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 Sur le Moorabella

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MessageSujet: Sur le Moorabella   Mar 2 Aoû - 11:05

Un dernier mouvement. Un râle de satisfaction. Puis la fatigue qui le submerge tout d’un coup. Le désir de fermer les yeux, de dormir pour toujours devient omniprésent dans sa tête. En sueur, Ryner s’effondre, essoufflé. Il caressa doucement les épaules du jeune homme sur lequel il reposait, goûtant à cette quiétude, savourant cette plénitude, où, chacun de ses sens étaient en éveil. Il ressentait un certain picotement dans ses doigts. Comme s’ils étaient engourdis. Enfin, il sourit avant de se lever. Sans la moindre pudeur, il marcha vers une petite table où reposait le tabac de sa sœur. Il s’en empara et roula une cigarette avant de l’allumer avec sa lampe à l’huile. Il alla s’asseoir à côté de son bureau où une carte de navigation était déroulée. Il savoura cet instant, fumant sa cigarette et se laissant bercer par les mouvements oscillant du navire.

Plutôt rectangulaire, la salle mesurait environs quarante mètres carrés. Cette cabine du Moorabella se situait à l’arrière du navire. Il n’y avait qu’un étage au dessus de celui ici, et il s’agissait de la barre de navigation. Plutôt spacieuse et simple, un rideau de lumière passait à travers les nombreuses vitres en losange qui remplaçait le mur arrière. D’ici, on pouvait observer l’océan s’étendre à perte de vue. Un bureau ouvragé reposait près de la paroi vitré. Sur le côté droit de la pièce reposait un lit avec, à proximité, une petite commode où étaient rangés les vêtements. Sur la gauche, se trouvait un lit plus petit que son frère, avec à côté, un petit secrétaire portant à beau miroir ovale cerclé d’or. On pouvait aisément deviner qu’il appartenait à une personne de sexe féminin puisque quelques produits de beautés y étaient exposés. Proche de la porte, se trouvait un perchoir où un cacatoès mauve semblait dormir.

-C’était juste… parfait, fit une voix épanoui venant du lit appartenant à Ryner.

Ce dernier souffla de la fumée avant d’avoir un petit rire. Il répondit avec son habituel ton hautain et las à la fois :

-Oui… je sais. Mais c’est hors de question.

-De quoi ? Demanda l’homme, étonné.

-J’ai pour règle de ne jamais le faire deux fois avec la même personne, alors c’est non.

Un silence pesant se fit ressentir dans la cabine du capitaine. On pouvait entendre les membres du Moorabella s’afférait à leur tâche à l’extérieur. Il y a de cela un petit moment, le navire avait quitté Nandis pour l’île de Tësnu. C’était un voyage qu’ils avaient fait une dizaine de fois. De plus, ils avaient une carte très précise. Les chances de se perdent étaient peu probable. Achevant sa cigarette, il se leva avant de lancer une bourse au jeune homme.

-Tiens, voilà pour toi. Je te laisse le temps de te rhabiller après je veux que tu sortes de ma cabine, ordonna-t-il, et à moins que tu veuilles finir à l’eau, ne prends rien dans cette cabine qui ne t’appartient pas.

Il enfila sa chemise sans la reboutonner, de la sueur dégoulinant toujours sur son torse imberbe et musclé. Il glissa un bras puis l’autre dans son fidèle imper mauve. Avant de mettre son pantalon et ses bottes. Seule sa chemise entre-ouverte était la preuve de ce qu’il venait de faire. Enfin… presque.

-Cid, appela-t-il.

Sans se faire attendre, le cacatoès ralla légèrement avant de s’élever de son perchoir pour se poser sur son épaule gauche. Une main dans les cheveux pour se recoiffer, et voilà, la panoplie du tombeur était au complet. Passant à des choses plus sérieuses, Ryner sortit de sa cabine pour monter arriver le pont. Comme il le pensait, tout le monde vaquait à ses occupations. Ici, il vit sa petite sœur maintenait le cap. A côté d’elle se trouvait le navigateur en chef. Il monta les marches, saluant au passage les quelques matelot qu’il n’avait pas encore vue de la journée. D’en haut, on pouvait voir quelle fourmilière le Moorabella était vraiment. Il fallait dire qu’il s’agissait d’un beau galion à trois mâts. Sa sœur et lui avait dépensé une fortune pour en devenir le propriétaire. Mais cela en valait le coup, il était pratiquement neuf au moment de l’achat et avait plutôt fière allure. Trois ans s’étaient déjà écoulé. L’air guilleret il s’approcha de Karianna avec son sourire habituel.

