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 Un retour au calme ?

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Mayufu
Mayufu
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MessageSujet: Un retour au calme ?   Un retour au calme ? Icon_minitime1Lun 5 Sep - 20:43

[Arrow...suite de ~ICI~]

Au milieu des décombres, entourées des cris demandant de l'aide et des rares bâtisses encore debout s'écroulant sous leur poids, elles se tenaient là, comme dans un autre monde. À l'écart du chaos les entourant. Se faisant face. Chacune d'elle tourmentée par ses propres pensées et regrets. Mayufu, quant à elle, sombrait intérieurement, ne sachant plus ce qu'elle devait faire ni ce qu'elle devait penser. Ses songes s'éteignirent lentement, laissant le vide s'installer dans sa tête. Son cœur, lui, étant l'opposé complet à battre à tout rompre, comme s'il tentait de la faire revenir à elle et la sortir de sa torpeur. Sa respiration, elle, s'était bloquée. Des émotions fortes l'ayant étranglée, lui faisant réaliser ce que son amie avait subis à cause d'elle. Que si elle n'était pas intervenue pour mettre un terme aux gestes du monstre, elle était persuadée qu'elle y serait restée vu qu'elle n'avait clairement jamais fais le poids contre Lupa. Mais la jeune fille n'essayait même pas de lutter contre ce qu'elle ressentait. Réalisant à quel point tout n'avait été déclenché que par sa propre violence et s'avouant enfin l'existence d'un passager noir enfouit en elle. Bien qu'elle ignorait ce qu'il était ou comment le décrire. Elle avait haï son monde et souhaitait sa destruction et, même consciente que celui-ci n'était pas le siens, elle avait souhaité y répandre la mort et la destruction. Plus rien n'avait de sens, ses actions n'avaient pas été menée au nom de son père uniquement mais aussi au siens. Sur Féerune, elle avait bien eu pour mission de conquérir le trône de son divin père et ce, pour se faire, elle était prête à abattre ses frères et sœurs en les traquant jusqu'à toucher au but. Mais ici, sur ce nouveau monde, est-ce que tout cela avait encore ne serait-ce qu'une simple signification ? La Déesse de la Nature avait bien précisé que son sang n'avait plus influence sur elle. Cela prouvait bien que l'humaine, dans ce duo qu'elle formait avec Umar, que c'était probablement elle qui endossait le rôle de monstre, emplie de colère et de vilénie.

Le visage enfouit dans ses mains, ses doigts se crispant de plus en plus fort sur ce dernier, tremblante de toutes parts, la Flammèche se remémorait tout ce qui était advenu jusqu'à maintenant. Rien ni personne ne pourrait alors la sortir de sa torpeur. Seule Umar aurait le mot ou le geste qu'il fallait pour qu'elle surgisse à nouveau à la réalité. Tout semblait si lointain mais une part d'elle se focalisait toujours sur l'hybride, lui criait à l'aide à l'intérieur. La suppliant même de la gifler pour permettre à son esprit de se reprendre. Figée, parcourue de spasmes, tout son être sursauta alors lorsque son amie lui intima de cessez de se plaindre et de se taire. S'étant même pas rendue compte qu'elle parlait. Son souffle reprenant de plus belle, sortant de son état d'apnée et sentit une présence l'approcher et se saisir de son visage. Le geste fut tendre, des mains douces et qu'elle connaissait se posèrent sur ses joues. La jeune fille se laissait juste faire, ouvrant doucement les yeux rougis par les larmes qui ne pouvaient alors plus couler. Le visage tuméfié, sali par le sang, les cendres et le sable ainsi que mutilé. Ses iris toujours aussi flamboyantes, malgré la faiblesse de son mental, plongèrent dans ceux de son amie qui parcourait du bout du doigt sa blessure à la joue. Lui faisant comprendre alors, sans un mot, qu'elle s'en voulait de l'avoir abandonnée et que cela lui ait coûté cette blessure. Alors même que ce sentiment de culpabilité semblait ravager la sorcière des ombres, la Flammèche était rongée par la sienne. Elle avait peut être voulu la gifler pour cela, sur l'instant, mais jamais elle n'en eut ni la force ni la volonté. Son passager noir étant encore trop exalté en elle. La présence de Lupa n'avait de cesse de souffler sur les braises de sa colère et le retour salvateur de sa bien aimée lui permit de renvoyer son alter-ego au fin fond d'elle.

