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 Tout Feu, Tout Flamme

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Mayufu
Mayufu
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MessageSujet: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Ven 31 Jan - 21:32

[ ... Suite de ~ICI~ ]

Ayant en souvenirs le manque d'ambition dont elle avait fait preuve lors de leur précédent assaut, ce qui avait probablement causé la quasi mort d'Umar, elle se promit d'y aller plus fort ce coup-ci. Serrant son poing droit, frappant la paume de sa main gauche, elle laissa sa combativité l'envahir de plus belle. La Flammèche devant son œil apparut subitement extrêmement flamboyante. Durant trois semaines, elle avait pu en stocker de l'énergie... elle avait du rab qu'elle pouvait dépenser sans soucis ici ! 

- BON ! La première en-bas a gagné et la perdante devra un gage à l'autre ! Dit-elle en se retournant vivement, se laissant alors basculer en arrière, dans le vide, pour tomber en piquée en direction du village côtier. 

L'air frappant son visage, envahie par l'adrénaline de sa chute, elle tendit son bras droit en direction du sol, pointant une maison au hasard de son index et majeur, pouce levé. Des flammes se concentrèrent autour de celui-ci pour se transformer en une pique plus grosse qu'une flèche. La jeune fille tira cette dernière sur le toit le plus proche qui explosa à l'impact tout en mettant le feu quasiment instantanément à celle-ci. Projetant des débris sur les autres autours d'elle, propageant ainsi l'incendie sous la volonté de Mayufu qui serra son poing droit le plus fort possible. D'un geste brusque vers le ciel, une explosion de feu fera vibrer l'air ambiant lorsqu'un énorme phénix de flamme jaillit de nulle part, piquant en direction de la Flammèche, toujours en chute libre. Ce dernier, se nommant Bhaal par Mayufu, passa juste en-dessous d'elle pour qu'elle prenne place sur son dos et continuer leurs descentes sur le village, définitivement en panique totale. Tous tirés de leur sommeil au doux son de l'explosion et des cris de stupeurs de ceux qui tentaient déjà de fuir les environs de la première maisons ciblées par Mayufu, ils pourraient assister à un début de journée flamboyant ! 

Tellement concentrée par le défi qu'elle s'était lancée toute seule de tenter de battre Umar à son propre jeu, soit le massacre de masse,  ainsi que de la rendre fière d'elle, elle passa en rase-motte au-dessus des toits les plus éloignés de la côte. Suffisamment prêt pour que ces derniers prennent feu à cause de l'intense chaleur générée par Bhaal ainsi que la manipulation poussée de cet élément de l'élémentaliste. Ainsi, d'un simple survol, elle enferma une partie du village dans une énorme barrière de feu qui ne fera que transformer ce dernier en une arène de mise à mort géante. Profitant du coup aussi de la brise marine pour étendre son incendie sans n'avoir besoin de faire quoi que ce soit, Mayufu observa en rigolant de bon cœurs à toute cette foule courant partout et hurlant à la mort ou de peur. Se déplaçant rapidement à dos de son phénix, elle tira quelques projectiles sur des regroupements de personne ici et là, tout en laissant Bhaal arracher des toits de ses griffes de flammes et jeter les débris sur les passants ou d'autres nouveaux foyers pour ses flammes. 

Ce village qui avait dû être, jusqu'ici, dans le calme absolu, au bord de mer, avait chaviré dans le chaos absolu d'inconnues venant se présenter à eux tous. Qu'avaient-ils fait ? Rien. Mayufu avait certes sa propre vision des choses et une raisons à cela mais personne n'en saura rien et puis, de toutes manières, à part Umar, qui pouvait se permettre de se donner le droit de comprendre une damnée comme elle ?

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P.N.J
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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Mar 11 Fév - 22:02

Tout Feu, Tout Flamme Uma10

Tout ce temps accordé à la oisiveté semblait avoir décuplé l'état frénétique de Mayufu. Umar était certes dangereuse et impitoyable, mais cela n'était rien à côté de la folie destructrice dont souffrait la Flammèche. Et bien que la sorcière des ténèbres en avait conscience, la tourmente la gagnait elle aussi à mesure des nuits passées à ses côtés. Le village côtier en contrebas allait d'ailleurs en faire les frais, se sentant manifestement prête, ou simplement guidée par son esprit insensé, la fille du feu plongea dans le vide. Se laissant happer par la gravité, elle incendia l'ensemble des structures situées dans son rayon d'action. Alors que depuis son perchoir, Umar était en proie à l'indécision. Ne décrochant point son intention de la scène, la Démone se demandait tout de même si cette violence était indispensable. Avec ce qu'elle apprit sur elle au cours de ce mois, elle se découvrit une clarté d'esprit qu'elle ne possédait guère. Autrefois, seuls ses ambitions et son gout immodéré pour le sang importaient. Mais aujourd'hui, elle souhaitait d'avantage que ces bassesses égoïstes ! Et bien qu'elle ignorait encore quoi, elle demeurait certaine que les actions irréfléchies de Mayufu ne seraient point compatibles avec cette nouvelle équation. Par ailleurs, au milieu des cris et des pleurs depuis son dessous, Umar en vint même à se dire si elle n'avait pas été trop entreprenante en faisant de la Flammèche, la reine de ce caillou ! Elle était certes prête en terme de maîtrise sur son pouvoir, mais s'il n'y avait personne pour tenir les rênes, à quoi servait l'attelage, si puissant soit-il ?

Sa perception du monde lui permettait de distinguer chaque détail, et ce, en dépit même de la distance. Alors qu'avant elle devait tourner la tête pour regarder par dessus son épaule, désormais, cette ère primitive se trouvait derrière elle. Une clairvoyance qui lui offrait une vision de trois-cent soixante degrés ! La couleur n'était plus, et l'obscurité omniprésente tant le contraste était sombre. Toutefois, cela n'était pas pour lui déplaire, bien au contraire. Désormais, seules les choses importantes lui paraissaient, et la lumière du soleil cessera à jamais de l'éblouir. Cependant, malgré tout cet arsenal de facultés extrasensorielles, l'explosion céleste qui s'en suivit ne put être anticipée, et la seconde d'après, la sorcière des ténèbres se retrouvait en chute libre ! Totalement désorientée, il lui fallut quelques secondes pour se stabiliser.

Cessant toute entreprise de destruction, Mayufu commanda Bhaal, le phénix, de se presser pour rejoindre Umar que se trouvait manifestement en difficulté. Ignorant ce qui avait pu se passer, la fille du feu sonda les alentours, prête à carboniser la menace de ses mains immolées ! Quand soudain ! le ciel s'assombrit, d'épais nuages noirs enveloppèrent la région, noyant ainsi de désespoir les quelques survivants qui courraient pour échapper aux flammes qui se nourrissaient de leur foyer. Puis, sans que Mayufu n'agisse en ce sens, l'incendie s'immobilisa, comme si le temps avait cessé d'être... La mer devint d'huile, et la brise se tut. Plus le moindre son ne parvint jusqu'à leurs oreilles, si ce n'étaient les râles des personnes brûlées. Ce fut d'ailleurs à cet instant qu'elles l’aperçurent... Une femme aux yeux scintillants marchaient sur l'eau dans leur direction. Un voile mauve drapait son corps, et sa chevelure aux teintes cuivrées s'agitait comme si elle bravait la tempête. Le phénix alla se poser sur la berge sans que Mayufu ne lui en ait donné l'ordre. Pressentant quelque chose de terrible, Umar s'abstint de toute action hostile à l'égard de cette étrangère à l'aura si particulière...

Tout Feu, Tout Flamme Xiris12

Peu après avoir quitté Lucosa, Dona et Eldakka, Xiris fonça jusqu'à l'île de Chaara-khole. Selon ses sens recouvrés, Umar s'y trouvait. À son arrivée, la Déesse prit immédiatement connaissance des faits ! Un village entier était attaqué par une fille très certainement souillée par la Démone. Faisant usage du feu afin de donner corps à ses plus vils desseins, Xiris laissa exploser sa fureur sur la surface de Limouria ! Touchée, la sorcière des ténèbres fut précipitée jusqu'aux exactions de l'Humaine. À la suite de quoi, la Divinité mit un bémol à tout ce carnage ! En prenant l'ascendant sur ses créations, Xiris privait ainsi tout Mortel d'y avoir recours. Ses pieds nus foulaient la surface de l'océan à l'instar d'un sol rocailleux, et avec toute la conviction qui l'habitait, la Déesse de la Nature progressait jusqu'à son erreur qui présentement, volait en stationnaire à tout juste dix mètres de l'eau. Son visage ne trahissait aucune émotion, pas même celle de la colère. Aussi, ne laissant présager de rien, Xiris se changea soudainement en une sphère lumineuse, puis fonça directement dans le corps d'Umar qui n'avait même pas cherché à s'en protéger ! La puissance de l'impact fut telle que les tripes de Mayufu se soulevèrent. Néanmoins, la jeune fille n'aura pas le temps d'hurler le nom de la Démone que son phénix se transforma en la représentation Humaine de la Déesse.

- Par ma faute la folie te gagne, et il n'y a qu'un seul remède pour y mettre fin ! Sa voix était profonde et envoûtante, et malgré ses mots à la consonance triste, Xiris laissait clairement entendre que sa sentence était non seulement légitime, mais surtout, inéluctable ! La destruction de la sorcière des ténèbres ne suffira point à te délivrer de ta démence, il est donc inutile que je te laisse assister à la fin de celle pour qui tu t'es prise d'affection.

Parallèlement, Umar subissait elle aussi son jugement, mais sur une octave quelque peu... différente. Les eaux se déchirèrent formant ainsi deux appendices visant à entraver les bras de la Démone. Maintenue dans les airs par la volonté de Xiris, Umar, d'avantage intriguée par la manifestation que par ce qu'elle endurait, cherchait une explication en sondant les profondeurs de son âme. Étrangement, la sorcière des ténèbres n'opposait aucune résistance. Sans doute sentait-elle que la seule issue possible résidait dans dialogue, ou avait-elle simplement conscience que mourir serait pour elle une délivrance face à sa déchéance. Alors que l'orage la surplombant grondait de plus en plus, Umar, au milieu de tout ce tumulte et souffrant de toute part, s'osa à une question :

- Vous me châtiez pour mes actes, ou pour ce que je suis ? S'écria t-elle afin que son patois couvre l'orchestre qui oeuvrait sur son hymne finale.

La sorcière des ténèbres ne savait pas vraiment pourquoi elle avait formulé cette interrogation, mais son instinct lui soufflait que son homologue y était peut-être pour quelque chose. La voix de Xiris se fit alors entendre dans les tréfonds de son esprit...

-**Je t'ai conçu pour annihiler une race qu'il m'était inconvenant de sauvegarder. Et afin de corriger mes fautes vis-à-vis de mes créations, il est de mon devoir de te libérer de cette malédiction !**

-**Alors laissez cette fille, elle n'est pour rien dans mes méfaits au même titre que les vôtres.**

-**Elle est en proie à la même corruption qui te ronge, je le regrette, mais tout dois se terminer ici !**

Inflexible, la Déesse de la Nature déchaîna les éléments sur la Démone. Foudroyée par une dizaine d'arcs électriques en continu, Umar se mit à hurler son agonie. Et alors que ses ailes s'effritaient sous la puissance des cieux, la sorcière des ténèbres parvint malgré tout à lui transmettre une ultime requête.

-**Si je dois solder ma vie au profit de vos torts, veillez à me réhabiliter. En revanche, concernant la fille, il n'y aura aucune négociation, ou vous donnez suite à mon supplique, ou c'est l'apocalypse !**

Estimant que la créature n'était guère en position d'imposer une quelconque exigence, Xiris fit la sourde oreille. Furieuse après elle-même d'avoir causé tant de mal par le biais de ce Démon, la Déesse se promit d'aller jusqu'au bout de sa sentence. Hélas... même aux portes de la mort, Umar n'était pas sans ressources ! Tandis que la vie la quittait peu à peu, la sorcière des ténèbres exerça toute son influence sur l'île flottante.

- VOUS AUREZ ÇA DE PLUS SUR LA CONSCIENCE !

Constatant les agissements d'Umar, Xiris voulut contrecarrer son attraction en commandant à Limouria de reprendre sa place dans le ciel. Mais la météorite poursuivait dangereusement sa trajectoire qui, à terme, la mènerait à s'écraser sur Chaara-khole. Et oui, Limouria appartenait désormais à Mayufu, qui elle-même vouait toute son âme à la sorcière des ténèbres. Se faisant, la terre en lévitation n'obéissait qu'à ce duo ! Même la Déesse de la Nature ne pouvait la soumettre à sa volonté, ce qu'elle aurait pu si la Flammèche n'en n'avait pris possession.

Du côté de Mayufu, des suites de son annonce, la Déesse de la Nature la changea en pierre peu avant le châtiment d'Umar. La jeune fille ressentit la mutation opérer dans son moi, se faisant, elle tendit une main désespérée en direction de son amie alors que son regard se noyait dans le regret... La progéniture du malin enrayée, le double de Xiris disparut dans les flammes, lesquelles s'arrachèrent du sol où elles demeuraient implantées afin de déferler sur la Démone qui ne cessait de précipiter Limouria sur Chaara-khole. Umar s'accrochait d'avantage encore où elle dut veiller toute la nuit durant afin que la bête ne brise sa paroi d'ombre. L'eau, les éclairs, le feu, l'irradiation de cette femme, rien n'était à même d'entamer sa foi. La sorcière des ténèbres fera tout pour que la Flammèche lui survive, et ce, peu importait la catastrophe qui en résulterait ! Hélas, loin de se laisser dicter sa conduite par une erreur de parcours, Xiris permit à Chaara-khole de s'élever à son tour dans les airs. Les pauvres pêcheurs étaient complètement dépassés, deux d'entre eux périront d'une crise cardiaque tant la terreur du moment était oppressante. La terre tremblait, se déchirait. Le bruit terrifiant que faisait les éléments sur la créature ailée rendait leur propre hurlement complètement aphone.

La Déesse de la Nature n'eut aucune peine à nullifier la menace de sa création en éloignant Chaara-khole de Limouria. Mais curieusement, la direction de la météorite changea brusquement. S'inclinant dans le sens de sa nouvelle trajectoire, Nandis devint sa présente cible ! Puis, s'égosillant de plus belle, Umar, à bout de force, lança sa dernière invective.

- TU N'ES PAS MIEUX QUE MOI, TU AS JUSTE UN PLUS GROS POUVOIR ! DÉPLACE CETTE VILLE SI TU VEUX, MAIS TU EN CRÈVERAS AUTANT QUE SI TU LAISSAIS LE ROCHER LES APLATIR !

La voix de la Démone était enragée tant elle méprisait cette femme ! Par son courroux elle se prétendait meilleure qu'elle, pourtant, elle n'hésitait pas à tuer les autres pour ne pas avoir à l'assumer ! C'était pitoyable et indigne du don qu'elle possédait. De plus, si l'on prenait le temps de calculer le nombre de ses victimes, Umar n'en n'avait que deux au compteur ! Or, cette garce devait facilement en dénombrer une trentaine avec ces idioties !

- Fais ce que tu dois, j'en ferais autant ! Gronda t-elle alors que son essence Divine fuyait son corps calciné.

Le tocsin du port de Nandis retentit à l'approche de cette masse rocheuse qui leur fondait dessus depuis les cieux. Umar avait raison, Xiris ne pouvait user de son influence Divine sur la cité sans risquer de tout faire s'effondrer, et quand bien même la Démone mourrait avant que Limouria ne s'écrase, rien ne la rendait certaine quand au fait de son arrêt. La Déesse de la Nature prit alors conscience de sa propre démence... D'un seul coup d'un seul, ses émotions s'inversèrent. Tandis que Chaara-khole comblait le cratère qu'elle avait laissé en mimant Limouria, les éléments retrouvèrent leur sérénité à l'égard d'Umar. Par son caractère qui consistait à ne rien lâcher, Xiris était forcée d'admettre que leur personnalité n'était pas si différente. Quelque part, c'était comme si elle se tuait elle-même... Pour sûr, Loominëi ne cautionnerait point une telle forfaiture à l'égard de ses principes, surtout pas de sa part. Heureusement pour la Déesse de la Nature, il n'était peut-être pas trop tard pour se rattraper. Pour commencer, il fallait calmer les pulsions destructrices d'Umar.

