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 Quand la nuit se fait noire

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MessageSujet: Quand la nuit se fait noire   Quand la nuit se fait noire Icon_minitime1Ven 31 Jan - 12:43

Après sa fuite, appelons les choses par leur nom... Umar sillonna les airs afin se s'en retourner jusque dans son antre. Il lui déplaisait de revenir là, mais les circonstances firent qu'elle n'en n'eut guère le choix. Déposant Mayufu juste devant l'embouchure, la sorcière des ténèbres s'écroula un peu plus loin. La main accolée à son oeil crevé, ses dents demeuraient soudées par la douleur. En dépit de son visage méchamment balafré par le projectile de la rôdeuse, la fille du feu se précipita jusqu'au chevet de son amie. Terriblement inquiète pour sa vie, elle laissa son instinct prendre les rênes. Le coeur empli de haine au souvenir de l'archère, Mayufu arracha la griffe sans force d'Umar plaqué sur son orbite, et cautérisa de son élément la plaie de cette dernière. Le grésillement de la chair brûlée et du sang cuit fut rapidement couvert par un terrible hurlement. La sorcière des ténèbres avait conscience du bien fait de cette pratique, aussi ne chercha t-elle point à repousser la Flammèche. Bientôt, l'odeur qui accompagnait ce bruit atroce remonta jusque dans les narines de Mayufu, laquelle finit par verser une larme qui alla s'écraser directement sur son tison qui n'était autre que sa main. Une fois terminé, la fille du feu se retira lentement. Le visage d'Umar était à moitié brûlé, mais son fluide vital avait cessé de s'écouler.

Le cheveux empoissés par la sueur, la sorcière des ténèbres s'assit quelques minutes après son supplice. De son oeil valide elle regardait Mayufu à genoux auprès d'elle. Mais en tentant de se relever pour de bon, une douleur aiguë lui traversa l'abdomen. Manifestement plus mal en point qu'elle ne l'estimait, Umar s'essaya à se soigner, sans succès... Son pouvoir de l'ombre n'était guère en mesure d'endiguer les blessures causés par les harpons d'Azura. Et la Flammèche ne pouvait rien faire de plus, tant la plaie était profonde. Atteinte dans sa fierté, la sorcière des ténèbres se traîna jusque dans les tréfonds de sa grotte. Mayufu voulut l'y aider, hélas... c'était sans compter la frustration que son amie éprouvait en ce terrible instant. S'isolant dans une bulle obscure, Umar ne désirait plus qu'une chose, qu'on la laisse tranquille, seule.

Se rangeant au choix de son amie en dépit de la peine qui lui enserrait le coeur, Mayufu s'allongea à même le sol. Située sous la voûte rocheuse qui servait de porche à l'antre d'Umar, la fille du feu ne décrochait point son regard des arbres qu'elle avait brûlé quelques heures plus tôt. La végétation fumait encore sur les restes de son caprice, mais alors qu'elle songeait au fait que ce fut cette action précise qui engendra la situation où elles se trouvaient présentement, un hurlement qu'elle reconnaîtrait entre mille, déchira le calme de la nuit. Il devait être pas loin des deux heures du matin lorsque Mayufu vit une énorme masse foncer dans sa direction ! Trop tard pour s'échapper, aussi, mourir pour mourir, autant le faire en beauté pensa t-elle ! Alors que ses mains s'immolaient, la bête fit un bond terrifiant avant de se heurter à un mur d'ombre. Le choc fut d'une violence extrême, mais la colère de la fille du feu l'était d'avantage. Quelle que pouvait être cette chose, il fallait en finir ! Cependant, Umar ne partageait point cet avis. Il suffisait de constater avec quelle force la créature s'attaquait à la paroi pour se rendre compte que la Flammèche n'avait pas l'ombre d'une chance. D'ailleurs, celle-ci finit par se retourner afin de faire comprendre à son amie qu'elle était parfaitement capable de rôtir cette satané bestiole. Mais la sorcière des ténèbres ne voulait rien entendre, très affaiblie, les assauts du monstre menaçaient à tout instant de briser le mur... or, si cela venait à se produire, c'était la mort assurée !

