les cors de la ville retentissaient l'un après l'autre, intuitive, la Demie-Elfe suggéra de trouver un abri le temps que les choses se tassent. Le jeune garçon ne partageait guère cet avis, mais après avoir causé du tort à Alkanor en la guidant bien malgré lui jusque chez les ivrognes du coin, il coupa court à ses pulsions insidieuses et tira la blondinette à l'opposé des cris qu'il percevait. La rue empruntée était adjacente à celle qu'ils venaient de fuir, et alors que la cohue gagnait en ampleur, une soudaine chaleur mit un terme à leur course ! À cette sensation pour le moins inquiétante, la Demie-Elfe reprit les rênes et tracta littéralement Meallán dans une voie qui, selon ses sens, paraissaient plus sûre. Le garçonnet affichait une certaine résistance, et pour cause, juste avant qu'elle ne bifurque, il crut voir l'auberge du Poulpe tenace, SON poulpe tenace ! Hélas, sa petite force ne rivalisait en rien avec celle de Alkanor qui n'avait même pas ressentit son envie de faire demi-tour... Haletants, ils finirent par rejoindre une allée inondée par une foule épouvantée ! Ils grouillaient comme des cafards fuyant la juste semelle, Meallán inspecta alors vite fait les alentours, mais ne releva rien qui pouvait justifier une panique aussi manifeste !

S'assurant du bon état de la chauve-souris, Alkanor se laissa surprendre par l'arrivée inopinée d'une femme entièrement recouverte de sang. Sa nudité fut à peine constatée tant sa prestance était horrifique ! S'adossant contre le proche mur, elle encouragea Meallán à faire de même en le tirant par son vêtement. Le jeune garçon protesta à ce geste, mais finit par se taire à l'instant même où il vit ce que la Demie-Elfe lui désignait du regard. Bon d'accord, ce n'était pas courant, mais de là à le brusquer... Quand tout-à-coup, la nudiste ainsi que deux autres personnes qui se trouvaient derrière, disparurent sous leurs yeux ébahis. Haussant des épaules presque aussitôt, Meallán persuada Alkanor de reprendre la marche. Optant pour la même direction que le mirage, le duo dut finalement se résoudre à faire volt-face à cause de l'armée qui chargeait droit sur eux... Les hommes d'armes étaient si nombreux qu'ils en obstruaient le couloir !

Cheminant vers les accès qu'ils pouvaient traverser, Alkanor et Meallán parvinrent jusqu'au port. Et quelle ne fut pas leur stupeur lorsqu'il prirent acte de l'incendie qui y régnait... Un vrai brasier ! Une bonne moitié des navires brûlait joyeusement, tandis que les bâtiments ne cessaient de s'effondrer dans un fracas assourdissant. Qui ou quoi qu'en était l'auteur, il était préférable de ne point s'y attarder. Hélas, le rideau de feu s'étant refermé derrière eux, et l'accès à la côte vermeille bloqué par la présence milicienne, le duo n'eut d'autres alternatives que de se réfugier dans le giron d'un petit voilier isolé de ses congénères géants. Une fois à l'intérieur, Meallán soutint à Alkanor le retour de la quiétude au matin, ils pourront alors s'enfuir de la ville s'ils faisaient preuve de suffisamment de discrétion. La Demie-Elfe émettait quelques réserves sur les prédictions du garçon encapuchonné, mais à l'heure actuelle, la survie primait, aussi, à intervalle régulière, elle scrutait la progression de la fournaise afin de s'assurer de leur sécurité. Meallán finit par la relayer, car tout compte fait, ce n'était peut-être pas une si mauvaise idée que de surveiller le feu qui sévissait à proximité de leur coquille de bois...

Quatre heures plus tard, tous deux finiront par tomber dans les bras de Sinah. Le foyer avait perdu en intensité peu avant qu'ils ne s'assoupissent, toutefois, aux premières lueurs de l'aube, Utara céda sa place à Selatan... se faisant, divers débris enflammés voletèrent jusqu'au filin qui permettait au voilier de rester en place. Le cordage se consuma en quelques secondes, il n'en fallut guère plus pour que le navire s'affranchisse du port et prenne le large...

À son réveil, le duo constata effaré cette nouvelle complication. Une raison pour que cette malheureuse petite dérive devienne un problème ? Facile ; aucun des deux n'avait de connaissance ou même de pratique en matière de navigation. Cependant, il fallait bien tenter quelque chose, ce fut donc Meallán qui s'y colla. Nandis était encore à vue même si ridiculement petite... aussi déploya t-il la voile au prix de nombreux efforts. La Chauve-souris fit d'ailleurs son retour par le biais de son langage corporel incompréhensible. Elle donnait l'impression de vouloir aider, mais suite à une mauvaise manipulation couplée à une rafale sournoise, le bôme pivota brusquement et heurta la petite bête qui tomba à la mer... Alkanor plongea aussitôt pour la récupérer, ce qu'elle fit sans trop de difficulté. Malheureusement pour elle, poussé par le vent, l'embarcation la laissa sur place. Meallán sut réagir promptement en lui lançant le cordage qui se trouvait à bord. La jeune femme parvint à s'en saisir d'une seule main, hélas, étreint par la panique, le barde en oublia l'autre extrémité... Alkanor n'allait pas tenir très longtemps ballottée ainsi par les vagues avec un bras en l'air pour permettre au chiroptère de respirer. Le garçon Fée eut alors recours à son déplacement rapide pour vite attraper la corde avant qu'elle ne coule, puis de remonter à bord. Et bien qu'il se cogna méchamment le genou contre la poupe, son opération réussit. La Demi-Elfe et son compagnon ailé purent ainsi être sauvés in-extremis.

Jusqu'alors, Meallán ne se doutait pas que sa vélocité lui permettrait de courir sur l'eau, et pourtant... il était si léger, que son sprint lui donnait de nouveau l'impression de voler, une sensation qui lui manquait tant... Rien qu'à ce songe il s'en voulut retourner à Silmariën, voir si on ne pouvait pas le rafistoler un peu quoi. Que ce soit par la magie, la chirurgie ou encore l'adhésif, il devait bien y avoir une solution pour remédier à ce problème, non ? Cependant, depuis son actuelle position, seule la voie céleste donnait accession à son foyer d'antan. Mais s'il pouvait ne serait-ce que rapprocher le navire fou des terres, il aurait au moins une chance d'y parvenir. Un avis que Selatan ne partageait manifestement point. Le vent gagnait même en force à mesure que l'embarcation s'éloignait des côtes, et bientôt, l'océan devint leur unique horizon. La chauve-souris était quant à elle plongée dans un profond coma, et malgré les efforts d'Alkanor, le petit être demeurait inerte. Meallán apporta son aide par le biais de sa mélopée apaisante, sans obtenir d'avantage de résultat. Aussi fut-elle placée dans un coin, emmitouflée dans un linge confectionné à partir du vêtement de la Demie-Elfe.

