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 Le filin pernicieux

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MessageSujet: Le filin pernicieux   Le filin pernicieux Icon_minitime1Sam 15 Fév - 9:57

[Arrow...suite de ~ICI~]

Suite à l'épisode du piano, Alkanor et Meallán remontèrent la ruelle jusqu'à l'artère principale. Alors que les cors de la ville retentissaient l'un après l'autre, intuitive, la Demie-Elfe suggéra de trouver un abri le temps que les choses se tassent. Le jeune garçon ne partageait guère cet avis, mais après avoir causé du tort à Alkanor en la guidant bien malgré lui jusque chez les ivrognes du coin, il coupa court à ses pulsions insidieuses et tira la blondinette à l'opposé des cris qu'il percevait. La rue empruntée était adjacente à celle qu'ils venaient de fuir, et alors que la cohue gagnait en ampleur, une soudaine chaleur mit un terme à leur course ! À cette sensation pour le moins inquiétante, la Demie-Elfe reprit les rênes et tracta littéralement Meallán dans une voie qui, selon ses sens, paraissaient plus sûre. Le garçonnet affichait une certaine résistance, et pour cause, juste avant qu'elle ne bifurque, il crut voir l'auberge du Poulpe tenace, SON poulpe tenace ! Hélas, sa petite force ne rivalisait en rien avec celle de Alkanor qui n'avait même pas ressentit son envie de faire demi-tour... Haletants, ils finirent par rejoindre une allée inondée par une foule épouvantée ! Ils grouillaient comme des cafards fuyant la juste semelle, Meallán inspecta alors vite fait les alentours, mais ne releva rien qui pouvait justifier une panique aussi manifeste !

S'assurant du bon état de la chauve-souris, Alkanor se laissa surprendre par l'arrivée inopinée d'une femme entièrement recouverte de sang. Sa nudité fut à peine constatée tant sa prestance était horrifique ! S'adossant contre le proche mur, elle encouragea Meallán à faire de même en le tirant par son vêtement. Le jeune garçon protesta à ce geste, mais finit par se taire à l'instant même où il vit ce que la Demie-Elfe lui désignait du regard. Bon d'accord, ce n'était pas courant, mais de là à le brusquer... Quand tout-à-coup, la nudiste ainsi que deux autres personnes qui se trouvaient derrière, disparurent sous leurs yeux ébahis. Haussant des épaules presque aussitôt, Meallán persuada Alkanor de reprendre la marche. Optant pour la même direction que le mirage, le duo dut finalement se résoudre à faire volt-face à cause de l'armée qui chargeait droit sur eux... Les hommes d'armes étaient si nombreux qu'ils en obstruaient le couloir !

Cheminant vers les accès qu'ils pouvaient traverser, Alkanor et Meallán parvinrent jusqu'au port. Et quelle ne fut pas leur stupeur lorsqu'il prirent acte de l'incendie qui y régnait... Un vrai brasier ! Une bonne moitié des navires brûlait joyeusement, tandis que les bâtiments ne cessaient de s'effondrer dans un fracas assourdissant. Qui ou quoi qu'en était l'auteur, il était préférable de ne point s'y attarder. Hélas, le rideau de feu s'étant refermé derrière eux, et l'accès à la côte vermeille bloqué par la présence milicienne, le duo n'eut d'autres alternatives que de se réfugier dans le giron d'un petit voilier isolé de ses congénères géants. Une fois à l'intérieur, Meallán soutint à Alkanor le retour de la quiétude au matin, ils pourront alors s'enfuir de la ville s'ils faisaient preuve de suffisamment de discrétion. La Demie-Elfe émettait quelques réserves sur les prédictions du garçon encapuchonné, mais à l'heure actuelle, la survie primait, aussi, à intervalle régulière, elle scrutait la progression de la fournaise afin de s'assurer de leur sécurité. Meallán finit par la relayer, car tout compte fait, ce n'était peut-être pas une si mauvaise idée que de surveiller le feu qui sévissait à proximité de leur coquille de bois...