-**Pardonnes-moi, j'ai été trop loin... Des mots pas si difficiles à prononcer tant Xiris avait conscience de ses méfaits. Tu peux cesser de menacer ces bonnes gens, je vais rendre à cette jeune fille sa vitalité !**

Bien entendu, Umar n'en fit rien avant de voir Mayufu libérée de son état minéral. Ayant obtenue la seule chose qu'elle demandait, la sorcière des ténèbres permit à Limouria de revenir à son emplacement précédant l'attaque de la Flammèche. De son côté, Xiris fit redescendre la Démone jusqu'à la berge où se trouvait la jeune Humaine. La pauvre Umar était au delà de tout qualificatif faisant état d'une santé précaire. Son corps sans ailes carbonisé et percé de part en part ne laissait planer aucun doute sur la fin qui la guettait. Tendant sa main en direction de Mayufu, Umar souhaitait la toucher une dernière fois avant de s'éteindre...

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Mayufu
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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Mer 12 Fév - 11:21

Survolant ce village, elle observa avec amusement sa nouvelle force de frappe. Se disant qu'enfin, un peu d'entraînement, lui avait permit d'atteindre un autre niveau de maîtrise et pourrait peut être, enfin, être utile à son amie. Ne faisant pas plus que survoler la zone en slalomant au-dessus, elle leva les yeux aux cieux, direction l'île flottante. Apercevant alors Umar qui ne la suivait pas. Se demandant bien ce qu'il lui prenait, la jeune fille cessa toutes actions, ne la quittant pas des yeux. La folie résidant en Mayufu n'était que liée à l'essence même qui s'écoulait en elle. Quant bien même il n'avait plus guère d'importance dans ce nouveau monde, celui-ci continuait à la harceler, à la pousser à la folie et au massacre. Après tout, sur Féérune, sa mère avait donné vie à ce qu'elle était suite aux viles actes du Dieu du meurtre, Bhaal. Toutefois, ayant bien compris sa nature, elle avait tenté de vivre bien, en accord avec des principes justes et une morale qui l'amenait à aimer sa famille et ceux qui l'entouraient. Mais son aura, étant tellement négative, personne ne doutait de ce qu'elle était. Aussi, il était tellement simple de reconnaître un enfant de Bhaal de part leur peau presque d'une blancheur cadavérique et de leurs yeux rouges sang. Les enfants de ce dernier étaient là pour amener le chaos et s’entre-tuer entre eux afin que le survivant lui succède et perpétue sa lignée et son règne de mort. Comprenant bien par là qu'Umar semblait la juger, la jeune fille ne pu pas s'empêcher de ressentir une sensation amère la traverser. Presque déçue d'être soumise à ce regard, elle qui avait toujours œuvrer pour son bien être. Etait-ce ce nouveau pouvoir qui lui était tellement monter à la tête qu'elle allait se séparer d'elle ? La scène était surréaliste, Mayufu faisant désormais du surplace après avoir pris de la hauteur, dévisageant la Sorcière des Ténèbres. En-dessous d'elle, le prémices du massacre qu'elle avait engendré continuait de grandir gaiement. Mais ne s'y intéressa plus, laissant les flammes faire comme elles le voulaient.

Impossible de décrire ce qu'elle ressentait, à ce moment précis. Umar ne la suivant toujours pas, se retrouvant seule, la fille de Bhaal se demandait si, encore une fois, elle avait franchit la ligne blanche qui ferait qu'elle se lasserait d'elle... ou tout simplement, ne comprenait'elle pas ses intentions, c'était possible. S'apprêtant à la rejoindre pour demander des explications sur sa conduite, pleine d'inquiétude et de colère à la fois, quelque chose frappa de plein fouet Umar, l'expulsant de l'île flottante. Oubliant alors tout ce qui la traversait, Mayufu intima son phénix de piquer en sa direction afin de lui porter secours ! Heuresement, parvenant à se ressaisir en plein vol, elle ne dira rien, tournoyant autour de la sorcière des ténèbres pour lui servir de bouclier si nécessaire. Cherchant frénétiquement de son regard flamboyant l'auteur de ce geste. Ses bras s'immolant alors, prête à en découdre. Observant de temps à autres Umar, qui ne semblait pas suivre son mouvement, s'inquiétant de son état au vu de la puissance qui lui était tombée dessus, lui demandant même si elle allait bien. Mais rien... Umar fixait autre chose et elle ne se montrait pas hostile suite à cette attaque. Son attention étant portée en direction de l'étendue d'eau. Faisant alors de même, Mayufu distingua alors une silhouette au-dessus de celle-ci. Plongeant dans sa direction, afin de se mettre entre cette femme et son amie, l'allumée maudite sentit alors l'atmosphère changer tout au tout. Les flammes, l'air, l'eau... tout se figea. Même Bhaal, contre sa volonté, se posa sur la berge, la forçant alors à mettre pieds à terre. Comprenant strictement rien à ce qu'il se passait, la jeune fille ne fit que suivre le mouvement. Posant pieds à terre, l'eau froide noyant ses pieds, elle tenta de saisir la raison qui l'avait amener à se poser. Mais surtout, qui était elle, elle !? Sa flammèche toujours active, elle comprit alors qu'elle avait devant elle quelque chose qui la dépassait complètement. Une telle puissance ne pouvait être détenu que par un être divin. Un ressentis similaire qu'elle avait déjà eu en la présence de la Déesse Noire à son arrivée dans ce monde. Mettant au placard la peur qu'elle avait du loup géant qui avait manqué de la tuer plusieurs fois.

- Qu'est-ce que vous êtes... vous ? Murmura t'elle à elle-même, très étonnée de faire face à une personne possédant un tel pouvoir.

Comprenant évidemment que sa présence était dû à ce qu'elle faisait, ou bien même, était venue pour Umar, Mayufu se tenait prête mentalement à agir même si son cœur savait que toutes actions seraient vaines. Une sensation étrange la parcouru. Figée sur place, elle releva ses mains, observa avec stupeur ces dernières : Elles tremblaient. Les tremblements s'emparèrent de ses bras et de tout son être. Son cœur battant la chamade, ses yeux ne sachant plus où donner de l'attention.... Que devait-elle faire ? Était-ce encore de sa faute si les événements s'en retournait contre elle ? Commençant à se demander si la cause de la mort de son amie serait simplement, à nouveau, dûe au sang maudit qui la parcourait, Mayufu, au travers de la peur qui l'habitait, parvint à faire resurgir sa combativité. Sauf que cette fois-ci, ce ne fut pas la haine qui l'activa... mais de l'amour. Prête à faire ce qu'il fallait, voire même à se sacrifier pour son amie, son regard se braqua avec détermination face à cette femme à la puissance qu'elle était incapable de sonder. Sauf que, sans pouvoir faire quoi que ce soit, une boule lumineuse partit soudainement en direction d'Umar. L'onde de choc en résultant lui fit repenser à la blessure causée par la flèche de l'archère mais en bien plus violente. Repoussée, ses jambes s'enfonçant un peu plus dans l'eau, Mayufu voulu grimper sur le dos de Bhaal pour la rejoindre et l'emmener loin de cette folle. La peur se saisissant d'elle, réagissant par instinct, elle voulait pas revivre une telle chose. Mais cette fois-là, tout semblait clairement différent que les fois précédentes... Se propulsant en avant, malgré ses jambes tremblotantes, elle posa sa main sur son phénix afin de lui porter secours.

Tétanisation complète pour la sorcière des flammes lorsqu'elle s'aperçu que Bhaal se transforma sous ses yeux, au moment où elle le toucha. Prenant la forme de cette inconnue. Faisant un pas en arrière, la souffle rapide, les yeux écarquillés, pour la première fois de sa vie, elle avait reculé face à quelque qu'un. Même la Déesse Noire ne l'avait pas mise dans une telle panique. Peut être simplement qu'elle s'était pas manifestée de la même manière, pas non plus dans l'intention sincère de réellement les tuer. Pour preuve, elle avait donné une nouvelle chance à Umar et elle. Cette personne était-elle aussi u ne divinité, alors ? Pour avoir une telle puissance... il en était presque sûr sauf qu'elle était clairement plus hostile qu'Yloumna... Son regard sautant entre la silhouette de son amie au loin et cette femme de feu devant elle, Mayufu ne savait pas ce qu'elle pouvait faire.

Devait-elle l'attaquer ? Devait-elle tenter de la fuir et tout faire pour essayer de libérer Umar de ce qui l'assaillait ? L’indécision l'habitait alors. Sensation qui ne fit que lui rappeler les horreurs de son passé lorsqu'elle vivait pour aider, aimer et protéger ceux qu'elle aimait qui, finalement, tentaient de la tuer ou de la repousser. La forçant alors à réagir par la violence afin de pouvoir fuir. Seulement recueillie par un aubergiste qui l'aida à prendre la fuite, comprenant la nature qui l'habitait réellement et pas celle du sang maudit, payant de sa vie pour qu'elle puisse continuer de vivre. Les poings serrés, le front perlant de sueur, une voix la fit sursauter de plus belle. Incapable de saisir l'essence de celle-ci, elle ne lui faisait qu'annoncer qu'elle allait mourir, sans rien pouvoir faire pour l'amour de sa vie. Décidément, personne... personne n'était apte à comprendre ses actes ! Étaient-ils tous stupide à ce point ? Même des divinités ?! La peur se dissipant, la combativité reprenant le dessus, un regard autre que celui de la haine, elle tenta de la contourner, partant en direction d'Umar, sa main droite s'immolant, dans l'espoir d'envoyer une attaque en direction de son assaillante. Mais rien ne fit, rien ne sortit, son feu ne se manifestait pas. Aussi sentit-elle ses pieds se bloquer, son corps s'immobiliser. Devenant de plus en plus lourd. Incapable de ne prononcer quoi que ce soit, elle tendit une main en direction de son amie, insistant sur son être tout entier pour essayer de faire quelque chose. Mais rien... un voile noir commença à assombrir sa vue, se refermant petit à petit. Seuls ses émotions étaient en pleine tempête en son fort intérieur. Une horreur à vivre pour une personne de son tempérament... Quant bien même elle avait toute la volonté du monde, elle ne pu qu’assister au tombé du rideau sur sa propre existence, perdant alors conscience. La dernière chose qu'elle verrait serait son amour de toujours se faire attaquer par une telle force qu'elle savait qu'elle n'en ressortirait pas indemne. Une larme perlant sur sa joue, elle se figea tout comme le reste de son corps. Son cœur déchiré, emplis d'amour, de haine, de souffrance et de regrets... cessa de battre, malgré sa force, il se figea. C'était le néant complet.

Contrairement à toute la puissance qui se déchaînait en ces lieux par la suite, Mayufu n'en verra rien. S'apercevant pas à quel point Umar se débattait pour survivre et pour la sauver elle. Elle ne le saura jamais d'ailleurs. Car quand l'enfer s'était abattu sur ce petit village, un bien plus dévastateur que celui auquel Mayufu avait tenté de faire naître, pendant de longues minutes, ou la mort se régalait en ce moment même, tout ne sera qu'un clignement d'yeux pour Mayufu. Quand elle les avait fermés, Umar était dans une mauvaise posture et, à la seconde qui suivi, elle était à terre. Soudainement revenue à la vie, son corps se relançant dans sa lancée initiale, elle trébucha. Ce petit instant, si court pour elle, l'avait traversé comme un simple vertige. Tombant à terre, se blessant aux jambes, elle reprit son souffle. Sentant toujours cette puissance incroyable inonder la baie. L'incendie avait cessé, les éléments avaient l'air d'avoir reprit leurs cours... La fille maudite leva les yeux pour apercevoir cette femme, se tenant là, pas loin d'elle. Ne cherchant même pas à l'approcher, elle voyait que celle-ci l'observait avant de porter son regard ailleurs. N'adressant aucuns mots à cette dernière, elle suivit la direction dans laquelle elle regardait et tout son être semblait soudainement s’effondrer sur lui-même.

Le souffle coupé, le temps s'arrêtant autour d'elle. Oubliant même l'existence de ce qu'elle avait déduit comme étant une divinité descendue les punir, Mayufu se releva péniblement. Son corps entier la torturait, étant pas prêt à passer de trépas et résurrection si rapidement. Voyant la main tendue vers elle, s'apercevant dans quel état était Umar, elle réussit à trouver la force de se précipiter auprès d'elle. Se jetant littéralement à ses côtés, faisant souffrir son corps tout engourdit. Mais elle en avait cure de l'écouter en cet instant. Se saisissant de sa main, quelque chose de bien plus grand que la peur ou la tristesse l'envahit. Auparavant, la sorcière des ombres s'était déjà retrouvée dans des états pitoyables, surtout contre la monstruosité qu'était ce loup qui les harcelait encore et encore... mais là. C'était d'un tout autre niveau. Elle sentait bien qu'elle était en train de la perdre... pour de bon. Son regard plongé dans le siens, autant emplis de tendresse que de regrets, les larmes se mirent à perler dans ses yeux, venant inonder ces derniers. Dans l'incapacité de prononcer quoi que ce soit. la jeune fille se saisit de ses deux mains celle de son amie. Ignorant tout ce qui se passait. Ni le temps, ni quoi que ce soit n'aurait d'emprise sur elles. Rien ne lui retirerait les émotions qui la submergeait.

- Umar... peina t'elle à murmurer, collant sa tête contre son front. ... c'est.. elle qui t'a fait cela, n'est-ce... pas ? J'aurai dû me contenir... C'est encore de ma faute... Tiens bon je t'en prie !

Ses larmes coulant à flot, ces dernières s'écrasaient aussi sur le visage méconnaissable de son amie. Lui intimant de tout son être de ne pas se laisser faire, de continuer à lutter, Mayufu serra fortement sa main entre les siennes, secouées par les sanglots qu'elle n'arrivait pas à arrêter. Une haine grandissante naquit en elle quand elle aperçu la silhouette, floue, de celle qui l'avait mise dans cet état. Non pas une haine pure dont elle avait pu faire preuve quelques fois... mais une force protectrice envers l'amour qu'elle ressentait. Ne quittant pas Umar des yeux, elle déclara à l'intention de la femme.

- Pourquoi le monde entier cherche t'il à se débarrasser de nous ? Une interrogation soudaine, sortie par réflexe, dans une sensation passée qu'elle avait oubliée. Son regard se déportant vers l'inconnue. Vous êtes, vous aussi, une divinité de ce monde n'est-ce pas ?  Vous n'en avez pas marre de nous prendre pour des marionnettes ?! Sa main venant se poser sur la joue d'Umar, reportant toute son attention sur elle. Cependant, même si je sais que je n'ai nullement la force de me dresser contre vous... je le ferai tout de même ! Car vous vous en prenez à celle que j'aime plus que tout et ma raison de vivre !

Son cœur battait si fort qu'il allait finir par s'en échapper... n'entendant que le battement de ce dernier, Mayufu ferma les yeux, tentant de se raccrocher à quelque chose lorsque tout son être décida soudainement de se mettre entre Umar et la femme. Tel un bouclier, prête à mourir avec elle ou à échanger sa vie pour qu'elle vive.

- J'en ai plus qu'assez de la stupidité dont vous pouvez faire preuve, vous les divins et de jouer avec ce que l'on est comme bon vous semble ! Je n'ai aucunes idées de ce qui vous amène à vous en prendre à Umar mais sachez qu'elle n'est pas la Umar que vous pensez, celle-ci est déjà morte par la main de la Déesse Noire pour permettre à elle de vivre ! S'écria-t'elle, déversant toute sa souffrance contre elle. Je n'ai cessé de me battre pour elle et vous me direz probablement que je méprise tout ce qui vit dans ce monde et que je suis folle à lier. Mais vous ne comprenez rien à rien ... ! C'en est même un comble pour des gens comme vous ! Un sanglot saccadant sa voix, Mayufu su se reprendre pour se lever et à lui faire pleinement face. Ne se montrant point hostile mais démontrant qu'elle ne lui faisait pas peur, quoi qu'elle décide de faire. Préférant lui lancer sa tirade à la figure que de l'attaquer. Mais ce n'est pas du mépris. Je ne désirais que anéantir ces mondes, il est vrai... seulement parce que ces mondes sont si beau... si riche... si merveilleux... Mais ils n'ont jamais rien donné à celle que j'aime ! JAMAIS ! Si je n'ai que tenter de la tuer ! Que ces mondes ne me donne rien à moi, peu importe, ça m'est égale ! Mais Umar méritait mieux que cela et j'ai tout fait pour le lui offrir ! Je me sens heureuse qu'elle ait pu ressentir de l'amour pour moi, de m'avoir prise dans ses bras, de lui avoir fait goûter à la tendresse d'un baiser sincère... Chose qui doit probablement vous échapper !

