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 Une vieille rancune

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MessageSujet: Une vieille rancune   Une vieille rancune Icon_minitime1Jeu 22 Oct - 1:29

[Arrow...suite de ~ICI~]

Durant le voyage visant à se rendre sur l'île de Tësnu, l'équipage demeura étonnamment silencieux. Belle, fixée à sa barre, toisait l'horizon d'un regard absent. Lanae, une fois sa colère retombée, n'avait de cesse de se repasser la scène du massacre dont elle fut l'instigatrice. Orage, encore secouée par les cris et les morts, demeurait en boule au fond de la poche de la rousse. Harl, ayant pour charge de surveiller les prisonniers, veillait à régulièrement assommer Rïona pour que le silence perdure. Quant à Victalass, loin de lui l'idée de sursoir au silence, mais il se demandait comment Belle comptait s'y prendre pour s'inviter dans le palais du Roi pirate sans être inquiétée. Et ce, tout en omettant l'état préoccupant de Lonoud. Aussi, après avoir répétée plusieurs fois son approche sous forme de songe théâtrale, l'Impur aborda son Capitaine d'une voix éraillée. Belle l'entendit, mais ne répondit point. La jeune femme semblait comme détachée de la réalité. Une apparence ô combien trompeuse ! Aucun détail ne devait être négligé, une seule erreur, et leur tripaille servirait d'appâts pour la pêche au gros. Cette fois il n'était plus question d'assurer la survie de sa coterie à bord du Corivace, mais dans la jungle urbaine d'une île dont chaque recoin pouvait être mortel. Belle finit par avoir une idée, restait néanmoins à solutionner la blessure improbable de Lonoud. Quoique... maintenant que Lanae avait briser les genoux de Rïona, il n'était peut-être plus nécessaire de le remettre dans l'axe. Les ramifications de ce qui allait s'en suivre n'en finissaient plus de se complexifier. Elle devait encore y réfléchir.

Ce matin là, une brume sinistre recouvrait Tësnu et son archipel. Une ambiance morne qui semblait murmurer à Belle que si elle s'y engouffrait, il n'y aurait alors plus de retour possible. La complainte du marin qui relatait ce fait ne pouvait hélas être entendue, car si la jeune femme se laissait gagner par la superstition au lieu d'aller au coeur du problème, elle et sa suite ne connaîtront jamais le repos. Le Corivace entra au port en fin de matinée, mais la présence du Fëalókë morë conforta la Capitaine quant aux précautions à utiliser. De ce que Belle en savait, Le dragon des mers était indépendante, l'île ne faisait donc guère partie de ses escales. Le Roi pirate lui avait très certainement causé du tort à elle aussi. Et alors que Lanae conversait avec sa petite Fée, les deux prisonniers furent tirés de leur geôle jusque sur le pont supérieur, puis attachés dos à dos. La jambe désarticulée de Lonoud pointait toujours vers le ciel, ce qui donnait une drôle d'impression de voir ainsi la chausse de ce brigand s'afficher à la fois au-dessus de sa tête ainsi que celle de Rïona. À la suite de quoi, Belle surprit tout le monde en ordonnant à Victalass et Harl de les asperger d'huile de baleine puis de poudre à canon. L'Impur tiqua mais s'y attela, plus d'une fois la jeune fille lui avait prouvé qu'elle était capable, alors s'il devait lui faire confiance aveuglément, le moment était parfaitement choisi pour ça. Et pour cause, en dehors de Belle, nul n'avait la plus petite idée de comment se rendre jusqu'à l'intéressé sans terminer les tripes à l'air ou au fond d'un trou !

Au terme de son conciliabule avec Orage, Lanae haussa un sourcil lorsqu'elle remarqua les agissements de sa soeur. Abandonnant alors la poupe du navire, cette dernière se rendit jusqu'au chevet des prisonniers. L'odeur qui en émanait était acre, désirant alors interroger Victalass à ce sujet, Belle s'en revint avec une bougie à la main. S'imaginant déjà le pire, la Demie-Elfe voulut en savoir plus. Non pas que ces deux larves ne méritaient point leur sort, mais ce genre de chose ne ressemblait guère à cette âme si douce avec laquelle elle avait déjà tant partagé. Belle se fit néanmoins intraitable. Réunissant tout le monde, elle annonça son intention de traverser la cité avec les deux hurluberlus afin de se rendre en toute liberté jusqu'à leur objectif, à savoir, le Roi pirate. Tandis que les questions fusaient, la Capitaine fit fondre la base de la bougie, laquelle fut par la suite collée à l'horizontal sur le talon surplombant de Lonoud. Et alors qu'elle répondait, Belle noua une ficelle autour du corps de cire qu'elle relia à son poignet. Son plan consistait à exposer les captifs tout en faisant clairement comprendre à chacun des primates à la solde du Roi pirate, qu'une tentative à leur égard mettrait un terme à l'existence de ces derniers. Installés sur une porte au préalable dégondée, Rïona et Lonoud étaient fin prêts pour être brancardés jusque dans les appartements du Roi pirate. La vicieuse finit cependant par reprendre conscience, laquelle fut aussitôt bâillonnée ! Victalass et Harl avaient pour tâche de transporter la porte, Belle serait en tête de peloton tandis que Lanae les couvrirait depuis l'arrière. Quant aux quatre restants, trop jeunes ou trop épuisés, furent confinés sur le Corivace. Une fois les préparatifs terminés, la Capitaine alluma la bougie, et la marche débuta...