Levant doucement une main, la déposant sur celle caressant la plaie sur sa joue, la jeune fille ne disait rien. C'était réellement les seules forces qu'il lui restait, de lever son bras pour manifester à son tour l'affection qu'elle éprouvait pour elle. S'était résignée à suivre l'ordre qu'elle lui avait donné, se rendant plus silencieuse que jamais. Ce fut lorsque que Umar lui demandait pardon, laissant filer une larme sur sa joue que Mayufu, emportée par le mouvement, se jeta contre son amie et se lova contre elle.

- Tu es là, tu es toujours pardonnée... Lui murmurait-elle alors doucement, se collant à elle.

Sentant qu'une douce chaleur l'enveloppait, comprenant bien que Umar l'isolait alors de ce monde pour lui offrir cet instant d'intimité, la Flammèche ne pouvait pas espérer mieux pour alors réellement laisser ses larmes s'écouler et son corps s'écrouler. Se sachant alors retenue par les bras de son amie. Se jurant alors de réellement prendre les précautions qu'il fallait pour s'empêcher à l'avenir de partir en vrille de la sorte. Elle avait eu une chance phénoménale que Xiris ait été dans les parages et ait bien voulu entendre ce qu'elle lui disait, avec tant de rage et de haine pourtant. Cette dernière lui avait épargné une existence sans sa bien aimée, lui sauvant la vie et lui offrant une nouvelle enveloppe en la restaurant. Au-delà de la garantie qu'elle avait placé en elles pour s'assurer de leurs bonnes conduites à l'avenir, Mayufu lui était reconnaissante même si son aversion des dieux étaient toujours présentes. Elle avait des faveurs à rendre à deux Déesses et toutes les deux semblaient radicalement opposée et toutes les deux avaient sauvée Umar... Mais bon, elle y pensera plus tard et préféra profiter de cette chance qui lui était offerte d'être enfin lovée contre Umar et laisser ses sentiments s'écouler normalement. Pleurant discrètement et passant ses bras dans le dos de cette dernière.

Plongée dans son doux cocon, elle ne fit même pas attention à la lumière qui les avait englobées toutes les deux sur l'instant. Sentant juste une douce chaleur l'envelopper. Une sensation douillette sur son dos qu'elle reconnu comme étant les ailes de l'Hybride. Elle se sentait si bien enfermée dans son giron. Protégée et écartée de ce monde qui l'avait tourmentée sans cesse. Elle sentait que absolument rien ne pouvait l'atteindre. Mais soudainement, la sensation de prendre de la hauteur ne pu lui échapper. Ses yeux s'ouvrirent doucement pour alors constater que le sol s'éloignait. Pourtant ses pieds étaient toujours bien posés sur du ferme... Cette parois, légèrement nacrée et opaque, lui fit comprendre qu'elles se tenaient toutes les deux dans une bulle les emmenant loin de cet endroit. Allaient-elles enfin être de retour au point de départ, sur leur île flottante ? Mais pour l'instant, sa seule envie était que ce moment là ne cesse jamais et qu'elle puisse rester là, contre elle, pour toujours. Elle chérissait les rares moments où son amie faisait montre d'une telle tendresse et leur accordait bien plus d'importance que la normale. Cela signifiait juste que Umar s'ouvrait doucement à elle et c'était les moments qu'elle chérissait le plus.

À l'instant même où la paroi de la bulle se dissipa doucement et que la brise fraîche, dénuée de l'odeur de brûlé, de l'air à l'état pur, mes poumons furent parcourus d'un frisson et d'une sensation glaciale. Je pris une longue et grande inspiration. La séparation que la paroi nous offrait avec le sol disparu, ma peau rentrait en contact avec la terre humide et l'herbe me chatouillait les jambes. Mais pour rien au monde je ne souhaitais trop bouger. Mes mains se lièrent dans le dos de Umar et je lui faisais bien comprendre que je souhaitais rester ainsi quelques instants encore. Certes, c'était peut être égoïste mais j'en avais besoin. Mon bien être mental le réclamait et je devais me reconstruire afin de ne pas être sujette à l'évanouissement à la moindre montée émotionnelle à venir. Pleine de confiance en mon amie, j'aurai pu juste me laisser y aller mais je ne voulais pas, après tout ce qu'il s'était passé, lui imposer cela. Ce serait irrespectueux de ma part.