Ses larmes ne cessaient guère de couler, son corps tremblait sous la fatigue et le stress du moment. Son esprit vacillait mais elle réussissait tout de même à tenir la longueur. Se fichant éperdument de la pensée de cette femme. Se fichant éperdument de ce qu'elle pourrait lui dire. Ce monde n'a cessé de la détruire elle et Umar. Une destinée atroce leur ayant été imposée sans qu'elle n'en puisse rien et, malgré tout cela, un amour sincère avait réussit à naître entre ces deux là. Pour le monde, elles étaient des monstres. Pour elles-même, elles n'étaient qu'un duo lié par le cœur, quels que soient leurs défauts respectifs. Un combat perpétuel pour la survie. Même si la maudite savait son sang souillé et que son tempérament était guidé par la folie léguée par le dieu du meurtre

- Alors vous voir vous, divins ou autres idiots que vous puisiez être, jouez avec nous comme de simple pion, de négliger ce que nous sommes, de n'avoir aucunes considérations pour les sentiments que nous pouvons ressentir, de vous chamailler pour je ne sais quelle stupidité, au dépend des vies ici bas à qui vous pouvez offrir un monde merveilleux, égal à chacun en vous mettant simplement d'accord entre vous... Je n'en peux plus de vous supporter ! De voir la foi des gens envers vous qui ne mène à rien. J'ai peut être le sang souillé, étant la fille d'un Dieu maudit d'un autre monde, mes intentions n'ont jamais cessés d'être bienveillante afin de créer quelque chose de protecteur pour elle. Alors... je suis consciente que quoi que je puisse dire, vous n'en aurez cure mais je vous implore de m'entendre : Peu importe ce que vous ferez, je ne m'en rendrai pas compte et je n'ai pas les moyens de lutter. Mais jamais, jamais... je vous laisserai à nouveau la toucher ! Faites ce que vous voulez de moi, effacez mon être ou modéliser moi comme vous le souhaitez pour que je vous serves, comme tout dieu égoïste que vous êtes ! Mais l'amour que je porte en moi pour elle ne disparaîtra jamais, vous n'y pourrez strictement rien et vous pourrez vous la mettre sur votre conscience et continuez à jouer votre rôle d'hypocrite là-haut !!!

Les poings serrés, le souffle coupé, la jeune fille venait de comprendre tout ce qu'elle était jusqu'à maintenant. Son cœur ne l'avait pas reniée... il était toujours là. Forcément, il agissait de manière bien différente des autres mais, comme pour tout le monde, il savait aimer et lutter pour préserver cet amour. Après tout, en y repensant... Mayufu n'avait fait que cela. Elle avait tout fait pour lui être utile, avait tout fait pour repousser tout ceux qui voulait sa mort. Accomplis nombres de choses pour préserver ses propres sentiments et ceux d'Umar. Qu'elle soit faible ou non, elle s'était toujours tenue debout. Alors ce n'était pas une divinité qui pourrait la faire flancher, surtout pas dans un tel moment ! Fermant les yeux, elle tenta de relier sa conscience à Limouria, tenter de réveiller la magie mystérieuse en cette île pour qu'elle vienne en aide à Umar et elle. Que celle-ci les téléportes en son sein et les protèges et soignes Umar ou qu'elle parvienne à renvoyer cette femme où elle devait être maintenant. Il fallait que quelque chose se passe car si Umar venait à mourir et que l'autre femme n'admettait pas ses torts ou n'en avait cure, son être tout entier allait mourir avec elle. Une vie sans elle... son esprit ne se l'imaginait même pas.

Relâchant la pression sur son corps qui céda sous son poids, elle s'écroula de fatigue, rampant aux côtés d'Umar encore relativement consciente. s'agenouillant à ses côtés, se penchant par-dessus elle, sa main dans la sienne, pour la protéger. En attente que quelque chose se passe. Dans un tel état, Mayufu ne pouvait rien faire pour Umar. Elle ne pouvait qu’espérer. Ne cessant alors de pleurer, posant sa main libre sur son visage, elle ne la quitta pas des yeux et soudainement, noyés dans ses larmes, un sourire des plus beaux naquît sur son visage. La sorcière des Ténèbres n'avait jamais pu voir un tel sourire sur le visage de la maudite malgré tout l'amour qu'elle lui avait donné. Mais cette dernière, si jamais rien n'était possible, malgré sa conviction qui était en train de secoueur tout ce qu'elle pouvait pour chercher de l'aide, ne voulait pas que Umar n'ait jamais eu le droit à ce sourire qui n'était jamais apparu jusqu'à maintenant.

- J'aimerai bien te demander de tenir bon, encore un petit peu mais... s'interrompant toute seule, Mayufu se tut. Laissant alors une simple phrase sortir, suffisamment distincte pour l'inconnue qui pouvait les entendre. Tu t'es mises dans tout tes états pour moi, je n'ai pas su en faire autant... je suis si désolée... Prends ma vie pour vivre s'il le faut, je te l'offre ! Je t'aime Umar !

Sa tête se posant sur son torse, elle était incapable de cesser ce nouveau torrent de larme. Seulement deux choses vivaient fortement en elle en ce moment crucial. Sa détermination qui cherchait désespérément de l'aide. Que ce soit autant auprès de Limouria ou de la divinité que d'une aide toutes autres... et son coeur qui ne cessera de tambouriner si fort son amour pour cette personne qu'elle ne désirait pas perdre.

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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Ven 21 Fév - 11:11

Tout Feu, Tout Flamme Xiris12

Nus pieds sur la berge, Xiris observait silencieusement le triste résultat de sa colère. D'abord effondrée, la fille qui n'avaient d'yeux que pour Umar, finit par laisser exploser sa fureur. La Déesse de la Nature était désolée d'avoir été aussi cruelle avec sa création, mais son essence Divine faisait partie intégrante de son être. Elle ne pouvait lui reprendre d'une simple volonté, et pour cause ; lorsqu'elle l'eut conçu, elle fusionna l'essence d'un Humain avec un Démon de l'ombre à part égale, puis, elle fit l'amalgame avec une parcelle de sa Divinité. La force ainsi obtenue ne permettait plus à Xiris de défaire ce qu'elle avait fait. À savoir que seule une destruction complète de son enveloppe charnelle était à même de mettre fin à ce cauchemar qu'elle avait façonné. La scène était sinistre, mais c'était hélas la seule chose à faire. Umar devait mourir pour le bien du plus grand nombre. Et alors que la jeune femme au chevet de la Démone n'avait de cesse de cracher son fiel, Xiris entreprit de reprendre sa place dans le giron du royaume Céleste. Une intention qui avorta à l'instant précis où elle entendit de la bouche même de l'acolyte d'Umar que sa création ne l'était plus vraiment depuis l'intervention de la Déesse Noire. Sur ces mots, la présence à la chevelure cuivrée fronça les sourcils en signe de consternation. Yloumna ? Mais de quoi se mêlait-elle celle là ? Et...

-*Deux Umar ?...* Manqua t-elle de dire à haute voix.

En sondant l'âme de la jeune fille, Xiris apprit alors une vérité qui remettait en cause tout ce qu'elle venait de faire. Désertée de toute essence la rattachant à Hithar, la Déesse de la Nature fut forcée d'admettre que celle-ci n'appartenaient point à ce monde. Que devait-elle faire en ce cas ? Si cette Umar n'était plus de son fait, en tout cas son esprit, son âme, elle bafouait le Code Divin en la tuant. Pire encore, elle faisait preuve d'une terrible injustice à l'égard de l'être en question ! Combien d'erreurs allaient-elles commettre avant de finalement en venir à bout ? D'ailleurs, pourquoi la Déesse Noire s'en était-elle prise à sa création ? Quoi que Xiris pouvait en penser, Umar devenait par décret Divin, la propriété d'Yloumna ! Faisant ainsi de sa faute, une maladie incurable...

- Silence !! Tonna t-elle tout à coup alors que la meurtrière n'en finissait plus de la salir.

Durant la restauration de sa sérénité, Xiris réfléchissait à ce qu'il conviendrait de faire. Et alors que l'avocate du démon larmoyait sur ses restes, la Déesse de la Nature finit par la rejoindre. S'agenouillant sur le sol meuble, elle passa sa main sous le menton de la jeune fille, puis fit pression afin qu'elle celle-ci puisse la regarder dans les yeux.

- Tu n'es plus dans ton monde, amie d'Umar, la corruption de tes origines a cessé d'être à partir du moment où tu as franchi le seuil d'Astrune. Ton sang est désormais égal à celui de tous les autres. Plus vite tu le comprendras, plus vite ton esprit se délestera de cette souillure. Libérant son visage, Xiris poursuivit, mais non sans rendre ses dires inaudibles aux ouïes indiscrètes. Je suis effectivement une Divinité, je me nomme Xiris, et mon intervention n'avait qu'un seul but. Mettre fin au chaos que j'avais conçu. Consciente qu'elle ne pourra plus jamais obtenir la rédemption en détruisant sa création, la Déesse de la Nature s'essaya à une alternative. Yloumna a malheureusement rendue ma faute indélébile en fusionnant ton monde au notre dans le corps d'Umar. Dès lors, je n'ai pas le choix de lui rendre ce qui jadis, m'appartenait...

Imposant sa paume sur le front de la Démone au souffle saccadé, Xiris usa de sa puissance Divine pour permettre à son corps de régénérer. Mais à mi-parcours, elle cessa son opération.

- Votre amour est sincère et pur, mais je refuse de vous permettre de succéder au désordre que j'ai créé ! Gronda t-elle au souvenir de son arrivée. Je doute que la Umar de ton monde soit d'un esprit plus clément que celui de mon enfant. Tu comprendras alors ma prudence...

Si Xiris avait décidé de la remodeler, la sorcière des ténèbres n'aurait plus jamais été la même. Or, en plus d'être contraire à l'étique, elle aurait prouvé une fois encore qu'elle était incapable d'assumer ses torts. Abandonnant pour de bon cette spirale de la déchéance, la Déesse de la Nature ajouta une part de son art dans la partie inconsciente d'Umar. Cela visait à rendre son enfant capable de s'affranchir du démon qui l'habitait. Le tout était de savoir si elle le voulait. Même Xiris ne pouvait prédire la suite des événements, l'esprit d'Umar n'étant plus celui d'origine soulevait pas mal de questions quant à ses motivations. Aussi, une fois que le corps de cette dernière fut entièrement lavé de toutes ses blessures, la Déesse de la Nature exposa la situation.

- Si malgré ma clémence Umar demeure à l'écoute de son plus vil côté, alors son corps retournera à la terre. Quant à toi jeune fille, faire ainsi usage du feu n'est pas digne de mon pardon. À partir de là, une petite sphère baignant dans un halo vert s'éleva depuis le creux de sa main. Je ne vais pas te retirer ce dont tu t'es donnée tant de mal à maîtriser, ce que tu fais très bien d'ailleurs. C'est alors que l'orbe en lévitation finit par investir le corps de l'Humaine en traversant sa poitrine. Cette graine gagnera en force chaque fois que tu te fieras à ton Dieu pour guider tes actes.

La Déesse de la Nature était prête à endosser les pêchés de ces deux êtres, à condition bien entendu qu'ils mettent un terme à leur élan destructeur. Sinon quoi, elle ne pourrait plus rien pour eux. Délivrant Umar de son état de stase, Xiris tenait toutefois à connaître le prénom de cette jeune fille à l'âme torturée.

- Dorénavant tu n'es plus seulement liée à Yloumna, mais avec moi également. Comment dois-je te nommer ? Xiris avait dans l'intention de les garder en laisse jusqu'à ce qu'elles aient obtenu sa rédemption. Quant au temps que ça prendra, cela dépendait entièrement d'elles.

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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Ven 21 Fév - 23:11

Il pouvait se passer n'importe quoi autour d'elle, Mayufu ne bougerai pas d'un cil ni lâcherai sa prise sur le corps mutilé de son amie. Prise d'assaut par une série de sanglot, elle ne faisait même pas attention à la présence qui les avait attaquée, ne souhaitant pas voir le temps s'écouler, usant de tout ce qui lui restait comme volonté pour que le temps se fige, ou bien recule, afin de réparer ses erreurs pour mettre Umar hors de danger. Mais les faits étaient inéluctables, elle pouvait faire ce qu'elle voulait, rien n'y ferait. La sorcière des ténèbres allait s'en aller sans qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit. Son cœur se déchirait à l'intérieur de sa poitrine. Battant si fort qu'il voulait s'en échapper et fuir loin de tout ça. Elle aussi elle voulait fuir cette douleur. S'en aller dans un endroit qui l'isolerai de tout. Son regard plongé sur le visage méconnaissable d'Umar, Mayufu commençait à songer de l'accompagner dans la mort, ne souhaitant certainement pas vivre une telle torture. C'était un peu lâche, certains diront, mais elle n'en avait cure. Convaincue que de toutes manières, elle la retrouverait de l'autre côté dans tout les cas. Elle ne lutterait pas pour survivre. Même les survivants de ce village pouvaient encore venir la tuer dans le dos, ça l'arrangerait. Mais tant que son amie n'aurait pas rendu son dernier souffle, elle continuerait à lutter cependant.

Prenant une grande inspiration saccadée, elle ne s'aperçu même pas que la jeune femme s'approchait d'elle. Ayant un léger sursaut à l'entente de sa voix qui lui semblait si éloignée alors qu'elle lui faisait désormais face. Par pur réflexe, Mayufu enserra davantage Umar dans ses bras afin de faire clairement comprendre à cette dernière qu'elle ne la laisserait pas la toucher ni même l'emmener quelque part. Une sensation étrange sur le visage, la flammèche résista à la pression exercée mais tellement excédée par les événements, elle ne parvint pas à résister bien longtemps et laissa sa tête suivre le mouvement. Ouvrant les yeux, elle se retrouva alors face à une toute autre personne. L'expression déconfit, la fille de Bhaal ne parvint même plus à savoir quoi penser... D'abords apparue avec une extrême violence, retrouver ensuite son amie au pied de la mort et maintenant, ça ? Son cerveau lui jouait-il un tour pour qu'elle trouve un réconfort dans tout ce malheur ? Si c'était le cas, elle n'appréciait pas la méthode... Ne la quittant pas de son regard triste et vide, Mayufu l'écouta simplement. Ne détachant pas ses bras du corps de son amie. Son être encore tremblotant par les quelques sanglots retardataires, ses oreilles restèrent attentives au discours de cette femme à la chevelure cuivrée.

Si elle en avait la force, elle lui aurait collé son poing dans la figure ou voire même attaquée avec sa magie, sans sommation. Mais là, elle n'en pouvait clairement plus. Se réduisant au rôle de simple spectatrice dans un état second, complètement amorphe. Toutefois, quelque chose la tira de sa somnolence avec violence, lui faisant ouvrir grand les yeux et se redresser quelques peu. Ses mains ne lâchant pas celles de son amie. Qu'est-ce qu'elle racontait celle-là ? Son esprit avait cessé de fonctionner. Son cœur avait carrément arrêté de battre l'espace de courtes secondes. D'une lente et longue inspiration, secouée par une nouvelle vague de larme, elle comprit alors où elle voulait en venir. Mayufu avait-elle été idiote à ce point jusque là, depuis leur arrivée ici ? Pourquoi s'en était-elle pas rendue compte plus tôt ?! N'entendant que le sang circuler dans son corps ainsi que le battement de son cœur, la jeune fille ne réalisait pas tellement ce qu'elle venait d'entendre. Parvenant pas à mettre un sens sur les mots prononcés par cette femme. Était-elle réellement en train de lui dire que Bhaal, son père, n'avait plus d'influence sur elle et que seule son esprit, réagissant que par pur réflexe, l'avait mené à tout cela ? Qu'elle pouvait enfin arrêter de courir et de toujours surveiller au-dessus de son épaule pour souffler un peu ? Enfin ? Ne saisissant pas l'importance de ce qui venait d'être annoncé, la flammèche restait immobile. Après tout, dans son conscient, elle savait qu'elle allait bientôt mourir et qu'elle n'aurait pas le temps de profiter de cette pause...

C'est alors que la jeune femme à la chevelure cuivrée se présenta à elle... Xiris. Confirmant alors qu'elle était bien une divinité comme elle lui avait demandé au moment où elle crachait tout son fiel sur celle-ci. Son visage se détendant soudainement, Mayufu baissa alors sa garde et fit disparaître toutes onces d'hostilité de son être. La divinité venant de lui lâcher le menton. Le cœur de Mayufu se mit alors à rebattre, sa respiration reprenant de plus belle, comme si elle sortait d'une apnée. Elle ne ressentait pas de menace apparente. Son cerveau commençant à réaliser ce qu'il se passait et accusant la nouvelle d'il y a quelques secondes. Remerciant son instinct d'avoir tout annoncé puisque cette Xiris ne pouvait pas laisser Umar mourir à cause de l'intervention de la Déesse Noire. Pour quelle raison, elle s'en fichait un peu, tout ce qui lui importait était la survie de son amie. Quittant les yeux de la divinité, Mayufu suivi d'un regard méfiant la main qu'elle venait de déposer sur le front de la mourante, en stase. Serrant un peu les dents, son corps entier se crispant, se retenant d'agir. Intimant à tout son être de rester calme, la flammèche parvint à se détendre. Décidant alors de faire confiance et de laisser Xiris agir. D'ailleurs, cette dernière avait bien compris que l'amour que la jeune fille vouait à la sorcière était pure et venait du plus profond de son cœur. Cependant, elle ne manqua pas de la gronder quant à ses actes qu'elle commettait à son arrivée.