À l'aide de la crosse de son mousquet, Belle battait la mesure en frappant sur un morceau de bois. La cadence ainsi donnée était essentielle pour que l'accident ne se produise pas. Bien sûr, son passage fut aussitôt remarqué par la population locale. La scène était curieuse, car cela ressemblait presque à un de ces rites propres aux tribus cannibales de la mer d'écume, et ce, peu avant que la chair de leur victime ne soit rôtie à la lueur d'un grand feu. La shaman au tambourin, les deux sacrifiés, et enfin la maîtresse de cérémonie. Tout y était pour insinuer la crainte dans le coeur du petit peuple. En effet, à l'aube de sa puberté, Belle cauchemarda régulièrement au sujet de son propre trépas lorsqu'elle découvrit ce mythe. Un moyen de plus de prendre sa revanche sur une de ses faiblesses d'enfance. En général, ces gens n'avaient rien à voir avec les desseins du Roi pirate, mais dans un accès de vanité, il arrivait que certains commettent une folie pour se réserver une place à ses côtés. Etant donné leur condition de vie, on ne pouvait leur en vouloir, mieux valait être du côté de ceux qui terrorisaient, plutôt que d'en être la victime. Belle fit simplement en sorte que ces derniers se tiennent tranquilles, et cela fonctionna... jusqu'à ce que des hommes d'armes à la solde de sa majesté ne s'en viennent stopper leur marche !

Cette intervention faisait partie du plan de la jeune femme, Victalass et Harl appliquèrent donc la seconde étape qui consistait à poser la porte avec les prisonniers qui se trouvaient dessus, à même le sol. Désormais postés sur les flancs de leur prise la main proche de la garde, ils attendirent. Concernant Lanae, elle n'eut rien de plus à faire que de tendre l'atmosphère par le biais de petite rafales bien placées. Les envoyés du Roi pirate n'étaient d'ailleurs pas très sûr de leur fait maintenant que la conversation était engagée. Belle leur exposa clairement la situation en forçant le détail sur son dispositif qui alliaient bougie et poudre à canon. Puis elle retira sèchement le bâillon de la bouche de Rïona, laquelle s'empressa de convaincre les laquais de les laisser entrer, mais non sans ajouter qu'une fois parvenue à destination, les rôles s'inverseront ! Ce fut donc sous les conditions de Belle que la petite troupe investit le palais de ce prétendu monarque. Les captifs furent déposés dans la salle principale, tandis que tous les gardes que le pirate avait à sa botte, étaient tenus de rester à l'extérieur des remparts. La jeune capitaine sut se montrer convaincante en agitant frénétiquement la main qu'elle avait auparavant reliée à la bougie lorsque ces derniers tentaient d'éprouver sa patience. Puis Rïona s'exprima derechef ; elle laissait entendre que tout ce petit stratagème n'avait servi à rien, à savoir que cela se serait passé de la même manière que si elle les avait amené elle-même. La suite des événements tentait à lui donner raison...

Les mains maculées de sang, le visage défait, le Roi pirate fit son entrée. Il était livide et traînait des pieds pour se déplacer. C'est alors qu'un rire glaçant surgit depuis la salle voisine. Seule une femme au crâne fêlé serait en mesure de s'esclaffer de la sorte. Cela n'était d'ailleurs pas si éloigné de la vérité, car lorsqu'une Drow passa au devant du Roi pirate comme s'il était moins que rien, les mâchoires se décrochèrent ! En dépit de leur réputation d'hommes sans foi ni loi, de pillards sanguinaires, les pirates ne traitaient pas avec les Drows. Cette folle n'avait rien à voir avec les contes que Belle avait pu entendre au sujet de Xune. À commencer par son accoutrement, ce genre de coupe ne se faisait point en surface, et encore moins dans cette région. Quand soudain ! Rïona invita cette décérébrée à la peau d'ébène de s'en venir la libérer de son carcan. La jeune capitaine s'interposa tout naturellement, mouvement qui fut aussitôt suivi par Harl et Victalass. Quant à Lanae, à l'instar du Roi pirate, marquait un temps d'arrêt. La Drow ricana de plus belle en affichant ouvertement son mépris pour la flibustière, elle n'allait tout de même pas s'abaisser à défaire des noeuds. Non, tout ce qui lui importait, c'était de repartir avec la rousse ! Comprenant alors l'étendue du problème, Belle voulut faire feu de son mousquet, mais une violente décharge l'arracha à sa main... Pour un peu, la bougie manqua de rompre sous l'effet du choc. Lanae balbutia quelques mots auxquels l'Elfe noire rétorqua que celle-ci n'avait pas été oubliée, et que Aëldril fut détruite dans le seul but de la trouver. Désormais, une nouvelle vie dans les profondeurs de la terre l'attendait, et rien ne pourrait l'en sauver !