Une dérive et une torpeur qui se prolongèrent durant trois longues semaines... Les quelques vivres qui se trouvaient à bord leur permit de subsister une dizaine de jours, après quoi, ils durent faire usage de l'équipement pour s'essayer à la pêche. Ce ne fut pas facile, tellement qu'ils passèrent trois jours sans rien avaler. Quant à l'eau, les trois barils de liqueur de fraise situés en fond de cale suffirent à les hydrater, si l'on pouvait dire ça comme ça. Alkanor finit toutefois par avoir la bonne idée d'en placer un sous la pluie afin d'atténuer la force de l'alcool, ce qui n'était pas pour déplaire à Meallán qui ne le tenait absolument pas, pour un peu, il pourrait tenir compagnie à la chauve-souris. D'ailleurs, en parlant du chiroptère, il finit par refaire surface deux jours après les trois semaines déjà parcourues. Il était très faible, et n'appréciait pas du tout les insectes imbibés de liqueur que la Demie-Elfe avait stocké à son attention. Elle dut essuyer quelques petites morsures sur ses doigts avant de finalement lui faire entendre raison.

Au lendemain, bien que chancelante après s'être faite alcoolisée, la chauve-souris grimpa jusqu'en haut du mât. Lorsqu'il était encore Grégor, il vécu les meilleurs moments de son enfance en compagnie de son cousin. Ce dernier de vingt ans son aîné se plaisait à lui transmettre sa passion de la pêche. Mais le jeune homme était d'avantage intéressé par les voyages, parcourir les océans, naviguer... Un rêve qui s'acheva brusquement lorsqu'il apprit la mort de Romuald des suites d'une rixe avec un dénommé Hariil. Il conserva toutefois son enseignement maritime, et put ainsi, au travers d'une gestuelle éreintante, guider les manoeuvres de la tête de mort et Alkanor. Ses dents furent plus que jamais sollicitées, la chair du cou étant particulièrement sensible à ce genre de picotement, le duo n'eut d'autres choix que de filer droit. Pour sûr, ils étaient dans un état lamentable et empestaient le rat crevé. Cette escapade devait prendre fin...

L'aube éclairait ce nouveau jour, et même si les moussaillons sous les ordres du capitaine chauve-souris avaient perdu toute notion des dates, il était important de savoir qu'on était le sept Khole du mois de Gaïa ! Mais alors que les mouches et autres bestioles commençaient à énerver les empuantis, le chiroptère manifesta sa joie, non pas pour ce régime alimentaire auquel il ne s'était toujours pas fait, mais pour leur présence, et pour cause ; qui disait insectes, disait terre ! Enfin... sauf quand la terre en question s'élevait dans les airs ! Bon sang, mais c'était Chaara-khole ? Paniquée, la chauve-souris força le duo à inverser le cap. Mais alors qu'ils s'éloignaient, l'île regagna son nid, engendrant par ce fait, une gigantesque vague ! Laquelle emporta la frêle embarcation jusque dans le domaine du récif où elle finit par s'essouffler. Alkanor et Meallán n'avaient croisés personne tout au long de leur dérive, mais maintenant qu'ils se situaient au beau milieu de la voie la plus directe entre l'île de Tësnu et le port de Nandis, les bâtiments avoisinants étaient légion...


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Meallán
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MessageSujet: Re: Le filin pernicieux   Le filin pernicieux Icon_minitime1Sam 15 Fév 2020 - 11:57

Suite à la chute du piano extrêmement bruyante, on fila vers une des rues adjacentes. Les cors de la ville retentirent par la suite, si bien qu'au début, j'ai cru que cela était à cause de nous. La blondinette avait dû penser la même chose car elle suggéra que l'on se cache un temps. J'en avais guère envie, puisque finalement l'alarme ne pouvait pas être pour nous, pas pour de simples ivrognes, enfin je crois, mais je lui avait causé des problèmes donc je préférai lui donner raison. Pour éviter tout autre obstacle, je décidai de nous diriger vers l'opposé des cris venant de par là-bas mais les gens étaient drôlement pressés et ce fût la chaleur qui nous inquiéta. Cette fois-ci ce fut Alkanor qui décida de l'endroit où aller malgré mon envie de me tourner vers le Poulpe tenace que je crus voir dans un détour. Le sens de l'elfe lui jouèrent mauvais tour car nous arrivâmes dans une foule. Elle me poussa contre le mur, mais en suivant son regard je compris que c'était à cause d'une femme nue, couverte de sang suivie par deux autres personnes. Ce petit groupe disparut, pouf, comme ça. Après cette surprise il fallait reprendre notre route mais nous furent interrompus par l'arrivée de soldats, sans doute à la recherche du groupe suspect disparut un peu plus tôt. Déambulant à gauche, à droite, nous arrivâmes au port pour constater l'immense incendie. Bloquer à chaque passage, on décida de trouver refuge dans une petit voilier à l'air si tranquille. J'indiquai à Alkanor,qu'on pourrait partir sans trop d'ennuis au petit matin et qu'en attendant, il fallait se reposer.  Je m'endormi très vite pour un court sommeil et à mon réveil, l'elfe surveillait les flammes. Quel insouciant je faisais ! je lui dis aussitôt que j'allais la relayer pour qu'à son tour elle dorme. Puis quand le feu perdit en intensité et donc en dangerosité, on se laissa aller tous les deux dans les bras de Sinah.

À notre réveil, on était en pleine mer. Comment avions nous pu en arriver là ? Je veux dire, ok, il y avait du vent, on a dérivé etc... mais le voilier, il était bien attaché non ? ou pas... Enfin bref il fallait revenir sur terre, sauf que aucun de nous deux ne savait naviguer...La journée s’annonçait bien longue...La chauve souris semblait vouloir nous aider mais fut méchamment assommée par le bôme puis elle manqua de se noyer par notre difficulté à la sortir de l'eau, notamment par ma bourde à faire tomber la corde qui devait faire remonter la blonde et la victime à bord. Cette dernière fut dans le coma et veillée par les soins et l'inquiétude d'Alkanor. Grâce à ce secours, je découvris que je pouvais marcher sur l'eau par mon déplacement rapide et cela me rappela le plaisir du vol. Après cette aventure maritime, je me promis de retourner à Silmariën, pour voir si on ne pouvait pas me rendre à tout hasard mes ailes.

Le vent se leva, et la journée longue devint des semaines d'errance océanique. Les vivres qui se trouvaient à bord permit de nous ravitailler un temps avant que l'on ne tente la pêche. Décidément, on était de piètres marins, on arrivait pas à grand chose et cette incompétence nous obligeait involontairement au jeûne... Concernant l'hydratation on avait de la liqueur de fraises et un peu d'eau de pluie. En dehors de l'alimentation, l’hygiène était aussi très très compliquée. On faisait un brin de toilettes avec l'eau de mer mais cette dernière asséchait durement notre peau. Mon maquillage finit par partir d'ailleurs, oh j'aurais pu le refaire mais sur le derme abîmé, cela était peu recommandable. Donc à un moment, on a arrêté tout bonnement de se laver... Question intimité ce n’était pas trop ça non plus, pour nos besoins ou autres, difficile de ne pas faire d'atteintes à la pudeur. Enfin concernant l’ambiance il y avait des hauts et des bas : découragements, disputes, réconforts, chansons ou musiques de ma part... mais dans l'ensemble on se serrait bien les coudes. Ce fut nettement mieux quand la petite bête se réveilla car au moins, cette inquiétude là avait disparu et surtout elle semblait avoir un semblant de base dans la navigation.

