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 L'ordre dans le chaos

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Lucosa Warou
Lucosa Warou
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MessageSujet: Re: L'ordre dans le chaos   L'ordre dans le chaos - Page 2 Icon_minitime1Sam 3 Sep - 13:11

Les secondes me semblaient éternité alors que j'attendais, tendue, penchée sur le corps de mon ami. Lolth n'avait rien tenté, ou alors elle n'était guère parvenue à mouvoir ce corps mortel qui n'était pas le sien. L'abomination n'avait pas capitulé ce n'était clairement pas son genre si l'on prenait pour exemple le peuple qu'elle eut créé. Nous bénéficions simplement de l'effet de surprise si l'on peut dire. Un instant j'imaginais les premiers pas de Xiris et des autres divinités sur nos terres mortelles. Je les plaindrais presque. Oui presque il ne fallait pas abuser non plus, je gardais une rancune tenace face aux divinités et ce même si celle de la nature avait pu faire naître en moi de nouveaux sentiments les concernant.

La voix d'Eldakka me prit par surprise. Sa question presque murmurée semblait réelle, mais l'autre arachnide ne pouvait elle pas se jouer de nous encore une fois ? Il prononça alors un de ses mots qui pouvait prouver qu'il était bien lui même. Jamais ces trois syllabes ne m'avaient parues aussi importantes qu'à ce moment précis.

- Eldakka ? C'est... c'est toi ? me retrouvais je à demander juste au dessus de lui. A vrai dire j'en étais certaine, pourquoi est ce que je lui posais une question pareille ? Nos noms n'avaient pas été mentionnés à la déesse et l'esprit de mon ami lui était inaccessible, c'était donc bel et bien Eldakka qui était là, avec nous. D'une main tremblante je relâchais mon étreinte sur sa gorge, laissais tomber sa dague sur le coté et balayais les cheveux éparses qui obscurcissaient sa vue. Je ressentais le besoin irrépressible d'apercevoir ses yeux, de croiser son regard. A cela la tension dans mon corps se relâcha et un fin sourire apparut sur mon visage. Ça a vraiment marché, tu es revenu !

Je pus enfin reculer afin de lui laisser l'espace nécessaire à ses mouvements. En me relevant je réalisais alors seulement la peur qui s'était emparée de moi à l'idée de le perdre pour toujours. A vrai dire je mourrais d'envie de le plaquer au sol et de me frotter contre lui ,voir de lui lécher le visage comme un chiot heureux de retrouver l'un des siens et j'aurais très certainement cédé à cette pulsion si nous avions été seuls. Heureusement, le drow allait échapper à l'effusion de joie animale grâce à la présence de Dona et seule ma queue touffue qui refusait de se tenir sagement permettait de rendre compte de ce qu'il se tramait dans ma tête. J'avais appris à me tenir bien qu'il m'eut fallut du temps pour comprendre ce qui était acceptable ou non du point de vue des autres races qui ne voyaient qu'hérésie dans nombre de nos comportements animal. La vue des miens brulés en place publique avait eu tôt fait de m'apprendre à garder la louve sous contrôle la plupart du temps.

Mon pauvre ami faisait peine à voir, allongé là, semblant perdu et désorienté. Avait il vécu à travers les yeux de Lolth durant tout ce temps tel un spectateur incapable de reprendre les rennes de son corps ou bien se réveillait il sans souvenir  de ces moments ? Je l'observait alors qu'il reprenait conscience de son environnement, devinant au fond de ses prunelles mille et unes questions. Je me tournais vers Dona, indécise quant à l'attitude à adopter. Après tout c'était de son fait si Eldakka était de retour... pour le moment. Oui je savais que la temporalité n'était pas forcément de notre coté pour le coup mais seule la femme drow avait toutes les cartes en main et je ne savais que trop bien que pour elle Lolth était toute aussi importante que mon ami. En somme, il y avait de fortes chances pour que nous soyons liés tous les trois encore quelques temps à moins que Dona ne change d'avis et ne parte en quête d'une autre divinité déchue. Je décidais de lui laisser la voie pour ce qui était des explications.

-Merci affirmais je néanmoins, consciente qu'une fois de plus je lui devais le retour d'Eldakka.

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Dona Veladorn
Dona Veladorn
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MessageSujet: Re: L'ordre dans le chaos   L'ordre dans le chaos - Page 2 Icon_minitime1Dim 4 Sep - 1:31

Le corps du jaluk se tortillait avec autant de conviction qu'une drow embrassant son chiard. Sous l'emprise de la flamme voilée, l'âme de Lolth s'étiola, par ses mouvements erratiques, je pus estimer le temps qu'il me restait à endurer cette pitrerie ondoyante. Et quand finalement tout cessa, les bras alors repliés contre son torse, le mâle émit un souffle saccadé qui gerba d'entre ses mèches. A ce moment, je savais que mon sortilège avait achevé son oeuvre, et bien que mon visage enténébré de ma capuche éclipsait la moindre de mes émotions, je fus soulagée de le savoir toujours en vie. Pas pour ce qu'il était, ni pour ce qu'il représentait aux yeux de Lucosa, mais pour moi. J'avais besoin de réussir! A l'instar de l'hybride, je ne fus pourtant convaincue du retour d'Eldakka qu'à l'instant où il s'exprima, mais mon coeur avait devancé mon esprit. D'un oeil détaché, je remarquai l'euphorie germer dans la gestuelle de la louve, et bien que je le devrais, je n'éprouvais aucun sentiment de triomphe. J'avais peut-être muselé Lolth, mais au lieu de la satisfaction attendue, je n'éprouvais qu'un immense vide. Les mots qui résonnèrent ensuite sifflèrent dans mes oreilles comme le suintement funeste du soufre s'échappant d'une cheminée. Le temps fuyant, le son devint bourdonnement, il enflait, gagnait en intensité, quand d'un coup! il se tut. Le regard de Lucosa posé sur moi semblait avoir chassé l'essaim. Je la fixai en retour, dans un silence qui m'était propre, puis elle prononça un mot. Un mot inconnu de ma langue. Et à l'évidence, il n'y avait rien de plus à dire. Je hochai doucement la tête, puis lui retournai une phrase de mon cru.