Plus les minutes s'écoulaient, plus l’hystérie de Mayufu allait crescendo. Ayant à peine la force d'isoler la grotte, Umar perdit patience et propulsa violemment la Flammèche contre la roche. Sonnée, le sol se précipita vers elle... Lorsque la conscience lui revint, la fille du feu constata en plus de sa migraine, que le soleil s'était levé sans elle. La créature avait disparue, ainsi que le mur. Mais son palpitant manqua d'imploser lorsqu'elle vit Umar gisant un peu plus loin, dans une mare de sang. À la fois perdue et terrifiée, Mayufu s'osa à secouer son épaule. Complètement inerte, la sorcière des ténèbres bascula sur le dos, le visage ensanglanté. Hormis les ravages qu'avait pu faire l'archère, aucune autre blessure n'était à recenser. Au bord du gouffre émotionnel, la Flammèche fit usage de son pouce afin de constater l'état de son oeil restant. Se faisant, la peau de son amie s'enfonça sous la pression. Un bruit écoeurant naquit juste avant qu'une sorte de mousse grisâtre ne s'échappe par le canal lacrymal. Cessant immédiatement l'opération, Mayufu plaqua sa main en partie maculée de cette matière au devant de sa bouche. Choquée, elle s'empressa finalement d'écouter son coeur... C'était léger, mais il battait encore. L'état d'Umar était si préoccupant que la jeune fille fut incapable de soupirer de soulagement, ce qu'elle aurait fait en temps normal.

Au crépuscule, la sorcière des ténèbres était relativement propre. Mayufu s'y était attelée toute la journée par d'incessants allés et retours entre l'antre et la rivière. Désormais, son corps lavé de toute souillure, permit à cette dernière de recouvrer un semblant de conscience. Son souffle empestait la charogne, signe d'un déclin vital. Mais fallait-il s'y fier ? Umar était bien plus qu'une simple Mortelle. Hélas, sa cécité remettait nombre de choses en cause. Un état de fait sur lequel aucune d'entre elles ne purent se lamenter. Et pour cause, au retour de la nuit, le glas du monstre sonnait leur fin ! Sans façon si l'on voulait l'avis de la sorcière des ténèbres. Rassemblant ses quelques forces, elle s'empara de la Flammèche à l'instar d'une princesse, foula la terre meuble une bonne dizaine de fois, puis s'envola telle une flèche en direction des cieux.

Incapable de se repérer en étant délester de sa vue, Umar demanda à Mayufu de lui indiquer une direction à suivre, ce qu'elle fit. Tandis que les hurlements de la créature s'éloignaient, la sorcière des ténèbres prenait peu à peu de l'assurance à mesure que ses ailes battaient. Exténuée, la Flammèche finira par s'assoupir trois heures plus tard dans les bras de son amie qui volait toujours. Au petit matin, Mayufu eut à peine le temps d'ouvrir les yeux qu'elle dû hurler ; "ATTENTION !!!" à l'oreille d'Umar. Sur ce cri, la démone aveugle prit immédiatement de l'altitude. Mais alors qu'elle voulut redresser, la Flammèche l'avertit que le moment n'était pas encore venu ! Une vingtaine de mètres plus tard, la jeune fille se calma et put ainsi permettre à Umar de se poser. Elle était pourtant certaine d'avoir maintenu l'assiette tout du long, confuse, la sorcière des ténèbres manqua de s'excuser lorsque Mayufu plaça son doigt sur ses lèvres. Parfaitement au fait de la signification de ce geste, la démone se tut. La fille du feu lui expliqua alors que cette falaise qu'elle manqua de percuter se trouvait étrangement dans le ciel, et que de là où elle se trouvait, soit au bord, elle pouvait apercevoir l'océan. Pourtant, cette surprenante découverte ne signifiait rien aux yeux de Mayufu à côté de la vigueur en partie retrouvée de son amie. Et ce fut par une longue et chaleureuse étreinte qu'elle le lui fit savoir, elle qui s'était tant inquiétée.

Toutes deux finirent par s'asseoir sur cette terre en lévitation, les jambes suspendues dans le vide. Umar profita d'ailleurs de cet instant de quiétude pour raconter à la Flammèche le déroulé de la nuit précédente. Alors que le monstre attaquait sans relâche la paroi d'ombre qu'elle avait dressé, elle dut la maintenir en place jusqu'à ce qu'il finisse par se lasser. Et pour y parvenir, elle dut puiser l'énergie au plus profond d'elle-même. Se faisant, son oeil survivant se mit à fondre comme neige au soleil. La douleur était terrible, mais la volonté de survivre l'était bien plus encore ! Puis, peu avant l'aube, sans que rien ne l'indique, la créature détala. Elle serait restée ne serait-ce qu'une heure de plus, Umar se serait dissoute de l'intérieur... Bien que désolée de l'apprendre, Mayufu la remerciait pour son sacrifice et se réjouissait de la savoir en vie. Toutefois, elle était désireuse d'apprendre ce que son amie comptait faire maintenant que son sens de la vue lui avait été retiré. La sorcière des ténèbres sut la rassurer en un clin d'oeil - sans mauvais jeu de mots -, à savoir que même s'il ne restait d'elle plus qu'un tronc et des ailes, les terres et les eaux rougiront toujours sous son ombre. De plus, qu'est ce qu'il pouvait y avoir de mieux que l'obscurité pour Umar ? La cécité, c'était le comble pour une sorcière des ténèbres... Quand bien même elle l'ignorait encore, la démone était certaine de trouver sa voie.