Un jour, on fût particulièrement ennuyé par les insectes qui tournaient autour de notre puanteur...mais étrangement cela rendait ravie la chauve souris. Alkanor fit rapidement le lien avec la terre sauf que cette dernière, eh bien elle était dans les airs... Comment cela était possible ?! On fit de suite demi tour, au cas où l'île nous tomberait sur la tête mais au lieu de ça elle s'en retourna ailleurs, à son lieu d'origine peut être, ce qui engendra une grosse vague. Cette dernière nous poussa dans le domaine du récif. Une fois le calme revenu et que l'on commençait de nouveau à se décourager, je le vis.

- Alkanor... dis moi que je ne rêve pas... c'est bien un navire là-bas, qui se dirige droit vers nous ? puis sans attendre ni écouter sa réponse j'hurlai en sautillant et agitant des bras, Ho hééééééé on a besoin d'aide, sauvez nouuuuuuuuuuuus !

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MessageSujet: Re: Le filin pernicieux   Le filin pernicieux Icon_minitime1Jeu 23 Avr 2020 - 16:11

La nuit fut longue pour l'équipage du Fëalókë morë. Mais avant d'en arriver là où nous en sommes, laissez-moi vous conter l'histoire nocturne d'une Drow pas comme les autres. Au crépuscule, peu avant que la nuit ne drape la région de sa sinistre voilure, Xune tua le Roi pirate d'un coup de lame en plein coeur. Les circonstances précédant cet acte demeureront toutefois dans l'obscurité avant d'être mises en lumière. Car ce qui nous intéresse dans l'immédiat, réside dans cette évasion qui pourrait bien inspirer les plus grandes plumes de cette ère. Aussi, lorsque son sang se figea dans ses veines, l'homme eut un ultime regard pour son bourreau. Bien que le Dragon des mers ne le craignait plus maintenant que sa vie le fuyait, une vieille superstition émergea en elle lorsqu'elle se vit être la proie de ses prunelles vitreuses. La légende disait de ne jamais contempler les yeux de la personne que l'on tuait, sans quoi, celle-ci te hantera pour le restant de tes jours. Un frisson aussitôt oublié dès l'instant où son corps s'écroula dans un bruit sourd. Rengainant ses sabres, l'Elfe-noire se rendit jusqu'aux geôles en toute hâte afin de libérer ses hommes. Mais une fois parvenue jusque devant la cellule des jumelles, la Drow se tâta... devait-elle sincèrement honorer sa part du marché ? Une fraction d'elle lui hurlait de les laisser croupir ici, chose que Randar encourageait vivement. Une hésitation que Phaere n'eut aucun mal à déceler. À cette sensation pour le moins inconvenante, la femme dépourvue d'yeux s'avança jusqu'aux barreaux avant de formuler ces mots : "Le choix vous appartient Xune". Et alors que le Dragon des mers s'attendait à un "mais", Phaere retourna auprès de son double. Le trousseau dans sa main se mit à trembler sous le joug de sa volonté fléchissante. Elle ne saurait l'expliquer, mais ces femmes la mettait très mal à l'aise, pour ne pas dire terrifier, il en allait de son ego.

Ces secondes d'inertie plongèrent Xune dans un passé encore frais. Et alors qu'elle se trouvait à leur place, la Drow dut sa libération à un gamin haut comme trois pommes. Désormais renommer "Le mioche", ses souvenirs confus l'amenèrent jusqu'à cette scène qu'elle était pourtant convaincue d'avoir vécu. Elle y voyait la jumelle de l'aveugle en train de charger le gosse dans un canon rester en fond de cale, avant de le faire détoner ! Était-ce une réalité alternative, un rêve, une prémonition ? Dans le doute, le Dragon des mers prit la terrible décision de laisser la porte close. C'était la première fois qu'elle se sentait traîtresse, pourtant, elle s'y sentirait d'avantage si elle venait à les libérer, car cela voudrait dire qu'elle tuerait elle-même Le mioche puisqu'elle pensait avoir voix au chapitre. Le plus curieux dans cette histoire, et c'était justement ce qui la faisait autant culpabiliser, c'est qu'elle savait Phaere capable d'échanger sa position avec n'importe qui se trouvant à portée. Or, elle ne fit guère usage de ce pouvoir, laissant ainsi Xune décider de leur sort... La vie n'était pas toujours juste, et cet événement en était la parfaite illustration. Usant alors de ces racines Drow pour passer outre ce sentiment qui la rongeait, le Capitaine et sa suite se frayèrent un passage jusqu'au port où mouillait le Fëalókë morë.

En gros bourrin qu'il était, Randar envoyait valser la moindre opposition qui s'osait à leur couper la route. Désormais bien à sa place à la barre, Xune mit les voiles ! Aussitôt pris en chasse, le Dragon des mers manœuvra habilement afin de semer ses poursuivants. Exception faite du Xanthar... immense cuirassé qui avait la fâcheuse réputation de n'être égalé sur aucun point, y compris la vitesse. La Drow avait néanmoins beaucoup de mal à gober pareille couleuvre. Et pour cause, comment un navire aussi imposant et si profondément enfoncer dans les flots pouvait afficher une telle allure ? Xune dut pourtant se ranger du côté de l'évidence en observant depuis sa poupe le fameux Xanthar gagner dangereusement du terrain. Les ragots disaient donc vrai ? Passant machinalement sa main dans sa chevelure, le capitaine songea à un moyen de contourner le problème. Ne pouvant le distancer et encore moins le combattre, il ne restait plus qu'une solution. Virant à bâbord, elle mit le cap sur la meurtrière Jiras, un archipel englouti qui ferait passer le domaine du récif pour une zone dénuer de tout danger. Cet endroit n'était connu que par une poignée de personnes, hélas... en bifurquant de la sorte, le Fëalókë morë dut essuyer une bonne demie douzaine de coups de canon ! Et malgré la perte de six membres d'équipage, Xune ne se laissa point démonter et fila droit sur son lieu d'embuscade.

Une fois parvenu à destination avec le Xanthar sur ses talons, le Dragon des mers observa patiemment le piège se refermer sur l'immense bâtiment. Et ce qui devait arriver, arriva... La coque du cuirassé se fit littéralement harponner par la roche sous marine. À présent immobilisé, Xune n'eut plus qu'à le contourner, puis, une fois hors de sa ligne de feu, elle déclencha l'apocalypse au nom de ceux qui avaient péri sous ses coups ! Et bien que Randar était déçu de ne pouvoir fracasser quelques crânes, il fut forcer de reconnaître le génie militaire dont son capitaine venait de faire preuve. À la suite de quoi, ce fut dans une liesse toute relative que le Fëalókë morë reprit sa route en direction de Nandis.

