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P.N.J
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MessageSujet: En bas là !   En bas là ! Icon_minitime1Mer 7 Déc 2022 - 21:40

[Arrow...suite de ~ICI~]

Une unique petite fenêtre permettait à la lumière naturelle d'entrer, révélant ainsi une quantité effarante de barreaux. Pas de clôture en pierre, seulement des barreaux tout juste espacés pour qu'un enfant mal nourri puisse y passer le bras. Elizabeth plongea ses yeux perçants dans ceux d'Albrecht, puis plaqua la main de ce dernier contre l'une des tiges métalliques qui le jouxtait ! Le fer était glacial, au moins autant que pourrait l'être un glacier par une nuit sans nuage. Elle lui sourit tout en susurrant :

En bas là ! Eli10

- Vous le sentez mordre votre chair ? Dites vous alors qu'il est plus chaud que mon coeur ne le sera jamais ! Bien que cela sonnait comme un avertissement, on pouvait également déceler dans sa voix une détermination ébranlée. Comme un acte suivit de paroles qu'elle aurait reproduit des centaines de fois, mais que l'échec aurait entaché... Suivez-moi !

D'un pas franc, la Dame de fer fit serpenter les tourtereaux entre les différentes cages aussi vide qu'une table un jour de famine, elles étaient si nombreuses... Et quand elle parvint enfin jusqu'à celle qui l'intéressait, elle passa derrière Albrecht et sa courtisane avant de s'adresser directement à la prisonnière qui demeurait enchainée à même le sol.

- Il n'était pas convenu que ce soit toi ! Où est Arcadia ? S'insurgea Elizabeth en reconnaissant le visage si lisse d'Isnylia.

En bas là ! Volll10

- Ailleurs qu'ici ! Répliqua la donzelle qui ne manquait pas de mordant. Comme vous pouvez le voir, tout ne s'est pas passé exactement comme prévu. Pour vous non plus d'ailleurs, le Barde ne serait finalement point l'odieux personnage que vous le soupçonniez d'être ? Termina la détenue d'un ton moqueur.

- On fera la liste de mes défaillances plus tard, fais ton rapport !

- La cérémonie poursuit son cours, et les gardes sont plus prudents que jamais. L'épisode de la robe étant une attention purement personnelle, faisait qu'il n'y avait nullement besoin d'en faire mention. Continuez votre visite, mais si j'étais vous, je ferais montre de prudence si vous veniez à trouver celle que vous cherchez.

Quand elle eut fini, Isnylia coinça son regard dans un coin que nul ne pourrait venir accrocher. Comprenant alors qu'elle n'obtiendrait plus rien de sa part, Elizabeth rebroussa chemin avec le couple sur ses talons. Une fois à l'abri d'éventuelles oreilles, sa langue se délia mystérieusement.

- Le problème semble avoir gagné nos rangs, voilà qui ne me plait guère. Marmonna t-elle le faciès défait par la honte. Je n'ai aucune confiance en cette guenille, mais ce n'est pas dans son style de me mettre en garde contre un membre qu'elle affectionne. Si vous avez des suggestions autre que votre bordel, je suis toute ouïe ! Gronda t-elle derechef.

Il n'y avait pas à craindre les gardes, ces cellules étaient conçues pour détenir les fauteurs de troubles uniquement de façon provisoire, pas plus de douze heures en général, en garder l'entrée était donc amplement suffisant. Après tout, personne ne se glissait en douce en prison. A l'exception des membres de la guilde de la dague ensanglantée, et comme ils ne libéraient jamais leurs sbires depuis les sous-sols du palais, leur secret s'assurait d'être bien gardé. Restait à découvrir si Sir Albrecht avait autant de corde à son arc que le prétendait sa réputation.

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Albrecht Rothke
Albrecht Rothke
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MessageSujet: Re: En bas là !   En bas là ! Icon_minitime1Mar 27 Déc 2022 - 22:46

Les choses se déroulaient vite aujourd’hui. Bien trop vite pour moi, en tout cas. Si vite que je me demandais encore si j’avais vraiment quitté le Lys Pourpre au petit jour pour venir assister au mariage du roi. Peut-être étais-je toujours dans mon lit, bien au chaud, à faire un cauchemar comme il pouvait m’arriver d’en faire à l’aube d’une journée importante ? Après tout, barde, noble, roi ou roturier, tout le monde rêve ou cauchemarde. Pas vrai ? Malheureusement, je pouvais me pincer, me gifler ou me planter une aiguille dans la partie la plus charnue de mon anatomie, rien de toutes ces techniques ne changeraient les faits : j’étais bel et bien présent, ce matin même, dans les geôles du palais. Et c’était bien la seule zone du palais que j’aurais aimé ne pas connaître. Cependant, l’heure n’était pas à l’apitoiement. Au delà de mon triste sort et de l’état déplorable de mes habits; se jouait un jeu auquel je rêvais de participer depuis des années, bien que je n’y tenais pas le rôle que j’aurais aimé. J’étais ici le suspect, l’accusé à tort et le malmené pour cracher des informations qu’il n’avait pas. Tout ceci était totalement fou, rien n’avait de sens. Je me demandais encore comment avait-on pu me lier à ces projets ? Je l’avais déjà pensé auparavant, mais la boucle était liée dans ma tête et se jouait encore et encore, comme une mélodie simpliste qu’on jouait tout le long d’une chanson populaire : J’aspire aux hauteurs du monde, pourquoi tenterais-je de faire s’écrouler ce dernier ?