Pour la première fois depuis des années, Mayufu ne savait pas quoi répondre ni comment réagir. En temps normal, elle serait partie au quart de tour... mais là, elle était figée. Incapable de lui répondre quoi que ce soit qu'un regard coupable. Etant lucide quant à l'acte répréhensible qu'elle avait commis plus tôt. Désormais consciente que son instinct avait pris le dessus sur la souillure de son propre sang, maintenant inexistant, il n'allait pas être évident de se refaire après cela... Mais elle était forcé d'admettre que la Déesse avait raison. Du coup, la jeune fille ne cherchera pas à lui répondre, ravalant sa salive, baissant la tête, détournant son regard sur le visage d'Umar. Le corps de cette dernière se reconstituant sous ses yeux, un bonheur certains envahissait tout son être. Cependant, Xiris lui fit part de sa rancœurs à son encontre quant à l'utilisation de ses pouvoirs du feu. Une orbe verdâtre jaillit alors de sa main pour venir se loger près du cœur de Mayufu. Posant sa main sur sa poitrine, cette dernière comprit alors qu'elle lui donnait une ultime chance de s'émanciper de son sort initial qui était une mort certaine. Lui faisant alors clairement comprendre que si elle continuait à commettre des mauvais actes au nom de Bhaal, cette lumière grandirait en elle pour la dévorer de l'intérieur, tout comme l'exemple donné à l'instant pour Umar. Acquiesçant simplement, elle accepta son sort. Après tout, rien n'était trop cher pour sauver son amour et elle ferait tout pour le conserver. En espérant que celle-ci accepte ce qui venait de se passer...

Désormais plus liée uniquement à Yloumna, la flammèche se retrouvait aussi liée à cette divinité du nom de Xiris. Ça faisait beaucoup en à peine un mois et demi... D'abords la Déesse Noire et maintenant elle. Mayufu ne savait plus où donner de la tête mais accepta son sort sans poser de question. Ayant bien compris ce à quoi elle devait se tenir pour que les choses se passent bien. Reposant son regard sur la femme, cette dernière lui demandait alors son nom. Quelque peu déstabilisée, la flammèche prit quelques secondes avant de revenir à la réalité et de lui répondre d'une voix calme mais tremblante.

- Je me nomme... Mayufu... Windbloom. Dit-elle alors, un peu surprise de se présenter de la sorte, ayant presque oublié son prénom et nom, mais ressentant quand même une sorte de bien être au fond d'elle d'enfin voir quelqu'un "s'intéresser" à ce qu'elle était, en quelque sorte. Et... je ne sais pas quoi vous dire de plus... j'ai dis l'essentiel tout à l'heure...

Désemparée, son regard sautant de Xiris à Umar, la jeune fille ne parvenait plus à faire le point. Il y avait eu une telle accumulation de nouvelle qu'elle peinait à tout comprendre pour l'instant. Retenant juste l'essentiel. La sorcière des ténèbres libérées de son état de stase, Mayufu pu voir son corps recommencer à respirer et posant une oreille sur son cœur, elle lâcha un long soupire lorsqu'elle l'entendit battre à nouveau. Son regard rougeoyant commençant à reprendre des couleurs, le visage bouffi, elle décida alors de remercier Xiris à sa façon, par un léger sourire. Ne se risquant pas à plus, se jugeant mal placée après les actes d'il y a quelques minutes.

- Je me tiendrai à ce que vous m'avez dit... merci pour Umar. Commença t'elle timidement, son regard se plongeant dans le siens. Je resterai à ses côtés et je tâcherai d'être digne de votre miséricorde.

Elle aurait voulu en dire tellement plus mais ne se le permettait pas. Après tout, elle ne pouvait que la remercier de ne pas la laisser à son sort. Restait à voir comment Umar allait prendre la nouvelle ou encore, comment allait-elle réagir vis-à-vis de Mayufu. Cette dernière ayant alors pris conscience que l'ombre de Bhaal ne planait plus sur elle, elle allait parvenir à se défaire des griffes de ce dernier qui l'avait tellement coincée jusque là et fait passer sa vie à fuir et tuer tout ce qui l'approchait de trop près. En quelque sorte, elle voyait en l'acte de Xiris une chance de se racheter. Le cœur s'allégeant quelque peu, la jeune fille se retrouvait gênée, ne sachant pas quoi dire malgré que son regard et son être en disait long. La Déesse pourrait largement le ressentir. Se frottant la joue, la flammèche observa autour d'elle le désastre que tout cela avait commis. Levant ensuite le regard au ciel, Limouria se tenait toujours là, immobile, créant des gros courants d'airs. Attendant une potentielle réponse de Xiris, la fille de Bhaal l'observait. Elle ne ressemblait plus à ce qu'elle était. Désormais paisible et douce.

- J'imagine que... tenta t'elle de demander maladroitement, ne se détournant pas malgré la gêne ressentie. ...vous attendez que je fasse quelque chose de précis pour vous ?

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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Dim 1 Mar - 11:32

Mayufu Windbloom, Xiris n'oubliera jamais cette rencontre. Voilà une jeune Humaine qui pouvait aussi bien accomplir de grandes choses comme réduire à néant tout espoir. Aujourd'hui, elle devenait le seul maître de son Destin. Le fait que la Déesse Noire y est laissée son empreinte n'altérait en rien sa manière d'être, seulement les rencontres qu'elle allait faire. Un équilibre qu'elle puisait en la personne d'Umar. Ce n'était certes point l'union la plus idyllique qui puisse exister, mais elle n'en n'était pas moins vitale. Qu'elle lui apportait la déchéance ou l'abnégation, Mayufu devra trouver sa place dans le monde ! Une fois les conditions de Xiris exposées, l'Humaine les accepta d'abord par contrainte, puis s'y plia entièrement en songeant à Umar. Bien qu'elle ignorait encore la réaction de son amante, Mayufu s'osa à une question. Car selon elle, la Déesse de la Nature ne pouvait guère se montrer si miséricordieuse sans attendre une action bien précise de leur part. Seulement elle se fourvoyait, Xiris n'avait aucune intention de dicter leur conduite, à savoir qu'elles étaient exactement les mêmes qu'avant sa venue, sauf que désormais, elles devront assumer au prix fort leur méfait ! Si jusqu'alors elles n'étaient point capables de se préoccuper des autres, peut-être sauront-elles se soucier d'elles-mêmes.

Pendant que Xiris s'expliquait sur ce chapitre, Mayufu remarqua des changements s'opérer sur Umar. Alors que ses paupières couvraient toujours ses yeux, sa peau se mit à pâlir et sa coiffe se colorer. N'écoutant à présent la Déesse que d'une oreille, la Flammèche se pencha sur son amie. À la fois inquiète et intriguée, elle passa sa main dans ses cheveux juste entre ses cornes semblant se modeler. Le visage d'Umar s'affina également, paraissant plus doux, elle finit par s'éveiller. Et alors qu'elle voulut interroger Xiris sur ce fait des plus étranges, la Divinité avait disparu...


Tout Feu, Tout Flamme Umarav10

En revenant à elle, Umar fut surprise par la clarté du jour. Et bien que Mayufu la surplombait, la sorcière des ténèbres ne prononça aucun mot. Elle demeurait étendue, pensive et... étonnamment douce dans ses expressions. Elle se souvenait des faits, mais ne parvenait à y associer une émotion quelconque. En s'asseyant, elle remarqua la blancheur de ses jambes, puis la délicatesse de ses mains. L'inconscience d'Umar étant dissociée du démon qui l'habitait, la métamorphose de son corps représentait désormais ce qu'elle aurait normalement dû être. Cependant, son esprit, lui, restait le même. À la différence que, une conscience naquit en son sein. Peu à peu, son instinct de prédatrice allait céder sa place à une moralité d'un nouveau genre. Et bien qu'il demeurait impossible de déterminer ce qu'elle en ferait, ni même ce qu'elle deviendrait, le moment présent devait être pris tel quel.

- Tu vas bien. S'assura t-elle en lui caressant le visage du dos de sa main. Alors j'ai réussi... Finit par ajouter Umar avec un léger sourire. Mais ça n'explique pas le fait que je sois encore en vie...

Même sa voix avait mué. Hormis les cornes et les ailes, plus rien dans son physique permettait de la relier au démon qu'elle était. Et alors que son esprit demeurait confus, l'Hybride se releva. Sans doute voulut-elle se convaincre d'être toujours la sorcière des ténèbres qu'elle se pensait être en faisant usage de sa magie, mais rien ne se produisit... S'imaginant affaiblie, Umar relativisa, ce qui, soit dit en passant, était une première pour elle. Puis en tentant d'agir sur l'ombre de Mayufu, cela opéra ! C'était certes imperceptible et insignifiant, mais ce fut toutefois suffisant pour elle comprendre ce qui se tramait dans son esprit. Manifestement, sa puissance en pleine journée avait été revue à la baisse, et curieusement, cette constatation ne lui fit aucun effet.

- Tu as pu t'entretenir avec cette femme ? Questionna Umar en même temps qu'elle déployait ses ailes.

Son expression satinée changea néanmoins lorsqu'elle observa les alentours. Les gens avaient fuis leur village dont il ne restait plus que des ruines fumantes. Une violence gratuite qui faisait encore écho en son coeur. Les corps calcinés lui rappelaient ce qu'elle était sur Féerune, et qu'en dépit de sa monstrueuse puissance, elle n'eut aucun moment dans sa vie qu'elle pouvait apparenter à du bonheur. Son foyer n'était qu'une grotte aseptisée de toute vie, et la forêt morte ne faisait que refléter la noirceur de son âme. Elle ne saurait l'expliquer, mais cette existence lui semblait de moins en moins savoureuse...

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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Dim 1 Mar - 15:25

Ses genoux lui faisant mal, ses mains blessées tenant fermement celles d'Umar, la flammèche ne quitta pas des yeux la Déesse qui se tenait toujours devant elle. Attendant de savoir ce que cette dernière attendait d'elle afin d'obtenir sa rédemption ainsi que de celle de son amie. Mais rien ne vint en ce sens. Au contraire, elle n'attendait rien de particulier de sa part, juste qu'elle assume ses actes et redevienne maîtresse de son destin. En somme, elle lui demandait de vivre et d'aider d'autres, eux aussi, à vivre. Cela aurait dû n'avoir aucuns sens pour la jeune fille qui baissa les yeux, fixant ses mains, mais elle y ressentit tout de même quelque chose d'étrange opérer au fond de son être. Comme si une vieille amie osait finalement sortir de sa cachette une fois l'ouragan passé, comme s'il elle ressentait ce qu'elle était enfant, vivant à l'époque dans les quartiers pauvres du port d'Athkatla, sur Féérune. Elle ne comprit pas tout de suite ce qu'il se passait lorsque des changements commençaient à apparaître sur le corps d'Umar. Tirant Mayufu de sa divagation, son souffle se coupa. Ne saisissant pas ce qu'il se produisait, son regard fila de la tête aux pieds de son amie pour se rendre compte que sa peau pâlissait, que ses traits devenaient plus fins ainsi que son visage devenait plus doux. Les cicatrices à ses yeux disparurent aussi, rendant à Umar un visage exempte de défaut.

Une main craintive vint alors se mêler aux cheveux de son amie, les caressant doucement, ayant un petit mouvement de recule lorsque ces derniers prirent une teinte plus clair lors du touché avec ses doigts. Oubliant complètement de respirer, Mayufu ne savait pas comment réagir à cela, constatant qu'en plus de tout ce qui se transformait déjà sur le physique d'Umar, deux nouvelles cornes apparurent au-dessus de son front. Estomaquée, elle redressa d'un coup la tête pour s'adresser à Xiris directement :

- C'est vous qui avez fait... Ne parvenant pas à terminer sa phrase, elle s'aperçu qu'elle n'était plus là. Pourtant elle avait bien distingué sa silhouette en relevant son regard mais elle s'était évaporée. ... Evidemment que c'est vous... Termina t'elle en murmurant d'une voix mêlée de tristesse et de joie.

Elle aurait aimé lui poser davantage de question mais elle gardait tout de même un avis assez tranché envers les divinités. Sans doute devait-elle avoir plus important à faire là-haut, se dit'elle en levant les yeux au-ciel, direction le soleil qui l'éblouissait, forçant à plisser les yeux pour ne pas s'aveugler. Une légère brise venant glisser sur son visage, la flammèche sursauta soudainement lorsqu'une pression se fit sentir sur ses mains.

- Umar ?! Souffla la jeune fille.

Se retournant brusquement, revenant d'un coup sec à la réalité, la flammèche posa un regard empli d'inquiétude ainsi que d'un soulagement immense qui se manifesta par un timide sourire sur ses lèvres. Les paumes de mains se posant sur son épaule droite ainsi que son bras droit, Mayufu s'assurait que aucuns mouvements brusques ne serait faite par l'hybride. N'appuyant pas pour lui laisser le choix de se redresser si elle le voulait : ce qu'elle finit par faire. Se rapprochant d'elle, passant une main dans son dos pour la soutenir si jamais elle lâchait prise, elle ne su pas quoi dire. Se contentant d'être présente et de l'observer revenir à elle. Quand elle fut assisse, se tenant bien et ne constatant aucuns vacillement, la jeune fille s'écarta très légèrement et ôta ses mains de son corps pour la laisser respirer et reprendre ses esprits. Ses yeux ne quittant pas les siens. Assisse à genoux, les mains posées sur ses derniers, elle était immobile, le souffle rapide et saccadé à l'attente des nouvelles de l'état de son amie. Les yeux grands ouverts et brillant d'humidité, se mordant la lèvre tout en se retenant de pleurer de joie. Le visage rougit par les larmes précédentes.

Au moment où le regard de l'intéressée se déposa dans le siens, Mayufu comprit que tout allait bien. Soupirant, son cœur battant la chamade. Le dos de la main d'Umar venant caresser son visage, elle la saisit immédiatement avec tendresse et lui sourit simplement lorsqu'elle constata qu'elle allait bien. Malgré son visage empli de joie, la flammèche acquiesça timidement avec les larmes qui reprirent. Démontrant bien son bonheurs de la revoir revenir à elle.

- Oui, tu as réussi... Lui répondit'elle simplement même si elle ignorait ce qu'elle avait fait mais la simple vision de son corps mutilé à son réveil le lui avait bien fait comprendre que la lutte avait été enragée. J'ai une explication pour le fait que tu sois encore en vie mais ça prendra un petit moment, donc reprends tes esprits d'abords et je te dirai tout.

La nouvelle voix de son amie avait perturber Mayufu qui s’était bloquée un instant avant de lui répondre. Cela paraissait si étrange de l'entendre avec une tonalité si douce et apaisante à la fois. Ce qui s'accordait vraiment avec les changements qui avaient opérés sur son physique dont Mayufu peinait à se défaire. C'était si radicale ! À peine avait-elle changé que la jeune fille s'y était déjà habituée. Peu soucieuse du visuel, elle avait comprit qu'Umar était toujours elle-même intérieurement. C'est d'ailleurs que lorsque celle-ci se releva, elle l'accompagna tout en gardant les mains en avant, toujours prête à la retenir. Mais elle semblait bien tenir sur ses jambes et ne montrait rien de particulier. Se détendant alors, elle se redressa et se soucia de la douleur ses ses genoux. Grimaçant en constatant qu'elle avait de vilaine blessures sur ceux-ci et que le sang s'était étalés et séchés sur le bas de sa jambes et ses bottes. Mais peu importe, elle s'en occuperait plus tard. Pour l'instant elle retourna son attention vers Umar qui venait de lui demander si elle s'était entretenue avec la femme.

- Oui, elle s'appelle Xiris et est une divinité de ce monde. Dit-elle en reprenant son souffle, son corps tout engourdit de s'être crispé pendant tout ce temps. Elle a voulu te détruire car elle a pensé que tu étais l'autre Umar que la Déesse Noire avait supprimée pour que tu puisses continuer à vivre à mes côtés après notre arrivée compliquée dans ce monde...

S'essuyant le visage de ses larmes du dos de sa main droite, la jeune fille se secoua la tête pour se réveiller un peu car ce surplus de soulagement, après ces événements, manquèrent de la faire s'évanouir. N'étant clairement pas habituée à vivre tout cela et, surtout, d'avoir été morte sans pouvoir définir quoi que ce soit de cet instant. Seul son esprit parvenait à se situer mais rien ne pourrait mettre de mot dessus.