Dans un ultime élan de survie, Belle tira sèchement sur la ficelle qui cassa la bougie, immolant alors instantanément les prisonniers, duquel un hurlement terrible s'extirpa. Mais la Drow ne se démonta guère, complètement insensible à ce genre de démonstration, elle s'en vint placer une dague sous le cou de Belle, privant ainsi Lanae de toute combativité. Mais Victalass et Harl parvinrent à libérer leur Capitaine de l'assaillante. Ce qui la fit entrer dans une rage sans nom, avant de déchaîner sa puissance sur le petit groupe qui se retrouva bien vite dénué de toute conscience. Le Roi pirate quant à lui, demeura simple témoin de la scène. Ainsi put-il voir la Drow empoigner à la fois la chevelure de Lanae et de Belle, pour les traîner jusque dans le vortex qu'elle venait de conjurer.

Doucement ses yeux s'ouvrirent, puis des élancements situés à l'arrière de son crâne déformèrent ses traits. Alors qu'elle prenait peu à peu conscience de son nouvel environnement, Lanae se vit enchaînée à un mur froid et humide avec pour seul vêtement, une petite culotte. Il lui faudra constater ses côtes apparentes pour elle estimer le temps qui avait passé, soit un peu plus d'un mois ! Elle était seule dans cette pièce, et son dernier souvenir lui montrait Belle menacée d'une lame. Aussi s'activa t-elle à la chercher des yeux, en vain... et Orage, où était passée Orage ? Sentant la panique prendre toujours plus de place, Lanae entendit des cris d'agonies. Ils semblaient loin, bien que pas assez à son gout. L'avait-on oublié, et surtout, que lui voulait-on ? Ses membres lui faisaient souffrir le martyr, et en dépit de la douleur toujours plus insupportable à mesure que son esprit s'éveillait, la Demie-Elfe se refusait d'hurler !


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MessageSujet: Re: Une vieille rancune   Une vieille rancune Icon_minitime1Dim 10 Jan - 18:20

C’était une chose de vouloir protéger les siens, c’en était une autre de provoquer un massacre pour y parvenir. Aucune voie diplomatique n’avait fonctionné. Il avait fallu s’abaisser au niveau de nos ennemis pour les vaincre ; la violence, le meurtre, le sang, la terreur… Qu’est-ce qui me différenciait d’eux désormais ? Une seule réponse : la culpabilité. Je ne connaissais que trop bien ce sentiment. Ce mélange de compassion et de honte à la fois, qui provoquait des regrets chez les personnes dites « bonnes ». Cependant, je doutais fortement d’une frontière aussi limpide entre le « Bien » et le « Mal ».

Une fois la colère retombée, je constatais des corps désarticulés et immaculés de sang qui tapissaient le pont du navire. Comme si une tempête était passée par là, c’était le cas d’ailleurs… Je sentis quelque chose vibrer dans l’une de mes poches, ce qui m’extirpa de mes pensées. Orage… Dans un réflexe, j’attrapais la petite fée encore apeurée dans le creux de mes mains et la rapprochai doucement de mon visage.

– Chhh… Là, c’est fini. Parle-moi, je suis là. J’ignorais quoi, mais je sentais que la petite fée en avait gros sur le cœur.

Enfin arrivés à Tësnu, l’atmosphère était aussi brumeuse que mon esprit, pas encore remis de la dernière incartade. Alors qu’Orage me parlait enfin, nous fûmes surprises par un spectacle étrange. Belle s’activait à mettre en place un stratagème à base de prisonniers, de poudre à canon et d’une bougie. Croyant à un bûcher improvisé, je fus néanmoins rassurée quand je compris son but : il n’était pas question de frire ces humains mais de traverser l’île sans encombre. Postée en queue de file pour assurer les arrières de mes compagnons, nous commençâmes la marche vers notre objectif, le Roi pirate. Je ne manquai pas de ponctuer notre ballade déjà sinistre par quelques rafales d’air ci et là afin de dissuader quiconque d’interférer dans notre progression.
Après tant de péripéties, nous atteignîmes enfin le palais du Roi pirate. Aucune difficulté pour y entrer. Le plan de Belle était parfait, ou presque… Pensant trouver un Roi pirate orgueilleux trônant dans la salle principale à l’abri de toute de faiblesse, ce fût un homme ensanglanté et titubant qui se présenta. Le sentiment de surprise qui me gagna fût amplifié par le rire glaçant qui résonnait dans toute la pièce. Une Drow surgit de nulle part en nous regardant avec dédain. Belle fût la plus réactive et sortit son mousquet pour nous protéger. Mais une décharge l’arracha de sa main :

- Belle, ta main… Puis me tournant vers la Drow. Qui êtes-vous, que voulez-vous ?