Malgré cette litanie incessante, il me fallait avancer, en compagnie de Saelie et d’Elizabeth, cette dame paradoxale en tout point, aussi belle que terrifiante, d’apparence à la fois douce et brutale. Cependant, malgré ses efforts pour renforcer son image de dame de fer, son égo et sa confiance en elle semblaient ébranlées profondément par son erreur. Au moins je n’étais pas seul à être désappointé par cette injure faire à mon égard. Bien que dans son cas, ce n’était pas de m’avoir malmené qui la troublait, mais d’avoir fait fausse route. Je n’avais d’autre choix que de m’en contenter.

Alors que ma diatribe semblait ne pas vraiment avoir fait mouche, Elizabeth nous enjoignit, Saelie et moi même, à cordialement la boucler le temps de s’extirper de notre confortable hébergement de fortune. Toujours nue comme un ver, elle disparut un instant qui sembla une éternité afin de s’assurer que la voie était libre. Ma jeune amie, compagne d’infortune, prit le temps de remarquer notre statut du moment, qu’elle qualifia d’otage. Puis se reprit d’elle même en promettant de se tenir tranquille. Je n’y reconnaissais pas les valeurs que j’essayais de transmettre dans mon « lupanar » comme disait l’elfe peu avant, mais je ne pouvais pas reprocher à ma compagne son chamboulement et ne sentais nullement le besoin de la reprendre sur ce point ou de lui expliquer ma vision du Lys Pourpre. J’aurais tout le loisir de le faire et le refaire une fois sortis d’affaire, si nous nous en sortions. Et si ce n’était pas le cas, ma tête désolidarisée de mon corps, plantée sur une pique, se ficherait bien de savoir si les filles de mon établissement se sentaient oppressées ou si elles étaient en position de force face aux puissants. À l’instant présent, seule ma survie, et éventuellement celle de mon accompagnante, comptait. Quoi que cette seconde condition n’était qu’un idéal, à choisir, ma vie restait la plus importante. Je pouvais être doux, gentilhomme et courtois, mais il ne fallait pas non plus trop m’en demander. Tout avait une fin, ma bonhommie en avait une simple : moi avant le reste.

Alors que je laissais Saelie dans son doute, Elizabeth reparut enfin, après une courte période qui sembla être une éternité, vêtue d’une robe miteuse. Ainsi sapée, elle aurait pu être bousculée dans des ruelles obscures comme une vulgaire mendiante balafrée. Cependant, elle restait une guerrière redoutable, aussi miteuses soient ses guenilles. Et l’heure n’était pas vraiment à la réflexion sur les toilettes de nos bonnes dames. Quelques secondes après, nous nous étions enfoncé dans le noir complet, la lanterne éteinte. Le monde semblait n’avoir plus cour ici, le temps, l’espace, les corps, rien n’avait d’impact dans l’obscurité. Seules nos respirations me rappelaient que nous étions ici à trois personnes et que nous étions encore en vie.

Fort heureusement, il ne fallut pas bien longtemps avant que nous retrouvions la lumière. Il n’était pas plaisant de comprendre que nous étions toujours dans les geôles, mais au moins, nous étions sorti du cachot le plus profond. Les barreaux qui se succédaient formaient un dédale labyrinthique fort peu commode. L’elfe s’adonna à un effort d’intimidation ridicule à mon encontre, en me posant la main sur un barreau d’acier glacé, m’intimant alors qu’il était plus chaud que son coeur. Que c’était original, le coup du coeur gelé. En d’autres circonstances, j’aurais ri ou aurais trouvé un sarcasme mordant à envoyé tout de go. La situation ne s’y prêtait pas vraiment et je m’en abstint donc. Je ne pouvais pas, cependant, rester totalement muet. Il n’était pas dans les habitudes de cet orateur de talent, de ma personne, d’Albrecht Mathias Wilhelm Rothke de rester silencieux.

- Vous oubliez, ma chère, que même l’acier le plus froid fut forgé à chaud. Et qu’une petite flamme peut le rendre si chaud qu’on ne puit supporter son contact.

Je n’en dit pas plus, il n’était pas temps de disserter sur la beauté des coeurs et des corps. Ma réponse était déjà inutile, mais je ne pouvais pas m’empêcher de parler. C’était dans la nature même d’un barde, je n’allais donc pas m’excuser d’être loquace.