Malgré son exploit, Xune n'éprouvait pas le moindre sentiment de triomphe, car après l'épisode de Tësnu et les pertes causées par le Xanthar, ils n'étaient à présent plus que douze à bord, le mioche y compris ! Pour vous donner une idée, le Fëalókë morë comptait cent vingt-deux loups de mer. Au terme de ce mois, cent dix avaient péri... Cependant, bien que submergée par la colère, la Drow allait devoir recruter de nouveaux membres très rapidement. Ses nouveaux ennemis étaient légion, or, si elle voulait conserver sa liberté en sillonnant les mers, elle allait devoir les combattre. Et pour cause, elle eut beau retourner le problème dans tous les sens, elle n'y voyait aucune autre solution, hormis celle de mettre pied à terre. Mais en agissant de la sorte, elle ne ferait que troquer un problème pour un autre. Lorsque l'aube fut venue, Xune se trouvait toujours à la barre, les semelles de ses chausses s'étaient comme souder au plancher tant elle demeurait immobile. Et ce, jusqu'à ce que le tenant du quart ne se mette à hurler "Embarcation droit devant !"


De son côté, Meallán faisait ce qu'il pouvait pour attirer l'attention du géant qui lui fonçait dessus, et sans avoir conscience du danger, il s'égosillait à s'en rompre la voix, chose bien inutile à son échelle... Par ailleurs, dans la précipitation, il ne fit guère attention à Alkanor, qui, suite à une brusque rafale provenant d'Utara - un souffle sans doute généré par les perturbations qui avaient eu lieu à Chaara-khole - la voile tourna d'un coup sec, le bôme heurtant méchamment la Demie-Elfe depuis l'arrière de son crâne. L'impact ne parviendra jamais jusqu'aux oreilles de Meallán qui s'abrutissait de ses cris, mais la chauve-souris en revanche... Couinant d'inquiétude en virevoltant au dessus de son corps gisant, la petite bête fut prise d'horreur lorsqu'elle fut témoin du sang qui s'écoulait de sa chevelure poisseuse. Ce fut alors qu'elle mordit férocement le garçon au cou afin de lui faire prendre conscience du drame qui venait de se produire juste derrière lui. De plus, vue l'allure à laquelle le navire interpellé par ce dernier arrivait, et que son intention était bien de les aider, jamais il ne pourrait s'arrêter pour les hisser... Non, ils allaient devoir grimper par leur propre moyen le long de cordages qu'ils auront eu la gentillesse de leur lancer. Ce qui, avouons le, était loin d'être une science exacte, et ce, en se fondant toujours sur le principe que l'équipage de ce bâtiment était pour le fait de les secourir.

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MessageSujet: Re: Le filin pernicieux   Le filin pernicieux Icon_minitime1Ven 1 Mai 2020 - 16:33

Une lame qui se plante dans un corps … un dernier souffle de vie, puis une vie qui s’éteint … Voilà comment elle avait mis fin à la vie du Roi pirate. Elle aurait pu savourer sa victoire mais … elle avait plus urgent, bien plus urgent. Les sabres rengainés, elle fila récupérer son équipage, coincés dans les geôles. Et avec eux … Phaere et son double. Devait-elle les libérer et prendre un risque ou les laisser ici. Le caractère inquiétant de l’une et les yeux vides de l’autre, ainsi que sa manière de comprendre un peu trop bien ce qu’elle pensait, dérangeaient profondément la drow. Et puis … ses yeux se posèrent sur le « dernier » membre de l’équipage en date : « Le mioche » Oui, il avait été « officiellement » baptisé « Le mioche ». Elle l’avait déjà accueilli parmi ses hommes, elle n’allait pas non plus lui donner un nom ! Il ne fallait pas trop en demander. Mais ce gosse … des scènes confuses lui vinrent à l’esprit … en lien avec lui et la jumelle de Phaere … Pouvait-elle réellement prendre le risque qu’il lui arrive quelque chose ?
Après quelques instants de doutes et de combat dans sa conscience, pendant lesquels la drow avait fermé les yeux, Xune prit sa décision. Et même si cela était en contradiction avec ses habitudes, elle ne pouvait accepter qu’un membre de son équipage courre des risques inconsidérés … et clairement pour elle, avoir Phaere et sa jumelle dans son environnement proche était inconsidéré.

Cependant … peut-être était-ce pour se donner bonne conscience, ou pour ne pas totalement revenir sur ses dires, mais la drow laissa tomber les clefs des cellules … assez proche pour que Phaere puisse s’en saisir et sortir de sa cage. Xune espérait juste que le temps qu’il lui faudrait pour faire cela soit suffisant pour qu’elle et son équipage aient pris la poudre d’escampette.

La drow donna le signal du départ et tout le groupe fila vers le port et le Fëalókë morë. La capitaine laissa Randar passer devant. Sa carrure et ses « techniques » de combat étant rudement efficaces pour libérer le passage et leur permettre de gagner le navire rapidement. L’elfe noire sauta souplement sur le pont et gagna sa place derrière la barre. Aussitôt, sa voix claque dans l’air, sèche et précise.

- Aller messieurs, on se dépêche ! Tout le monde à son poste, on largue les amarres et on file d’ici en vitesse !

Cette scène lui en ramena une autre dans sa mémoire, une autre fuite jusqu’au bateau, des ordres donnés à la va vite pour se dégager du port et filer vers la haute mer … La drow secoua vivement la tête. Il n’était pas temps de se remémorer certains évènements ou d’essayer de comprendre pourquoi certains « souvenirs » paraissaient confus. Pour l’heure, elle devait se concentrer sur la manœuvre. Bien vite, le navire s’éloigna du port, au grand soulagement de l’elfe.

- Toutes voiles dehors messieurs ! On doit prendre de la vitesse et rapidement !

Sentir le Fëalókë morë fendre les flots … Voilà une sensation qu’elle aimait. Xune était véritablement chez elle, à sa place, à la barre de son navire. Malheureusement pour elle et son équipage, si la majorité de ses poursuivants avaient été distancés, il en restait un qui s’accrochait … et non des moindres. Le Xanthar … Comment un tel navire pouvait-il aller aussi vite ? Cela dépassait l’entendement mais pour l’instant il y avait plus urgent. Le Xanthar les rattrapait et à moins d’une solution rapide, son navire allait finir au fond de l’océan et ça … il en était hors de question ! Impossible que son bébé finisse coulé ! Une main glissa dans sa chevelure de neige et la drow fit brusquement virer son navire de cap, s’excusant mentalement auprès de son navire et de ses hommes pour les dommages qu’il allait prendre à la suite de cette décision mais … c’était peut-être la seule solution qu’elle avait en stock. Elle compterait les morts et les dégâts plus tard … le poids des vies qu’elle avait sous sa responsabilité et qu’elle n’avait pas pu sauver viendrait plus tard retomber sur ses épaules. Pour l’instant … Elle avait un objectif. L’archipel englouti et ses dangereux rochers. Elle évitait habituellement d’y naviguer mais là … Elle entraina son navire dans l’archipel manœuvrant avec autant de rapidité et de prudence qu’elle le pouvait dans la situation.

Mais … un sourire carnassier naquit sur ses lèvres lorsque le bruit horrible d’une coque se déchirant sur des rochers retenti … Une dernière manœuvre elle le Fëalókë morë pu mettre ne joue le Xanthar. Sans se départir de son sourire la drow s’adressa à son équipage.

- Faites tonner les canons messieurs … Il est l’heure de venger les nôtres …Envoyez ces fils de chien nourrir les poissons !