- Restons ainsi encore un petit peu, s'il te plaît... Lâchai-je doucement, de quelques mots soupirés, bercée par les petites rafales de vent qui sifflaient à mes oreilles. Le son du bruissement des arbres m'apaisant. La chaleur que me transférai mon amie étant pour moi salvatrice. Mes bras se serrait un peu plus autour de sa taille. Je suis si désolée... Si désolée de t'avoir embarquée là-dedans. De t'avoir montée la tête avec mes histoires et te traîner dans mes folies meurtrières. Commençais-je dans une voix tremblante mais tout de même maîtrisée.

Desserrant enfin un peu mon emprise sur elle, dévoilant mon visage rougis par la culpabilité et les larmes qui avaient jaillis de mes yeux, je la fixais sans faillir. Sans plus rien dire. Juste que je la fixais, peut être trop intensément, ce qui pourrait lui provoquer une sensation un peu étrange sur le moment. Jusqu'au moment où je secouais brièvement ma tête pour me sortir de ma fixette et me reculer un peu de mon amie, soupirer longuement et me poster droite devant elle.

Peut être m'attendais-je à recevoir une gifle ou un sermon. Mais je ne quittais pas l'enveloppe qu'elle m'avait créée. J'étais juste collée à ses ailes toujours renfermées et attendais. Elle avait forcément quelque chose à me dire, beaucoup de chose. Moi aussi, mais je n'avais nullement aucunes idées de par où je devais alors commencer mon récit. Néanmoins, quand j'eu à repenser au moment où la Déesse de la Nature était intervenue, je déglutis longuement avant de laisser mon souffle m'étrangler de lui-même. Déclarant avec peine...

- Tu n'as pas à me demander pardon, Umar... Je t'ai tuée par ma folie. Je déglutis alors une seconde fois, interrompant ma phrase et d'un souffle saccadé, je repris doucement. Par ma simple volonté à vouloir rayer ce village de la carte, je t'ai tuée après m'être rendue à la mort. Tu as lutté pour moi pour me rendre la vie... J'ai eu une chance folle car j'ai pu rattraper mon erreur fatale et te rendre la vie. Que tu sois là, maintenant, avec moi. Je nous ai condamnées tous les deux. Tu n'as jamais été le monstre entre nous. Je ne t'en veux absolument pas, Umar. Baissant légèrement les yeux vers le sol, fixant la bordure de l'île repensant au moment où j'avais pris la décision de sauter afin de mettre le feu au monde en-dessous. Je pense que nous avons, toutes les deux, besoins de calme et de nous parler un peu avec tout ce qu'il s'est passé et saches que, quoi que tu décides, je m'y résoudrai, même si cela ne me plaît pas. Je compte bien utiliser la chance qui m'a été offerte pour me racheter auprès de toi... En réalité, c'est à moi de te demander pardon pour ce que je t'ai fais.

Evidemment que je m'y tiendrai à ce que je venais de dire. Je devais assumer mes actes et leurs conséquences. La première fois, la Déesse Noire, Yloumna, peut importe ce qu'elle avait fais avec moi, m'avait offert la possibilité de sauver Umar et ne pas l'abandonner. La seconde, Xiris, quant à elle, m'avait offert la même chose. Je comptais l'honorer même si je ne savais pas comment. Petit à petit, je commençais même à émettre des doutes sur la réelle existence de mon père, Divinité du Meurtre. Était-ce lui qui se manifestait par moi, d'une certaine manière, via mon passager noir ? En tout cas, même si ce que j'étais ne me dégoûtais pas, j'allais apprendre à me mettre des limites. J'ignorais tout de comment m'y prendre. Donc, pour commencer, j'allais accepter ce que mon amie allait me dire... J'angoissais complètement, tentant tout de même de ne pas le démontrer afin de ne pas manipuler son jugement. Restant la plus neutre possible même avec un visage au final très expressif à mes dépens. Mais que voulez-vous ? Comment voulez-vous cacher à la personne que vous aimez ce que vous ressentez ? Mon regard me trahissait tout comme mon visage. J'avais juste envie de partir loin d'ici. De tout ça. Que l'on discute et remettions nos idées en place et, ensuite, que l'on parte explorer cette île un peu plus et parcourir ce monde. Voir s'il était si différent du notre.