Bien vite, Elizabeth nous guida dans ce dédale d’acier ajouré vers une cellule où était enchaînée une femme. Selon toute vraisemblance, celle-ci n’était pas celle qu’espérait trouver l’elfe. Les quelques paroles échangées suffirent néanmoins à renforcer les doutes de notre guide et par extension, les miens. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je su me taire à ce moment précis. Bien que j’eus l’envie de reprendre la dame enchaînée quant au qualificatif utilisé en me citant. Aussi impulsif puisse être ma personne, parfois, je savais aussi simplement la boucler. Nous furent bien vite éloignés de cette informatrice de fortune, qui, de fait, ne semblait pas apporter assez d’informations à Elizabeth pour vraiment nous sortir de notre mauvaise passe.

Je n’étais plus vraiment sûr de pouvoir me fier à ma compréhension, tant ce qui se passait s’enchaînait et sortait de mes habitudes. Cependant, nous avions ici des histoires de trahison, de taupe, d’agent double. Au moins, si je survivais à tout ça, j’aurais de quoi écrire des chansons et des récits pour vider les bourses des habitants des contrées les plus éloignées. Si je pouvais quitter Nandis un jour. Car nous ne chantons jamais les faits obscurs ou complexes d’une ville en son sein, c’est une règle évidente de survie quand on est barde, on chante des rêves lointains aux locaux et si on critique un régime, on le fait loin de son contrôle. Je rassemblais néanmoins les paroles de l’elfe dans ma tête afin de reconstituer des phrases compréhensibles, tout en essayant tant bien que mal de lier ces dernières aux informations passées. La tâche devrait être simple, mais elle ne l’était pas, à ce moment précis.

- Vous nous dites donc que vous êtes ici pour enquêter sur un régicide potentiel. Qu’un de vos subordonné est sûrement un traitre infiltré, que nous ne pouvons nous fier à personne et que votre informatrice n’est pas la plus fiable. Je vous avoue qu’en l’état, cette histoire ne semble pas bien engagée pour une résolution favorable. Je pris le temps de la réflexion avant de continuer ma réponse, sachant que ma tête pouvait très bien décorer les remparts avec celle de l’elfe en cas d’échec. Vous avez raison quant au fait qu’il ne soit pas envisageable de rejoindre le Lys Pourpre maintenant, ce qui est dommage car j’aurais pu y chercher des renseignements dans mes archives. Cela dit, consulter les archives prend du temps et nous en manquons. Nous allons donc devoir improviser. Si nous paraissons en public actuellement, serons nous tués à vue ou, aux vues de votre poste, avons nous une chance de pouvoir au moins accéder à des personnes de confiance ? Je connais tous les hommes malhonnêtes, infidèles et perfides de la ville, car aucun noble ou bourgeois n’a les mains propres, mais un régicide ? Je ne connais personne d’assez dingue pour ça. Tous ne rêvent que de se mettre le roi dans la poche, pas de lui transpercer le ventre. A-t-il des ennemis déclarés ? Des comploteurs identifiés ? Peut-être, si vous en avez les moyens, pourrais-je faire porter un message à mes hommes au Lys Pourpre; pour avoir des renseignements sur des noms qui vous viendraient ?

Il n’était pas dans mes habitudes d’admettre conserver des informations sur certains clients. Cependant, ce n’était qu’un secret de façade, tous savaient que connaître les vices des autres était le plus grand des pouvoirs et que, par la force des choses, le propriétaire d’un bordel de luxe qui voyait les plus aisés de la ville venir troquer leur argent contre un peu de stupre et de luxure, détiendrait des informations et des moyens de pression plus ou moins évidents sur toutes les têtes qui franchirent le seuil de l’établissement.

- Votre suspicion à mon encontre pour cette affaire n’a pas lieu d’exister. Mais ma parole n’a pas de valeur en ces circonstances, j’en suis conscient. Cependant, pour que j’admette  ouvertement détenir des dossiers intéressants sur tous les riches hommes de la ville; vous pouvez être sûre qu’il en va d’une preuve de coopération. Le savoir et les mots restent les seules armes que je sais manier efficacement. Je suis pendu à vos lèvres pour savoir ce que nous devrions faire maintenant. Je ne suis pas un stratège militaire; simplement un ambitieux verbeux.

Alors que je parlais, j’essayais d’élaborer un plan, de trouver des moyens directs, détournés, légaux ou non, de faire avancer notre situation. Non pas parce que j’avais le sens du devoir et que sauver le roi et Elizabeth m’importait, mais parce qu’il en allait de ma propre survie. Et si le plan final menait à la mort de tous sauf moi, tant pis. Il fallait que je m’en sorte, moi. Idéalement, en héros ou avec une réputation de héros ou de citoyen modèle. Qu’au moins, je puisse toujours sortir de mon établissement en étant respecté et sans avoir la crainte de finir pendu ou égorgé au premier carrefour peu surveillé. Tant de possibilités, tant d’idées, mais toutes si peu envisageables dans l’instant. J’opérais dans la chaleur d’un bureau, caché sous un sceau anonyme, pas à visage découvert en marchant dans la boue. Je n’étais pas du tout dans mon environnement naturel et cela suffisait à brouiller mon esprit. J’espérais réellement que l’âme de soldate de l’elfe pourrait compenser cette tare réelle qu’était l’expérience du terrain.