Les canons du Fëalókë morë rugirent et ce fut avec une certaine satisfaction que l’elfe noire vit son ancien poursuivant s’enfoncer dans les flots. Mais bien vite, leur situation lui revint en mémoire. La drow porta le regard sur ce qu’il restait de son équipage. Une dizaine d’hommes, sur la centaine que comptait son navire. Le visage redevenu neutre, Xune reprit la barre et mit le cap sur Nandis. N’étant pas certaine des dégâts subis par le navire, elle ordonna de diminuer la voilure pour le faire ralentir quelque peu. Les mains crispées sur la barre, la drow fit le point sur sa situation. Aller à terre avec les risques que cela encourait, réparer le navire, recruter un nouvel équipage. Elle mena son navire, presque pas automatisme jusqu’à l’aube. Repassant les différents problèmes, et les éventuelles solutions, dans sa tête.

Néanmoins, notre drow reprit rapidement contact avec la réalité lorsque la voix du marin de quart retenti.

"Embarcation droit devant !"

L’elfe noire plissa les yeux et fini par repérer l’embarcation en question. Un voilier … Quelques instants d’analyse et l’elfe noire pouvait affirmer qu’il était à la dérive.

- Réduisez les voiles, on va s’en approcher le plus doucement possible !

La drow ne se faisait aucune illusion ! Elle ne pourrait pas totalement arrêter son navire. Ils étaient trop proches du voilier et leur vitesse était trop importante pour cela. Avec un froncement de sourcil, l’elfe noire manœuvra le navire pour ne pas heurter le voilier mais passer proche de lui. Elle ne savait pas encore quoi faire … jusqu’à ce qu’une voix en provenance du voilier ne porte à ses oreilles. Elle ne parvenait à comprendre exactement ce que cette voix disait. Néanmoins, elle comprit l’essentiel … Et si cette voix n’était pas assez claire, les mouvements presque désespérés d’une des personnes était suffisante pour lui faire comprendre qu’ils demandaient de l’aide.  

- Quand nous serons à portée de ces personnes messieurs, jetez des cordages et préparez-vous à les hisser à bord … Nous verrons ensuite ce que nous en ferons …

Encore quelques manœuvres et la drow laissa l’un de ces hommes à la barre, lui donnant ces dernières recommandations avec un regard sévère. Tranquillement, l’elfe à la chevelure de neige s’avança sur le pont, se rapprochant des marins qui avaient jeté les cordages à la mer. Un coup d’œil à Randar confirma à son second qu’elle comptait sur lui pour hisser ces personnes sur le navire. Après … il fallait espérer que ces « malheureux » parviennent à s’emparer des cordages. Sans cela la drow les laisserait à leur sort. Elle ne s’amuserait certainement pas à manœuvrer pour revenir sur ses pas pour les aider davantage.

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MessageSujet: Re: Le filin pernicieux   Le filin pernicieux Icon_minitime1Ven 1 Mai 2020 - 18:28

Le navire semblait aller droit vers nous. Nous avait-il vu ? Dans le doute il fallait continuer à attirer son attention par tous les moyens possibles, c'est à dire pas grand chose...

- Ho hééééééé ! Le naviiiiiiiire ! Vous nous avez vu ?! Pitié venez nous chercher ! J'agitais frénétiquement mes bras dans tous les sens, je sautais le plus haut possible secouant quelque peu notre bateau, j'hurlais à pleins poumons tout mon désespoir à m'en rompre les cordes vocales. Il devait forcément il y avoir un type sur ce gros machin qui nous avait vu n'est-ce pas ? Je veux dire on est un petit voilier mais pas invisible. Histoire de rajouter du bruit et augmenter nos chances je décidais de sortir ma flûte pour y souffler la note la plus aiguë possible, priant aussi intérieurement que cela ne les fasse pas fuir. Voyant le mastodonte ne pas faire demi-tour, je décidais de continuer mon manège sans interruption même pendant cette brusque et violente bourrasque qui me fis toutefois tanguer dangereusement près du bord. Ce ne fut que la vive douleur à mon cou qui me fit m'arrêter pour chercher son origine.

- Aïe ! Mais Aïeuuuuuue ! C'était quoi ça ?! Trouvant vite le coupable qui me tournoyait bizarrement autour je ne pus m’empêcher de le gronder, Mais qu'est-ce que tu fais ? Aïeuuue ! Je sais que je fais un bruit désagréable mais c'est pour la bonne cause ! lui dis-je en tentant de la chasser, Arrête ça il faut continuer de les attirer ! L’insistance de la chauve-souris me fit finalement comprendre que quelque chose n'allait pas et en la suivant je compris avec horreur. A...Alkanor  ? balbutiai-je en me précipitant vers elle. Elle était allongée, inconsciente. En l'inspectant mieux je pus voir qu'elle saignait à la tête. J'aurais voulu chanter pour la soigner mais le gros navire arrivait bientôt sur nous et vu sa vitesse, il ne s’arrêterait pas, que faire ? Je décidais de traîner Alkanor du côté du rebord le plus proche de l'arrivée du navire afin qu'elle puisse être hissée en même temps que moi, je ferais de mon mieux pour la tenir comme je peux. À son approche, je décidais de m'égosiller une nouvelle fois.

- À l'aide ! S'il vous plaît mon amie est blessée, elle est inconsciente ! Nous sommes deux ! Et à mon grand soulagement, le Géant semblait ralentir sa course, il devait nous avoir vu ! Quelques instants plus tard, il était là à côté, si Énooooooorme ! pensais-je ébahi. Des marins nous jetèrent des cordages. Sans plus réfléchir, j'attrapais avec ma vitesse éclair celle la plus proche et la plus longue pour l'attacher autour de la taille de l'elfe et une autre pour moi. Craignant ne pas avoir fait un bon nœud je décidais de prendre dans mes bras Alkanor, heureusement qu'elle est mince,  et serrer les mains autour du cordage. Ce fut juste à temps car pile à ce moment là le hissage commença. L'ensaucissonnage ne fut peut être pas une bonne idée car cela fit un mal de chien, quand on sera là haut, on aura des marques, ça c'était certain ! Et cela sans compter nos chocs contre la coque. La chauve souris quant à elle continuait de nous tourner autour, inquiète pour l'elfe.

Une fois à destination et délesté des câbles, je pris le temps de tout bien regarder les environs avant de me présenter. Et ce que je vis me laissa perplexe. Il n'y avait pas grand monde à bord, ce n'était clairement pas un navire marchand et le chef semblait être cette femme là bas à la peau très sombre avec des cicatrices et des cheveux blancs. Même s'ils nous avaient aidé ils n'étaient peut-être pas si gentils que ça...Il me fallait être prudent.

- Heuu, hmm, bonjour à tous. Dis-je d'une petite voix intimidée en les regardant tour à tour. Je m'appelle Meallán, merci beaucoup de bien avoir voulu nous aider. Juste pour résumer, on s'est perdu en mer un long moment, vous pouvez le constater de vous même à nos tronches... Je crus distinguer un petite rire, ce qui me redonna un peu confiance. On voudrait retourner sur terre s'il vous plait, est-ce qu'on est pas loin de Nandis ? J'ai quelques pièces dans ma poche, si ce n'est pas assez pour payer le voyage et nos vies, on peut peut-être... faire le ménage ? ... ou autre dans nos cordes ? Je suis barde si vous préférez de la distraction. Es-ce que vous pouvez aider aussi mon amie ? C'est arrivé lorsque je vous cassais les tympans mais je ne sais pas exactement pourquoi elle est dans cet état.