Tout se précipita ensuite. En désespoir de cause, Belle enclencha son stratagème ingénieux, ce qui eut pour effet immédiat d’immoler les deux prisonniers. Consciente de la menace que représentait cette humaine pourtant coriace, la Drow s’empara de Belle, une dague à la main et bien placée sous la gorge de sa victime. Gagnée par la bravoure de ma sœur, une partie l’équipage fit front pour libérer leur capitaine. Mais leurs efforts furent réduits à néant par les mystérieux pouvoirs de la Drow. Alors que nous perdions conscience peu à peu, j’eus le temps de murmurer un dernier message à Orage.

- Cache-toi, elle ne doit pas te trouver.

Lorsque je me réveillais, mon corps me faisait atrocement souffrir. J’avais froid, je me sentais faible. Le temps de reprendre mes esprits, le constat était alarmant. J’étais nue avec seulement une culotte. Ce ne fut pas mon accoutrement qui m’incommoda mais bien mon corps lui-même. La maigreur dont celui-ci faisait preuve témoignait du temps écoulé. Je ne savais ni où j’étais, ni comment j’étais arrivée là, ni ce que l’on m’avait fait et depuis combien de temps. La Drow avait mentionné Aëldril. Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Qu'avaient-ils fait de ma sœur ? Où était le reste de l'équipage ? Il y avait tellement de questions auxquelles je ne pouvais répondre que je préférais me concentrer sur le moment présent et ce que je savais :

1. J’étais presque nue, mais vivante. Mal en point, mais entière aussi.
2. J’étais seule dans la pièce, ou en tout cas dans mon champ de vision.
3. Un(e) ou des Drow(s) est responsable de ma situation et cela a un lien avec mon passé.
4. Je me souviens vaguement que Belle a été tirée avec moi. Ils doivent savoir qu’elle est mon point faible ou alors elle a aussi une valeur pour eux.
5. Orage… Orage allait bien… Mais qu’en est-il maintenant ?

Je fus rapidement interrompue dans mes réflexions des cris. Des cris de souffrances innommables. C’était de la torture sans aucun doute. Malgré tout, je ne reconnaissais pas la voix de Belle. On était bien en train de martyriser quelqu’un et c’était insupportable à entendre, mais ce n’était pas ma sœur. Je décidai de commencer par le début, à savoir parler tout doucement :

- Y a-t-il quelqu’un ?

Je refusais de prononcer le prénom d’Orage, préférant conserver son anonymat si elle avait eu la chance de ne pas être découverte et d’être toujours en vie. Si elle était là, elle se manifesterait le moment venu.

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MessageSujet: Re: Une vieille rancune   Une vieille rancune Icon_minitime1Jeu 4 Mar - 14:40

Les arêtes tranchantes qui sillonnaient la paroi de l'alcôve avaient depuis longtemps cessé d'entamer sa chair. Désormais, c'étaient les os apparents de son dos qui trinquaient. La moindre respiration rongeait toujours un peu plus ses omoplates, tandis que la plus petite danse du ventre, aussi imperceptible soit-elle, érodait ses crêtes iliaques. Jusqu'alors tapi dans les méandres de l'inconscience, l'esprit de Lanae saturait désormais, tant les informations reçues se succédaient façon crescendo. Les mots qui s'échappèrent fébrilement de sa bouche desséchée tentaient plus à lui prouver qu'elle était toujours en vie, que de réellement obtenir un retour. Car en dépit du voile qui lui tombait devant les yeux, l'inspection de cette pièce exigüe ne réclamait guère plus de temps que celui qui consistait à lever la tête pour savoir le temps qu'il fait. Le seul détail troublant qu'elle put toutefois relever, résidait en la présence de chaînes sans personne pour les lester. Il y en avait bien assez pour entraver une grappe de quatre individus. Aussi, pourquoi était-elle seule dans cette semi-obscurité ? Non pas que la vue de tiers partageant son calvaire la réjouirait, mais la solitude pouvait s'avérer être une bien cruelle ennemie. Surtout lorsque celle-ci était bercée par d'atroces hurlements... Les cris perçaient les ténèbres à la manière d'une lueur sinistre, une horreur sans nom qui ne pouvait provenir de Belle ! Nier ce cauchemar était encore le meilleur moyen de ne point sombrer dans la folie.