-Où en sommes-nous ? Demanda le capitaine au navigateur.

En écoutant vaguement la réponse, il s’approcha de sa sœur pour lui murmurer à l’oreille d’une voix amusé :

-Comme d’habitude, tu connais mes goûts, petite sœur. Je me demande pourquoi je n’ai pas autant de flair que toi. Quel est ton secret ?

Il se tourna vers le navigateur visiblement satisfait :

-Fort bien ! Nous devrions bientôt apercevoir l’île de Tësnu, restez attentif.

-Bien mon capitaine.

-Ha et prenez la barre, nous allons manger un morceau.

L’homme à l’âge un peu avancé, acquiesça avant de s’exécuter. Ryner invita sa sœur à le suivre afin de continuer leur conversation. Ils marchèrent en direction de la salle où le cuistot travaillait.

-Tu as faim ? Moi je suis complètement affamé. Comme à chaque fois en faites…

Il eu un petit rire. Le corsaire appréciait cette vie. Voguer à l’aventure, respirer à plein poumon l’odeur de l’océan. Perdre son regard en observant ce désert bleuté. Et cela, en compagnie de sa tendre sœur. Il lui lança un regard complice, persuadé qu’elle ressentait la même chose. Il pencha sa tête vers elle et déclara en haussant un sourcil :

-Je ne sais pas comment tu fais pour t’abstenir ! Sérieusement, tu n’as pas envie de t’amuser… ? D’autant plus que tu as un véritable don pour les choisir…

Le grand frère donnant le mauvais exemple à la petite sœur. N’était-ce pas un peu ironique ? Ryner désirait qu’elle soit heureuse avant toute chose. Certes elle ne devait pas rejoindre les bras de n’importe qui, car elle méritait beaucoup. Mais d’un autre côté, il voulait lui offrir une autre vie que celle qu’ils avaient vécue auparavant.

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Dernière édition par Ryner le Jeu 15 Sep - 17:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sur le Moorabella   Mer 3 Aoû - 15:11

Son unique frère. Il représentait tout pour elle et elle savait pertinemment qu’il désirait tout son bonheur. Mais tout ceci était bien sur réciproque. Il était le seul homme qu’elle aimait vraiment ; le seul souci c’était son cacatoès Cid, Karianna ne l’aimait pas beaucoup et lui non plus d’ailleurs.

Sur le pont le vent était frais et agréable par un temps si beau, cependant l’odeur de sueur des matelots sur le galion lui montait aux narines et lui donnait quelque peu mal à la tête. Mais tout ceci n’était pas important. Ils passèrent une porte, petite, mais entièrement incrusté de matériaux qu’elle ne saurait définir ; il était d’un bleu océan intense, dans lequel, plus d’un marin se perdrait en le regardant.

Ils débouchèrent dans une petite salle : une petite fenêtre sur le coté gauche et une porte qui menait derrière dans la cuisine. La tapisserie était sombre et dessinait une scène d’abordage : deux navires, un qui sombre dans les font maritimes et l’autre qui célèbre la victoire. Ce même motif ce répétait partout. Une lustre à douze bougies éclairait la salle et rendait à la pièce une atmosphère lugubre. En dessous du luminaire une grande table en bois massif accompagné de six chaises occupait la plus grande partie de la salle. Son frère s’installa directement et demanda au cuisinier d’amener quelque chose le plus rapidement possible : c’était sur, faire du sport affamait. Surtout un homme comme lui. Quelques instants plus tard, après avoir dévoré divers sortes de poissons, ils échangèrent un regard.

C’était un regard qui se voulait interrogateur et sa sœur le compris de suite.

- T’inquiète pas, je ne me sens pas bien, juste un pressentiment peut être, déclarai-je.

Après cette phrase, elle lui fit un sourire et ressortit rapidement. Elle se sentait mieux dehors, l’air de la mer était un calmant incomparable. Elle retourna ensuite dans la cabine du Moorabella pour chercher son tabac, elle roula délicatement une cigarette avant de retourner dehors. Elle se faufila entre les marins qui s’afférait à leur taches quotidienne avant de s’installer à l’avant du bateau, sur la proue pour fumer calmement. L’ile, au loin nous apparaissait enfin, elle paressait magnifique, un ilot au milieu de l’océan azur dans lequel se cachait peut être de merveilleux trésors. Un spectacle magique.