Trois semaines plus tard, une bonne partie de l'île flottante fut visitée par Mayufu, tandis que Umar travaillait sans relâche afin de changer son handicap en force. Il y avait un avantage et un inconvénient à cette terre. L'avantage résidait dans le fait que personne d'autre ne vivait ici, et que le monstre ne risquait point de s'en venir les ennuyer. Quant à l'inconvénient, la nourriture ! Jamais de leur vie ces deux là n'auront été aussi végétariennes qu'en ces lieux... La semaine qui suivit fut en revanche bien différente de par les changements majeurs chez Umar. Sa vision n'était plus, mais elle pouvait de nouveau distinguer le monde. Alors que son sort échappait complètement à la Flammèche, la sorcière des ténèbres parvint à faire sienne et surtout à comprendre, la puissance de l'Umar qui était rattachée à ce monde. Une force telle que si elle le voulait, elle pourrait récupérer ses yeux ! Mais à l'instar de Mayufu qui tenait par-dessus tout à conserver sa cicatrice, la démone avait totalement adopté l'obscurité. Plus rien ne serait à même de se mettre en travers de sa route désormais.

Ce fut donc ensemble qu'elles reprirent l'expédition afin de se rendre jusqu'au coeur de l'île. Les galeries éternelles furent bravées sans un moindre mal par l'orientation infaillible de la nouvelle Umar. Aussi, une fois le centre découvert et son mystère percé, la sorcière des ténèbres n'hésita pas une seconde. Attrapant le poignet de Mayufu, elle plaqua la main de cette dernière sur le socle ! Ce faisant, Limouria toute entière devenait sa légitime propriété. Un acte que la jeune fille condamna, puisque dans son esprit, Umar était la seule qui devait régner. Mais la démone la prit dans ses bras, ce qui imposa le silence, à la suite de quoi, elle ajouta qu'elle lui avait sauvé la vie, et que c'était elle qui avait trouvé cette île, d'une part avec la direction qu'elle lui avait donné, et de l'autre parce qu'elle l'avait décidé ! Si vraiment elle était seule à gouverner, elle n'avait donc pas à contester son choix. Prise par les sentiments, Mayufu dut se ranger à la décision de son amie.

Le tout étant à présent de savoir où aller. La fille du feu n'eut pas long à réfléchir, il fallait rayer ce village de la carte ainsi que tous ses habitants, archère comprise, surtout elle d'ailleurs ! Et bien que Umar espérait d'avantage d'ambition qu'une simple vengeance, il fallait bien commencer quelque part. Ainsi Limouria prit la direction des terres, hélas, avec une progression bien trop lente du point de vue d'Umar et de l'impatience de Mayufu qui n'avait qu'une hâte, en découdre ! La sorcière des ténèbres fit donc une prodigieuse démonstration de sa nouvelle puissance. Survolant le sommet de l'île, elle accéléra sensiblement son avancée. La terre se mit à trembler et le vent se lever. L'astre solaire était au zénith, et malgré cela, Umar n'avait aucun mal à précipiter cette immense rocher jusque dans la province de Nandis, tout près de Chaara-khole. Au lendemain matin, soit le sept khole du mois de Gaïa, la surprise des pêcheurs allait être à son comble lorsqu'il verront une telle chose survoler leur piètre demeure. Quoi qu'il en était, Umar savait sa protégée prête à livrer non pas une bataille, mais la guerre ! Elle l'avait suffisamment "vue" s'entraîner à cette fin. Le véritable carnage allait pouvoir commencer !