- Apparemment... l'Umar qu'elle avait créée était une erreur et elle a voulu te détruire pour la réparer mais ignorait que tu n'étais pas elle et, quand je le lui ai hurlé dessus que la Déesse Noire avait intervertit vos corps alors qu'elle partait, elle est revenue et t'a sauvée. Dit-elle calmement, observant alors son amie déployer ses ailes, hypnotisée par tant de douceur en elle. Le visage de la sorcière des ténèbres semblait vraiment irréel. Mais apparemment... elle n'a pas fait que te soigner entièrement pour te ramener à la vie. Tout comme à moi, elle a dû t’implanter quelque chose pour que nous nous détachions de ce qui nous habites. Termina t'elle alors, observant la paume de ses mains.

Serrant les poings, la jeune fille ne savait pas comment les choses à venir allait se produire. Après tout ce qu'elle avait comis en si peu de temps en arrivant ici, sa présence avait été remarquée et, sans aucuns doutes, des gens étaient probablement à sa poursuite d'une manière ou d'une autre. Ayant un frisson glacial lui parcourant l'échine quand elle repensa au loup géant qui était toujours dans son ombre. Craignant que celui-ci ne revienne alors, lui aussi. Peut être devait-elle lutter contre cette chose pour obtenir sa rédemption ? Soit. Quoi qu'il en soit, les événements allaient reprendre leuirs cours et il allait leur falloir assumer leurs actes. De plein fouet ou en s'isolant loin de tout, elle verrait bien. Tant qu'elle restait auprès de l'être aimé, la jeune fille se sentirait bien.

S'apercevant qu'Umar s'attardait sur le décors sinistre qui les entourait, Mayufu fit de même. Son regard prenant maintenant réellement considération de tout ce que cela avait causé. Détournant légèrement la tête, peinant à assumer que tout ceci était par sa faute en premier lieu, la jeune fille s'approcha d'Umar doucement, timidement, par petit pas mais ses yeux se fixant dans les siens.

- Par contre... Je n'ai aucunes idées de tout ce que tu as fais pour moi mais je m'en suis bien rendue compte quand elle m'a rendu la vie en voyant dans quel état tu étais. J'ai eu... si... peur et... mal... que... Terminant cette phrase avec peine, elle tentait de retenir un sanglot qui voulait sortir, respirant calmement, elle reprit. Tout est de ma faute. Tu as failli mourir pour moi et... je n'ai pas su garder la tête froide avant de me lancer là-dedans, sans réfléchir...

Se tenant debout, ses jambes tremblantes, sa main droite agrippant fermement son épaule gauche, Mayufu parvenait pas à s'exprimer. Umar pourrait y voir en ce moment comme une petite enfant tentant de s'excuser, ne sachant pas à quoi se tenir avec ses mains qui s'accrochait partout sur ses bras ou entre elles pour ne pas tomber sous l'angoisse de sa réaction, son regard tentant de rester fixé au siens mais essayant tout de même de fuir pour soulager ce qu'elle tentait d'assumer.

- Si tu m'en veux, je comprendrai.... Si tu veux m'abandonner, je comprendrai aussi, je suis consciente que tout ceci est ma faute et que tu as donné ta vie pour moi ! Dans un réflexe instinctif, pour tenter de démontrer l'immense gratitude qu'elle exprimait envers son amie, Mayufu se courba légèrement en avant, se bloquant ainsi. Ses mains ayant tentés d'enlacer l'hybride et son regard n'en démontrant pas moins, elle n'en fit rien. Ressentant bien trop de honte en sa personne pour se permettre une telle chose. Les croisant simplement contre elle, ses ongles se plantant dans ses avant bras tant la panique l'habitait. Je t'aime Umar et quoi que tu décides... ça ne changera jamais pour moi.

La brise se faufilant dans ses cheveux, Mayufu resta immobile, n'osant pas bouger, attendant alors une réponse de son amie, ses bras croisés contre sa poitrine, tremblant discrètement de trouille quant à la décision que celle-ci pouvait prendre en son encontre. Souhaitant faire comprendre à son amour qu'elle était désolée, elle ne cherchait pas à obtenir son pardon ou à le réclamer parce que seule elle pouvait en décider. Il ne servait à rien de lui mentionner qu'elle le voulait, c'était inapproprié. Même si elle l'espérait fortement...

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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Jeu 26 Mar - 3:36

Tout Feu, Tout Flamme Umarav10

Tandis que Mayufu lui répondait, Umar observait son nouveau corps laissé sans séquelles. Elle se demandait bien ce qui avait pu pousser cette Divinité à leur faire don d'une seconde chance. En tout cas c'était ce qu'affirmait la Flammèche en cet instant. Certes elle n'était pas la Démone de ce monde, mais depuis quand une puissance pareille s'arrêtait à ce genre de détail ? Etant donné toute la haine qu'elle avait manifesté durant le combat, ce retournement de situation était pour le moins... curieux. Bien entendu, elle se réjouissait d'être en vie, mais étrangement, une part d'elle désirait cette extinction. Au terme de cette rencontre elle appela la mort de ses voeux, non pas par reddition, mais pour fuir cette ombre qui n'avait de cesse de grandir en elle. Cette sensation, elle la découvrit pour la première fois après qu'elle fut échangée par la Déesse Noire. Au début ce n'était qu'un écho de conscience, la réverbération d'une voix qui n'était point sienne. Mais depuis, elle se faisait plus présente, et comble de l'ironie, la fille de Bhaal allait dans son sens. Et pour cause, lorsqu'elle lança son assaut sur l'un des hameaux de cette île, son pendant sombre lui soufflait de noyer ces bouseux dans leur sang ! Paradoxalement, lorsqu'elle était encore sur Féerune, Umar faisait tout pour représenter l'incarnation du Démon, et maintenant qu'elle y était réellement confronté, en tout cas c'était son intime conviction, cela la terrifiait bien plus que la mort elle-même... Sentir que l'on perdait peu à peu le contrôle de soi était au-delà de l'angoisse pour un être comme Umar.

Toutefois, Mayufu n'affichait plus le même état d'esprit maintenant qu'elles s'étaient faites corrigées de la plus radicale des façons. Pourtant, connaissant la bête, la Flammèche devrait déjà déverser sa frustration sur plus faible qu'elle... et les candidats ne manquaient point. Umar pouvait les voir les observer tout en se tenant à bonne distance. Elle ignorait s'il s'agissait là du syndrome du survivant ou d'une réelle envie de changer, et bien que le doute revendiquait tout l'espace de ses songes, la sorcière des ténèbres n'eut aucun mal à croire en elle. Elle savait qu'elle ne pourrait vaincre seule cette chose qui la hantait, et si une personne pouvait sincèrement l'aider, c'était bien Mayufu ! D'ailleurs, d'après ses dires, la Déesse leur avait laissé un petit cadeau d'adieu. Et bien qu'Umar ne comprenait pas encore de quoi il était question, elle supposait que ce nouveau compagnon de route veillerait à ce qu'elles demeurent dans le droit chemin. C'était d'une logique implacable !

- Je n'ai pas envie d'en livrer les détails maintenant. Répondit la sorcière des ténèbres à la question silencieuse de sa vis-à-vis concernant ses agissements durant sa torpeur minérale. Et après qu'elle en eut fini avec sa complainte de l'abandon et du mea-culpa, Umar attrapa son visage entre ses deux mains avant de lui confier le fond de sa pensée. Nous avons mutuellement des torts, moi d'avantage encore, à savoir que depuis notre rencontre je te pousse à la haine, au moins toi tu es restée sur la même courbe, tandis que moi, je ne sais même plus où je me situe. Tu prétends m'aimer, et alors que l'éclat dans tes yeux me l'affirme, je te demanderai de mettre cela en suspend pour le moment.

Saisissant finalement sa nuque, elle la retourna de manière à ce qu'elle puisse avoir la vue sur ce qu'il restait du village qu'elle venait d'attaquer. - Tu vois cela, ce n'est rien à côté de ce que je regretterai si je cesse d'être moi ! Le visage d'Umar était mélancolique, mais elle restait Umar. La sorcière des ténèbres visait quelque chose de plus grand qu'une vulgaire bourgade, un but à atteindre. Trouver une raison d'être en somme. L'Umar de Féerune ne collait plus avec son intelligence accrue, elle devait donc se trouver un nouvel objectif, qu'il soit destructeur ou autre n'avait que peu d'importance. Tant que cela lui seyait, elle ferait fi des convenances. Néanmoins, avant toute chose, elle devait se débarrasser de cette présence qui cherchait à s'approprier son libre arbitre...

- Et à moins que tu ne tiennes à t'excuser auprès de ces gens, je préconise un départ immédiat ! Suggéra la sorcière des ténèbres.

Pour l'heure, la petite voix s'était tue, au même titre que ses pouvoirs d'ailleurs. Mais lorsque la nuit reviendra, à quoi devait-elle s'attendre ? Umar ne souhaitait guère le découvrir. Elle devait donc trouver une solution tant que le soleil le lui permettait. Et alors qu'elle allait enserrer Mayufu pour s'en aller rejoindre Limouria, une silhouette masquée par l'aurore les interpella soudainement. Déployant ses ailes en signe d'agressivité, Umar se préparait déjà à recevoir l'enfant, un gamin dont il était impossible de déterminer le sexe tant le son émit par sa gorge était grotesque ! Et bien que la femme cornue gronda sur l'inconscient de cesser toute approche, l'indocile finit malgré tout par les rejoindre. Désormais, il devenait facile de l'identifier ; une petite fille d'une banalité affligeante s'en venait les asticoter ! Pour sûr, Umar saura très vite lui faire passer son gout pour le risque !

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Sa survie, elle la devait à son imbécile de camarade de jeu ! Elwing avait parié sur sept étoiles filantes, mais ils n'en comptèrent que cinq durant la nuit. En conséquence de quoi, elle dut se goinfrer d'autant de prunes immatures. Autant vous dire que son transit intestinal à moyennement apprécié ce cage dont elle dut se décharger au plus loin possible du village d'Herlin. Aussi, lorsque celui-ci se fit attaquer, elle put assister à une bonne partie de la scène. Et alors qu'elle se vidait littéralement, une puissance terrible surenchérit les faits en faisant valdinguer Chaara-khole toute entière, oui... rien que ça ! Heureusement que sa mère s'y trouvait, sinon jamais elle ne l'aurait cru. Seulement voilà, tout ce tumulte coûta la vie à son ami qui chuta de la falaise d'où ils avaient observer le ciel durant leur escapade nocturne. Il était débile mais il trouvait toujours des jeux sympas, ce n'était pas gentil de venir ici mettre le feu, tout faire trembler, puis tuer la seule personne qui pouvait lui arracher un sourire. Ce fut pour cette seule raison qu'elle accourut jusqu'à la torche humaine, ignorant complètement la femme ailée qui se trouvait à ses côtés. La mine boudeuse, Elwing souhaitait réparation !

- Tu te rends comptes de c'que tu as fait, hein ?!! Hurla l'enfant essoufflée tout en se jetant sur elle pour la frapper de ses petites mains.

De son côté, n'ayant aucune envie de s'adonner à ces enfantillages, Umar attrapa d'une seule poigne la chevelure de l'impétueuse, puis la décolla de terre. Là où d'autres hurleraient leur douleur, la fillette, elle, effectuait des moulinets avec ses bras dans l'espoir d'atteindre un jour sa cible...

- Je veux bien me montrer moins cruelle en signe de bonne foi à l'égard de celle qui a su nous entendre, je propose donc de la noyer ! Mayufu ferait bien de répondre rapidement, car manifestement, Umar ne témoignait aucune patience concernant cette gamine sortie de nul part.

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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Sam 28 Mar - 20:56

Se redressant lentement, étant restée inclinée depuis de longues secondes, Mayufu posa son regard inquiet sur la silhouette de son amie, attendant une réponse ou une quelconque réaction de sa part. Au fond d'elle, elle savait qu'elle devait mériter un châtiment. La décision de cette Xiris était certes un miracle à ses yeux, vu qu'elle rendait la vie à son amour, mais n'avait pas non plus de réel sens quant à ce qu'elle avait commis. Elle venait quand même de bouleverser la vie de beaucoup de gens. Pourquoi ne pas avoir ressuscité tout le monde tout en la laissant comme elle l'avait laissée ? Se demandant même comment elle pouvait s'y prendre pour réparer au mieux ses erreurs, ou au mieux, se racheter ne serait-ce qu'un tout petit peu par ses futurs actions... Aurait-elle suffisamment de courage pour affronter tout cela ? Encore, si on parlait d'une ou deux personnes, elle y serait arrivée. Mais là... le village dans les collines qu'elle avait ravagé et, ensuite ici... N'osant d'ailleurs pas se retourner pour observer le massacre qu'elle avait perpétré, empiré par le duel entre Umar et la Déesse, la fille de Bhaal se tint debout, crispée comme jamais. Sensation bien étrange pour elle... la culpabilité. Lui faisant refouler des vieux souvenirs de son passé et des émotions oubliées.

C'est alors que lorsque le vent marin amena délicatement au nez l'odeur de brûlé ainsi que des cendres s'écrasant sur ses cheveux qu'elle sursauta, rompant le silence qu'elle avait établi et dans une crise de nerf soudaine, elle se saisit de ses cheveux qu'elle détacha, les empoignant par paquet et y mit le feu instantanément pour faire disparaître les cendres s'étant mêlé à ces derniers. Son cœur battant la chamade, elle ne savait pas ce qui venait de lui prendre, observant ses cheveux se consumer dans sa main... Le souffle court, reprenant son calme, tentant de s'analyser, une douce voix parvint à ses oreilles, la calmant immédiatement malgré la scène étrange qu'elle venait de livrer au milieu de nulle part. Redressant son regard, Umar ne souhaitait alors pas s'exprimer sur les actions de la jeune fille. Ce qui ne la rassurait pas tant que ça puisque le sujet pouvait toujours lui revenir dans la figure plus tard mais elle ne contesta pas la décision, écoutant plutôt la suite. De toutes manières, elle n'aurait jamais eu le temps de répondre puisque les mains de son amie se posèrent sur son visage, la figeant sur place.

Découlant dans son esprit comme un remède sur une plaie béante, les paroles de la sorcière des ténèbres soignèrent les états d'âmes de Mayufu. Bien qu'elle ignorait si elle était pardonnée ou non, elle était rassurée en premier lieu que celle-ci ne se mette pas en colère. Suffisamment  à crans, peinant déjà à contenir ce qu'elle ressentait. Sa main droite se posant sur celle d'Umar sur son visage, la jeune fille déclara à demi-voix.

- Non. Tu ne me pousses pas à la haine... Tu m'as fait ressentir de l'amour, c'est différent. Déclara t'elle timidement, ne quittant pas son regard. Même clairement différent... et même me faire ressentir ce que c'est d'être aimée pour ce que je suis et pas pour ce que l'on veut que je sois !

Serrant sa main dans la sienne, elle n'en rajouta pas, comprenant bien que dans tout les cas, elles auraient à nouveau cette discussion une fois que le calme serait revenu. Néanmoins, ce qu'elle voulait éviter depuis le début se produisit... Umar se saisit de sa nuque pour alors la retourner face aux maisons réduites en cendre. Le souffle coupé, la jeune fille peinait à maintenir son attention dessus. Son regard cherchant à fuir les conséquences de son action tout en restant attentive aux propos de la sorcière. Se mettant à trembler légèrement. Comment devait-elle tenir le coup avec tant de choses passées en un si court laps de temps... ? Sans compter le village des montagnes et ce loup monstrueux, elle avait causé la mort à de multiples personnes, subit la puissance divine. En était même morte sans pouvoir mettre de mot ou ressentis dessus, ni même déterminé si elle était réellement en vie maintenant. Il était possible qu'elle soit morte et que c'était le rêve qui avait pris le relais, qui sait ? Ensuite revenir ici, parler à une Déesse, voir son amie ressusciter, manquant de la perdre pour la énième fois. Il lui faudrait alors réellement agir dans le bon sens pour préserver Umar et se concentrer sur sa survie et les doutes qui semblaient planer sur son visage. Par ce qu'elle venait de dire, elle avait clairement compris que quelque chose la gênait intérieurement. Saisissant enfin que cela aurait pu se produire dès leurs arrivées dans ce monde, quand la Déesse Noire avait agit pour la sauver. N'étant pas sûre d'elle, se promettant alors de garder son amie à l’œil pour guetter le moindre signe suspect, elle lui répondit :

- Je comprends où tu veux en venir avec ce que tu viens de me dire mais... faudrait que l'on en discute plus au calme parce que là... Dit-elle en se tournant doucement en face d'elle mais ne parvenant même pas à terminer sa phrase.