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MessageSujet: Re: En bas là !   En bas là ! Icon_minitime1Lun 9 Jan 2023 - 14:04

Partie 2/2 :

La voix du Barde ricochait entre les barreaux, découpant son discours en de simples bruits de fond à mesure que le son se propageait dans l'immensité de la pièce. Dame Elizabeth ne pipa mot tout au long de son récit qui se voulait suggestif. Réceptive, elle donnait l'impression de réfléchir aux dires de son interlocuteur. Saëlie demeurait plus effacée que jamais, c'était à peine si elle écoutait. Au Lys pourpre, il était hors de question d'écouter aux portes, qu'elle se trouvait ou non dans le même espace que Sir Albrecht ne changeait rien à la donne. La courtisane ne faisait point partie du meilleur de ses filles parce qu'elle lui rapportait plus de gains, mais pour son indéfectible loyauté. Quand soudain ! une masse noire et duveteuse lui passa entre les jambes ! La chose fut si rapide que la jeune femme crut d'abord à un de ces immondes rats surdéveloppés. Mais lorsque l'animal s'assit un peu plus loin pour la fixer de ses yeux verts, son palpitant s'apaisa. La surprise passée, la question sur la présence du félin en ce lieu n'eut point le temps de se poser qu'une voix rauque et sèche s'éleva depuis le dos d'Elizabeth.

En bas là ! Kin10

- Votre dissection satirique sur les soupçons de notre rictus au pelage roux et aux oreilles pointues n'est pas pour me déplaire. S'annonça Kinsy, ce qui eut pour effet immédiat de faire s'écarter la Dame de fer, révélant ainsi sa petite silhouette au couple en présence. Tant qu'à dire des idioties, autant le faire avec panache ! De son regard perçant, la cheffe de guilde considéra le Barde sans ciller. J'admire votre désir d'en être, mais je pense que vos talents peuvent être exploités autrement. A quoi bon décrotter vos parchemins si vous ne savez pas quoi y chercher ? Des gens louches ? Hin ! Glapi t-elle d'un ton dédaigneux. Citez m'en un qui ne le soit point ? Un voile sombre passa sur son visage livide, changeant son expression jusqu'alors neutre en une moue plus inquiétante. Aucun des veaux gras arpentant les corridors de votre bâtisse n'a l'étoffe d'un tel comploteur ! Heureusement que non d'ailleurs, car si tel était le cas, je nourrirais de sérieux doutes quant à mes capacités.

Drapée d'un cuir sombre finement taillé, l'invité surprise se fraya un chemin entre le Barde et sa courtisane afin de lorgner la prisonnière qu'ils avaient aperçu un peu plus tôt. N'affichant que ses cheveux noir grossièrement attaché à la base de sa nuque au trio qui l'observait, Kinsy s'exprima derechef.

- Votre rôle dans cette enquête s'arrête ici, Elizabeth. Mais avant que la concernée ne puisse se défendre par des propos qu'elle pourrait regretter, la chétive assassin se retourna vivement, l'incitant au silence : Vous n'êtes pas de mon bord, n'allez donc pas m'apprendre ce que je sais déjà. Vous l'ignorez peut-être, mais la plupart de vos supérieurs n'ont d'autres choix que d'avoir recours à mes réseaux pour subsister, ce qui fait de vous une miette tomber de la table ! Le faciès autoritaire, Kinsy poursuivit. Vos compétences s'arrêtent aux docks, et sur le sujet qui nous intéresse, Isnylia sera plus indiquée.

En bas là ! Eli10

Fidèle à elle-même, Kinsy paraissait où on ne l'attendait point. Depuis combien de temps était-elle tapie dans la dimension des ombres qu'ils avaient tantôt traversé ? Ce n'était que la deuxième fois que la Dame de fer se confrontait à la cheffe de la guilde de la dague ensanglantée, et elle ne savait toujours pas comment se comporter avec elle. Et bien qu'elle en imposait malgré sa petitesse, surtout par sa manière de la dévisager, Elizabeth n'était guère disposée à abandonner sa traque ! Ce n'était point qu'une question de fierté, outre sa réputation, la demi-Elfe n'abandonnait jamais un travail qu'elle avait commencé. Kinsy n'était pas stupide au point de l'assassiner sur un simple coup de sang, mais en dépit de ce savoir, elle prit grand soin de choisir ses mots.

- Vous ne pouvez tout de même pas m'écarter d'un revers de la main, en plus de semer la panique au sein du palais en libérant un prisonnier ! Isnylia n'a pas mon expérience du terrain, et avec l'aide de Sir Albrecht je...

- Sir ? Est-ce ainsi que l'on dépeint un fournisseur de barbaques pour nobliaux pervers ? Rétorqua Kinsy afin de la faire taire. Ma décision est prise, n'y voyez aucune sentence !

- Comment le pourrais-je ? Questionna Elizabeth, dépitée.

- Je vous ai seulement dit que votre rôle dans CETTE affaire prenait fin. Pas que je vous jetais aux orties !