Quatre heures plus tard, tous deux finiront par tomber dans les bras de Sinah. Le foyer avait perdu en intensité peu avant qu'ils ne s'assoupissent, toutefois, aux premières lueurs de l'aube, Utara céda sa place à Selatan... se faisant, divers débris enflammés voletèrent jusqu'au filin qui permettait au voilier de rester en place. Le cordage se consuma en quelques secondes, il n'en fallut guère plus pour que le navire s'affranchisse du port et prenne le large...

À son réveil, le duo constata effaré cette nouvelle complication. Une raison pour que cette malheureuse petite dérive devienne un problème ? Facile ; aucun des deux n'avait de connaissance ou même de pratique en matière de navigation. Cependant, il fallait bien tenter quelque chose, ce fut donc Meallán qui s'y colla. Nandis était encore à vue même si ridiculement petite... aussi déploya t-il la voile au prix de nombreux efforts. La Chauve-souris fit d'ailleurs son retour par le biais de son langage corporel incompréhensible. Elle donnait l'impression de vouloir aider, mais suite à une mauvaise manipulation couplée à une rafale sournoise, le bôme pivota brusquement et heurta la petite bête qui tomba à la mer... Alkanor plongea aussitôt pour la récupérer, ce qu'elle fit sans trop de difficulté. Malheureusement pour elle, poussé par le vent, l'embarcation la laissa sur place. Meallán sut réagir promptement en lui lançant le cordage qui se trouvait à bord. La jeune femme parvint à s'en saisir d'une seule main, hélas, étreint par la panique, le barde en oublia l'autre extrémité... Alkanor n'allait pas tenir très longtemps ballottée ainsi par les vagues avec un bras en l'air pour permettre au chiroptère de respirer. Le garçon Fée eut alors recours à son déplacement rapide pour vite attraper la corde avant qu'elle ne coule, puis de remonter à bord. Et bien qu'il se cogna méchamment le genou contre la poupe, son opération réussit. La Demi-Elfe et son compagnon ailé purent ainsi être sauvés in-extremis.

Jusqu'alors, Meallán ne se doutait pas que sa vélocité lui permettrait de courir sur l'eau, et pourtant... il était si léger, que son sprint lui donnait de nouveau l'impression de voler, une sensation qui lui manquait tant... Rien qu'à ce songe il s'en voulut retourner à Silmariën, voir si on ne pouvait pas le rafistoler un peu quoi. Que ce soit par la magie, la chirurgie ou encore l'adhésif, il devait bien y avoir une solution pour remédier à ce problème, non ? Cependant, depuis son actuelle position, seule la voie céleste donnait accession à son foyer d'antan. Mais s'il pouvait ne serait-ce que rapprocher le navire fou des terres, il aurait au moins une chance d'y parvenir. Un avis que Selatan ne partageait manifestement point. Le vent gagnait même en force à mesure que l'embarcation s'éloignait des côtes, et bientôt, l'océan devint leur unique horizon. La chauve-souris était quant à elle plongée dans un profond coma, et malgré les efforts d'Alkanor, le petit être demeurait inerte. Meallán apporta son aide par le biais de sa mélopée apaisante, sans obtenir d'avantage de résultat. Aussi fut-elle placée dans un coin, emmitouflée dans un linge confectionné à partir du vêtement de la Demie-Elfe.

Une dérive et une torpeur qui se prolongèrent durant trois longues semaines... Les quelques vivres qui se trouvaient à bord leur permit de subsister une dizaine de jours, après quoi, ils durent faire usage de l'équipement pour s'essayer à la pêche. Ce ne fut pas facile, tellement qu'ils passèrent trois jours sans rien avaler. Quant à l'eau, les trois barils de liqueur de fraise situés en fond de cale suffirent à les hydrater, si l'on pouvait dire ça comme ça. Alkanor finit toutefois par avoir la bonne idée d'en placer un sous la pluie afin d'atténuer la force de l'alcool, ce qui n'était pas pour déplaire à Meallán qui ne le tenait absolument pas, pour un peu, il pourrait tenir compagnie à la chauve-souris. D'ailleurs, en parlant du chiroptère, il finit par refaire surface deux jours après les trois semaines déjà parcourues. Il était très faible, et n'appréciait pas du tout les insectes imbibés de liqueur que la Demie-Elfe avait stocké à son attention. Elle dut essuyer quelques petites morsures sur ses doigts avant de finalement lui faire entendre raison.