En regardant en direction de ses poignets, Lanae se rendit compte à quel point elle avait pu maigrir. Ses bras en étaient devenus tellement filiformes qu'elle crut avoir été jetée dans le corps d'une autre. Hélas, le grain de beauté qui la lorgnait sadiquement depuis son biceps gauche, était là pour lui rappeler qu'il s'agissait bel et bien d'une triste réalité... Pourquoi son passé lui revenait-il soudainement à la figure ? Voilà une question qui ne la quittait plus. Epuisée alors qu'elle venait de se réveiller, Lanae laissa tomber sa tête vers l'avant, et sans qu'elle ne s'en soit aperçue, comme si elle s'y était accoutumée, les bramements avaient cessé. La porte de fer qui la coupait de l'extérieur grinça tout-à-coup, les ombres qui se projetèrent sur le sol qu'elle fixait, l'obscurcirent d'avantage, comme énonciatrices d'un épisode funeste. Au simple souvenir du visage de celle qui les captura, Lanae craignait d'y découvrir quelque chose de pire. Aussi s'abstint-elle de tout mouvement. Les spectres noirs se tenaient là, sans bouger, s'esclaffant dans leur langue incompréhensible. Discutaient-elles de ce qu'elles lui réservaient ? Ou riaient-elles simplement de leur dernière victime ? Sur ces entrefaites, les bourreaux s'avancèrent. Désormais, ils se tenaient au milieu du réduit, noyant l'atmosphère de leur rire innommable. Puis, le cliquetis caractéristique des chaînes parvint jusqu'à ses oreilles, et quelques coups et gémissements plus tard, une âme de plus était épinglée au mur tel un vulgaire jambon. Pas un instant ces monstres ne prêtèrent attention à elle, comme si pour eux, elle était déjà morte !

Lorsque la porte se referma, les maillons métalliques de l'autre prisonnier s'entrechoquèrent. Mais ce carillon ne correspondait point aux notes que chanteraient le fer si la personne se débattait. Ses mouvements étaient plutôt lents et méthodiques, et curieusement, aucune plainte n'émanait de sa gorge. S'il s'agissait vraiment du même individu qui venait de subir mille et une souffrances, son silence le rendait au moins aussi effrayant que les ombres dansantes qui l'avaient amené. Lanae n'éprouvait guère l'envie de relever la tête, préférant subir les relents du seau qui se trouvait sous elle. L'avait-on au moins décrochée, ne serait-ce qu'une seule fois ? En suivant cette logique, ses articulations auraient du céder depuis le temps. Mais non, en dépit de la douleur qui parcourait l'ensemble de son dos, ses bras et ses jambes ne la faisaient pas tant souffrir que ça, du moins, pas autant que si elle y était restée des jours entiers. Sans doute possible, ces monstres allaient revenir pour lui arracher des cris dont elle ne soupçonnait guère l'existence !


- Lanae, tu m'entends ? Murmura le coin ombragé de l'alcôve.

Une vieille rancune Belle10

Elle ne pouvait s'y tromper, il s'agissait bien de la voix de Belle, il n'y avait qu'elle pour prononcer son prénom avec autant de tendresse. Son larynx lui brûlait atrocement, comme si on venait de lui verser un litre d'acide dans le gosier. Elle avait tant hurlé qu'il lui était devenu impossible de parler distinctement. N'étant pas certaine d'avoir retrouvé sa soeur, Belle attendit une réaction de sa part, comme elle le faisait depuis maintenant huit jours. Et auquel cas elle demeurerait aussi amorphe que les autres fois, la jeune femme reprendrait sa routine qui consistait à la préserver du mieux qu'elle le pouvait. Si jamais Lanae s'évertuait à la chercher du regard, elle ne la trouvera point suspendue comme elle était supposée l'être, mais au sol, les jambes rabattues, le menton lové dans le creux de ses genoux. A la lueur des torches magiques qui les surplombait, Lanae pourrait distinguer ses haillons miteux en guise de vêtements, ainsi que ses cheveux coupés à la sauvage. Pire que cela, les séquelles d'une torture encore récente sous l'apparence de veines incandescentes qui remontaient de sa poitrine, jusqu'à la base de son visage. Et bien que l'effet s'étiolait, cela rendait également perceptibles les battements de son coeur... En dehors de cela, nulle autre marque ne venait consteller son corps. Belle aussi avait maigri, mais elle n'égalait point sa soeur dans ce domaine.

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MessageSujet: Re: Une vieille rancune   Une vieille rancune Icon_minitime1Mer 17 Mar - 19:26

Aujourd’hui marque le début d’une nouvelle Lanae. Non, pas la Lanae faible et filiforme (même si c’est ce à quoi je ressemble présentement), mais une Lanae beaucoup moins indulgente à l’avenir. Avec toutes ces années dans les pattes, il a fallu encore des morts et des enlèvements pour que je percute enfin !