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MessageSujet: Re: Un retour au calme ?   Un retour au calme ? Icon_minitime1Mer 15 Mar - 3:22

Un retour au calme ? Umarav10

Je sentais son étreinte, par à-coup, ses doigts s'en venaient se crisper sur la surface de mon dos. Avant qu'elle ne commence à parler, les intervalles qui espaçaient ces manifestations digitales étaient désordonnées, parfois même frénétiques ! Mais quand les premiers mots furent soupirés, le phénomène se présentait désormais qu'au terme de chacune de ses phrases. Cela m'intriguait, ou peut-être cherchais-je simplement à focaliser mon attention de telle façon à ce que je puisse endurer les représailles que je méritais amplement ? Pourtant, celles-ci ne vinrent pas. La Flammèche était une impulsive, toujours à l'écoute de ses émotions les plus crues, et alors que je l'avais abandonné à la mort, elle concluait en faisant amende honorable ? Subtilement je laissai ma main investir sa chevelure de jais, des fois qu'une blessure soit à l'origine de ce trouble psychique que je refusais de lui reconnaître. Certes, Mayufu disait déjà n'avoir rien à me pardonner après que je l'eusse rejointe, sauf qu'à ce moment, nous nous trouvions encore sur l'île que nous avions attaqué. J'envisageais donc une tentative un peu gauche pour m'amadouer afin de ne point la confier à ce paysage qu'elle avait contribué à rendre hostile, et contre lequel elle n'aurait plus la force de lutter. Seulement je ne croyais pas d'avantage en la perfidie de cette hypothèse, qu'au saint esprit de la fille de Bhaal. Il me fallut cependant me rendre à l'évidence, rien ne semblait avoir fêlé le crâne de la Flammèche. Je cessai donc de farfouiller dans ses broussailles collantes et rugueuses, puis fermai les yeux. Après tout, ce qu'elle avait dit n'était pas complètement dénué de sens. Elle avait plongé, immolé la zone, et... c'était à peu près tout !

En dehors du fait d'avoir engagé les hostilités avec les pêcheurs locaux, Mayufu n'avait pas fait grand chose. Oui quelques incendies ici et là, mais compte tenu de notre passif, c'était vraiment bien peu. En réalité, depuis que nous avions atterri dans ce monde, un élément extérieur s'était toujours chargé de grossir le trait ! En une quinzaine de jours à peine, nous avions déjà excité deux Déesses, fait cramer deux villages, et tuer une bonne centaine de gueux ! Sauf que dans les faits dont on pouvait vraiment se targuer d'être les responsables ; La Flammèche avait grillé trois malheureux arbres, déjà morts ! bien loin des habitations ! avant que l'autre loup mutant ne change cela en explosion pyroclastique ! Quant à aujourd'hui, la fille de Bhaal brûle quelques toitures ainsi qu'une poignée de gugusses, et une Déesse apparait pour déchainer une apocalypse bien au-dessus de nos moyens ! Ces forfaitures valaient-elles vraiment que je cloue ma seule alliée au pilori ? Surement pas ! Après une bonne douzaine de jours à ne rien faire, Mayufu ne pouvait plus contenir sa pulsion destructrice, j'avais bien compris que pour elle, mettre le feu était un besoin. Et en dépit de ce savoir, je l'ai laissé livré à elle-même. Bien sûr, je n'avais rien d'une nounou, mais jusqu'alors, je n'avais toujours point assimilé le fait que nous formions toutes deux ; un duo, et que les erreurs de l'une retombaient inéluctablement sur l'autre. Il s'agissait là d'une responsabilité que je n'avais pas demandé, mais en l'acceptant dans ce cercle qui à la base ne comptait que moi, je découvrais, à grand coup de trique, à quel point je ne pouvais m'y soustraire. J'avais encore beaucoup à apprendre, et curieusement, cela ne m'effrayait plus.