Et tout comme si elle parvenait à lire dans son esprit, Umar lui proposa de s'en aller immédiatement. Car oui, en effet, Mayufu ne serait jamais capable d'aller s'excuser auprès de ces gens maintenant. Surtout que cela lui vaudrait clairement une mort sur le champs. Il serait bête pour elle de gâcher la chance qui lui avait été donnée par Xiris en se faisant bêtement tuée de la sorte. Alors, se laissant enlacer par Umar, inspirant longuement, sentant un soulagement certains l'envahir quant à cette chaleur qui l'enveloppait et le fait de quitter ces lieux, elle se promit de revenir un jour, tout comme elle le ferait pour le village d'avant et celle qu'elle avait tenté de dévorer vivante, transformée en serpent de flamme.

- Aller m'excuser maintenant, ce serait du suicide et je doute que ce soit le but de cette chance qui nous a été donnée...

Tranquillement blottie dans les bras de l'être aimé, Mayufu fit alors tirée de là de manière bien désagréable. Sentant les ailes de son amie se déployer et ses bras la relâcher un peu pour qu'elle puisse se mouvoir et se retourner en direction de ce qui les avait interpellé, la jeune fille ne savait pas comment elle devait réagir en voyant cette petite silhouette. Prête à répondre au cas où, elle grimaça quand elle se rendit compte qu'il s'agissait alors là d'une gamine. Déjà qu'elle peinait avec les enfants, il fallait que ce soit l'un d'eux qui se mette à leur hurler dessus. Enfin, à LUI hurler dessus. Prise de court par cette surprise, au vu de la silhouette bien plus menaçante qu'était Umar dans son dos, elle chercha même pas à esquiver quoi que ce soit. La jeune fille se jeta littéralement sur elle pour la frapper. Continuant inlassablement à lui crier dessus. D'ailleurs, tombant sur les fesses, la fille de Bhaal observa cette gamine avec les yeux écarquillés et ne cherchant même pas à se défendre ou à lui répondre. Mais la scène fut extrêmement rapide puisque cette dernière fit séparée de Mayufu, agrippée par les cheveux par Umar. Permettant à celle-ci de se relever et de s'épousseter les jambes. Son cerveau s'étant éteint, comme s'il ne voulait pas être responsable des actes à suivre, laissant la jeune fille désarmée face à cette situation incongrue.

Son regard fixant la fillette qui se débattait comme un poisson venant d'être pêché, elle eut une drôle de sensation. Comme si, indirectement, elle se revoyait à travers elle et le comportement qu'elle avait. Elle lui était tout de même arrivée droit dessus malgré la présence d'Umar dans son dos ! Lui faisant remontrer son souvenirs de quand elle avait foncé de la même façon auprès de cette même sorcière des ténèbres. Certes, le but était évidemment pas le même, mais le tempérament et le fait qu'elle n'avait pas eu froid au yeux avait suffit pour tisser les liens de ressemblance entre elles. Du moins, de son point de vue... C'était qu'une gamine comme une autre un peu plus courageuse, après tout...

- Non, attends ! Ne fais pas ça ! Dit-elle à l'attention d'Umar, pour l'arrêter dans son élan, l'avertissement de Xiris en tête. Je t'expliquerai pourquoi mais repose-la s'il te plaît. S'approchant de la gamine qui s'excitait toujours au bout du bras de la démone, faisant la moue quant à ses cris ou plaintes qui lui vrillaient les tympans. EH ! Tu te calmes, s'il te plaît ? Ne la voyant toujours pas se calmer et tentant de lui asséner des coups, elle perdit patience : TU VAS LA FERMER OUI ?!

Sans la moindre hésitation, elle saisit la gamine dans ses bras et l'enlaça de sorte à l'immobiliser le plus possible. Intimant son amie pour la reposer au sol et ainsi la relâcher. La fixant d'un regard neutre, elle comprit aisément qu'elle avait arraché quelque chose, ou quelqu'un, à son existence... Intérieurement, c'était donc auprès d'elle qu'elle allait en premier lieu se racheter mais comment s'y prendre ? Ressentant au plus profond d'elle-même qu'elle allait devoir à faire à une gamine l'ennuyait fortement. Mais si c'était par là que tout devait recommencer, alors soit... elle allait s'y tenir afin de préserver la vie d'Umar ainsi que la sienne aux yeux de Xiris.

- Tu n'as pas froid aux yeux, dis-moi... Dit-elle simplement, d'un ton et regard neutres tout en se redressant, se frottant la joue, là où elle s'était pris un coup précédemment. Et évidemment que je me rends compte de ce que j'ai fais... Termina t'elle en ravalant sa salive, n'assumant pas pour le moment tout en détournant le regard.

Mayufu croisa les bras, légèrement accroupie face à l'enfant, ne se montrant pas menaçante. Rien qu'à la voir, elle savait qu'elle se prendrait un coup à la seconde où elle l'avait relâchée entre Umar et elle mais s'en plaindrait pas. Après tout, c'était probablement justifié. Levant les yeux pour guetter les alentours, elle se demandait si elle était seule ou si un proche à elle était dans les parages ou non. Evidemment, elle aurait pu lui demander directement mais si celle-ci était venue jusqu'à elle pour la matraquer, c'était bien que c'était une question hautement stupide à poser. Se contentant alors d'attendre sa réaction, ne la quittant pas des yeux. Elle savait qu'elle devait partir, elle le sentait que si elle traînait trop ici, elle finirait par se retrouver complètement coincé. C'est alors que, d'un regard à son amie, elle lui demandait :

- Laisse-moi juste quelques secondes et on s'en va, promis !

Incapable d'abandonner cette gamine au beau milieu de cela, elle ne parvenait pas à prendre une décision. C'était bien la première fois qu'elle se souciait de quelqu'un comme ça. En temps normal, elle s'en ficherait éperdument, enfants ou adultes mais les paroles de la Déesse de la Nature s'étaient profondément gravée en elle et si elle voulait vivre et pouvoir sauver Umar, il lui fallait s'y plier. Ne sachant pas déterminer si sa réaction était sincère ou bien juste par intérêt envers la démone. Pourtant, la seule raison qui la coinçait était purement stupide : Elle se reconnaissait au travers de cette gamine et quelque chose la tracassait. Son tempérament était identique et elle voulait l'aider malgré sa faute. Histoire d'amoindrir l'impact qu'elle avait eu sur sa vie et qu'elle ne devienne pas comme celle qu'elle est aujourd'hui. Il fallait soit retrouver quelqu'un qui la connaissait soit la remettre entre de bonnes mains. En espérant que ses parents étaient encore vivants... Elle se mit bêtement à prier intérieurement pour que ce soit le cas et se lança dans sa démarche la plus stupide mais c'était la seule qu'elle avait !

- Bon... comment demander ça... Se mordant la lèvre pour trouver un moyens de poser sa question délicate. Oh puis mince... j'assume ! Se secoua t'elle en se claquant les joues de ses mains pour se ressaissir. Est-ce que... tu avais de la famille ici... ? Que je t'aide au moins à les retrouver... S'osa t'elle à demander d'un ton coupable et d'un regard tout pareil.

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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Jeu 30 Avr - 16:01

Tout Feu, Tout Flamme Umarav10

À l'instar d'un asticot se tortillant au bout d'un hameçon, la gamine continuait de gigoter tandis qu'Umar se tournait vers la rive. Puis c'est alors qu'elle entendit un brusque : "Ne fais pas ça !" émit par une voix enserrée par la crainte. Serait-ce réellement la Flammèche qui serait à l'origine de ces mots ? Haussant un sourcil pour le moins interloqué, la sorcière des ténèbres toisa la direction d'où provenait l'invective. Nourrissant alors l'espoir furtif d'y percevoir une vulgaire gueuse, Umar ne cacha point sa frustration lorsqu'elle comprit qu'il s'agissait bel et bien de Mayufu... Bien qu'elle promit de lui expliquer son intervention, la ténébreuse n'en demeurait pas moins choquée. Que la fille du feu soit victime d'un sursaut de conscience n'était guère un problème en soi, mais qu'il se produise en faveur de cette dépravée au cri des plus exaspérants, avait comme une saveur rassie. N'était-ce point légèrement prématuré ? Sans omettre que la populace des lieux pourrait à tout moment laisser tomber les castagnettes pour les fourches et les torches. N'en disant rien sur l'instant, Umar donna suite aux supplications de sa protégée en lâchant prise. Et alors que la Flammèche s'emparait d'elle à bras le corps, la sorcière des ténèbres ne décrocha plus son regard de la scène.

Quand bien même cette manière de raisonner lui échappait encore, Umar supposa que Mayufu souhaitait d'ores et déjà se racheter, surtout si l'occasion venait à elle ! Seulement elle aurait peut-être pu élire un être digne d'intérêt plutôt que cette mioche dont la moindre parcelle de son être l'agaçait au plus haut point. Pour sûr, cette Divinité avait fait fort pour provoquer pareil émoi chez la fille de Bhaal. À tel point qu'elle serait prête à se dévouer corps et âme pour le bien être de cette fille. Néanmoins, jusqu'où serait-elle capable d'aller pour honorer cette foi d'un nouveau genre ? Auquel cas elle aurait cramé sa mère durant son assaut, l'adopterait-elle au risque de briser à jamais l'estime qu'Umar avait d'elle ? Car une chose était sûre, la Flammèche ne possédait guère de juste milieu. Du tout ou rien en somme ! Or, mesurer les pour et les contres allait être un véritable chemin de croix, et pour cause, s'il existait un but impossible à atteindre, c'était bien celui de satisfaire tout le monde. De ces échecs inéluctables découlaient bien souvent une frustration menant tout droit dans les contrées les plus sombres de notre coeur. Umar en était la preuve même... car avant de devenir la sorcière des ténèbres, elle menait une vie bien différente. Une histoire d'un autre temps qui ne peut être contée en cet instant. Tout ça pour dire que si Mayufu souhaitait sincèrement basculer cul par dessus tête, elle allait devoir s'y prendre avec précaution. Parce qu'à trop vouloir en faire, la noirceur de son âme reprendrait aussitôt place !

Tout Feu, Tout Flamme Elwing10

Quelle humiliation ! pourrait-on se dire à la place d'Elwing, et pourtant, ce ressentiment ne figurait point dans son moi. Désormais enlacée par la pyromane, l'Haliade se mit à la mordre de toutes ses forces au niveau de l'épaule juste après qu'elle eut avoué avoir conscience de ces faits. À cela, cette dernière s'adressa à son acolyte avant de faire preuve de la plus lamentable empathie qui lui avait été donné de voir ! Cette bougresse s'en venait brûler tout un pan de l'île, et la première chose qui lui venait à l'esprit une fois sa folie passée, c'était de l'aider à retrouver sa maman ? Pour sûr, si elle s'était donné du mal à entretenir son charisme durant son embrasement, voilà qu'elle perdait toute crédibilité à jouer les gentilles faussement compatissantes ! Ce fut alors qu'Elwing prit une décision pour le moins... inattendue.

- Ça va ! ça va ! j'me calme ! Si tu pouvais m'épargner ne serait-ce qu'une seconde de plus ce laïus mélodramatique que tu es en train de me vomir, j'm ferai la plus douce du monde ! Sérieux si t'es comme ça en temps normal, je te préfère celle qui crame tout le monde, et de loin !

À ces mots aussi tranchants qu'audacieux, un petit ricanement fut émit depuis son dos. En réaction, Elwing ne tint guère sa langue en faisant volt-face puis balança sans détour :

- T'as un problème la cornue ?! Et sans même attendre de réponse, son regard perçant se riva derechef sur l'incendiaire. Si tu veux absolument faire un truc pour moi, alors fais-moi voler sur ton oiseau de feu !

Rien n'importait plus à Elwing que de sourire, or, le rêve de voler était inhérent à chaque enfant. Sans être capable de définir le pourquoi du comment, la petite avait ce besoin de rire, et ce, quitte à ce que ça en fasse souffrir d'autres. Pour en comprendre ne serait-ce qu'un chapitre, quelque chose en elle lui faisait continuellement comprendre que si cela venait à cesser, son être tout entier se muerait en ce qu'elle craignait le plus. Et de ce que l'on en savait, nul bambin digne de ce nom ne souhaitait se noyer dans son pire cauchemar. Quant à Umar, insultée d'avoir été rembarrée de la sorte, ne manqua guère l'occasion de la saisir au cou, la privant ainsi d'air, air en parti responsable des insanités qui sortaient de sa bouche ! Mais alors qu'elle allait lui énoncer sa sentence, une flèche transperça son poignet ! Nul cri ne s'échappa de sa gorge, mais la douleur fut toutefois aussi surprenante que saisissante pour lui faire lâcher son étreinte...

- Aïe, ça doit piquer ! Se moqua Elwing en dépit de sa confusion.

Normalement Umar lui aurait décoller la tête à cette remarque, mais actuellement, l'important résidait dans le fait de découvrir le responsable de cette stupidité ! Car désormais, il ne faisait aucun doute qu'elle allait laissé un mort ou deux de plus avant son retour sur Limouria. Seulement, le visage qui s'extirpa des quelques arbres épargnés par les flammes souffrait d'un air de déjà-vu...

Tout Feu, Tout Flamme Erina10

Elle n'avait encore jamais vécu ça, traquer un monstre ou un animal enragé et tomber dessus prématurément ! Voilà trois semaines qu'elle pistait Umar depuis les ravages causés sur le village dont elle avait la garde. Et après la force qui avait secoué l'île dans son entièreté, la rôdeuse ne s'attendait pas vraiment à trouver sa proie aussi prédisposée pour une exécution des plus sommaires ! Toutefois, au nom d'un principe qui la rendait bien supérieure à cette sorcière sans foi ni loi, Erinaë se refusait de la tuer d'une flèche dans le dos. La dernière fois, le combat n'avait pas été mené jusqu'à sa conclusion, un dénouement qui prendra finalement source sur cette plage. Armant une seconde flèche, la chasseresse donna de la voix sans oublier d'inclure l'acolyte qui ne fut point mentionnée par Cape sur le monde, et qui pourtant jouissait d'une énorme part de responsabilité dans cette attaque nocturne.

- Tout compte fait je n'aurais pas à vous traquer jusque dans votre trou à rat ! Puis, visant tour à tour la tête de l'une et de l'autre, elle ajouta : Le feu et l'obscurité dansant au rythme de mes pas au bout d'une pique ! C'est là le plus grand honneur que je puisse vous faire !

- J'y pense, maman m'a toujours dit que c'était impoli de se mêler des histoires de famille, alors ben, j'y v... S'excusait Elwing afin de prétexter un départ anticipé, avant de soudainement se faire interrompre par une grosse main sur sa figure, bousculée, et finir sur le dos dans le sable.

- Arrête de jacter le cloporte, je m'occuperai de toi après ! Gronda Umar tout en s'arrachant la flèche fiché dans son membre. Tu as fait une énorme erreur en venant ici ! Finit par vociférer la sorcière des ténèbres à l'égard de cette femelle qui manqua de la tuer. Et c'est alors qu'un second visage sortit de la pénombre avant de prendre place aux côté de l'archère. Après quoi, cette dernière rétorqua...

- Voyez-vous ça, je doute cependant que vos propos persistent une fois que Lupa ici présente vous aura exposé la situation.

Tout Feu, Tout Flamme Lupa10

Ne formulant aucune parole, et agissant simplement sur les souvenirs qu'elle avait de la fille aux yeux rouges, Lupa fit se lever le vent, de là s'en suivit une tempête en tout point identique à celle qui provoqua la déferlante sur la petite bourgade des collines d'Umar. Un sourire cynique naquit sur ses lèvres, lequel s'étira jusqu'à révéler une dentition bien trop acérée pour appartenir à une dame du monde. Erinaë libéra finalement sa flèche qui avait pour cible la tête d'Umar, mais cette dernière parvint à l'arrêter sans mal d'un revers d'aile. Action durant laquelle elle parvint à placer cette phrase à l'attention de Mayufu : - Et là on les défonce ou on les aide à retrouver leur maison ?! Une tirade qui eu d'ailleurs le mérite de faire sourire Elwing.

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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Ven 1 Mai - 15:59

La frustration passant sur le visage de son amie lorsque celle-ci se retourna face à elle, après sa supplique pour l'arrêter dans son élan, ne lui échappa point. La jeune fille comprit aisément qu'elle s'attendait clairement pas à la voir elle à la source de cette demande plus que soudaine et surprenante. À dire vrai, Xiris lui avait flanqué une réelle peur en l'envoyant à la mort et la faisait tout aussi violemment revenir comme si de rien n'était. Une drôle de sensation avait naquît en elle depuis et, aussi ironique que celui puisse paraître, tout son être était plongé dans une nuées d'émotion et de sensation tout aussi contradictoires les uns aux autres. Ne sachant pas mettre le moindre mot sur ce qu'elle ressentait, elle préféra se laisser guider sur ce coup sur le sentiment qui ressortait le plus, soit simplement de ralentir Umar. Ayant bien en mémoire que, de part l'action de la Déesse, la vie de son amie était mise en danger à la moindre action qu'elle pouvait mener. À cela, Mayufu avait alors décidé de simplement réagir dans le simple but de la préserver bien que cela lui infligeait de se coller un poids lourd. Ne négligeant pas non plus ce qu'elle avait causé, commençant notamment à ressentir ce qu'elle nomma comme de la culpabilité, probablement faussée par ses émotions depuis le chaos régnant en elle au retour à la vie. Saississant alors la gamine dans ses bras, lui faisant remettre pieds à terre tout en lui adressant la parole, cette dernière ne manquera pas à lui faire savoir son ressentis d'une bien belle manière : En la mordant fortement à l'épaule gauche, lui arrachant une grimace tout en la repoussant. Heureusement qu'elle portait des vêtements... elle aurait embarqué de la chair dans le cas contraire.