Soudain, elle sentit une personne derrière elle, vivement elle se retourna pour le dévisager. Le matelot qui se trouvait derrière était assez grand, des cheveux châtains et lisse et une carrure plutôt fine, elle savait que Ryner l’avait accepté sur le navire que grâce à son audace. Il était très beau pour la jeune femme.

- Madame, quand devrions-nous arriver ? Demanda-t-il.

- Je ne sais pas, si tout se passe bien d’ici un jour peut être, et j’espère moins.

Le marin lui sourit : charmeur. Elle savait que celui-ci la voulait mais elle ne pouvait et ne devait pas succomber. Son passé la hantait et le souvenir de son premier amour brisé lui faisait bien trop de mal encore. Au bout de ses doigts sa cigarette se consumait plus le temps passait, elle leva le bras et l’apporta à ses lèvres où elle inspira un bouffé de fumé, puis quelque secondes plus tard qu’elle ré expira.

Tout pour elle semblait se compléter : une cigarette, un paysage splendide, l’air de la mer, et son frère qui devait avoir finit de déjeuner.

Quelques minutes après elle se redirigea vers le pont pour reprendre la bar. Le navigateur en la voyant revenir fit un sourire qu’elle savait amuser.

- Vous voulez reprendre le gouvernail madame ?

- Avec plaisir, monsieur, répondit-elle.

Elle prit place devant et posa ses deux mains sur le bois vigoureux de l’appareil. Le gouvernail résumait à lui seul toute la force du galion. Tout son passé et son future. Et désormais, tous ensemble, tout l’équipage, son frère et elle se dirigeait droit vers l’aventure.

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MessageSujet: Re: Sur le Moorabella   Sam 3 Sep - 23:06

Le soleil était au beau fixe, et tout allait pour le mieux à bord du Moorabella. Ce majestueux galion sillonnait avec élégance le domaine du récif, avec pour destination ; l'île de Tësnu. Son capitaine, l'implacable Ryner, dirigeait celui-ci avec une main de fer, et pourtant, son équipage ne s'en plaignait guère. Toutefois, il était bon de savoir, que jamais cet homme ne voguerait sans sa soeur, la belle Karianna. Sa présence, au contraire des suspicions, apportait un baume naturel dans le coeur des plus endurcis. Et bien que certains éprouvaient le béguin pour celle-ci, nul ne s'y aventurait pour autant, sans doute par peur de devoir se trouver une nouvelle famille parmi les plus grand carnassiers peuplant l'océan. Mais alors que le temps de midi s'achevait... un grand cri provenant depuis la vigie, ne manqua guère d'attirer l'attention de chacun ! Le perché semblait dans tous ses états, et plutôt que de dire clairement ce qu'il voyait, il indiquait bêtement la direction de son index, tout en braillant des mots totalement dénués de sens !


Si l'on prenait le temps de suivre les indications de l'agité, soit ; à tribord toute. Tous n'auraient aucun mal à constater un bien étrange navire aux allures égarées ! Ce bâtiment était immense, à l'instar d'un cuirassé. Pourtant, le plus mystérieux ne résidait pas dans sa présence, mais plutôt dans les épais nuages qui le surplombaient ! Tout était sombre et gris dans son périmètre, et quoi que cela pouvait être, ça ne voulait pas forcément du bien.

- ON VA TOUS MOURIR ! ON VA TOUS MOURIR ! S'écriait le jeune depuis sa vigie.


- LA FERME GULIUS ! SI UNE PERSONNE DOIT DÉCIDER DE QUI DOIT VIVRE OU MOURIR, C'EST BIEN NOTRE CAPITAINE ! Rétorqua violemment le navigateur.

Seully n'avait pas tort, d'ailleurs, ses dires furent rapidement approuvés par le reste de l'équipage. Voilà un brouhaha qui avait très certainement dû alerter ledit capitaine quant à cette bien soudaine apparition. Malheureusement, le navire fantôme donnait également la nette impression de se rapprocher, alors que... seule la poupe de ce dernier leur était visible ! Progressait-il à reculons ? Non ! Cela ne se pouvait !

- Ce géant à l'air abandonné... mais quelque chose de mauvais en émane !