Résumons : ma famille s’est faite tuer il y a fort longtemps, j’ai dû tuer en chemin, et surtout récemment, beaucoup, beaucoup, beaucop de personnes. Ces gens avaient aussi une vie et sans doute une famille. Ensuite, les épisodes sur les bateaux, on en parle ? La/les tempêtes (des fois à cause de la météo, d’autres fois de mon fait). Les morts, encore des morts, et encore des… bref, vous avez compris. Lanae attaque, Lanae pleure, Lanae chante, Lanae s’évanouit (encore)… Il suffit à la fin… Je suis las de tout cela. Je ne vis pas dans les hautes sphères de Nandis, je voyage avec des pirates. Il ne faut plus que je m’attende à avoir une vie tranquille, ça n’a jamais été mon quotidien. Rien ne justifie le fait de prendre une vie, mais il est temps que je réalise que je ne peux pas épargner tout le monde, surtout si l’on considère la voie que j'emprunte.

Oui, je divague. Et alors ? Je parle de moi à la troisième personne parce que je suis seule. Je l’ai regardée ma situation, elle n’est pas compliquée : je suis un squelette figé et seule dans une pièce où on pourrait enchaîner d’autres personnes. Ils sont où les autres ? Morts ? Déjà ? Et moi on me laisse pourrir ici ? Je suis tellement « gentille » que je n’ai visiblement pas provoqué assez de morts pour que l’on daigne m’offrir une fin plus digne. Mon insignifiance a poussé mes ravisseurs à me jeter dans un coin et « basta », comme dirait l’expression ; un mot court mais percutant que j’ai entendu au cours de mes voyages en mer sur le Corivace.

*-Je crois que la solitude me rend folle. L’inquiétude aussi. Où sont donc Belle et Orage ?!*

Soudain, j’entends des bruits de chaînes, la réponse arrive enfin, ce n’est pas trop tôt ! Pouf, je baisse la tête ! On ne doit pas savoir que je suis « en vie », pour le moment. Je fais donc « la morte » (rien de bien compliqué étant donné mon état physique). Et là, la délivrance, une voix familière qui me parle. Je ne rêve pas, la voix de Belle, douce et chaleureuse, qui s’adresse à moi. Toutefois, derrière la tendresse, je perçois très bien la souffrance. Et surtout, je réalise que les cris que j’entendais plus tôt étaient bien ceux de ma sœur… Misère… Sans aucune autre parole, ni explication, je comprends déjà que Belle a sûrement dû se sacrifier pour ma survie. Que faire ?

Même si l’envie de voir Belle me démange, je refuse de me précipiter et de réduire à néant son dévouement et sa stratégie (si elle en a une). Après tout, si on l’a torturée pour me laisser « en vie », et même si je veux prendre sa place, rien ne me garantit que nos ravisseurs ne nous tortureront pas toutes les deux ensuite.

Ah, j’ai une idée ! Je suis trop faible pour utiliser un gros sort, mais je n’ai pas encore trépassé ! Je décide de n’émettre aucun mouvement et de ne pas diriger mon regard sur Belle, pour ne pas trahir ma reprise de conscience, dans le cas où on nous serions observées. En revanche, je me concentre et j’utilise le vent pour porter mon message, aux oreilles de Belle uniquement. J'ai tant de questions, comment va-t-elle ? Que lui ont-ils fait ? Mais je dois être concise, elle le sait :

- Je suis en vie. Mes bras sont flasques, je crois que je peux libérer mes poignets à travers les chaines. Quelle est la situation de ton côté ?

Belle est intelligente, elle comprendra ma démarche et saura me répondre de manière à ne pas trahir mon état. Elle doit avoir plus d’infos. Une fois que j’aurai plus de détails, on verra pour la suite. Sans cela, et sans Orage, je ne peux rien faire de plus pour le moment. Quant à la petite fée justement, elle a déjà dû m'entendre si elle est dans les parages. Au moins, je vais pouvoir me concentrer sur Belle et arrêter de divaguer…

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MessageSujet: Re: Une vieille rancune   Une vieille rancune Icon_minitime1Dim 6 Fév - 4:15