Ne répondant point à ses invectives, la fille de Bhaal se releva, remuant son épaule pour faire partir la sensation gênante, ne quittant pas des yeux la gamine. Son comportement lui rappelait elle, en quelque sorte. Elle n'avait clairement pas froid aux yeux... Pourtant, un massacre venait d'être commis et, au lieu de rechercher quelqu'un ou quelque chose, elle était venue directement à elles, sachant clairement qu'elle aurait pu se faire abattre en une fraction de seconde. Mais lorsqu'une demande pour le moins surprenante lui parvint à l'oreille, Mayufu retint sa respiration, levant un sourcils, son regard se baladant entre Umar et la petite. Attends ? Un vol sur Bhaal ? Elle était sonnée, celle-ci ?

- Tu t'es pris un bout de l'île sur la tronche, ou quoi, pour me demander une chose pareille ? Lui répondit-elle d'un ton hautain, masquant à moitié sa surprise quant à cette demande loufoque.

Mais manque de chance... à peine avait-elle pu terminer sa phrase qu'elle s'en était prise à la sorcière des ténèbres avec de nouvelles invectives. Soupirant et croisant les bras, elle s'interposa pas cette fois-ci. Le regard montant au ciel, déjà désespérée d'avoir une gamine dans les pattes. Qu'aurait-elle bien pu faire si elle avait réellement été l'aider à retrouver ses parents et que ceux-ci soit passés au barbecue comme les autres ? Se remettant les idées en place, elle déclara juste :

- Sur ce coup-là, t'es toute seule, je n'apprécie pas tout autant qu'elle qu'on l'insulte. Débrouille-toi... Dit-elle tout bas d'une voix lasse, haussant les épaules.

Mais soudains, un sifflement fendit l'air, faisant sursauter Mayufu lorsqu'elle aperçut une flèche se loger dans le poignet agrippant la gamine. Un mauvais souvenir lui revint immédiatement à l'esprit et elle fit volte face instantanément afin de repérer l'archère ayant osé blesser Umar. Ses yeux fusillant les moindres détails, elle n'eut aucun mal à reconnaître cette personne : C'était l'archère du village !

- Toi !

Un tsunami d'émotions noires envahit soudainement la jeune fille, ravivant la colère qu'elle avait de la vision d'Umar manquant de mourir à cause de sa propre folie. Son regard noyé dans la haine se figeant dans celui de sa poursuivante, écoutant à peine ce qu'elle disait tant son cœur battait si fort, noyant son flot de parole dans le boucan de ses battements. Remarquant à peine Umar écarter la petite fille d'un simple revers de la main et l'étaler dans le sable, toute son attention étant dédiée qu'à cette femme. Elle pouvait la tuer, là, maintenant, pour se venger de ce qu'elle avait fait et elle comptait pas y parvenir, quitte à commettre un nouveau massacre s'il le fallait ! Si y avait quelque chose de plus cher à son coeur que la peur que lui avait flanqué la Déesse de la Nature, c'était bien Umar.

- Tu parles trop, j'vais te foutre une raclée préventive si tu ne la fermes pas !

Ses mains s'embrasant immédiatement après ses paroles, la fille de Bhaal était prête à bondir de nouveau même si accablée par la fatigue psychologique et les émotions se déversant en elle. Cependant, un nom fut prononcé, la stoppant nette avant même d'avoir bouger un cils. Une femme était apparue, se tenant aux côtés de l'archère et, à cela, une tempête se leva. Levant la tête pour observer les alentours, cette tempête, du moins le genre surnaturelle et son intensité ne lui était pas complètement inconnue.

*Ne me dis pas... que c'est elle...*

Percutant lentement, ne voulant tout simplement pas y croire, Mayufu ne voulait pas s'admettre que cette femme pouvait avoir un lien quelconque avec le monstre qui avait manqué de la tuer Umar et elle à plusieurs reprises ! Ses flammes se mirent à trembler quant à l'incertitude qui l'habitait et dès lors que cette même femme se mit à sourire, c'était bon. Sa réponse était là ! C'était bien elle ! Abandonnant alors l'idée de les charger sans réfléchir, la fille aux cheveux de jais se tint tranquille. Cette dénommée Lupa semblait avoir quelque chose à dire d'après l'harceleuse qui, sans prévenir, décocha sa flèche à l'attention d'Umar ! Bon, heureusement, elle la stoppa nette sans peine. La fille de Bhaal bondissant alors pour s'interposer entre les assaillantes et Umar.

- Je vais t'arracher la tête si tu t'en prends à elle une nouvelle fois ! Lâcha t'elle, sur la défensive, à l'attention de l'archère avant que son regard ne se porte sur Lupa. Que me veux-tu ? Pourquoi tu me colles aux basques comme ça depuis tout ce temps ?!

Les flammes de ses mains disparurent alors, espérant ouvrir un dialogue plutôt qu'une tuerie immédiate. Tout de même curieuse de savoir ce que lui voulait monstre à Umar et elle. Qu'avait-elle fait pour ainsi avoir eu le droit à ce qu'elle porte son dévolu sur sa personne à ce point ? Mais par-dessus tout, elle voulait tenter de prendre le moins de risque possible afin de mettre Umar en lieux sûrs et tenter de rattraper toutes ses erreurs. Xiris lui avait laisser une seconde chance d'être à ses côtés et la gâchée de la sorte, elle ne se le pardonnerait jamais !

- J'ai très envie de leur mettre la rouste de leur vie mais j'aimerai savoir ce que nous veux la blonde à nous traquer de la sorte... Dit-elle à voix basse à Umar, montrant bien qu'elle était déterminée à se tenir à ses dires. Mais quoi qu'il se passe, ne risque strictement rien, va t'en, embarque la gosse pour la dégager loin de ces deux là, on a une nouvelle chance grâce à Xiris, ne la gâchons point !

Se retournant vivement face à Lupa, Mayufu était finalement disposée à l'écouter avant de savoir quoi faire. Trouvant sa réaction à elle complètement irrationnelle quant aux habitudes qu'elle avait normalement mais là, la vie d'Umar lui tenait plus à cœur que de réagir selon ses propres envies !

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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Mer 20 Mai - 19:36

Tout Feu, Tout Flamme Erina10

Étrange pensa Erinaë, l'incendiaire aux pouvoirs fantasmagoriques semblait s'être transmuée en une pie jacassante. Pourquoi ne faisait-elle donc point usage de ses flammes ? pourquoi menacer de paroles creuses là où une explosion suffirait à tout clarifier ? La rôdeuse fut quelque peu déroutée par ce comportement qui ne collait pas avec les actions menées cette nuit là. De connivence avec la Démone, la jeune femme s'interposa en se plaçant dans sa ligne de mire une fois la seconde flèche partie. Une aberration que l'archère ne pouvait en aucun cas expliquer, à savoir que régulièrement, elle effectuait des rondes dans la forêt maudite non loin de l'antre de la Sorcière des ténèbres. Et jamais encore elle ne croisa son visage ! Cette fille pouvait être n'importe qui, ou n'importe quoi. Qui savait ce qu'Umar était capable de faire, seule dans les profondeurs de sa grotte... Puis vint la question destinée à Lupa. Sa voix emplie de haine manifestait également un accent des plus singuliers. Cette façon qu'elle avait de déformer certaines consonnes trahissait son appartenance à la ville. Erinaë se demanda alors ce qu'une citadine pouvait bien faire si loin de chez elle ? Bien entendu, la rôdeuse n'en dira rien. Et pour cause, l'heure n'était plus au débat, mais à la sentence

- Jeune fille, vous souhaitiez déjà nous tuer lors de votre raid sur le village, en ce qui me concerne, vos intentions sont limpides ! Tandis que la tempête se renforçait, l'archère décocha une troisième flèche qui siffla à l'oreille droite de sa vis-à-vis avant de finir sa course dans les ailes d'Umar, pour la seconde fois. Agissez à... Fut elle coupée par un doigt effleurant ses lèvres.

Tout Feu, Tout Flamme Lupa10

Il n'y avait plus de place pour les mots. Quoi qu'elles pouvaient dire, quoi qu'elles pouvaient faire, leur Destin était scellé ! La violence du typhon faisait que les cheveux de la fille au regard vermeil battaient le vent tel un étendard durant une charge de cavalerie. Quant à Lupa, sa coiffe rigide et silencieuse témoignait d'une aura stupéfiante, mais surtout... inquiétante. Car au final, nous ne savions toujours pas ce que voulait cette chose ! Foulant le sable sans que les grains ne s'affaissent sous son poids, elle s'avança, elle n'était plus qu'à deux mètres de sa proie. Et alors que je termine à peine ma phrase, voilà qu'elle te fixe à portée d'haleine. Lupa ne bougeait point, ses vêtements amples avaient laissé une traînée dans son sillage. Puis, sans que rien ne le présage, le souffle cessa également son emprise sur l'incendiaire. Toute deux semblaient désormais hors du temps, une scène suivit avec attention par Umar, Erinaë et Elwing, qui, contre toute attente, surent pour toute la durée de cette rencontre atypique, coexister en gardant les armes au fourreau. Nul ne pouvait prédire les agissements de cette créature, une raison de plus pour ne pas l'énerver !

Quand tout-à-coup, elle afficha sa main grande ouverte juste sous le nez de la pyromane, paume face à elle ! À la suite de quoi, ce fut avec douceur qu'elle rabattit cette main improviste dans son dos. De là, elle en décrocha une faux qu'elle tendit à sa proie. Elle ne pouvait pas s'y tromper, il s'agissait bien de l'arme qu'elle avait perdu durant le sauvetage d'Umar. Même Erinaë ne comprit guère ce geste ! Où voulait-elle donc en venir ? Voilà une réponse que seule Lupa détenait. Souriant derechef, elle s'en alla reprendre sa place aux côtés de l'archère qui ne la quittait plus de ses yeux éberlués. Et alors que tout le monde se saturait l'esprit afin de comprendre les desseins de la blonde, cette dernière leur céda un indice par le biais de son index pointant vers l'horizon. De là, Erinaë, Umar ainsi que Elwing se tournèrent vers ladite direction. Quand bien même la lumière du soleil endolorissait leur rétine, ce fut avec effroi et stupeur qu'elles distinguèrent une gigantesque masse sombre remonter depuis les profondeurs océaniques, afin de noyer l'île dans une nuit absolue ! Très vite, l'astre capitula sous le joug de Lupa, qui entre-temps, s'était évanouie dans la forêt...

Tout Feu, Tout Flamme Elwing10

- Oh oh... Confirma Elwing consciente de l'ampleur du pouvoir de cette blondasse. Vous n'avez pas besoin d'moi toute façon, alors je vais y aller... HEYYY !! S'écria t-elle soudainement.

Outre le fait qu'elle avait les yeux ronds comme des soucoupes, la gamine ne s'osa point à surenchérir lorsqu'elle constata des changements opérer sur la femme ailée. Elwing ne rêvait pas, le démon qui la surplombait alors que la tempête se taisait, ressemblait de plus en plus à ce qui hantait ses cauchemars les plus horribles. Elle voulut hurler sa terreur, mais son cri mourut dans sa gorge... Jusqu'alors, elle pensait que le seul spectre dont elle devait se méfier se trouvait en la personne de son ami défunt. Mais cette image d'horreur l'ébranla dans ses certitudes ! Avant cet événement, il ne lui était pas difficile de dissocier la réalité du songe. D'un côté il y avait les gestes indélicats de ce fichu crétin, et de l'autre, ses terreurs nocturnes. Mais bon, il l'a faisait rire, alors elle lui passait ce caprice.

Tout Feu, Tout Flamme Um12

- Toi, tu ne bouges pas de là ! Gronda la Sorcière des ténèbres en lui entravant les poignets et les chevilles par un lien d'ombre.

La nuit artificielle engendrée par cette femme revigora toute sa puissance, son physique en attestait. Toutefois, sans qu'elle n'en comprenne la cause, ses ailes s'engourdirent jusqu'à ne plus répondre à ses attentes. Une gène toute relative qu'elle attribua immédiatement à la rôdeuse qui avait sans doute dû prendre soin d'empoisonner la pointe de ses flèches. Si de nuit il n'y avait point eu, cette femme l'aurait à sa merci. Hélas pour elle, grâce à son ascendant sur les ténèbres, il en faudra d'avantage pour la mettre à terre ! Mais avant qu'Umar ne l'assaille, cette dernière s'en était allée rejoindre son caniche ! D'ailleurs, les hostilités furent établie dès l'instant où le fameux hurlement s'éleva depuis les bois. De toute évidence, cette femme, ce monstre... souhaitait avoir son combat ! Eh bien elle allait être servie !

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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Jeu 21 Mai - 23:00

Malgré l'inquiétude de la jeune fille qui se lisait au travers du tremblement de ses flammes aux mains, sa colère attisait les foyers éteints dans les alentours. Ravivant certaines flammes dans les décombres, manifestation de la combativité de la jeune fille. Prête à bondir sur sa vis-à-vis malgré la présence plus qu'inquiétante de la femme sinistre et silencieuse à ses côtés. Bien qu'en colère contre elles, elle s'en trouvait complètement immobilisée sur place. Se demandant pourquoi elle hésitait tant à foncer dans le tas comme à son habitude... Xiris l'avait-elle changé si profondément qu'elle ne voulait bien le croire ? Il se pourrait que oui. Après tout, elle avait été tuée et ramenée à la vie comme si elle n'était strictement rien, qu'un simple jouet. Rien que d'avoir une telle idée en tête donnerait des frissons à la plus solide des brutes de ce monde. Cependant, étant quasiment certaine sur l'identité de l'inconnue à la longue chevelure blonde qui accompagnait l’archère, Mayufu ressentait bien plus de peur à son égard. Il était évident qu'elle ne manifesterait pas tant de puissance que la Déesse de la Nature, même si celle-ci n'était pas à son plein potentiel selon elle, mais l'aura qui l'enveloppait, son regard, l'insistance qu'elle avait depuis leur première rencontre à vouloir la tuer coûte que coûte, lui glaçait le sang. Etant plus habituée à se trouver dans les rôles inversés... se souvenant du jour où elle avait fait fuir un Ange, l'ayant traqué inlassablement, étant dans l'impossibilité de mourir grâce à la magie noire d'Umar, ce dernier l'avait alors fuit par peur...

Son regard voyageant entre l'archère et l'autre femme, la fille aux cheveux de jais serra les poings lorsque l'archère rouvrit la bouche. Lui rappelant alors qu'elles avaient pas pris des pincettes quant à leur passage dans le village des collines et que tout le monde passant à leurs portées avaient été massacrés. Une attaque qui avait débuté uniquement par  un allumage d'un arbre mort, trop sec, et de cette fichue tempête ! Si personne ne s'y était interposé, tout ce serait passé tranquillement et rien ni personne n'aurait survécu...

Soudains, une flèche fut décochée et siffla si près de son oreille droite, la touchant légèrement, pensant que celle-ci se fit arracher, elle plaqua une main sur son oreille pour s'assurer de sa présence tout en se retournant pour voir que ce projectile avait en réalité touché, une nouvelle fois, Umar. Cette fois-ci, il en était trop ! Une intense flamme naquît devant son œil gauche, ses mains s'embrasèrent intensément tandis que les feux alentours reprirent des forces pour se relancer dans leur macabre avancée, de maison à maison. L'air secoué par la tempête levée par l'inquiétante femme se satura en cendre, donnant alors lieu à un étrange paysage, avec ce levé de soleil brillant sur la surface de l'océan et le sable se mélangeant à la cendre.

- Cette fois-ci, ta tête va voler sale ordure ! Hurla t'elle en lui refaisant face, s'apprêtant à lui bondir dessus et la noyer dans un torrent de flamme qui s'élevait de toutes parts mais tout cessa soudainement...