Il y avait de quoi avoir la chair de poule, car désormais, les sinistres nuages couvraient leur dessus, faisant ainsi disparaître le soleil... À cela on ne pouvait supposer qu'une toute dernière hypothèse, ce n'était pas le navire qui venait à eux, mais plutôt eux qui étaient attirés par lui !

- Quel est son cap ?! Gronda une voix depuis le pont.

- Les eaux maudites ! Répondit Seully avec spontanéité.

Il fallait que le capitaine Ryner se hâte, car qui pouvait savoir ce que cette chose à l'apparence d'un navire, pouvait leur réserver ? En tout état de cause, le navigateur n'avait pas envi de le découvrir ! Le surnaturel, ce n'était pas fait pour lui, ni pour aucun homme d'ailleurs !

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MessageSujet: Re: Sur le Moorabella   Jeu 15 Sep - 23:12

Ryner alla s’installer au bout d’une table de la petite salle servant de réfectoire aux pirates. Evidemment, à cette heure, la pièce était vide. Seuls Karianna et lui pouvaient se permettre le luxe de manger quand ça leur chantaient. Le capitaine bailla négligemment en se grattant le coude, puis sa barbe de trois jours. Gêné par ses mouvements, Cid alla se poser sur une chaise non loin tout en râlant, avant de finir sa sieste.

-Pfff, feignasse. Lâche-t-il à l’intention du volatile.

Il frappa dans ses mains avant d’appeler le cuisinier du navire. Ce dernier apparut peu après. C’était un homme avec une forte carrure, taillé en V, et possédant une taille plus grande que la moyenne humaine. Et pour cause, s’il était un excellent cuisinier, il se battait aussi en première ligne épaulant du mieux qu’il le pouvait le capitaine et sa sœur. Il demanda de sa voix guttural ce qu’il désirait pour le déjeuné. Ryner lui répondit de façons amusé,que, peu lui importait du moment que ce n’était pas une bouillie infâme. Le cuistot grogna sensiblement avant de disparaître derrière la porte. Le silence retomba dans la salle.

Au regard interrogateur qu’avait fait Ryner à sa sœur, cette dernière lui répondit qu’il ne fallait pas s’inquiéter. Un « mauvais pressentiment peut-être » disait-elle.

-Erf… je n’aime pas quand tu dis ça. L’intuition féminine est si redoutable. Songea-t-il nerveusement.

Elle lui fit un de ses beaux sourires avant de se lever pour retourner sur le pont. Durant ce temps où le jeune homme était seul, son esprit sembla s’absenter. Le regard vide, il fixait le mur en face de lui. Lorsque le fil de ses pensées fut interrompu par l’entrée du cuisinier qui revenait en tenant deux belles assiettes garnies. Une agréable odeur se propagea rapidement dans la pièce. Il s’agissait d’un peu de poulet accompagné de quelques légumes vert et d’une sauce délicieuse. Dans l’autre il s’agissait d’une coupelle avec un assortiment de fruit divers.

-Et voilà cap’taine.

-Merci bien Near ! C’est nettement mieux que la dernière fois. Fit Ryner, des étoiles dans les yeux.

-La dernière fois, Near n’avait plus rien en cuisine. Et tout ça à cause du capitaine qui avait rallongé le voyage de deux semaines. Alors Near avait du faire du rationnement pour nourrir l’équipage. Donc ce n’est pas de la faute de Near, démontra-t-il, sa voix d’adulte contrastant avec son raisonnement enfantin.

A ces mots, le jeune homme se sentit mal à l’aise. Il est vrai que la dernière fois, sous une impulsion, il avait lancé le Moorabella dans une aventure qui en fin de compte n’avait pas été des plus utiles ou intéressante. Enfin, qui ne cherche pas l’aventure, ne la trouve pas ! C’était le crédo de Ryner.

-Je… je suis désolé Near, lui dit-il tel un père à son fils, je n’avais pas bien pesé le pour et le contre, c’est ma faute. Je sais bien que tu fais de ton mieux !

Mais le cuisinier ne semblait déjà plus l’écouter, il retournait vers sa cuisine, son lieu de refuge. Cet homme était plutôt étrange, vivant dans son monde. Parfois il pouvait se montrait très effrayant et parfois aussi doux et simplet qu’un petit enfant. Le capitaine du Moorabella déglutit lentement et mit du temps avant de s’emparer de sa cuisse de poulet et de la dévorer.