- Toujours à dire des idioties ! Avais-je grommelé. Il fallait que je parle, que je dise quelque chose, et bon sang ! c'est tout ce que je trouvais à bafouiller ? Je me faisais honte, car ce n'était pas ce que je ressentais. J'avais le pouvoir d'éclipser le soleil, mais n'étais pas capable de poser des mots sur une pensée ? Je laissai donc passer un silence qui s'éternisa sur toute la durée de ma réflexion.

La couarde qui s'agitait en moi ne souhaitait point affronter le regard de la Flammèche, il lui démangeait par ailleurs de faire pression sur l'arrière de sa tête afin que celle-ci demeure contre mon giron. Sauf que cette fois là, je ne cédai point à ses suppliques ! Ce que nous venions de vivre avait ébranlé les abimes les plus insondable de notre âme, ce faisant, nous pouvions enfin nous poser les bonnes questions. Outre notre devenir, étions-nous faites pour demeurer ensemble ? Au cours du combat contre le loup mutant, j'eus de nombreux doutes sur ce point. Et maintenant que je me noyai dans ses prunelles humides, je me demandais ce qui m'eut poussé à songer de la sorte. L'esprit apaisé, bien que mon corps bouillait toujours, je n'imaginais guère, pas même l'espace d'un instant, retrouver la moiteur de ma solitude. Mais si je prenais le temps d'aller au bout de ma pensée, je ne me voyais pas non plus avec quelqu'un d'autre ! L'énergie qui fluctuait entre Mayufu et moi n'avait point d'équivalent. Ce que j'éprouvais en ce moment ? De la tristesse... J'étais profondément désolée de l'avoir ainsi malmenée. Tous ces coups, ces cris, je me sentais si sale au devant de cette brochette de souvenirs qui n'avaient de cesse de me mettre en émoi. Je ne comprenais rien à cette effervescence, aussi, plutôt que de buter dessus comme toutes les autres fois où je m'y suis essayée, je me laissais gagner par elle.

Aucun mot ne saurait exprimer la déferlante qui sévissait en moi, je laissai donc mon corps agir à ma place. Mut par un instinct régit d'une volonté qui lui était propre, et dont je ne soupçonnais guère être l'autrice, mes mains firent pression sur la nuque de la Flammèche de telle manière à ce que sa face vienne finalement se poser contre mon buste. Un peu comme ce que voulait faire ma couardise pendant qu'elle me fixait, à la différence que... je ne saurais pas décrire avec exactitude l'effet que me procurait ce flux qui serpentait de part et d'autre en mon sein. Cela ressemblait à un fourmillement, suivit d'une impression de chaleur. J'ignorais le pourquoi du comment, aussi mis-je cette aberration biologique sur le contrecoup du combat que je venais de livrer. La fatigue, le relâchement, il ne pouvait s'agir que de ça. Puis je me sentis... bien. Quoi de plus normal après avoir été ressuscitée en même temps, non ? Hmm... je n'avais pas pour habitude de me chercher tout un tas de raisons, sauf quand je fuyais une chose qui pouvait potentiellement me nuire. Pourquoi ma lâcheté se manifesterait-elle dans un moment aussi calme que celui-ci ? La fille de Bhaal était à deux doigts de ronfler sur moi, en quoi mon esprit avait-il besoin de me torturer ?! Machinalement, j'écartai une à une, les mèches poisseuses qui marbraient son visage livide. Et à partir de cet instant, je ne songeai plus à rien. Ma confusion disparue, je contemplai la Flammèche d'un regard bienveillant.

- Tu n'as rien fait d'autre qu'être toi. Avais-je murmuré. Ma voix était si douce et chaude que je faillis relever les yeux afin de m'assurer que ces mots ne venaient point d'un tiers. On ne peut pas échapper à ce qu'on est.