Une vieille rancune Belle10

Décharnée comme elle l'était, Lanae avait tout de ces pantins que les marionnettistes exhibaient puis dodelinaient pour distraire les foules. Son abdomen foré par une éternité de famine associé à ses joues creusées qui lui rongeait le visage, la fringante jeune femme qu'elle fut se résumait aujourd'hui à une silhouette pendante, sans force, suppliant qu'on l'achève. La couleur ternie de sa peau craquelée contrastait funestement avec le teint cireux de son visage, comme si son corps, alors violé dans sa plus profonde intimité, cherchait à se couvrir une dernière fois avant de s'éteindre. Quand soudain ! un souffle, un murmure... Se pouvait-il que ce pendentif humanoïde plus mort que vivant ait encore assez de ressources pour faire usage de ses talents mystiques ? Avait-elle seulement bien entendu ? Une hallucination ? Non... surement pas. Ses paroles furent aussi claires que dans ses souvenirs, idem pour l'intonation qui les agrémentait. Il s'agissait bien de Lanae, pas de doute possible. Mais après tout ce temps passé à se détériorer, comment pouvait-elle se comporter comme à l'aube de ses vingt ans ? Non pas que ce soit un mal, mais un tel détachement méritait tout de même réflexion. A son instar, pouvait-on envisager qu'elle ne soit pas réellement celle qu'elle affichait ? Les Drows se seraient-ils méfiés au point de pousser le vice par-delà leur propre frontière ?

S'abreuvant de toutes sortes de réflexions pour trouver ne serait-ce qu'un semblant de sens à ce que ses oreilles venaient d'entendre, Belle ne trouva de réponse adéquate à la question qui lui fut soumise. Que pourrait bien répondre le prêtre si un grand brûlé venait à se renseigner sur sa situation ? Le mieux était encore d'ignorer cette demande et d'informer Lanae, ou plutôt ce qui restait d'elle, de tout ce qui lui était nécessaire de savoir. Certaine d'en avoir appris suffisamment sur la cité arachnéenne de Baereghel, la jeune femme se convainquit du bienfondé de sa décision. Depuis maintenant une semaine qu'elle veillait sur sa soeur de coeur, Belle avait depuis longtemps éprouvé la solidité de ses entraves. Si bien qu'il lui fut facile de retirer, à la seule force de ses ongles, la tige d'adamantine qui maintenait les charnières en place. Désormais debout, elle passa une main hésitante dans la chevelure empoissée de Lanae.

- Et si on se souciait d'abord de toi. Ironisa t-elle d'une voix étranglée.

L'émotion la prenait à la gorge, voir la fierté du Corivace ainsi affaiblie avait de quoi nouer les larynx les plus endurcis. Mais Lanae était loin, très loin d'être au bout de ses peines. Car ce que Belle allait à présent lui révéler risquait fort de la démoraliser, à tel point que ces quelques mots suffiraient à la tuer ! Un risque qui devenait toutefois nécessaire de prendre, car si l'on se fiait à l'image qu'elle renvoyait, elle ne passerait pas la nuit. Pour sa survie et celle de ses proches, il fallait agir maintenant et tout de suite !

- Ne fais rien, je me charge de te détacher. Amorça t-elle pendant que ses mains s'afféraient au délogement de la fameuse tige qui traversait les charnières. Nous sommes à Baereghel, si Ched-nasad est connue pour être la place forte des Drows, cette citadelle-ci est réputée pour être la capitale des araignées. Une introduction qui ne présageait rien de bon. Je ne suis pas ta soeur Lanae ! Cracha t-elle d'un ton ferme. Voilà, c'était dit... maintenant fallait lui expliquer. Une de ces infamies de Drows devait prendre la place de Belle pour fignoler je ne sais quoi sur "tes restes". Lorsque l'occasion s'est présentée, je l'ai tué et avalé la potion qu'il s'apprêtait à boire. Je suis alors devenu Belle, enfin... je veux dire, notre capitaine. Remarquant qu'il avait omis l'essentiel, l'usurpateur se présenta : C'est moi, Victalass ! J'ai fait tout ce chemin depuis Tësnu dans l'espoir de vous sauver, mais les jours passants, je suis allé de désillusion en désillusion. Cet endroit, c'est l'Enfer !

Lorsque son deuxième bras fut décroché, le corps rêche et osseux de Lanae s'effondra sur lui. En dépit de l'apparence désolante de Belle, Victalass, bien qu'amenuisé, demeurait suffisamment vigoureux pour soutenir le poids plume de la Chuchoteuse. La malheureuse devait faire dans les trente cinq, trente sept kilos. Et s'il n'avait pas veillé à sa survie comme l'avait fait Belle avant qu'il ne lui succède, Lanae aurait succombé dans l'indifférence la plus totale... Cette seule pensée suffisait à l'horrifier.

- Belle est toujours en vie, mais j'ignore si elle sera capable d'endurer un autre de leur... traitement. Souffla l'Impur après avoir escorté la rouquine jusqu'au niveau du sol. Puis, regardant la porte, il ajouta : Ils ne reviendront pas avant au moins une heure. Il faut réfléchir à une solution...