Les minutes s’écoulèrent une a une lorsqu’enfin, alors qu’il croquait à pleine dent dans une pomme bien mûre, des cris s’élevèrent à l’extérieur. Il fallut un moment au capitaine pour comprendre qu’il s’agissait de cris de panique. Lorsqu’il s’en rendit compte, son cœur se serra, renversant sa chaise en se levant, il se précipita en dehors. Sa pomme, laissée pour compte, roula à terre au grès des mouvements du navire. Réveillé par tout ce vacarme, Cid le suivit avec hâte. Lorsqu’il se retrouva sur le pont, Ryner fut immergé dans un silence de plomb. On pouvait seulement entendre le bruit des vagues de la haute mer. Tous les membres de l’équipage avaient cessés de bouger ou de parler. Une ombre s’empara rapidement du navire, les rayons du soleil ne bénissaient plus le Moorabella en cet instant. A la place, de grands et sombres nuages l’encerclaient. C’est dans ce calme presque inquiétant que le capitaine du Moorabella osa briser le silence :

-Et bien… ?! Que se passe-t-il ?!

-Là mon capitaine. Répondit une voix en montrant le problème du doigt.

Et ce problème n’était pas des moindres… Ryner n’avait jamais rien vue ou entendu parler de tel. Il fit l’effort de rester impassible face à ce qu’il se dressait sur leur route. Le problème en question était un navire de la taille d’un cuirasser, au moins.

-Longue vue. Ordonna le capitaine.

Immédiatement, un homme lui apporta l’objet en question. Il voulu regarder tout d’abord le drapeau mais ne vit rien. Il observa quelques instants le pont du navire, rien. Le bâtiment semblait abandonné.

-Absence de pavillon sur le bâtiment, il semble être abandonné, déclara Ryner d’une voix forte pour que tout le monde l’entende, pourquoi on a changé de cap ?! Demanda-t-il soudainement juste après s’en être rendu compte.

-Nous nous dirigeons vers les eaux maudites ! Sans doute un courant marin, il n’y a plus du tout de vent ! Répondit une voix visiblement légèrement angoissé.

Un brouhaha s’éleva alors sur l’ensemble du galion. La panique s’emparait peu à peu du navire. Piégés comme des rats, les pirates regardaient vainement autour d’eux une solution pour s’enfuir. Légèrement désemparé, Ryner chercha des yeux sa sœur. Lorsqu’il la vit, le courage lui revint en force.

-Bien, du calme ! Tonna-t-il, stoppant l’activité désordonnée, je sais que vous êtes tous angoissés, il y a de quoi alors je ne vous en voudrais pas ! Toute fois, si vous reculez maintenant devant le danger, vos mères auront honte de vous ! De plus, si nous travaillons ensemble, nous avons une chance de tous nous en sortir !

Ryner avait parlé avec un ton sûr et dur à la fois. Il put voir que la peur était toujours présente dans les yeux des pirates. Toute fois, à présent il s’agissait plus d’une compagne domptée que d’un prédateur. Cependant, le capitaine n’aimait pas plus cette situation que le reste de l’équipage. Ils étaient livrés à eux-mêmes face à un danger inconnu. Impossible de faire marcher arrière. Le Destin en avait décidé ainsi. Et il n’aimait pas, mais alors pas du tout ce que ce dernier avait décidé pour eux. Les navires fantômes n’étaient pas son truc.

-Une minute de silence ! Priez Kirenna, nous aurons besoin de toute l’aide que nous pourrons trouver ! Ordonna le jeune homme.

A cet instant, beaucoup fermèrent les yeux, certains attrapant leur collier à l’effigie de la déesse des marins. Le capitaine du Moorabella ferma lui aussi les yeux :

***Ô grande déesse de toutes les mers, je vous supplie de nous venir en aide !***

Lorsqu’il rouvrit les yeux, il lança une série d’ordre à tout l’équipage :

-La rangée tribord, préparez les canons ! Si l’on suspect le moindre danger, je veux être en mesure de pouvoir couler ce rafiot avant qu’il n’ait le temps de gémir ! Il se tourna vers sa sœur, reste à la barre avec le navigateur, il faut quitter ce courant marin ! Les autres, sur le pont ! Soyez prêt à vous battre, on ne sait pas ce qu’il y a là-bas !

Après cela, il sortit son sabre et le pointa vers le ciel avant de hurler :

-Nous allons nous en sortir !