Il n'y avait pas grand chose de plus à dire. M'asseyant lentement, je permis à la Flammèche de prendre toutes ses aises. Quand d'un coup ! mon dos se raidit, et une masse se forma autour de mon coeur, raccourcissant mon souffle. Je redoutais un fait dont je fus pourtant l'instigatrice... Car sans que je ne contrôle quoi que ce soit, mes lèvres allèrent se poser tendrement sur celles de la fille du feu. L'attraction fut si forte, que je ne pus m'y soustraire... Était-ce une pulsion enfouie ? une revanche sur le clone de ma personne qui s'était livré à cet acte ? ou simplement une folie ? Comme si je me trouvais sous la coupe d'un marionnettiste amateur, mes gestes tendaient à se crisper, voir se bloquer, à l'exception de cette caresse labiale. Je ne savais pas trop pourquoi j'agissais de la sorte, mais ce n'était pas pour me déplaire. Mayufu avait la peau chaude, et malgré l'odeur de la sueur et du sang, je découvrais l'osmose pour la première fois. Puis ce fut trop pour mon palpitant endurci par la solitude. Je me retirai alors sèchement, puis bredouilla :

- Tu t'es bien battue. Ma bouche frémissante affichait un sourire gêné, et mes pommette me cuisaient. J'avais envie de m'enfuir très loin, et très vite ! D'une pour ce que je venais de faire, et de l'autre, parce que je commençais à comprendre ce qui se tramait en moi, et cela me terrifiait.

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Mayufu
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MessageSujet: Re: Un retour au calme ?   Un retour au calme ? Icon_minitime1Ven 24 Mar - 22:06

Blottie contre Umar, Je faisais fi du monde qui m'entourait. Je tentais de tenir debout afin de profiter de cet instant le plus longtemps possible. Mon corps, parcouru de tremblement, tentait de ne pas flancher avec le peu de force qu'il lui restait. Mais peu importe que tout mes membres me tiraient de douleur, rien au monde ne serait capable de défaire mon étreinte. Tant bien même que mes bras étaient sillonnés de spasmes. Mais je me sentais soudainement si bien qu'il m'était facile de m'ignorer moi-même aussi. La douce chaleur que l'hybride me transmettait me réconfortait après les événements que l'on venait de vivre. J'espérai de tout cœur ne pas avoir à commettre à nouveau de telles erreurs, me forçant à répandre une nouvelle fois mes plaintes fatigantes. Mes émotions se balançaient dans tous les sens, me nouant la gorge et pour ne pas céder, je n'avais de cesse de serrer Umar contre moi afin de cacher mes qui déferlaient sur mon visage crasseux. Se mélangeant à la poussière, aux cendre et sang qui avait séché. Il allait bien valoir que je finisse par prendre soin de moi, à un moment, vu dans quel état j'étais actuellement... Que pouvais-je espérer tirer de cette situation dans un tel état, à part attirer la pitié ?

Pendant que mon esprit s'embrouillait tout seul avec ces différentes facettes, je sentais les doigts mon ami farfouiller mon crâne maladroitement. Ça m'importait peu de savoir si elle recherchait une blessure ou qu'elle défaisait les nœuds de mes cheveux, tant qu'elle ne me rejetait pas malgré le patchwork de la saleté que j'étais. Néanmoins, la sentir me tâtonner le crâne délicatement avait quand même eu le don de m'apaiser et calmer l'écoulement de mes larmes. Sauvant mon corps d'une déshydratation sévère...