En bas là ! Fill10

D'abord le chat, et maintenant cette petite dame ? Plus les heures passaient, moins Saëlie avait confiance en l'avenir. Sir Albrecht avait beau avoir un sens aigu des affaires et de la répartie, que pourrait-il contre une lame bien affutée ? Cette inconnue de la taille d'un enfant avait rabattu le caquet d'Elizabeth sans que celle-ci ne cherche à lui remettre les pendules à l'heure. Nul besoin d'être versée dans le milieu pour supposer la place qu'elle occupait au sein de leur société de termites. Mais voilà que les évènements s'annonçaient sous un nouveau jour. Si elle avait bien compris, la harpie serait remplacée par la fille enchainée pour seconder Albrecht ? Pourquoi fallait-il que ce soit forcément une personne du sexe opposé, les messieurs n'existaient-ils donc point chez-eux ? Saëlie se surprenait à songer de la sorte, car elle ne se permettrait guère d'éprouver de la jalousie. Jusqu'à preuve du contraire, c'était lui qui la possédait, et non l'inverse. Non... en réalité, cette lassitude venait principalement du fait qu'elle savait combien les femmes pouvaient être vicieuses. Et quoi qu'on en dise, bien qu'investi d'un talent certain, Sir Albrecht restait un homme.

Aussi silencieuse qu'une ombre, la courtisane observa la petite dame trotter entre les cages pour se rendre jusqu'à la prisonnière qu'elle convoitait. Un cliquetis tinta mélodieusement à ses oreilles, puis la grille s'ouvrit dans un grincement strident. Les femmes s'échangèrent des mots que Saëlie ne put entendre depuis sa position, et l'instant d'après, la petite comme la grande s'en vinrent les rejoindre dans cette impasse qui tenait lieu de chambre de commandement. Curieusement, ce fut Elizabeth qui s'exprima la première.

- Qu'avez-vous découvert, Kinsy ? Questionna la demi-Elfe éprise par ce qui semblait être de l'angoisse.

- Pendant que vous innocentiez votre marlou, j'ai découvert que notre ennemi se trouve être le pire d'entre tous. Inclinant la tête, la Dame de fer attendait d'en savoir plus. Les Hauts-Elfes, toute la nation des Hauts-Elfes !

- Oh ! Elizabeth déglutit en tentant vainement d'étouffer le son que fit sa salive au moment de franchir son larynx. La confusion passée, celle-ci revint à ses protestations. Mais en ce cas je peux vous être utile ! Je peux être de ceux qui supervisent le commerce naval qui lie Nandis à Hondia.

- Me pensez-vous si bécasse pour passer à côté d'une solution aussi simpliste ?! Le silence revenu, Kinsy poursuivit. Autre info pour vous, Miss ignorante ! Nos états respectifs ont cessé tout échange trois jours après que la Princesse Illiyasviel fut portée disparue. Isnylia ici présente a un passif avec la défunte, et comme nous manquons de temps pour être aussi bien préparé qu'eux, nous devons la jouer autrement.

- Nous pourrions tenter de rétablir le... S'essaya derechef la scarifiée avant d'être brutalement coupée par sa vis-à-vis.

- Rétablir quoi ? le contact ? le commerce ? Nous les maîtres des ombres, adorons fouiner là où le mystère se fait le plus dense, et pour l'avoir tenté personnellement, je puis vous assurer avec une certitude absolue que le fief de ces cuistres à la coiffe soyeuse est aussi impénétrable qu'un groupe de nonnes de passage au Lys pourpre ! Et pour appuyer mes propos, cet échec m'a couté huit mois d'infiltration. Qu'espérez-vous donc accomplir en quelques heures ?!

En bas là ! Cat10

Les oreilles dressées, les moustaches frétillantes, Émeraude, alias ; "le greffier des bourses molles" au sein de la guilde, guettait tout bruit suspect provenant de l'extérieur. Alors quand il entendit des voix résonner depuis l'autre côté de la porte, le chat alla se frotter à la jambe de Kinsy afin de lui transmettre l'information. D'après le comportement du félin, le groupe disposait d'une fenêtre de trois minutes avant qu'un garde ne débarque dans la pièce. En conséquence de quoi, la cheffe de guilde écourta son discours pour sommer à Isnylia de retirer ses vêtements.

- Calquez la mioche, mettez ses loques et prenez place dans la cage ! Intima la petite Dame à l'égard d'Elizabeth. Ne lui permettant point d'exprimer sa surprise, elle enchaina : Quand ils viendront vous cueillir, remontez la piste d'Arcadia, et si besoin, traquez la ! J'escompte que vous me la rameniez, vivante ! Tandis que la jeune Isnylia lui remettait ses parures soigneusement pliées, la demi-Elfe ôtait sa robe délabrée, la laissait tomber au sol, puis la poussait gauchement du pied de façon à ce qu'elle glisse au loin.

- Je suis curieuse de savoir ce que vous comptez faire à propos des Hauts-Elfes. Grogna Elizabeth alors qu'elle attrapait fermement l'avant-bras de celle qui la remplaçait.