D’autres se joignirent à son hurlement. Cet acte redonna vigueur et énergie à tout l’équipage. Tous se précipitèrent à leur tâche. Ryner se remit alors à observer le mystérieux navire à l’aide de sa longue-vue. Il n'était même pas sûr que ce soit un courant marin qui les attiraient de la sorte vers cet étrange bateau. Le jeune homme n'avait aucun souvenir d'un quelconque courant marin dans les environs. Après tout ils faisaient la route si souvent ! Que ce passait-il ?!

Il s’était trompé. Il n’avait pas forcément eu besoin de chercher l’aventure pour la trouver. Parfois, c’était elle qui s’embrassait à l’Homme…

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MessageSujet: Re: Sur le Moorabella   Mar 27 Sep - 14:57

Que ce passait-il ? Personne ne comprenait. Tout le bateau semblait en ébullition devant ce spectacle qui s’offrait à leurs yeux. Le ciel plus tôt encore azur et éclatant de fraicheur s’était couvert d’un drap gris qui semblait vouloir les engloutir tous autant qu’ils étaient. Karianna n’avait pas peur non, elle était seulement bouche-bée devant ce qui se déroulait. Un navire étrange vagabondait sur une mer devenu sinistre. Qu’est-ce que cela signifiait ? C’était la question que tout le monde se posait.

« Madame que devons-nous faire ? Questionna un matelot.
- Je ne sais pas, répondit-elle sans détourner le regard. »

Le mauvais pressentiment de la jeune femme allait-il se révéler vrai ? Elle sentait que le bateau lui échappait, que le bateau avait quelque chose à dire, à répondre, comme s’il prenait réellement vie.

« Nous nous dirigeons vers les eaux maudites Madame, cela ne présage rien de bon, déclara le navigateur.
- J’en ai conscience, il faut s’activer sinon nous courrons peut être à notre mort, reprit la jeune femme. »

La peur commençait à se sentir dans l’esprit de l’équipage. Les matelots bougeaient dans tous les sens, le vent dans leurs cheveux, la sueur qui coulait le long de leur trait. Une sorte de panique général. Que se passait-il ? Qu’allait-il leur arrivé ? Personne ne savait, ou plutôt, personne ne voulait savoir. Leur futur avait beau être incertain, leur mort peut être imminente, mais le doute restait maitre mot de tout.

La jeune femme laissait vagabonder son regard quelque instant, elle savait que certain allait abandonner le galion, mais pas elle. Ce navire représentait tout pour elle et son frère. Et si le navire venait à sombré, elle préférerait s’enfoncer dans les profondeurs avec lui.

Les minutes défilèrent lorsqu’elle vit son ainé. C’était une sorte de soulagement pour elle, mais elle se doutait que, malgré son intelligence incroyable, les événements actuels étaient encore complètement obscurs.

Son éloquence réussit à convaincre les matelots de se battre contre leur peur et leurs angoisses. Elle pensa alors qu’il avait un certain don pour ça. Ryner fit une prière pour Kirenna, la Grande Déesse des océans. Tout se déroulait tellement vite, ce navire qui semblait vide de toutes vies faisait émaner une odeur néfaste, quelque chose de spirituel indescriptible. Quelque chose de magique.

Finalement elle décida de se rassoir à l’avant de bateau et de fermer les yeux. Le destin avait-il décidé de les empêcher de réaliser tous leurs rêves ?

***Le destin qu’elle idée sordide, comment peut’ on y croire...***

Elle inspira un grand coup et fixa à nouveau l’étrange navire. Certes il était immense, mais la taille ne faisait pas la puissance et encore moins la détermination. Elle savait que tout le monde allait devoir y mettre du sien, et si elle en voyait un piqué du nez elle serait la première à le réveiller, et de n’importe quelle manière.

Ils se rapprochaient dangereusement du bâtiment, Karianna était prêt à se battre, elle adorait ça, découper des gens en plusieurs morceaux avant de marmonner qu’elle avait raison. On pourrait parler de sadisme mais elle n’aimait pas ce mot, elle le trouvait trop faible. Et puis, peu lui importait, du moment qu’elle pouvait s’amuser.