Au lendemain, bien que chancelante après s'être faite alcoolisée, la chauve-souris grimpa jusqu'en haut du mât. Lorsqu'il était encore Grégor, il vécu les meilleurs moments de son enfance en compagnie de son cousin. Ce dernier de vingt ans son aîné se plaisait à lui transmettre sa passion de la pêche. Mais le jeune homme était d'avantage intéressé par les voyages, parcourir les océans, naviguer... Un rêve qui s'acheva brusquement lorsqu'il apprit la mort de Romuald des suites d'une rixe avec un dénommé Hariil. Il conserva toutefois son enseignement maritime, et put ainsi, au travers d'une gestuelle éreintante, guider les manoeuvres de la tête de mort et Alkanor. Ses dents furent plus que jamais sollicitées, la chair du cou étant particulièrement sensible à ce genre de picotement, le duo n'eut d'autres choix que de filer droit. Pour sûr, ils étaient dans un état lamentable et empestaient le rat crevé. Cette escapade devait prendre fin...

L'aube éclairait ce nouveau jour, et même si les moussaillons sous les ordres du capitaine chauve-souris avaient perdu toute notion des dates, il était important de savoir qu'on était le sept Khole du mois de Gaïa ! Mais alors que les mouches et autres bestioles commençaient à énerver les empuantis, le chiroptère manifesta sa joie, non pas pour ce régime alimentaire auquel il ne s'était toujours pas fait, mais pour leur présence, et pour cause ; qui disait insectes, disait terre ! Enfin... sauf quand la terre en question s'élevait dans les airs ! Bon sang, mais c'était Chaara-khole ? Paniquée, la chauve-souris força le duo à inverser le cap. Mais alors qu'ils s'éloignaient, l'île regagna son nid, engendrant pas ce fait, une gigantesque vague ! Laquelle emporta la frêle embarcation jusque dans le domaine du récif où elle finit par s'essouffler. Alkanor et Meallán n'avaient croisés personne tout au long de leur dérive, mais maintenant qu'ils se situaient au beau milieu de la voie la plus directe entre l'île de Tësnu et le port de Nandis, les bâtiments avoisinants étaient légion...


¤ 7 Khole Gaïa ¤
~ Il est 8 heures 20 ! ~
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Meallán
Meallán
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MessageSujet: Re: Le filin pernicieux   Le filin pernicieux Icon_minitime1Sam 15 Fév - 11:57

Suite à la chute du piano extrêmement bruyante, on fila vers une des rues adjacentes. Les cors de la ville retentirent par la suite, si bien qu'au début, j'ai cru que cela était à cause de nous. La blondinette avait dû penser la même chose car elle suggéra que l'on se cache un temps. J'en avais guère envie, puisque finalement l'alarme ne pouvait pas être pour nous, pas pour de simples ivrognes, enfin je crois, mais je lui avait causé des problèmes donc je préférai lui donner raison. Pour éviter tout autre obstacle, je décidai de nous diriger vers l'opposé des cris venant de par là-bas mais les gens étaient drôlement pressés et ce fût la chaleur qui nous inquiéta. Cette fois-ci ce fut Alkanor qui décida de l'endroit où aller malgré mon envie de me tourner vers le Poulpe tenace que je crus voir dans un détour. Le sens de l'elfe lui jouèrent mauvais tour car nous arrivâmes dans une foule. Elle me poussa contre le mur, mais en suivant son regard je compris que c'était à cause d'une femme nue, couverte de sang suivie par deux autres personnes. Ce petit groupe disparut, pouf, comme ça. Après cette surprise il fallait reprendre notre route mais nous furent interrompus par l'arrivée de soldats, sans doute à la recherche du groupe suspect disparut un peu plus tôt. Déambulant à gauche, à droite, nous arrivâmes au port pour constater l'immense incendie. Bloquer à chaque passage, on décida de trouver refuge dans une petit voilier à l'air si tranquille. J'indiquai à Alkanor,qu'on pourrait partir sans trop d'ennuis au petit matin et qu'en attendant, il fallait se reposer.  Je m'endormi très vite pour un court sommeil et à mon réveil, l'elfe surveillait les flammes. Quel insouciant je faisais ! je lui dis aussitôt que j'allais la relayer pour qu'à son tour elle dorme. Puis quand le feu perdit en intensité et donc en dangerosité, on se laissa aller tous les deux dans les bras de Sinah.