Ce fut au bout de quelques secondes, une fois qu'elle eut terminé de fouiller mon crâne, que sa voix me parvint aux oreilles. Bien que le ton m'interpella, que je ne lui reconnaissait que très peu, je m'étais accrochée à chaque lettre prononcée. Être coupée du monde contre elle et écouter le son de sa voix, il n'y avait rien de plus curatif pour moi en cet instant. Le timbre de celle-ci se mêlant à la brise qui rasait le sol de notre îlot volant. Cependant, elle n'avait pas tort... je disais beaucoup d'idioties mais auxquelles je croyais et était sincère. Tout ceci aurait pu être évité. Même si nous nous étions découvertes de nouvelles émotions ou sentiments, je restais persuadées que cela aurait pu aboutir d'une autre manière que de me laisser emportée par une rage incontrôlable. Il allait me falloir travailler sur moi-même afin de dompter cette colère et la déployer intelligemment. Car si je laissais les choses aller en l'état, j'allais que réussir à m'infliger une terrible perte dont je ne me remettrai jamais ou alors, j'aurai causé une douleur insondable à Umar en y perdant la vie. Il en était hors de question ! J'agirai envers et contre tous pour que rien ne nous sépare et apprendrai à dresser cette frénésie intérieure que mon père m'a léguée

Une soudaine pression sur ma nuque vint appuyant ma tête contre le buste de Umar. Je n'y résistais point, cela me convenait. Par ce geste, je ressentais qu'elle ne me rejetait. Mon étreinte s'enserra davantage autour d'elle alors que ma respiration se saccadait et mes larmes cessèrent de couler. Laissant alors place à une irritable sécheresse. Mais peu importe. Rien au monde ne me ferait bouger à présent. Seule mon amie saurait défaire mon étreinte. Celle là même qui était actuellement en train de dégager délicatement mon front de mes cheveux sales et secs collés à sa surface. Je les sentais grincer sous le mouvement, la saleté les encombrant se craquelant. J'ouvris lentement les yeux, laissant à nouveau la lumière se reflétant sur la peau de l'hybride caresser mes pupilles irritées. Mon regard aller chercher le siens et s'y perdre dedans.

Je n'avais fais qu'être moi-même ? Malgré avoir connaissance de la violence dont je pouvais faire preuve et les conséquences que cela pouvait me coûter, je compris que par là, elle semblait ne pas m'en vouloir. De toutes manières, la connaissant, je me serai déjà pris une rouste verbale de sa part si elle avait été en colère. À vrai dire, c'était ce à quoi je m'étais préparée psychologiquement pendant le trajet du retour. Jamais je me serai imaginée à pouvoir la tenir dans mes bras aussi longtemps. Après tout, elle avait perdu la vie à cause de ma folie et ce, rien que pour ça, je n'avais pas d'autres choix que de respecter la demande de Xiris en retour. Même si cette dernière semblait nous avoir mis des laisses pour nous en tenir au calme et actions réfléchies afin de calmer mes ardeurs. Par ces contraintes imposées, j'étais prête à parier que je saurai tenir le pari intérieur d'échapper à moi-même et changer. Me servir de cette force pour d'autres causes même si on avait démarré dans de mauvaises conditions. Néanmoins, protégé Umar serait toujours ma priorité... ma frénésie ne saurait se retenir si quoi que ce soit tentait de l'atteindre.

Mes jambes tremblotant soudainement, je me sentis embarquée en avant... d'un gloussement de surprise je me retrouvais en un instant assise sur les genoux de Umar qui avait pris place sur le rocher près du petit lac nichant sur notre île volante. Je m'étais subitement accrochée autour de son cou, par réflexe, pour ne pas tomber et j'avais la trouille d'avoir causé un quiproquo... M'apprêtant à fondre en excuse et m'écarter pour ne pas la déranger davantage, une surprise encore plus grande me rattrapa avant que je n'entame mon mouvement.

Une vague de chaleur enflamma tout mon corps. Les yeux grand ouverts, je pris quelque secondes pour réaliser ce qu'il m'arrivait. Le temps de comprendre que j'étais bien dans la réalités réelle. Non pas enfermé à nouveau dans une hallucination causée par Lupa... La sensation que cela me procurait était si intense que je ne pouvais pas me tromper. Ce baiser n'avait strictement aucunes comparaisons possibles avec celui qui m'avait été fait plus tôt. Il ressemblait bien plus au premier baiser que j'avais volé à Umar sur Féérune, avant de sauter dans le vide pour la forcer à apprendre à utiliser ses ailes nouvellement acquises. Ce moment était resté gravé en moi tant de temps. Patientant qu'un nouvel instant me soit à nouveau offert pour espérer une réponse réciproque de sa part. Je n'avais jamais oublié cette douce sensation, même s'il s'agissait de son précédente enveloppe charnelle. Mais que ce soit elle qui ait pris l'initiative cette fois-ci, me prenant totalement par surprise, c'était... si intense. Mon cœur battait si vite, je finis par fermer les yeux et resserrer mon étreinte autour de sa nuque. Ceci afin de lui retourner l'affection qu'elle m'offrait avec ardeur et délicatesse.  