Elle jeta un regard derrière elle, son frère ordonnait aux marins de se préparer, elle était tellement fière de l’avoir, de savoir qu’il était son frère. Elle espérait qu’un jour elle devienne aussi forte que lui, mais ce jour n’était pas forcément demain. Elle repensait à tout et à rien en attendant la minute fatidique de la rencontre de deux navires. Elle se remémorait son enfance, son adolescence, tout en somme.

Un sourire se dessina sur ses lèvres, un sourire ambitieux, elle ne voulait pas perdre de bataille, du moins pas aujourd’hui, elle voulait vivre encore plein de chose, découvrir le monde, et ce n’est pas un vulgaire bâtiment qui lui ferait peur. Du moins c’était ce qu’elle pensait.

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MessageSujet: Re: Sur le Moorabella   Mer 28 Mar - 16:48


Mais que diantre se passait-il ? De toute sa carrière de pirate, jamais Seully n'avait vu pareille chose... Ce qui devait également être le cas de tous les autres, y compris le capitaine Ryner. Ainsi la question s'imposait d'elle-même ; étaient-il promus à la mort sans même pouvoir réagir, ou bien n'était-ce qu'un malencontreux mirage ? Difficile de se faire une idée en ces conditions, et pourtant il fallait malgré tout trouver une solution ! À cela, Ryner ordonna de charger discrètement les canons, et que tous soient prêts à faire face au pire. Selon le navigateur, il n'avait pas tort, qui pouvait savoir ce qui se tramait à bord de ce vaisseau pour le moins sinistre... Toutefois, vue la taille du navire auquel ils étaient confrontés, ils n'auraient pas l'ombre d'une chance si ce dernier venait à ouvrir le feu. Seully sentait que son capitaine en était conscient, mais il savait également qu'il ne mourrait pas sans combattre... Oui, c'était une bien belle philosophie du moment où l'on savait contre quoi on se battait !

- Madame... Reprit le navigateur à l'égard de Karianna. Vous devriez descendre dans votre cabine...

Seully avait parlé avec spontanéité et innocence... Il savait bien entendu la jeune femme débrouillarde, mais face à l'inconnu qui ne cessait de les menacer, il ne put retenir son instinct protecteur. Cependant, lorsqu'un étrange craquement se fit entendre sous l'ensemble de la coque, le navigateur se reprit aussitôt, puis se précipita jusqu'à la rambarde bâbord afin de comprendre ce qui avait bien pu causer un tel grondement... Mais au vu de l'étonnante noirceur de l'océan, Seully ne put même pas y déceler le moindre récif, eux qui pourtant étaient des plus visibles en cette période de l'année.

- Capitaine ! S'écria tout à coup le navigateur. Venez voir !

Il fallait qu'il contemple cet liquide expression de misère de ses yeux... Ryner connaissait peut-être, et même si il l'ignorait, vers qui d'autre les hommes pouvaient se tourner ? Kirenna ? Sans doute... mais dans l'absolu danger, il était difficile de prier, excepter lorsque la mort se faisait proche bien sûr. En attendant, tous se devaient de faire face à ce monde qui les terrifiait, soit ; le monde des esprits ! De nature très superstitieuse, les matelots avaient vite fait de se faire une idée lorsque l'inexplicable se présentait à eux... Ce qui était le cas présentement, au grand désarroi des bonnes gens du Moorabella. Toutefois, afin de ne pas laisser son capitaine sans appui, Seully s'efforça de prendre pied sur sa propre peur, et ainsi de tenter de rassurer ce dernier quant à leur avenir...

- Et si on accélérait capitaine ? Peut-être que si on le dépasse, on se libérera de son emprise...

La navigateur avait parlé, mais dans sa précipitation... il avait omis le bruit sourd survenu quelques instants plus tôt. Le genre de son qui fait froid dans le dos, comme si une immense créature se promenait sous vos pieds, et qui vous narguait avant de vous boire vivant ! Mais alors que la panique prenait peu à peu place sur le pont, une obscurité des plus opaques inonda tout à la coup le regard de chacun.