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MessageSujet: Re: Le filin pernicieux   Le filin pernicieux Icon_minitime1Sam 16 Mai 2020 - 4:02

Peu après l'épisode de l'Inferno, Énide abandonna les cales du Corivace sans même apparaître une dernière fois à l'équipage réduit de ce dernier. Bien que Lonoud ne représentait plus rien pour elle, la petite Fée ne se voyait pas pour autant demeurer dans son périmètre alors qu'il sombrait dans les abysses de sa déchéance. Encore hantée par son homicide involontaire, Énide avait déjà occulté Lanae et son mouchoir. Filant désormais en direction du levant, l'intrépide vola jusqu'à disparaître dans la mer d'écume... Il ne lui fallut toutefois guère plus de deux semaines pour faire de nouveau parler d'elle ! enfin disons plutôt ; de ses bêtises. Et pour cause, les marins gîtant au port de Tësnu commencèrent à se plaindre à propos de manifestations qui auraient pour but de saper leur confort. Il allait sans dire que dans un premier temps, les plaignants devinrent une source intarissable de moqueries tant les malheurs relatés frisaient le ridicule ! Mais très vite, ces victimes, toujours plus nombreuses, finirent par trouver gain de cause. Les rumeurs courant les ruelles brumeuses faisaient état d'un esprit frappeur dont le ricanement horripilant résonnait dès qu'un fait facétieux survenait. En revanche, pour les plus cartésiens, des pièges furent disposés à l'attention du nuisible. Un projet qui avorta dès l'instant où les créateurs de ces engins archaïques en devinrent les proies... C'était un véritable coup dur pour ces hommes dont la superstition rimait avec religion.

Mais un beau jour, le cauchemar naissant de la populace prit brutalement fin. À savoir que tous les méfaits rapportés furent finalement imputés à un homme surprit en train de saboter le sabre du Roi pirate, et ce, de telle façon à ce que celui-ci demeure collé à son fourreau. Cela ne pouvait point être le fruit de hasard, surtout qu'une personne normalement constituée n'oserait jamais violer le sanctuaire de sa Majesté pour commettre un acte aussi puéril ! L'individu put cependant surseoir à son exécution. Un salut qu'il devait à la fille Hariil qui occupait déjà la majeure partie de son temps, sans compter le Dragon des mers qui venait s'ajouter aux festivités ! Pour sûr, le Roi pirate avait bien mieux à faire que perdre son temps avec cette raclure. Aussi le confia t-il à son second, Volac Rahoc, dit ; Le charcutier. Escorté de quatre hommes de peine, Volac fit traîner le mécréant jusque dans ses propres appartements nichés au coeur même du Xanthar. D'abord soumis à la question, le criminel hésitant et fuyant donnait davantage l'impression de n'être qu'un simple d'esprit plutôt qu'un maniaque en puissance. Mais ce ne fut point ce qu'en conclut Énide qui observait la scène depuis la pénombre. Après tout, cet homme lui volait la vedette, il était donc normal qu'elle s'y intéresse...

La petite Fée ignorait le pourquoi de ce qu'elle éprouvait pour cet Humain, mais toujours à l'écoute de ses pulsions les plus fantasques, elle intervint par le biais de son "pantin désarticulé" sur le tourmenteur afin d'épargner à l'homme une torture aussi sanglante que fatale. Fou de rage et grièvement blessé, Volac fut transporté par ses laquais jusqu'au dispensaire du port. Désormais seule avec le charlatan, Énide le libéra tout en se présentant d'une façon très colorée. Sidéré d'apercevoir une Fée en pareil endroit, l'individu sut malgré tout prendre l'événement par le bon bout en lui rendant la politesse. Prénommé Mirdo, il avoua qu'il tuait le temps comme il pouvait, et que son seul tort, ce fut de s'être fait prendre. Regagnant la surface et son air marin, Mirdo décida de se faire oublier, pour un temps du moins, en se réfugiant dans les cales du navire voisin. Voilà une décision qui n'était pas prête de convenir à Énide. Suite à cela, l'esprit frappeur fit derechef régner la terreur parmi le petit peuple.

Bien des jours plus tard, la prêtresse de la bêtise commençait à se lasser de ces mêmes cris, mêmes sursauts, mêmes colères... Aussi décida t-elle de mettre un point final à son activité fugace. Et alors qu'elle errait le long du palais du Roi pirate, elle tomba sur la réserve personnelle de ce dernier. Pensant d'abord avoir à faire à du rhum, ou autre liqueur à la saveur infecte, Énide écarquilla les yeux lorsqu'elle identifia cela comme étant de la poudre à canon. Voilà un moment qu'elle n'avait d'ailleurs point revu son ami le feu, l'occasion lui était donc donnée de copiner à nouveau. Bien qu'elle dut faire preuve de prudence afin de se soustraire aux rondes, soit dit en passant, relativement nombreuses, Énide parvint sans trop de mal à répandre les particules dans les endroits les plus fournis en végétation. Pleinement satisfaite de son séjour sur l'île, la petite Fée avait relevé son défi haut la main en ne se faisant remarquer par aucun oeil, hormis par ceux de Mirdo, mais lui ne comptait guère dans l'équation. Toisant le couchant de son regard malicieux, l'intrépide prit taille humaine puis shoota dans une lampe à huile accrochée sous le porche. Et le résultat fut sans appel... en se brisant, une flaque ardente naquit, qui, en s'écoulant le long des marches, embrasa la poudre. En réaction, l'air se chargea d'une épaisse fumée blanchâtre, et le crépitement propre feu se mua en une sorte de grésillement duquel jaillissaient d'innombrables étincelles. Tandis que l'embrasement remontait le chemin tracé par Énide, cette dernière ne put qu'observer impuissante la flore se rire de sa mise en scène ! Tout était tellement humide que l'intrépide n'eut d'autres choix que de se faire une raison.

En tout cas le pensait-elle, jusqu'à ce que l'ensemble des barils entreposés n'explosent sous le poids de son insouciance ! La violence de la déflagration fit littéralement valdinguer Énide jusque dans un proche buisson, quant au bruit... ou devrais-je plutôt dire ; "vacarme", la petite Fée s'avoua n'avoir encore jamais rien entendu de semblable. Non pas que ses oreilles appréciaient, mais l'excitation prenait le pas sur ce léger inconfort. Puis cette énorme boule de feu ! Elle ne fut certes qu'éphémère, et malgré cette tristesse indéniable, l'éclat de cette détonation s’immisça dans ses prunelles, offrant ainsi à son regard un joyau dont l'intrépide ne pourra plus jamais se défaire. Légèrement sonnée, Énide assista malgré elle à l'escalade d'une femme à la peau noire comme l'ébène. Elle gravissait la paroi de la plus haute tour du palais... Voilà qui était curieux se dit elle, mais ce qu'elle ignorait, c'était que son explosion avait en partie éventré le mur extérieur de la cellule où la Drow demeurait prisonnière. Or, comme elle savait parfaitement où gîtait le Roi pirate, elle sut saisir l'occasion de le défier sur son propre sol ! Ce qu'elle parvint à faire avec une aisance déconcertante. Fatiguée de cet Humain déloyal, Xune ignora complètement le fait qu'il ne parvenait guère à retirer le sabre de son fourreau. Et oui, les jours passant firent qu'il avait oublié la petite intrusion de Mirdo. Le Dragon des mers n'eut donc qu'un geste à faire pour lui épingler le coeur. Ce n'était pas très glorieux, mais diablement efficace ! De toute façon, les Bardes se chargeront de rendre cette histoire mémorable...