- L'égo des Avelyn n'est plus à prouver ! toujours à vous cataloguer sur qui pissera le plus loin, c'est d'un triste. Se gaussa Kinsy qui accepta tout de même de lui exposer son plan. Bien qu'Émeraude se faisait de plus en plus pressant par sa manière de lustrer de son poil les jambes de l'intéressée, celle-ci résuma ce qui allait prochainement se passer. Nous allons devoir faire appel à un coup de pouce extérieur, si nous voulons fendre la carapace de Hondia, il va nous falloir le matériaux adéquat ; un Haut-Elfe qui oeuvre pour nous. Sous les insistances du chat, Elizabeth, désormais sous les traits de Isnylia en tenue de soubrette, fut conduite jusqu'à sa cellule, enchainée, puis enfermée. Exactement comme le fut cette dernière avant que Kinsy ne la délivre. Ne me décevez pas, et je saurais me montrer reconnaissante ! Siffla t-elle entre ses dents avant de la quitter pour de bon.

De retour auprès du petit groupe, dont une Isnylia flottant dans une robe bien trop grande pour elle, la cheffe de guilde enjoignit à tout le monde de s'isoler derrière le mur de gauche qui, par son renfoncement, formait une sorte d'alcôve. Un lieu pour permettre au personnel surveillant d'avoir vue sur l'ensemble des cages en cas de forte affluence. Se faisant, toutes personnes entrant pas la porte conventionnelle auraient l'illusion d'investir une salle vide, à l'exception bien sûr de la prisonnière qu'elles viendraient quérir.

En bas là ! Volll10

Douter de Kinsy serait comme douter de l'air que l'on respire, cependant éduquée par les affres d'une enfance volée, Isnylia ne saurait se résoudre à la docilité. S'associer à un Haut-Elfe avait-elle dit ? La contradiction suait par tous les pores à la simple énoncée de cette question. Pour se rassurer, l'arpenteuse des ombres avait grand besoin de mettre les choses à plat.

- Vous êtes sûre que c'est ce qu'il faut faire ? Voyant son regard émeraude s'endurcir, la jeune femme s'empressa de se justifier. Je veux dire... est-ce vraiment possible sans que ça ne devienne pire ?

- Oh cesse donc de trembler dès que ton instinct de survie te bafouille quelque chose ! Rétorqua Kinsy en baissant d'un ton. Tu as parfaitement raison de remettre ma décision en cause. J'ai moi-même cogité plus que nécessaire à ce sujet, mais je n'en vois aucune autre dans le temps qui nous est imparti.

- Donc on va tenter de retourner Sloac, l'inquisiteur ?

- Surement pas ! C'est d'un... chhht ! Feula t-elle tout à coup au moment où la garde entrait. Profitant toutefois du fait que les hommes parlaient forts, Kinsy termina sa phrase. C'est d'un marginal qu'il est question. Puis, après que Elizabeth fut emmenée, la discussion reprit. Il nous faut un individu familier de leurs usages, mais qui aurait également coupé le cordon avec mère Hondia. Et nous en avons dégoté seulement trois, trois femmes !

-*Evidemment...* Gronda l'esprit de Saëlie sans permettre à son visage de trahir ses pensées.

- A croire que les femmes de cette espèce soient plus propice à l'indépendance. Il va cependant falloir faire un choix, et c'est là que je demanderais votre concours, Albrecht. Se tournant vers le Barde, Kinsy ajouta. Vos relations avec les gens ne sont plus à prouver, peut-être seriez-vous plus à même de choisir le meilleur parti. Je ne vous cacherais point avoir déjà ma préférence, mais étant donné votre parcours, vous pourriez chasser la pénombre qui campe à certains de mes étages. Commençons voulez-vous ? Débita la cheffe de guilde sans laisser à son interlocuteur le temps de lui répondre.

Tandis que le chat confirmait le huis clos en se livrant à une toilette minutieuse, la petite dame postillonna le prénom d'une des donzelles avec véhémence.

- Nyx et sa compagne Fée ; Narïe Ombrelune, arpente nos terres depuis moins d'un mois. Des gens haut placés allèrent jusqu'à faire appel à son bon vouloir afin de chasser le monstre qui terrorise les collines d'Umar. Mais celle-ci déclina l'offre prétextant avoir mieux à faire dans les terres désolées. Etant donné l'endroit, je veux bien la croire. Marquant un temps d'arrêt pour aller s'adosser au mur opposé, Kinsy permettait à Albrecht de se préparer mentalement à recevoir la suite. C'est une excellente chasseresse qui oeuvre à son compte. Mais la nature et la traque semblent être les seules choses qui l'intéressent ! La suivante porte le doux prénom de Mylena, on sait qu'elle crèche près du cimetière de Kumra et éprouve une fascination morbide pour tout ce qui est mort mais continue de marcher. Sa personnalité est plus abordable que celle de Nyx, bien que ce soit une ermite qui ne se préoccupe guère des enjeux politiques qui régissent notre monde. Et enfin, la Marquise Nẽferis, une candidate des plus sérieuses pour le poste. Elle a tout pour nous permettre de sortir de cette crise, seulement voilà... c'est une politicienne chevronnée qui ne se laissera pas prendre à un jeu de dupe. Sans compter que c'est elle qui risque de nous manipuler. Alors ? quel est le meilleur choix selon vous ?