Désormais plongés dans les ténèbres, tous les hommes se mirent à hurler sous l'emprise de la peur. Fort heureusement, cela nu dura qu'un temps. Seulement, lorsque la vue leur appartint de nouveau... ce fut une vision de cauchemar qui s'imposa à eux ! Le ciel était comme figé, et la mer... ce n'était plus qu'une immense étendue de sang épais ! On pouvait d'ores et déjà apercevoir des croûtes se former sur sa surface. Mais qu'elle était donc cette infamie ? Nul n'était en mesure de comprendre ce qu'il se passait, seule une chose demeurait certaine cependant ; rien de tout ceci n'était naturel ! Le vaisseau fantôme qui désormais ne se mouvait plus devait être la clé de cette énigme aux tendances cauchemardesques. Mais qui serait assez fou pour monter à son bord ?! Car à l'observer présentement, il ne semblait attendre qu'une chose... l'abordage. Et même si cela ne serait guère chose facile étant donné la différence de taille entre les deux bâtiment, ça n'en était pas pour autant impossible. Seul bémol, tomber à "l'eau" était exclu...

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La Faucheuse
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MessageSujet: Re: Sur le Moorabella   Ven 21 Sep - 15:23

Ce vaisseau fantôme était tout sauf inhabité ! Quelqu'un manoeuvrait sournoisement depuis le ventre de cet imposant bâtiment. Un fait plutôt facile à prévenir, mais beaucoup moins quant à la nature de l'être satanique ! À savoir que cet homme était en réalité un arpenteur de cauchemar, et au vu de sa puissance présente, il n'était pas difficile à deviner que la classe à laquelle il appartenait, ne pouvait être que la cinq ! Ryner et Karianna ainsi que tout l'équipage du Moorabella n'avaient aucune idée du danger qui les guettait, mais en fiers pirates qu'ils étaient, tous sans exception prirent d'assaut le cuirassé. La vision qui s'offrit alors à eux sur le pont supérieur, suffit à en faire vomir plus d'un ! Des corps d'hommes, femmes et enfants depuis longtemps défunts, gisaient sur ce parquet sans teint... certains étaient même empilés telle une vulgaire pile de linge sale. L'odeur qui en émanait était insoutenable, même pour les plus endurcis... Contraint alors de progresser tout en masquant leur visage de tissu humide, les clandestins poursuivirent leur progression avec à leur tête, l'inébranlable capitaine Ryner.

Le nombre d'ossements en plus de la chair en putréfaction qui maculait le pont de ce navire, freinait leur avancée... Une peur insoupçonnée leur soufflait que si jamais l'un d'eux venait à trébucher, les enfers se déchaineraient ! Le silence était devenu l'unique maître à bord, à savoir que seuls les os qui craquaient sous leur pas ainsi que le bruit visqueux propre à la chair morte que l'on écrase, résonnaient. Cette symphonie macabre semblait fredonner l'hymne de leur dernier voyage.

Ryner n'était pas homme à se laisser dominer par ses émotions, à l'instar de Karianna. Mais en cet instant funeste, le frère et la soeur décidèrent de pousser ensemble la porte qui menait au pont inférieur. De là, un rire terrible s'échappa des tréfonds du cuirassé, emboité dans le même temps par un hurlement strident depuis le fond des mers. Sur cette écoute semblant venir d'un autre monde, monde où les vivants n'avaient pas leur place, tous furent pris d'une incontrôlable panique, y compris Ryner. Mais avant même que cette peur surnaturelle ne les submerge, une bête immense jaillit littéralement de cette océan de sang, avant de fondre sur les pauvres pirates qui tentaient vainement de courir pour sauver leur vie. Le capitaine assista impuissant au carnage, et fut également dans l'incapacité de bouger lorsque Karianna fut à son tour happée par le monstre.

L'entité qui régissait ce cauchemar éveillé, semblait connaître le code d'honneur des pirates, ce fut sans doute pour cela que l'aquatique monstruosité s'empara du capitaine, avant de le balancer sur le pont de son navire. L'étendu des pouvoirs de cet arpenteur de cauchemar ne pouvaient être surmontée par une foule incompétente en ce domaine, et encore moins par un homme seul. Ryner se savait perdu, mais lorsque l'être diabolique lui parla à travers la voix tonitruante du monstre, il décida de se relever, de remettre en ordre ses vêtements, pour ainsi faire face dignement à ce qui l'attendait ! "Il est normal que le capitaine doive sombrer avec son navire ! Ah ah ah ah aaaah ah ah !" Vociféra t-il, avant de faire s'écraser la créature sur le Moorabella ! Navire qui ressemblait davantage à un jouet pour la bête...

Prions à présent pour qu'il n'y ait pas d'autres victimes de ce vaisseau "fantôme".


~ Ryner et Karianna sont décédés le 2 Khole du mois de Vita, à 13 heures 51 ! ~
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Sur le Moorabella

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