Quelques secondes, qui me parurent être une éternité, avant que ses lèvres se détachent des miennes pour s'éloigner légèrement de moi, sentant son souffle glisser sur mes joues. Et pour la première fois, je pu contempler cette expressions qui envahissait son visage. Un sourire gêné qui avait des difficultés à se montrer, un regard qui tendait à vouloir fuir le miens et un teint de peau qui virait au rouge. Mes bras se relâchant doucement, je vins poser ma main droite sur la joue de l'hybride, mon regard soutenant le siens avec une passion nouvelle. Délicatement, j'effleurais sa joue du bout de mes doigts, la caressant timidement. Intimidée par le fait de pouvoir effectuer de tels gestes désormais... mais si y avait quelque chose que je pouvais apprendre à Umar, c'était bien ce genre de chose. Entrouvrant mes lèvres, je laissais ma voix s'en échapper, avec douceur.

- C'est pour toi que je me bats, Umar... Lui répondis-je alors en murmurant, le souffle saccadé, un sourire timide se dessinant sur mes lèvres. Mon visage toujours aussi crasseux. Uniquement pour toi...

Avais-je conclus en soupirant avant de moi-même approcher mon visage du siens, mes lèvres effleurant les siennes avant de l'embrasser une nouvelle fois afin de lui rendre la pareille. Pour ne pas laisser la panique prendre le dessus en son sein et la rassurer qu'elle n'avait nullement rien fait de mal. C'était tout ce que j'attendais depuis si longtemps. Elle avait été ma première amie malgré qu'elle avait premièrement décidé de m'utiliser comme sacrifice. Mon insolence m'avait alors coûté ma main, mais j'en avais eu cure sur l'instant. La folie qui régnait en moi avait succombé à ce qu'elle était. Je voyais en elle une possibilité de canaliser ma rage. Mais à force de vivre à ses côtés, luttant contre et envers tous, j'avais succombé à mes sentiments. Non pas que je les refoulais mais c'était surtout que je n'avais aucunes connaissances de ce qu'ils étaient. Tout comme elle devait aussi commencer à le comprendre à son tour. J'aurai pu être plus insistante encore mais je préférai qu'elle découvre ses sentiments par elle-même, tout en espérant qu'elle en ait qui ressemble au miens. Maintenant qu'elle m'avait offert la réponse tant attendue, je me sentais... heureuse ? C'était ça être heureuse et apaisée ?

Cette chaleur qui m'avait envahie n'avait de cesse de s'échauffer mais j'écartais tout de même mes lèvres des siennes pour plonger mon regard dans le siens et lui laisser un peu de répit. À cet instant précis, un sourie unique c'était dessiné sur mon visage, des larmes de joie s'écoulant le long de mes joues. À sourire si fort et si bêtement, j'en avais mal aux joues mais je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir cette tête d'ahurie malgré tout. Tellement le moment était ardent pour moi. C'était bien la première fois que je ressentais un tel sourire. Mon regard perdu dans ses yeux, je maintenais ma main sur sa joue et l'autre derrière sa nuque. Ne voulant absolument plus bouger, juste rester ainsi le plus longtemps possible. Mon cœur manquait de sortir de ma poitrine alors que mon corps s'alourdissait de plus en plus sous l'assaut de la fatigue, des sentiments et un apaisement si soudains. Mais moi, je me maintenais éveillée, j'attendais de voir sa réaction, mes iris suivant à la trace le moindre mouvement de ses yeux, le moindre tressaillement de ses lèvres, le plus infime des rictus sur son visage afin de déceler son ressentis après ce second baiser ardent que je lui avais rendus.

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Un retour au calme ?

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