Victalass avait bien sûr songé à leur rentrer dans le lard dès l'instant où ils pousseraient ce maudit panneau, mais Lanae serait incapable de suivre. Aussi, le mieux qu'il pouvait faire en entendant qu'une meilleure idée se présente, était de donner à boire à cette momie complètement déshydratée. Mais n'ayant ni eau, ni nourriture à portée, le seul breuvage qui lui vint à l'esprit se trouva être son sang. Alors il s'entailla le poignet à coup de dent, puis porta ce dernier jusqu'aux lèvres gercées de Lanae. Il ne la forcerait pas, seulement, si elle souhaitait survivre, elle allait devoir occulter ses principes de bonne famille. A moins bien sûr qu'elle n'ait mieux à proposer...

¤ 7 Khole Gaïa ¤
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La Faucheuse
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MessageSujet: Re: Une vieille rancune   Une vieille rancune Icon_minitime1Mer 1 Juin - 2:07

Affaiblie comme elle l'était, Lanae se résolue à boire le sang que lui proposait Victalass. Puis quand la porte s'ouvrit, l'Impur concrétisa ses songes en se jetant à corps perdu sur le bourreau qui s'en venait les visiter. Et c'est toujours sous l'apparence de Belle, que ce dernier aida la chuchoteuse à fuir. Les pièces et les couloirs se succédèrent, mais en proie aux vertiges, Lanae fut bien incapable de comprendre où elle allait, ni même à quoi elle faisait désormais face. Car sans qu'elle ne se doute du temps qui venait de passer, la Demie-Elfe reprit conscience sur un sol glacial. Belle, ou plutôt Victalass se tenait debout derrière elle. Il lui souhaitait bon retour parmi les vivants, une providence qu'il accueillit de belle voix. Seule ombre au tableau, l'Avatar de Lolth n'était pas disposée à favoriser leur évasion. L'impur affirmait toutefois avoir une solution, et que pour se faire, il allait avoir besoin de son concours. Malgré son état léthargique, Lanae se demandait comment elle pourrait l'aider en quoi que ce soit, c'était à peine si elle était capable de mettre un pied devant l'autre. Quant à son ressentiment pour la Déesse-Araignée, il empestait à mille lieues à la ronde. Définitivement, elle ignorait en quoi elle pouvait lui être utile.

Victalass expliqua alors que Baereghel était sous la gouverne de l'Avatar de Lolth, une effigie organique qui servait de passerelle entre le Royaume des Abysses, et notre monde. Pour s'extraire des ténèbres, Lanae allait devoir consentir à faire le sacrifice de la chair. Choquée, mais néanmoins assidue, la Demie-Elfe écouta le récit de l'Impur. Offrir un de ses sens serait une bonne entrée en matière. Alors quoi ? si elle voulait sortir de là, Lanae allait devoir faire don d'une part d'elle-même à cette chose démesurée qui ressemblait vaguement à une arachnide agonisante ? Non pas qu'elle souhaitait cela de lui, mais pourquoi serait-elle la seule à faire cette offrande ? Victalass s'excusa aussitôt, mais son sang impur plongerait l'Avatar dans une colère noire, si bien que toute la cité fondrait sur eux avant même qu'ils n'aient le temps d'ouvrir la bouche. Néanmoins, celui-ci s'empressa d'ajouter qu'il ne lui était pas nécessaire de se délester entièrement d'un de ses sens, un oeil y suffirait amplement supposa t-il.

A bout de force, et surtout lasse de tout ceci, Lanae permit à ce que l'Avatar lui prenne une part de son ouïe. Une des nombreuses pattes décharnée de la bête descendit lentement, puis caressa la pointe de son oreille gauche de son extrémité crochue, ce qui provoqua en elle un frisson des plus désagréables ! Quand soudain ! l'appendice de l'Avatar s'infiltra dans les profondeurs de son conduit auditif, tortilla une fois, deux fois, avant de finalement prélever son dû. Lanae hurla sa douleur tout en plaquant sa paume contre sa plaie afin d'en stopper le flot de sang. Malheureusement pour eux, l'Avatar de Lolth exigeait deux autres sens pour accepter ce qu'on lui demandait. Il fallut que Victalass use de persuasion pour que la Demie-Elfe accepte finalement d'abandonner son oeil gauche et sa main droite. Je vous passe les détails de la mutilation, mais désormais au bord de la mort, Lanae eut droit à toute la vérité sur sa capture. Mais ça bien sûr, vous n'en saurez rien... l'essentiel à retenir est que l'Avatar de Lolth avait besoin que Lanae soit consentante, et en cela, le faux Victalass sut parfaitement manoeuvrer. Extirpé de sa torpeur centenaire, l'Avatar allait de nouveau pouvoir guider les Drows dans leur conquête de sang. La Demie-Elfe fut la clef de tout ceci. A la suite de quoi, son corps sans vie put être dévorée afin de revigorer une partie de la bête. Belle ne tarderait point à prendre sa suite...


Lanae a trépassé à 10 heures 54 !
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Une vieille rancune

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