- Qu'on me fiche la paix.. Avais-je bredouillé, sans force.

J'aspirais à être seule, aussi je fis volte-face pour m'en retourner auprès de l'arbre qui fut témoin de ma première nuit à l'orée de ce monde sans plafond. La branche à laquelle je m'étais suspendue souffrait encore de mon passage, sauf que cette fois, c'était le tronc que je convoitais. M'adossant contre ce dernier, je me plaçai de sorte à ce que les deux autres ne puissent me voir, sinon la silhouette pourrissante de ce vieux baliveau tordu. Et c'est alors que je me mis à chercher la raison du séisme qui sévissait en moi. Mais la réponse se livra d'elle-même.. Le retour d'Eldakka fit bien plus que m'assourdir, il me mit au devant du fait accompli. Et qu'avais-je bien pu accomplir? Rien.. absolument rien! J'avais sauvé un jaluk que je méprisais, et avais abandonné le seul être que je n'eus jamais aimé. Bahern.. Bahern était tout pour moi; L'attache, la confiance, le respect.. Pourquoi ne m'en rendais-je compte que maintenant? Était-il seulement possible d'être aussi idiote que ça?!

J'avais bien conscience d'avoir évolué au sein d'une société où l'insensibilité primait sur tout le reste, mais jusqu'alors, je me pensais au-dessus de tout cela. Je ne parvenais à déterminer ce qui était le plus dur à encaisser; mon parjure, ou ma crédulité? Dans les deux cas, j'étais seule responsable de la chute de ma maison. Le jour où cette donzelle maquillée en Dalael m'a promu au rang de matrone, je fus incapable de prendre mes responsabilités. Sur le moment, je me contentais de jouer à la matrone, car je n'avais d'yeux que pour mes prisonniers. Grace à ce nouveau statut, je pus disposer d'eux comme bon me semblait. Trop absorbée par ce que j'apprenais de l'hybride, Bahern fut relégué au second plan, puis au troisième, jusqu'à complètement cessé d'être. Et maintenant qu'il avait réellement cessé d'être, je prenais acte de toute l'étendue de ma trahison! Je pouvais toujours y retourner, et peut-être même le secourir s'il était toujours de ce monde. Cependant, dès lors où j'eus balancé mon sort sur la matriarche, je sus que la maison Veladorn vivait ses dernières heures, je le sus! et pourtant, je ne fis rien pour lui épargner ce destin. Je voulais vivre mon aventure, arpenter la surface, percer le secret des Dieux, et pour cela, pour mon rêve.. j'ai abandonné Bahern à la mort.

Dans le fol espoir où il aurait survécu, je ne pouvais qu'imaginer son regret de m'avoir ainsi préservée de mes semblables. Je venais de dialoguer avec Lolth, la divinité qui avait conçu mon espèce, je devrais me réjouir, tirer un trait sur le passé, en vain.. J'essayais, mais la volonté n'y était pas. Sous le poids de ma honte, ma tête bascula vers l'avant et mes paupières s'abaissèrent. Ne sachant à qui ou quoi m'en remettre, je me tournai vers la seule entité qui avait fait de moi ce que j'étais devenue: Unshra.

-***Unshra.. voilà bien longtemps que je ne me suis prononcée, et j'en suis impardonnable. Je vous ai préféré ces surfaciens, tout comme je les ai préféré à Bahern. Je me suis salie de la pire des manières, une souillure indélébile qui me collera à la peau jusqu'à la fin de mes jours. Mais si je viens à vous présentement, ce n'est ni pour me plaindre, ni pour vous demander une faveur. Je veux juste vous parler, j'ai besoin de me sentir près de vous. J'attendrais patiemment le signe qui me fera savoir si vous me le permettez ou non.***

J'ignorais tout de la suite des évènements, mais en dépit de mon ignorance, cette prière me fit le plus grand bien. Car même si je supposais que Unshra me rejette, ce qu'elle aurait raison de faire, je renouais aussi avec ce passé que j'avais bafoué de mon égoïsme. L'espace d'un instant, je me revis dans mon sarcophage en train de me livrer à la prière, puis Bahern qui l'ouvre en me soutenant de son regard paternel. Un échange que mon esprit avait cru bon d'immortaliser, une attention d'Unshra, très probablement.. Une larme chaude et piquante se décrocha de mon nez qui pointait vers le sol. Quand elle éclata contre la roche avant de s'écouler dans la terre, d'autres suivirent, silencieuses, honteuses, à l'image de la mère qui leur avait donné vie. Jamais encore je n'avais versé de larmes, ni même pleuré intérieurement, ces gouttes eurent donc une tout autre signification pour moi. Elles étaient cette part de mon âme qui chérissait Bahern, et qui choisirent de me fuir plutôt que d'endurer ma présence ne serait-ce qu'une seconde de plus. Mon avenir s'annonçait bien terne..

¤ 7 Khole Gaïa ¤
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L'ordre dans le chaos

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