En effet, celle qu'elle croyait être ce monstrueux loup géant daigna enfin à bouger. Un geste simple, clouant le bec à l'archère soudainement prise par surprise et ne semblant plus savoir où se mettre. Mayufu aussi, elle, ne savait plus quoi faire. Quand une telle présence décidait d'agir, surtout l'une de celle vous effrayant le plus, il valait mieux ne plus rien faire par peur de se faire tuer sans s'en rendre compte. Ne sachant clairement pas ce qu'elle voulait ni ce dont quoi elle était capable, sauf sous sa forme monstrueuse, s'il s'agissait bien d'elle, la fille de Bhaal opta pour l'observation malgré les hurlements de son cœur qui lui priait de déguerpir aussi vite que possible. Sauf que la peur avait pris le dessus... Pourtant, elle n'avait rien fait encore. Ni maintenant ni avant. Du moins, à elle. Quant à Umar, c'était une autre histoire puisqu'elle avait manqué de mourir plusieurs fois en la protégeant de cette chose. Cette même chose qui s'approchait maintenant d'elle, lentement, dans un spectacle fascinant mais tout aussi effroyable. Son regard ne pouvait se détacher de sa silhouette.

Un vent violent frappait toute l'île, bien plus violent qu'il n'y a quelques minutes. Faisant voler dans tous les sens ses cheveux, son visage frappé par le sable et la cendre soulevés par cette masse d'air. Ne pouvant rien faire. Du moins, si, elle aurait pu, mais la peur et l'intimidation que cette femme lui envoyait l'empêcher de faire quoi que ce soit. Aussi forte aurait été sa volonté, rien n'aurait été possible. C'était comme si ses pieds étaient soudés au sol. Ses cheveux voltant, ses vêtements claquant dans l'air, elle était réduite au statut de spectatrice. À la merci de celle qui s'approchait, encore et encore, jusqu'à être proche d'elle, trop proche même. Jetant un regard à la gamine et Umar dans son dos, elle constata que celles-ci ne bougeait pas, se trouvant visiblement dans la même transe qu'elle. Juste fascinées de cette femme. Alors que la crainte montait en flèche, Mayufu trouva le courage de lui refaire face et, sursautant légèrement, elle la trouva à moins d'un mètre d'elle. C'était biiiiiiien trop proche ! Elle pouvait clairement faire ce qu'elle voulait d'elle sans qu'elle puisse réagir à temps ou sauver qui que ce soit... Mais étrangement, quelque chose n'allait pas. Comme si la jeune fille avait comprit que, finalement, dans l'immédiat, elle ne lui voudrait pas de mal mais ne pouvant pas s'empêcher d'exprimer une peur bleue au travers de son regard vermeil et de sa respiration saccadée.

Le temps semblait être très long. La fille de Bhaal n'avait d'attention que pour cette femme, comme noyée dans son regard quand, soudains, le calme plat prit place sur elle. Comme si elles étaient toutes les deux enfermées dans une bulle, hors du temps. À l'extérieur, sa bien aimée et l'enfant, toujours figées, étaient toujours à l'épreuve de la tempête qui balayait l'île. Mais que lui voulait-elle à la fin ? Ne pouvait-elle simplement pas le lui dire simplement au lieu de faire tout ce cirque ?! Ayant du coup comprit qu'elle n'était pas en danger direct, elle se détendit légèrement, gardant ses sens en alerte lorsqu'une main lui fut tendue, paume vers elle. Fronçant un sourcil, elle cherchait à comprendre ce qu'elle tentait de lui dire ou faire voir et d'un geste lent et délicat, elle se saisit de quelque chose dans son dos. Méfiante, Mayufu voulu reculer de plusieurs pas mais ne le pu pas, forcée à assister bêtement aux événements. La surprise l'accabla aussitôt ! Ce qu'elle lui tendit alors n'était autre que sa faux perdue dans cette crevasse où Umar avait bien failli s'y faire entraîner ! Hésitant en premier lieu à s'en saisir, se demandant si c'était un piège, ceci lui confirma pour de bon que cette femme était ce monstre. D'ailleurs, comme si celle-ci venait de comprendre que la jeune fille avait percuté, elle dévoila sa dentition au travers d'un sourire qui la fit frissonner de toutes parts.

- Qu'est-ce que tu me veux... à la fin ? Hein ? Tenta t'elle de lui demander une nouvelle fois. Tu t'es pas donné tout ce mal juste pour me rendre  mon arme !

La saisissant alors d'un geste prudent mais ferme, la blonde reprit place aux côtés de l'archère qui, elle aussi, semblait complètement à côté de la plaque. Etant sûrement pas prête à voir ses proies récupérer leurs armes... Dommage, elle ne pourrait pas simplement se contenter de les transformer en passoire. Ça ne devait avoir aucuns sens. Mais ce qui dérangeait le plus Mayufu, c'était de la voir se tenir à ses côtés ainsi. Était-il possible que ces deux-là était un duo à l'instar d'Umar et elle-même ? Vivant dans ce monde rejetant l'une et l'autre la protégeant du monde extérieur comme elle le pouvait ? Au moins, elle comprendrait pas mal de chose mais ne se laisserait pas faire pour autant. Son regard flamboyant se portant sur sa faux, elle la trouva trop lourde. Depuis le moment qu'elle l'avait perdue jusqu'à maintenant, elle s'était perfectionnée dans le maniement de sa magie élémentaire pour l'utiliser en tant qu'arme, extrêmement plus légère que cette faux. Pourquoi le lui avait-elle rendue ?

À peine la question posée que cette même femme pointa quelque chose dans le ciel du doigt. Intriguée, Mayufu suivit bêtement la direction, aux mêmes titres que la gamine du village et son amie. Ne parvenant pas à voir où elle voulait en venir, elle voulu lui poser la question. Retournant son regard là où elle se trouvait...

- Mais... où est-elle ?

Pas le temps de se demander quoi que ce soit q'un cri, suivit d'un assombrissement total du ciel attira son attention. Il s'agissait de la petite qui hurlait à tue tête et cherchant à découvrir l'origine de tout cela, Mayufu se rendit vite compte qu'il était question d'Umar. Son apparence changea subitement pour revenir à ce qu'elle était la nuit passée ! Ainsi donc, la Déesse de la Nature lui avait fournit deux formes distinctes... Ombre et Lumière. Restait plus qu'à savoir si sa seconde forme était uniquement liée à l'ombre... Les hurlements lui perçant les oreilles, elle fut soulagée lorsque la sorcière des ténèbres la ligota pour la faire taire. Allait-elle réellement devoir gérer cette gamine ? Ou bien avait-elle réellement besoin de se poser ce genre de question avec ce qui était en train de se passer ? Cette nuit avait été provoquée par le monstre et avait, du même coup visiblement, rendu toute sa puissance à Umar. Comprenant petit à petit ce qui se tramait, le coup fatal lui tomba dessus.

Son corps se figea instantanément. La peur l'envahit plus que jamais et pour cause, un cri puissant avait surgit dans son dos. Un cri bien trop familier pour qu'elle ne l'oublie... ne serait-ce qu'un peu. Elle pourrait le reconnaître entre mille autre ! Saisissant alors le sens de tout ce manège, Mayufu allait devoir se battre contre cette chose. Portant toute son attention sur son amie, elle tentait de dire quelque chose mais n'y parvenait pas. Au fond, elle voulait juste lui dire de partir, de ne rien risquer pour elle parce que, dans le fond, elle pensait que cette bête n'en avait après qu'elle personnellement. Trouvant le peu de courage qui l'habitait encore, sa bouche parvint à laisser filer quelques mots à l'attention d'Umar :

- Je ne comprends rien à ce qui se passe ni ce qui m'arrive... J'imagine qu'elle m'en veut personnellement et à chaque fois, tu m'as protégée et manqué d'en mourir parce que j'ai été trop faible pour t'aider contre elle. Dit-elle d'une voix tremblante, ses mains serrant si fort sa faux. Si quoi que ce soit venait à se passer. Que tu doives prendre la fuite en m'abandonnant, fais-le, je ferai tout pour l'empêcher de te nuire et te permettre de vivre ta nouvelle existence !

Trouvant la détermination qui s'était enfuie avec ces mots, la jeune fille parvint à se ressaisir et ses flammes retrouvèrent leur voracité, ne tremblotant plus sous son incertitude. Quand bien même le monstre pouvait être proche maintenant, Mayufu allait y faire face et y mettre un terme. Espérant de tout cœur que son amie allait la suivre dans son combat. Soulevant sa faux, la faisant pivoter dans sa main, tout de même satisfaite de la retrouver, elle chercha son assaillant des yeux. Les flammes l'entourant se soulevèrent soudainement, se tortillant autour d'elle lentement, dégageant alors une forte chaleur ainsi qu'une possibilité de riposter avec elles tels des fouets de part sa maîtrise cet élément. Une partie de son corps s'embrasa alors, ses bras et jambes noyé dans les flammes. Cherchant pour le moment plus à se protéger et maintenir la menace à distance bien que tout cela ne servirait à rien. Elle se souvenait que trop bien de la charge de ce montre au travers de son brasier. Mais peut être que, après avoir apprit à maîtriser le feu ainsi et à le condenser d’avantage, celui-ci y réfléchirait à deux fois avant de s'en prendre à Umar ou à elle ! La scène se mettant alors en place, à quelques ressemblances prêt, lui faisant penser à ce village là. Comme si le temps ne s'était jamais écoulé, qu'elles ne s'étaient jamais enfuies de ce combat et y était encore. Restait alors juste à comprendre pourquoi cette obsession à vouloir reproduire l'exact même situation plutôt que de les tuer sur place, dans leur faiblesse la plus absolue...

- Ça n'a aucuns sens... commença t'elle à haute voix. Mais si tu veux reproduire ce même combat, alors allons-y mais pas selon tes règles ! Lui hurla t'elle alors qu'elle se mit en position pour être parée à réagir dès son apparition, n'ayant clairement pas confiance en ses chances de survie face à une telle chose. Seule Umar était parvenue à lui tenir tête et seule elle lui donnait le courage de se tenir debout, là, maintenant ! Je sais que je suis complètement montée à l'envers... mais, finalement, ne m'abandonne pas. Je vais tout faire pour y mettre un terme, même si j'y comprends rien à ce qu'elle veut...

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Elvin
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MessageSujet: Re: Tout Feu, Tout Flamme   Tout Feu, Tout Flamme Icon_minitime1Ven 22 Mai - 16:08

Le vent s'engouffra dans mes ailes et m'emporta aussi facilement qu'un fétu de paille. Durant un instant, il me sembla ne faire qu'un avec le vent, être enfin complètement libre. Puis une vague soudaine venue du sol vint me percuter violemment. Je tentai de stabiliser mon vol mais des courants contraires se brisaient autour de moi comme le prémisse d'une tempête. Une rafale me gifla comme une révélation. Savais-je seulement voler ? Je commençais à en douter. Ce qui m'avait précédemment paru comme un instinct naturel n'était peut-être qu'une folie destructrice qui voulait utiliser la légèreté de mon corps et la présence d'aile pour m'entraîner vers ma propre fin. J'étais désormais bloqué dans des cieux infinis, condamné à subir les assauts répétés des airs jusqu'à ce qu'ils me déchirent morceau par morceau, comme un insecte suicidaire entre les mains de l'enfant sadique qui l'a capturé.

Je baissais finalement les armes lorsqu'une odeur puissante et acre vint me caresser le visage, celle de la cendre et de la fumée, si semblable à celle de là où j'étais né. Alors je m'éveillai à nouveau. Plutôt que d'en rechercher tout autour de moi l'origine en panique, je me décidai à fermer les yeux et je me concentra sur tout ce qui m'entourait. Le relent de la mer était un fond omniprésent sur lequel se découpait un paysage, la senteur de la lande et du bois odeur, le fumet si mélancolique du feu qui finit de se consumer et aussi un léger parfum de forêt, profonde, sauvage, mais légère et presque cachée dans tout cet univers.

Un bourrasque brisa ma concentration en même temps que la stabilité toute relative de mon vol. À un moment je tenais en l'air, au suivant j'étais irrémédiablement entraîné par le sol. Les yeux à nouveau ouverts, paniqué, je cherchai autour de moi le moindre secours. Mais il n'y avait que l'horizon lointain et flou déchiré entre le gris du ciel et le bleu si sombre et si oppressant de la mer. C'est là, c'est vers elle que je chutais, vers une grande cible agitée dont le cœur noir était le seul à ne pas tourner. Un crainte enfouie en moi se réveilla soudaine.

Je ne voulais pas ! Je ne voulais sous aucun prix chuter dans ces ténèbres. Je tentai d'agiter mes ailes, de les battre aussi fort que je pouvais. Mais malgré mes efforts, malgré ma douleur, malgré ma panique, le mur d'ébène mouvant et aqueux se rapprochait inexorablement. Pour autant, devais-je m'abandonner à la mort gelée, à cet élément que je haïssais si profondément ? Alors, malgré l'inéluctabilité de ce destin, je continuai pourtant à battre des ailes encore et encore. J'avais l'impression que mon dos, que mon corps, que mes os se tordaient contre l'air, que mes ailes manquaient de se plier sur elles-mêmes. C'est mon être tout entier que l'on tentait de déchirer.

Néanmoins ma douleur était indifférente au monde. Et comme un spectacle figé dans le temps ou dans la glace, je me pus empêcher mes jambes repliées sous moi pour les protéger jusqu'au dernier moment de s'enfoncer lentement dans l'eau glacée. Et le froid, à moins que ce fut la haine réciproque de la mer, s'infiltra immédiatement à travers mon pantalon pour s'enfoncer comme des millions de petites aiguilles dans ma peau fragile. Le choc fut si intense que mon être tout entier se tordit en arrière, comme frappé par la foudre. Mais mes pieds vinrent rencontrer un sol meuble à travers la masse liquide, me faisant glisser en avant. Mes yeux aperçurent la plage tandis que mes mains tendues en avant rencontrait le sol et m'évitait de m'enfoncer tout entier.

Je n'avais jamais vraiment compris ce qu'était l'énergie du désespoir jusque là. D'habitude, quand j'ai mal je me replie sur moi-même, je pleure, je crie, mais je n'agis pas, je m'enfonce sans force vers la mort. Pourtant cette fois-ci, mes muscles bougèrent d'eux-même, je n'eus même pas le temps de réfléchir. C'est mon corps sans moi qui se mit à bondir, à gravir mi-debout mi-rampant, comme une bête, la côte jusqu'à être hors de danger. Je ne remarquai pas les coquillages qui mes griffaient les mains, ni le ressac qui me poussa vers l'avant. Je n'avais plus rien à l'esprit, si ce n'est que m'extraire de toutes mes forces de ce cauchemar marin pour me jeter contre le rivage.

J'étais à bout de souffle, épuisé par cette lutte que je n'avais pas mené consciemment, mais surtout éprouvé par ce que j'avais dû vivre. Mon corps recroquevillé ne m'obéissait plus. Je n'étais plus que larmes et sanglots que le vent soufflait vers le large. Je n'étais plus que douleurs, niché dans le froid comme dans un nid d'épines, le corps tordu, les ailes pendantes, oubliées contre le sable. J'étais vide, dépourvu de souffle et abandonné par l'espoir, sans plus le courage qui était nécessaire pour continuer. Je n'étais plus qu'une boule, sans raison de reprendre forme humaine.

Puis le soleil mourut. La surprise fut suffisante pour anesthésier pendant quelques instants la peur et les tremblements. Je relevai les yeux et au loin vis plusieurs femmes figées sur elles-mêmes. Je ne compris pas ce qu'elles faisaient alors je tentai d'attirer leur attention en agitant les mains et de les appeler en criant :

Ohé ! que le vent souffla vers le lointain.

Au lieu que cela c'est l'écho lointain d'un cri strident qui me parvint depuis cet étrange groupe. Je me mis à courir dans leur direction malgré la distance. Je ne savais pas ce qui arrivait mais quoi qu'il se passe, je voulais pouvoir leur être utile. Néanmoins, je n'étais pas le meilleur coureur et le sable était affreusement traître. Je mis plusieurs instants avant d'arriver couvert de sable et un peu essoufflé. Dans leur dos, j'avais immédiatement remarqué la forme anormalement repliée des ailes de l'une d'elle, d'autant que des flèches en dépassaient. Je voulais aider à les soigner sans plus tarder mais je savais que cela pourrait être douloureux, c'est pour cela que je prévins :

On dirait... je m’efforçai de rassembler mon souffle, aff... aff... que les flèches sont couvertes de poison. Il faut les enlever sans tarder avant qu'il ne se prop-... À ce moment, tandis que le groupe se tourna vers moi, j'aperçus avec effroi l'une d'entre elle complètementsubmergée par les flammes. Oh mon dieu ! Mais vous êtes en feu ! Vite, aidez-moi, il faut apporter de l'eau !

Je tentai vainement des calmer les flammes en secouant les mains mais je savais que cela ne changerait pas grand chose. Il fallait vite étouffer les flammes.

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