Il n'y avait pas de bonnes ou de mauvaises réponses, uniquement des théories et des conséquences.

- Deux d'entre elles sont à plusieurs jours de marche, comment... S'immisça Isnylia aussitôt interrompue.

- T'occupe ! Gronda Kinsy qui attendait le retour d'Albrecht.

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Albrecht Rothke
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MessageSujet: Re: En bas là !   En bas là ! Icon_minitime1Sam 6 Mai 2023 - 23:15

Tant de choses se passaient en si peu de temps. J’avais pour habitude de chanter les récits colportés par des pairs qu’ils avaient pour la plupart eux-même hérités de pairs, tant de fois à vrai dire que le récit original n’était sûrement qu’une affaire de pain disparut et finissait en chant sur une guerre de ressources sans précédent entre deux nations ennemies. Cependant, rien qu’avec cette journée, j’avais de quoi ré-écrire tout mon catalogue de chants et histoires ubuesques pour amuser les nobles éméchés par trop de vin. Au final, bien que mes filles au Lys Pourpre ne le remarquaient sans doute pas, je pratiquais, en définitive, un métier si proche du leur. Je vendais ma gorge à des hommes méprisables et j’en tirais très souvent un bon prix. L’avais-je déjà regretté ? Non. C’était sûrement la ma principale différence avec mes employées. Comment une « baraque pour nobliaux » pourrait vivre sa vie entière sans regret quand, éduquée à la pudeur dès l’enfance, les femmes du monde pensent que leur sexe relève du patrimoine le plus cher d’un état ? C’était bien évidemment dégradant. Je ne le voyais cependant pas ainsi. Je me fichais bien de la valeur morale d’une paire de fesses, peu importait ce qui y entrait ou en sortait, la seule valeur que j’y voyais, c’était l’argent qui emplissait mes caisses. C’était répréhensible par la morale, je ne le remettrais pas en compte. Il n’en demeurait pas moins que ce métier, aussi sale soit-il considéré, existait avant moi et existerait bien après. Au moins, je mettais tout en oeuvre pour protéger mes filles et je les payais grassement.

Bon d’accord, la remarque de la demi-portion avait piqué mon égo au delà de ce que je pouvais admettre. J’avais l’habitude d’être critiqué sur mon établissement, certes, mais réduire mon action à un vulgaire boucher pour riches ? Ce n’était pas si faux, en définitive. Mais ça me vexait un peu quand même. Je me consolais   un peu en l’imaginant dans son plus simple appareil, payée par un groupe de poivrons dégoûtants rêvant de trousser une naine pour simuler une enfant. Mon dégoût de l’image était au moins adouci par l’idée dégradante de ce que vivrait la petite impertinente. Il était vrai que parfois, je me laissais aller à des pensées salaces et dégradantes, mais après tout, je ne valais pas toujours mieux que mes clients. Ma différence était simple : je possédais leurs fantasmes et je savais me taire ou ne pas montrer les miens. C’était aussi simple que ça. Proxénète, barde, catin, ces métiers sont identiques, simplement appliqués différemment.  

Mes pensées s’en revenaient bien vite à la réalité, la situation était grave et je ne pouvais pas m’amuser à imaginer cette petite dame insultante dans des frivolités incongrues maintenant. J’en aurais tout le loisir si je survivais. Actuellement, le programme qui nous attendait était pour le moins éloigné de ces idées là. Et notre invitée miniature semblait ne pas être que bonne pour vexer ma personne, elle avait aussi rabattu le clapet d’Elizabeth avec une facilité déconcertante et cette dernière semblait penaude comme une jeune fille de bonne famille grondée et mise au coin. J’aurais pu m’en amuser de façon extravagante si je n’avais pas était saisi par le fait. L’elfe était autoritaire et ne se laissait pas dicter sa conduite. Ici, elle semblait résignée sans oser trop s’opposer. Pour moi cela ne pouvait vouloir dire qu’une chose : ferme la, Albrecht, si tu ne veux pas mourir ici et maintenant. Tant pis pour mes pensées salaces, effaçons ça du programme à tout jamais, juste au cas où.

Alors qu’Elizabeth était encore une fois nue, ainsi que la dame en cage, afin d’échanger leurs vêtements, évidemment, j’essayais de comprendre tout ce qui venait de se jouer. J’en doublais la douleur qui me tiraillait les poignets, pourtant toujours rougis par les fers. J’aurais tant aimé me permettre une boutade sur l’image d’Elizabeth, si dure de caractère, ainsi réduite  l’image d’une soubrette soumise et attachée dans une cage. Un scénario digne des prestations « bon marché » du Lys Pourpre pour les clients peu fortunés mais qui veulent tout de même goûter au haut de gamme. Enfin, bon marché, il fallait le dire vite, la qualité se paie, après tout. Mais je chassais encore ces images de mon esprit. Il était si dommage de chasser tant d’idées créatives et amusantes, mais le contexte ne s’y prêtait définitivement pas. Je pourrais recruter une naine et une semi-elfe rouquine plus tard afin de recréer ces scènes. Si je survivais, et que le Lys Pourpre survivait. Je devenais fou, pourquoi penser à mon établissement alors que se jouait ici l’avenir de la nation ? À vrai dire, je n’en savais rien. Et puis la nation pouvait brûler, ce n’était pas mon souci, du moment que je pouvais en sortir avant.