Après avoir commis son crime, dont Énide ne put voir que le corps, Xune ressortit peu après par le même trou qui l'avait conduit jusque la. À la différence près que cette fois-ci, elle se trouvait en présence de toute une bande. La petite Fée ne savait pas grand chose du Roi pirate, d'ailleurs, le seul témoignage dont elle pouvait se targuer à son sujet, se limitait au cri quelque peu efféminé qu'elle perçut au moment où il se fit ouvrir. Du coup, sans réellement savoir dans quoi elle se lançait, ni même ce qui en découlerait, l'intrépide suivit la noiraude et son énorme second jusqu'à son rafiot. Cachée à l'intérieur d'un canon vide, la petite Fée s'allongea sur le vendre, posa son menton entre ses mains, redressa les jambes puis croisa les pieds. Elle avait vue sur l'extérieur, et comme la tension se faisait palpable, ce n'était plus qu'une question de minutes avant que les choses ne se gâtent ! Située du côté tribord, Énide eut tout juste le temps de sortir lorsque le Xanthar fit feu. En dépit de sa vélocité, l'onde de choc l'assomma alors qu'elle venait d'atteindre la cale via l'une des micro-embouchures qui la constellait.

Cela nous ramène donc au petit matin du sept Khole du mois de Gaïa. Acceptant de porter secours au voilier qui dérivait, Xune ordonna à Randar de hisser les infortunés à son bord, ce qu'il fit sans discuter. Une fois réceptionnés, les deux individus purent être librement dévisagés par l'équipage. Éreintés, les vieux loups de mer n'étaient pas d'humeur à supporter le débit invraisemblable de ce gamin miteux ! Aussi Randar décida de parler au nom de la majorité silencieuse, des paroles simples, claires et parfaitement illustrées ; "Eh l'gosse ! ma main, ta tête, la flotte !" A la manière qu'il s'annonçait, même un vieillard sénile avec de la mousse dans les oreilles comprendrait qu'il était préférable de laisser la brise entonner pour lui. Quand soudain ! un homme ébouriffé, manifestement tombé du lit, captiva l'attention des flibustiers. Affalé contre la balustrade bâbord, nul ne semblait l'avoir vu monté...


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- Burp... Grommela t-il alors qu'il se savait épié. Qu'est-ce donc que cette sensation... Eut-il le temps de dire avant de rendre son dernier repas, repas qui d'ailleurs appartenait à la réserve de l'équipage. Ne faites pas attention à moi... burp... vaquez à vos occupations. Appuya l'homme par un signe de main qui se voulait éloquent.

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- Je vais vous débarrasser vite fait de ce cancrelat Capitaine ! Vociféra aussitôt Randar désormais incapable de tolérer la plus petite présence clandestine, d'ailleurs, les restes ensanglantés du dernier rat en date sous sa botte en attestaient.

Si Xune n'intervenait point, l'inconnu serait alors attrapé par le fond du pantalon avant d'être balancé par dessus bord. Un fait dont Mirdo ne semblait guère avoir conscience. Sans oublier qu'il restait aussi le cas Meallán à traiter, encore un mioche...

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MessageSujet: Re: Le filin pernicieux   Le filin pernicieux Icon_minitime1Ven 29 Mai 2020 - 17:13

La drow avait donné ses instructions concernant la frêle embarcation et ses passagers. Les hisser à bord quand le navire passerait à côté. Xune avait fait en sorte de ralentir le Fëalókë morë autant que possible afin de laisser suffisamment de temps à ses hommes pour réaliser la manœuvre. Elle continua de guider son navire, gardant un œil sur son équipage qui s’attachait à hisser les personnes à bord. Lorsque cela fut fait, la drow laissa la barre à l’un de ses hommes, ordonnant de poursuivre à ce rythme et sur ce cap, avant de s’approcher d’un pas tranquille vers les deux … rescapés.
Un sourire en coin apparu brièvement sur les lèvres de la drow lorsque Randar fit taire le gosse avec une remarque dès plus claire. Encore quelques pas et la femme pirate s’arrêta aux côtés de son second, jaugeant les deux personnes qu’ils venaient de récupérer. Un gosse, et une femme inconsciente… Superbe journée en perspective.

La femme pirate jeta un coup d’œil à ses hommes, jaugeant leur état du même coup. Fatigués … épuisés serait surement un terme qui conviendrait également. Et là, elle ne pouvait constater que leur état physique. L’état mental de certains ne devait certainement pas être des plus reluisants. Un séjour dans des geôles, une course-poursuite avec le Xanthar et, peut-être le plus dur, la perte d’une grande partie de l’équipage … Ouais, vu leur état il allait falloir régler le problème de leurs invités rapidement avant que l’un de ses hommes ne décide de le régler lui-même… Ce que Xune ne pourrait pas réellement leur reprocher dans les faits.

La drow allait s’adresser à leurs … « invités » lorsqu’un nouvel arrivant se fit connaître … de la manière la plus raffinée qu’il soit, au passage. Avec un air quelque peu blasé, Xune observa cet homme régurgiter le contenu de son estomac par-dessus le bastingage du bateau avant de leur dire de faire comme s’il n’était pas là … Cette remarquer provoqua un léger haussement de sourcil de la part de l’elfe noire … Cet homme avait-il seulement conscience qu’il était sur leur navire et que par conséquent, ils n’allaient certainement pas ignorer sa présence ?

L’elfe noire reporta son attention lorsque Randar se proposa de la débarrasser de ce … passager clandestin, mais elle leva la main gauche, lui faisant signe de s’arrêter. Elle jaugea quelques instants encore tout ce petit monde avant de prendre la parole, la voix apparemment douce et presque … accueillante … Enfin, ça c’était l’impression qu’il s’en dégageait pour ceux qui ne la connaissaient pas… Pour les autres … eh bien … disons qu’ils pouvaient comprendre que se seraient les réponses des personnes interrogées qui détermineraient de leur devenir… La drow n’aurait encore remord à laisser Randar faire le « ménage » sur le pont si elle n’était pas satisfaite.

- Allons, allons, Randar, pas de précipitations … Je suis certaine que cet … homme à une excellente raison de s’être glissé clandestinement sur le navire, n’est-ce pas, messire …

Elle fixa encore quelques instants le passager clandestin avant de porter son regard écarlate sur le gamin fraichement remontée sur le pont et sa camarade.