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MessageSujet: Re: Quand la nuit se fait noire   Quand la nuit se fait noire Icon_minitime1Ven 31 Jan - 18:38

Un air frais, le vent caressant son visage, les premiers rayons de soleil venant lui réchauffer le visage, Mayufu se tenait au bord de l'île flottante, sur un rocher surplombant un peu le vide et dont un arbre avait élu domicile, entortillant ses racines autour de ce dernier. Appuyée contre le tronc, la jeune fille ouvrit les yeux pour observer l'horizon au loin et en-dessous d'elle. Une énorme étendue d'eau à perte de vue ainsi qu'une côte se rapprochait d'elles. Commençant à percevoir quelques lueurs de torches ou autres éclairages jonchant les rues de ce qui semblait être un village côtier. À part le son du vent qui passait entres les arbres autours d'elle, la jeune fille s'ennuyait de ce silence de mort. Certes, elle avait profité de tout le temps passé ici pour s'entraîner et se familiariser un peu plus avec ce monde tout en laissant le temps à son amie de se rétablir et reprendre du poils de la bête. D'ailleurs, en parlant de bête... celle dont elle avait eu affaire à multiple reprise aux collines d'Umar la hantait, même dans ses rêves. Enfin, peut-on réellement appeler cela des rêves ? Après tout, une fille comme elle pouvait-elle encore seulement rêver ? Quoi qu'il en soit, cette dernière était obsédée par cette chose. Ne comprenant pas pourquoi elle était tout le temps là. Se retrouvant à être constamment angoissée à force de se maintenir sur ses gardes vu qu'elle finissait toujours par venir à leurs encontre. Bien que Umar était maintenant bien plus en forme qu'à leurs arrivées dans ce monde, Mayufu avait bien plus confiance si jamais elle se repointait. Mais avant tout, il allait falloir trouver quelque chose à faire, histoire de ne pas être rouillée quand le loup géant se retrouverait encore sur leur chemin. Surtout que ce dernier ferait face à deux personnes différentes que celles rencontrées au début. Mayufu ne s'étant pas contentée de rester les bras croisés ! Elle avait parfait l'utilisation de sa magie, découverts ses pouvoirs ainsi qu'un nouveau compagnon de route ! Du coup, elle n'avait qu'une seule hâte : Voir ses nouvelles limites et jusqu'où elle pouvait pousser sa nouvelle force. Savoir jusqu'où elle pouvait aller afin de mieux protéger Umar par la suite. Car l'ayant presque perdue pour de bon, la jeune fille ne voulait surtout pas revivre une telle situation. Celle-ci l'ayant déjà suffisamment traumatisée... Du moins, elle ne le permettrait pas ! Umar était ce qui était le plus cher à son cœur.  Cette dernière avait fait un tel sacrifice d'elle-même pour lui permettre de vivre, malgré sa faiblesse évidente sur le moment... Elle lui devait tout. D'abord angoissée par la perte de sa vue... Umar avait su s'approprier ses nouveaux pouvoirs, ou du moins d'en saisir l'essence, pour mieux le manipuler et revoir à nouveau, à sa façon. Bien qu'elle était un peu vexée que la Sorcière ne répare ses yeux et son visage pour elle, elle accepta son choix. Non pas que ça changeait quoi que ce soit à sa beauté, mais elle préférait garder les marques de sa faiblesse sur elle-même plutôt que sur celle qu'elle aime...

Soupirant longuement, la Flammèche abandonna le tronc que lequel elle était adossée pour s'approcher du bord et observer au loin. Le soleil se levant à peine, le village qu'elle apercevait au loin devait en faire de même, à part les quelques marginaux travaillant la nuit. Mais dans tout les cas, quoi qu'il puisse bien se passer, aucuns d'eux ne devaient se douter de ce qui venait sur eux. Ils n'y verront qu'une île volante en premier lieu, évidemment. La suite, ils la sauront bien assez tôt. D'ailleurs, bien plus au loin, une distance que Mayufu estima d'une dizaine de kilomètres, elle pu distinguer une énorme masse avec des minuscules lueurs. S’agissait-il là d'une cité ? Voire même d'une capitale ? Était-ce similaire à la capitale d'Athkatla ? Jetant un regard noir à cette silhouette, la jeune fille se promit d'y faire un tour. Premièrement... pour voir ce qu'il en était. Secondement, comme d'habitude, y tuer tout ce qui s'y trouve là-bas. Mais tout d'abord, elle avait le village d'Umar en ligne de mire et ceux ayant blessés sa chère et tendre. Sans trop s'en rendre compte, à force de serrer les poings, elle s'était blessée légèrement à la main droite, du sang ruisellant dans la paume de celle-ci. Rien que de repenser à cette face d'archère la mettant dans une rogne sans nom. Se promettant alors de tout faire pour la tuer elle et ses amis. Mais ses amis avant, dans les plus horribles souffrances. Qu'elle puisse bien les voir avant de l'abattre. Un souhait simplet pour certains, mais pour Mayufu, toucher à Umar, quelque soit la façon, était l'équivalent que de signer sa propre mort. Il n'y avait qu'elle qui pouvait l'approcher de la sorte ! Détachant son regard de sa blessure, Mayufu fit demi-tour et reposa pieds sur la terre ferme de l'île. Arrachant une pomme à l'arbre qui l’avait accompagné dans ce petit moment. En y repensant... elle n'avait quasiment mangé que ça en étant ici. Vu qu'il n'y avait que de la végétation, fruits et légumes étaient les menus de tout les repas... tant qu'elle pouvait avoir quelque chose de sucré, ça lui allait. Le reste ne lui manquait même pas. Déjà pas friande de viande ou autres... Il était temps qu'elles commencent à bouger un peu. Car quand les questions sur l'alimentation commençaient à se poser, c'est qu'elle s'ennuyait vraiment à rester plantée sur cette île sans faire d'arrêt détente !