À notre réveil, on était en pleine mer. Comment avions nous pu en arriver là ? Je veux dire, ok, il y avait du vent, on a dérivé etc... mais le voilier, il était bien attaché non ? ou pas... Enfin bref il fallait revenir sur terre, sauf que aucun de nous deux ne savait naviguer...La journée s’annonçait bien longue...La chauve souris semblait vouloir nous aider mais fut méchamment assommée par le bôme puis elle manqua de se noyer par notre difficulté à la sortir de l'eau, notamment par ma bourde à faire tomber la corde qui devait faire remonter la blonde et la victime à bord. Cette dernière fut dans le coma et veillée par les soins et l'inquiétude d'Alkanor. Grâce à ce secours, je découvris que je pouvais marcher sur l'eau par mon déplacement rapide et cela me rappela le plaisir du vol. Après cette aventure maritime, je me promis de retourner à Silmariën, pour voir si on ne pouvait pas me rendre à tout hasard mes ailes.

Le vent se leva, et la journée longue devint des semaines d'errance océanique. Les vivres qui se trouvaient à bord permit de nous ravitailler un temps avant que l'on ne tente la pêche. Décidément, on était de piètres marins, on arrivait pas à grand chose et cette incompétence nous obligeait involontairement au jeûne... Concernant l'hydratation on avait de la liqueur de fraises et un peu d'eau de pluie. En dehors de l'alimentation, l’hygiène était aussi très très compliquée. On faisait un brin de toilettes avec l'eau de mer mais cette dernière asséchait durement notre peau. Mon maquillage finit par partir d'ailleurs, oh j'aurais pu le refaire mais sur le derme abîmé, cela était peu recommandable. Donc à un moment, on a arrêté tout bonnement de se laver... Question intimité ce n’était pas trop ça non plus, pour nos besoins ou autres, difficile de ne pas faire d'atteintes à la pudeur. Enfin concernant l’ambiance il y avait des hauts et des bas : découragements, disputes, réconforts, chansons ou musiques de ma part... mais dans l'ensemble on se serrait bien les coudes. Ce fut nettement mieux quand la petite bête se réveilla car au moins, cette inquiétude là avait disparu et surtout elle semblait avoir un semblant de base dans la navigation.

Un jour, on fût particulièrement ennuyé par les insectes qui tournaient autour de notre puanteur...mais étrangement cela rendait ravie la chauve souris. Alkanor fit rapidement le lien avec la terre sauf que cette dernière, eh bien elle était dans les airs... Comment cela était possible ?! On fit de suite demi tour, au cas où l'île nous tomberait sur la tête mais au lieu de ça elle s'en retourna ailleurs, à son lieu d'origine peut être, ce qui engendra une grosse vague. Cette dernière nous poussa dans le domaine du récif. Une fois le calme revenu et que l'on commençait de nouveau à se décourager, je le vis.

- Alkanor... dis moi que je ne rêve pas... c'est bien un navire là-bas, qui se dirige droit vers nous ? puis sans attendre ni écouter sa réponse j'hurlai en sautillant et agitant des bras, Ho hééééééé on a besoin d'aide, sauvez nouuuuuuuuuuuus !

¤ 7 Khole Gaïa ¤
~ Il est 8 heures 21 ! ~
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