Pourquoi diable mon esprit divaguait tant ? C’était insupportable ! Au moins, je respectais, et ce sûrement pour la première fois, le souhait de bien des dames dans la pièce : je ne parlais pas. Venant de moi, cette prestation relevait d’un exploit. On me connaissait loquace, vif d’esprit et plein de verve. Ici, je restais passif, totalement perdu. Où alors trop conscient de ma place actuelle, celle d’un homme incapable de se battre autrement que dans un duel courtois et réglementé, entouré par des furies armées et formées à la guerre et à l’assassinat. Finalement, il n’était pas si mal que mon esprit préfère virevolter plutôt que de m’inciter à m’imposer dans ce contexte.

Le chat, que j’avais presque oublié, tant distrait par mes pensées et les chaires agitées sous mes yeux, ainsi, évidemment, que par les révélations faites par Kinsy, s’en venait se frotter aux jambes de cette dernière. Nous devions nous cacher. Je suivais le mouvement, presque désincarné, incapable de comprendre en quoi mon rôle allait gagner en importance dans cette affaire. Qu’est-ce qu’un barde proxénète allait bien pouvoir faire contre tout le peuple haut elfe ? Leur chanter des berceuses pour les calmer et leur livrer des cargos de putes vêtues de satin avec des fausses oreilles pointues pour les détendre ?

Je ne tardais cependant pas à être le nouvel interlocuteur privilégié de la petite assassine. Je ne savais d’ailleurs pas d’où me venait ce sentiment, mais j’étais certain de l’avoir déjà rencontrée. J’étais pourtant très physionomiste en temps normal. Mais celle-ci ne me laissait qu’un vague sentiment de déjà vu. J’avais bien évidemment collaboré par bien des fois avec toutes les factions de mercenaires du pays, sans jamais me nommer, ni rencontrer qui que ce soit moi même, mais tout de même. C’était un peu troublant.

J’allais donc devoir décider de notre chance de survie ? Super. Ces chances étaient par ailleurs encore des femmes. Étais-je dans un rêve érotique où tout allait finit en énorme orgie ou dans une réalité bien triste où tout allait simplement finir en bain de sang ornementé de poitrines charnues ? Bon, je pourrais repenser à mes complexes de mâle piqué à vif à une autre moment,  je devais sélectionner notre championne.

Notre première option : Une chasseresse dissidente qui, selon les informations fournies, n’en aurait rien à faire de nos petits problèmes de bourgeois, superbe idée, une fois qu’elle aura fini de nous dire d’aller pratiquer de basses vilénies avec nos génitrices, elle partira à quatre pattes, la dague entre les dents, derrière un écureuil géant  enragé ? Bien belle idée.

La seconde, quant à elle, à sa description, semblait encore plus parfaite. Une cinglée fanatique de nécromancie. Qui vit en plus dans le cimetière près de la ville des vampires ? Bien sûr, comme ça, après s’être fait sucer le sang, nous pourrons servir de poupée de chiffon pour une folle à lier. Je commençais à me dire que mon idée de chanson et de filles était cohérente, finalement.

La dernière option, cependant, retint mon attention. À croire qu’en définitive, la petite peste n’avait pas véritablement prévue d’offrir trois options. Une marquise, une elfe, qui connaît la politique. La mise en garde ? Une politicienne qui risque de nous manipuler ? C’est une mise en garde, ça ? C’est un pléonasme du plus bel effet.

Sentant que je n’allais pas pouvoir prendre le temps d’élaborer une réponse longue et détaillée, je me permis tout de même une courte remarque.

- Évidemment, si nous le pouvions, l’idéal aurait été de dire « les trois ». Mais si vous me demandez mon avis, c’est que c’est impossible. Alors je dirais Nëferis.

J’aurais aimé étayer un peu plus mon choix, m’étendre longuement sur mes raisons, mes réflexions et tout ce qui allait autour; mais je sentais bien que mon talent d’orateur n’était pas vraiment bienvenu actuellement.

- Nous pourrons peut-être détailler un peu plus le plan une fois à nouveau seuls, je présume ?

Je faisais, après ma remarque, silence, afin de ne pas offrir aux gardes le plaisir de pouvoir nous fracasser le crâne contre les murs en pierre et profiter ainsi d’un peu d’exercice physique et de violence sans risquer de prendre une sanction quelconque. Cette situation passive me mettait définitivement très mal à l’aise, je n’avais pas l’habitude de me laisser guider, surtout pas par des femmes, qui d’habitudes m’étaient plutôt courtoises voire soumises. Mais il fallait savoir se montrer bon joueur et admettre son infériorité parfois. Ce n’était que partie remise. En attendant, je devais m’en remettre aux personnes aptes à manier l’acier, en attendant que le cerveau et surtout le charisme aient à nouveau un rôle à jouer dans cette affaire.

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