- Quand à vous … Veuillez excuser la rudesse de mon Second, la nuit a été quelque peu … mouvementée. Cependant, je me demande bien comment, avec ce type de navire, vous avez pu être assez … inconscient pour autant partir au large.

Xune prit quelques secondes avant de reprendre, les jaugeant une nouvelle fois du regard.

- Vous dites vouloir retourner à Nandis, c’est bien cela ? C’est quelque chose qui peut, potentiellement, se faire … mais qu’avez-vous à offrir plus exactement ? Quelques pièces c’est bien vague comme somme et la charité ne fait pas réellement partie de nos principes, surtout lorsque nous sommes en mer … Quand à être utile sur ce navire ….

Un sourire un brin moqueur apparu quelques secondes sur les lèvres de la drow.

- Ne prenez pas ombrage de mes propos mais … quand je vois comment vous vous êtes débrouillés sur ce voilier … je doute que vous soyez d’une quelconque utilité sur un navire de ce type …

Clairement, Xune ne voyait aucune des deux personnes face à elle, que ce soit le gamin ou la femme inconsciente, être aptes à aller dans le gréement et à obéir aux ordres pour manœuvrer les voiles … ce qui était ce dont elle allait avoir le plus besoin dans les prochains temps afin de diriger correctement le navire.

- Et en ce qui concerne votre amie …

La drow écarta légèrement les bras, montrant le plus tranquillement possible son équipage.

- A part vous dire de nettoyer sa plaie et de la bander, ce à quoi j’espère vous aviez pensé … je ne vois guère ce que nous pourrions faire de plus. Nous sommes des marins, pas des médecins.

La femme à la chevelure blanche croisa ensuite les bras, fixant alternativement les deux rescapés et le passager clandestin, réfléchissant à ce qu’elle pourrait bien en obtenir, ou en faire.

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MessageSujet: Re: Le filin pernicieux   Le filin pernicieux Icon_minitime1Ven 29 Mai 2020 - 21:53

Mon petit discours de politesse ne plut pas à tout le monde. Ce type, là-bas, un sacré monsieur muscle me menaça rudimentairement de m'envoyer à la flotte si je ne me taisais pas. Vu son ton, ce n'était clairement pas des paroles en l'air, peut être était-ce même le capitaine du navire ? Je me chiais dessus à l'idée de repartir à l'eau sans rien, aussi tremblant comme une feuille, je me résignais à ne plus dire un mot si je n'en étais pas invité, ni un geste. La femme aux cheveux blanc que j'avais pensé être le chef dans un premier temps se rapprocha de ce balèze. En l'observant mieux je compris enfin que c'était une Drow. Je n'en avais jamais rencontré mais seulement entendu parlé de ce peuple, plutôt effrayant d'ailleurs, mais jamais au grand jamais je n'aurais cru rencontré un membre de cette race en pleine mer ! Décidément ce baraqué savait se trouver de bons alliés, je n'avais pas intérêt à le fâcher. Mais peut être que cette femme était aussi sa compagne ? Peut être qu'elle le calmerait ? Sous mes vêtements, Je croisais les doigts d'une main discrètement pour que ce soit en ce sens et de l'autre je serrais un de mes poignards. On avait vraiment pas de chance avec Alkanor, on était de toute évidence tombés sur des truands.

Un nouveau venu capta soudain l'attention de tous. Tant mieux car je ne me sentais de plus en plus mal à être fixé comme ça... Par contre, ce type, il avait l'air de bien s'en fiche malgré sa régurgitation peu élégante mais au moins c’était par dessus bord, il respectait la propreté du bateau. Le costaud l'incendia immédiatement de menaces. Ah tiens ? Il ne faisait pas partie de l'équipage celui-là ? Ou alors il n'aimait pas les retardataires... Mais je retins surtout que le géant avait dit "Capitaine", il ne l'était donc pas ? Mais alors qui ? La drow à ses côtés finit par intervenir pour calmer la situation. Elle avait une voix délicate, plutôt gentille, serait elle juste une médiatrice ? En tout cas elle semblait tolérer ce clandestin, pour l'instant.

La Drow finit par s'adresser à moi. Ses yeux rouges me mirent mal à l'aise malgré sa posture amicale. Le gros tas de muscle se nommait Randar et c'était son second. Finalement cette femme était donc le Capitaine. Cela me rassura sur le moment car cela voulait dire que j'avais encore mes chances pour être dans ses bonnes grâces.

- Bonjour, heuu, heuu, bégayai-je intimidé , Ma Dame ? Mademoiselle ? Capitaine ? Comment dois-je vous nommer ? Nous avons pris le large malgré nous, nous nous sommes endormis dans le voilier qui s'était tout bonnement détaché... Et comme aucun de nous deux ne savait naviguer, eh bien on a dérivé jusqu'à ce qu'on tombe sur vous. Nous avons survécu par chance avec les quelques réserves à son bord. J'avalais péniblement ma salive à sa remarque qui disait que nous ne serions guère utile sur son navire. De toute évidence, c'était le passe droit pour y rester. Nous nous savons redevable, et nous ne partirons pas tant que nous n'aurions pas épongé cette dette. Je m'engage donc à faire toutes corvées que vous me jugerez capable de faire. Je peux apprendre très vite, tentai-je de la convaincre. Et je dispose de compétences qui pourraient peut être vous intéresser en dehors de vous distraire. Je peux vous soutenir en combat, notamment en soignant, en modifiant votre classe, en troublant les ennemis en les rendant sourds, aveugles, les blesser ou transformer les armes ennemies à notre avantage !

Ces personnes devaient beaucoup se battre pour avoir un effectif aussi réduit, aussi j'espérais que le fait de savoir batailler pencherait en notre faveur. Voyant qu'elle réfléchissait à notre sort, je décidais d'entreprendre un soin sur Alkanor.

- Mon amie est souffrante, vous ne pouvez pas la rétablir mais moi je le peux peut-être, s'il vous plait, ne m'interrompez pas pendant mon chant, en attendant cela devrait vous laisser le temps de réflexion nécessaire sur notre devenir, et si je réussis, vous pourriez par exemple m'engager plutôt comme guérisseur ? Une démonstration vaut mieux que du blabla non ? , la suppliai-je alors que je m'agenouillais auprès de l'Elfe. De précieuses minutes s'étaient écoulées depuis notre montée à bord et je craignais que davantage, cela ne soit fatale pour ma compagne si cela ne l'avait pas déjà été. Sans attendre la réponse de la Drow, j'entamais ma mélopée. J'ignorais combien de temps cela allait prendre mais j'espérais de tout mon cœur que personne ne prendrait le risque de me gêner.

À la fin de mon soin, je me doutais que si j'échouais, le destin s'obscurcirait pour Alkanor. Le Capitaine, ne voulant pas s'enquiquiner d'un passager inerte, voudrait peut-être l'achever, et cela me fendrait le cœur à moi mais aussi à la chauve-souris, qui était restée auprès d'elle tout le long du processus.

- J'ignore si mon chant a fonctionné, lui avouai-je nerveux. Le chiroptère avait subit ce même type de blessure pendant le voyage mais il ne s'était pas réveillé de suite à mon sort. S'il vous plait soyez patiente.

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