Marchant le long de l'île tout en terminant sa pomme, jetant les restes par-dessus bord, elle revint auprès de son amie, tout en ne détachant pas son regard de l'horizon. La côte s'était bien rapprochée, le soleil était levé. Tout le village devait être en panique en ce moment même à l'approche de cette énorme île. Couchée au bord de celle-ci, jambes dans le vide, les mains posées à plat sur l'herbes fraîche, elle ne pouvait pas décrire la sensation qu'elle ressentait depuis qu'elle s'était "liée" à cette île. Une drôle d'énergie circulait entre elle et celle-ci. C'était étrange. Après tout, n'était-ce pas juste une sensation ? Pouvait-on vraiment sentir la vie d'une île malgré le fait qu'elle réagissait à ce qu'elle attendait d'elle ? Y avait bien des mystères à découvrir sur celle-ci et elle comptait bien le faire. Umar étant probablement la plus apte à comprendre ce qu'elle était réellement. C'était bizarre pour la jeune fille de se dire que tout ceci lui "appartenait". Bien qu'elle avait contesté le choix d'Umar que de la rendre propriétaire des lieux, elle devait avouer que d'avoir eu cette attention lui avait conféré un certains plaisirs. Non pas pour le côté matérialiste mais du geste. Au-delà du fait que la Flammèche était prête à tout faire pour aider, protéger et aimer Umar, avoir quelque chose en retour, ça lui faisait plaisir. Une sensation qu'elle n'avait pu ressentir que  depuis qu'elle avait rencontré la Sorcière des Ténèbres. Son index droit effleurant sa cicatrice sur le visage, elle se décida à briser le silence pour interpeller Umar. 

- En-dessous de nous, y a un village de perdus... Désigna t'elle de sa main droite levée, l'index pointé vers le bas et pointant ensuite l'horizon droit en face. ... Et plus loin, je dirai à une dizaine de kilomètre, y a l'air d'avoir une énorme cité, du même genre qu'Athkatla, probablement une capitale... Faudra y faire un tour un jour non ?

Se redressant ensuite, face au vide, Mayufu observa avec attention la foule qui s'agitait sous ses pieds. C'était la panique au vu de comment les petits points qu'elle percevait se déplaçaient dans tout les sens. Elle n'avait qu'envie de descendre et de leur passer ses salutations avant de reprendre sa route pour les collines d'Umar. Mais à force de rester ici à s'entraîner simplement, elle finirait par s'affaiblir plus qu'autre chose si elle n'avait rien de concret. Se rapprochant d'Umar, qu'elle s'empressa d'enlacer fortement mais avec beaucoup de tendresse, elle lui déclara son envie d'aller faire un tour là en-bas afin de mettre en pratique ses nouveaux pouvoirs, ainsi que les siens, tout en faisant usage de politesse à leurs voisins éphémères histoire de se présenter un peu. Imaginant bien que leur passage précédent au village d'Umar n'était pas passé inaperçu et que des échos avaient commencés à se répandre. 

- Je te propose qu'on aille leur passer le bonjour, de si bon matin ! Déclara Mayufu, complètement excitée d'avoir de l'action après ces trois semaines passées sur l'île. J'aimerai que tu me montres ce dont tu es capables maintenant et un peu de pratique pour moi aussi ne me ferait pas de mal ! Frappant dans ses mains, comme pour s'applaudir de sa hâte, elle retourna rapidement au bord de l'île, jetant un regard vers le village. En plus, ça m'a l'air d'être déjà la panique en bas. Mais ce coup-ci, tu ne m'imposes pas de règle de mort, hein ? J'en bute autant que je veux, d'accord ? Hein ? 

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